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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Mar Aoû 08, 2006 12:00 pm 
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Ecolo à vélo

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J'essaye de clarifier tout ce que je pense sur le sujet qui m'intéresse principalement : la morale.


En effet, la conscience, l'existence de Dieu, et tout cela, est certes fort beau mais réfléchir dessus n'a en pratique que peu d'impact.

Mais la morale. Ça n'est même pas réflechir. On confond la machine et le mode d'emploi, parce qu'on a jamais vu la machine en vrai. Mais il y a réfléchir sur la morale et agir moralement. Or, en faisant la confusion, on trouve que la morale c'est un truc de philosophe abstrait, des divagations ne tenant pas compte du réel. D'autant que lorsque on voit les conclusions, on en conclue surtout qu'il y a une erreur dans le raisonnement. En effet, dans la vie de tous les jours, on agit pas de telle manière ; donc le philosophe vit dans une utopie, voilà l'erreur de son raisonnement.

Ou alors, il faudrait être un ascète, ne rien vouloir des plaisirs de la vie.
On ne comprend pas que la morale c'est justement la solution optimale de bonheur, si je puis m'exprimer ainsi. Et ce bonheur ne vient pas du fait même d'agir moralement, comme si l'âme sentait qu'on agissait sur le chemin de la vertue et s'en sentait apaisée. Que non, bien sûr. C'est les effets des actions morales qui amènent les conditions nécessaire à l'épanouissement humain.

Mais qu'entend-je par morale ?

Je ne parle certes pas des morale-conventions, celles dont on peut dire qu'elle se perdent de nos jours, ou que Mai 68 leur a enfin égler leur compte.
Celles-ci sont des concepts, des images cognitives dont les parties apparentes peuvent être des maximes, des proverbes avec parfois des vrais bout de livre saint dedans.
Quid d'image cognitive ? Je crois que j'en ai déjà parlé quelque part mais je réitère.

Quand je dis "oiseau", on pense à un oiseau-type, plutôt du look moineau que vautour, et si on demande s'il vole, on répondra sans tenir compte du kiwi et de l'emeu.
Il en est de même pour toutes nos idées, que l'on rattache à de nombreux sens. C'est pour cela que pour certains le laxisme n'est pas de la tolérance, et que pour d'autres si. C'est aussi pour ça qu'il y a des scientiste (foi aveugle en la science) et des technophobe (méfiance pathologique envers le progrès). Si l'un est une religion, l'autre est une superstition, et pourtant on peut trouver des arguments dans les deux sens. Mais ce qui tranchera (souvent), c'est l'affect, c'est-à-dire que si papa était hippie il y a peu de chance que je sois scientiste, ou alors c'est que dans ma crise d'adolescence j'ai eu un gros problème avec papa au passage. Dans les deux cas ça n'est pas rationnel. Enfin bref.

Il faut bien comprendre que ce mode de réflexion n'a rien d'une tare. C'est ainsi que s'est développé notre conscience car c'est un moyen efficace d'appréhender les situations.
Car si je parle d'oiseau, il y a effectivement peu de chance que je parle d'une espèce qui ne vole pas. Si là où je vis 85% des délinquants sont des jeunes de couleurs, et 64% des jeunes de couleurs sont des délinquants, peut-être que je serais une enflure de raciste mais au moins si je me tiens éloigné d'eux j'aurais moins de chance d'avoir de problème.

Bon. Et les morale-conventions dans tout ça.
Et bien ce sont aussi des comportements selectionnés par l'évolution.
Mais, bizarre. Si l'on place deux hommes ensemble, l'un qui pense "aime ton prochain" et l'autre rien dans le genre, il y a des chances que l'altruiste se fasse démolir. Et quand un gars se fait démolir, il n'a pas d'enfants qui le prendront en exemple. Donc la violence devrait être un avantage sélectif certain ?

Ben oui mais là on est à court terme et à petit échelle. Mais prenons de nombreux individus sur des générations. Les violents se livreront une guerre éternel. Mais que certains individus instaurent des règles minimales de cohésion sociale, même le minimum du minimum, et hop, ils peuvent se mettre à quatre contre un. Et ils survivent. "l'union fait la force". Même, avec le temps, ils peuvent s'entraider, donc vivre mieux, avoir du temps à perdre, faire de la recherche, et trouver une technologie militaire supérieur à leur belliqueux voisins.

Mais enfin, il n'est pas nécessaire pour vivre ensemble, pour survivre ensemble pour être exact, d'être des parangons de vertus. Par exemple, la morale chrétienne n'a pas franchement empêcher les croisades. Cela vient du fait que ces morale-conventions se sont forger empiriquement, c'est-à-dire tout simplement sur le tas, à l'arrache, on voyait ce qui marchait, etc... Vae victis, les vainqueurs écrivaient l'histoire et imposaient leur modèle. Donc forcément, qu'une civilisation vraiment altruiste, vraiment morale se développe, entourée de prédateur pseudo-moraux, elle n'avait pas une chance. Je met à l'imparfait bien sûr.

Et puis surtout, il y a toujours la tentation de l'ammoralité à court terme. En effet, on l'a vu, à court terme et à petite échelle, être une brute sanguinaire donne indubitablement l'avantage. De même, un petit mensonge, une petite vacherie, que sais-je...
Tenez, le cyclisme, je simplifie. Pourquoi sont-ils tous dopés ? Parce que les non-dopés ont été éliminé depuis longtemps : forcément, ils ne gagnaient pas, les cons !
Maintenant, les contrôles peuvent changer la donne. Les avantages sont relatifs au milieu extérieur (comme les phalènes anglaises, ou, si vous voulez, une espèce adapté à une époque peut ne plus l'être à la période glaciaire qui suit).

Et donc, on voit à court terme : "allez, après tout ce n'est rien qu'un petit mensonge, et j'y gagne vraiment beaucoup".
Sauf que si je ment, l'autre peut me mentir. Et je peux rementir. Et peut-être ne me fera-t-on plus confiance. Et je ferais moins confiance.
Un principe bafoué, c'est une porte ouverte.
Et ce n'est pas pour faire peur, c'est tout à fait logique.
C'est l'escalade. Si quelqu'un fait quelque chose d'immoral, et en tire un avantage, les autres doivent suivre, voir surenchérir, ou être désavantagés. S'ils sont désavantagés, on ne les prendra pas pour modèle.

Evidemment, ce mécanisme est dilué. Il est simple, logique, mais on ne le trouve jamais seul. Mais ce n'est pas iréel. Qu'on en ait connaissance, et on le voit partout, je vous assure.

Et donc c'est le nivellage par le bas.

Mais qu'on ne me dise pas que parfois, il faut penser à sois : car il faut penser à long terme et à grande échelle. Et penser ainsi n'est pas se faire violence pendant des années avant de reçevoir une récompense quelques heures avant de mourir. Non.
C'est voir que le vrai avantage c'est d'être à chaque instant moral.

Disons que c'est un peu comme un labyrinthe : je vois un chemin qui tourne rapidement, et un autre qui s'étend dans la bonne direction pendant longtemps avant de bifurquer. Manque de bol, au final la bonne solution c'était l'autre.

Il y a d'autres raisons qui font qu'on se permet ce genre de petites amoralités : d'abord, nous n'avons que des morale-conventions, non fondés, donc si dans le temps les gens agissaient un peu près moralement pour aller au Paradis, c'est que c'était la seule raison, et vu que je ne crois plus au Paradis tout va bien.

De plus, certaines simplifications (n'oublions pas que nous parlons d'images mentales) se sont révélés, disons, vraiment bien fausse comme il faut, d'où perte de confiance.
Prenons l'intérêt général. Ce truc n'existe pas, car un groupe, une société, un état ou que sais-je n'est pas une entité consciente. Elle n'a donc pas d'intérêt. Tout au plus, des individus qui la constituent ont comme intérêt particulier la survie de ces sociétés.
Mais le sacrifice de tous les intérêts personnels pour l'intérêt général est une abhération (attention, pas le sacrifice), en tout cas n'est pas logique et si l'on réfléchie juste ce qu'il faut, on peut en perdre en altruisme.

Il y a aussi le phénomène dit de "Guerre Froide". Car on le sent un peu, parfois, qu'à long terme on peut tous y gagner. Mais on attend que l'autre fasse le premier pas. Deux cow-boys sont face à face, le colt au poing, chacun voudrait aller boire sa bière, mais chacun craint que dès qu'il aura lâcher son arme, l'autre le descendra. Alors ils restent tous les deux comme des cons sous le cagnards et finallement personne n'est gagnant. Ou alors, l'un finit par tirer et pendant trois générations le far west sera décidément une terre dure où règne la loi du plus fort.

D'ailleurs ne dit-on pas parfois que la ville, c'est la jungle ? Ben c'est l'idée.

(j'écris comme ça vient, je suis peut-être un peu confus, mais, au final, je pense qu'on peut saisir l'idée générale et en réfléchissant un peu organiser cela avec ses propres exemples)

Parce que quand on y pense, on se sent un peu orgeuilleux de vouloir que les autres vivent moralement, même si on essaye de le faire nous-même. Après tout, pour certains, c'est la survie, nous nous sommes des petits bourgeois occidentaux, c'est facile à dire quand on a le ventre plein...
Justement ! Il y a deux stades : la survie, et la vie.
Dans la survie, les conditions sont telles qu'on ne peut voir à long terme. Ceux qui essayent sont rapidement éliminé, donc si on a des idées morale le mieux c'est encore de les garder et d'espérer survivre assez longtemps pour pouvoir les appliquer.
Et puis y a la vie. La vie c'est quand les besoins sont assez facilement remplis pour qu'on puisse voir à long terme, et ainsi gagner encore plus.

Le problème, c'est que tout le monde a l'impression d'être dans la survie.
Même les gouvernements libéraux ne parlent que de nécessité. C'est-à-dire que si on ne fait pas ça, on disparaît.
D'ailleurs, le libéralisme, c'est un peu à celui qui prendra le plus de liberté. C'est ouvrir la porte aux mécanismes dont on parlait plus tôt. C'est enlever les contrôles au Tour de France. Enfin bon.
Est-ce qu'il faut avoir une piscine creusé pour sortir de la survie, je ne sais pas.

En plus, on peut se dire que c'est chez ceux qui sont en situation de survie qu'il y a du travail, mais (attendez la matéphore) quand on pompe trop dans une mare, elle s'assèche et on ne pense pas à chercher le problème dans le champs, parce qu'effectivement ça pousse bien.
Enfin bref. Quand les riches comprendront qu'ils sont riches, on pourra commencer à améliorer le sort des pauvres.


Je ne parle pas en exemple concret (on peut en trouver) seulement pour dégager les faits logiques simples.


Bon, je crois que j'ai même pas expliquer finallement assez précisément ce que j'entendais pas être morale.
Prenons l'altruisme : "l'union fait la force", "aimez-vous les uns les autres", "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse" et tout ça...
Evidemment que c'est la façon optimale, c'est très logique. Pour le comprendre, bien sûr, il faut de la hauteur...


En fait c'est ça le problème. On prend de la hauteur, on voit que si chacun se fait du bien au détriment des autres, le détriment prend le pas sur le bien (ceci n'a rien de français).
Par exemple, dans le dileme du prisonnier (deux complices isolés.. Si les deux se taisent, 2 ans chacun. Si l'un dénonce l'autre, le premier est libéré le second en prend pour 10 ans. Si les deux se dénoncent mutuellement, ils prennent tous les deux 10 ans. Je me souviens jamais précisément des nombres mais l'idée est là), on conçoit tous que le plus avantageux c'est de ne rien dire. En pratique tout le monde dénonce. Parce que dès qu'on réintègre en quelque sorte son corps, on retrouve son intérêt individuel et on a l'impression que la conclusion qu'on a tirer en hauteur ne s'applique plus à ce bas monde.

Je sais pas si je suis très clair là.

Par exemple, on propose à deux personnes d'être au choix dans 2 situations : dans l'une ils sont à égalités, dans l'autre non. S'ils igonrent le rôle qu'ils auront, ils choisiront l'égalité.
Ben la vie c'est un peu ça, il n'y a que la situation dans laquelle on se trouve que l'on connaît. On devrait agir moralement en prévision de la suivante, mais on a la vue trop courte.


J'ai du mal à faire passer toute la logique de la chose, parce que les mots, les phrases font qu'on peut relever une faille dans la formulation... et ce n'est pas que jouer sur les mots, on pourrait me faire remarquer que ça n'est logique que parce que je le dis, que l'altruisme comme solution c'est qu'un question de foi (après tout l'heure est à la foi dans la compétition)...



Je pense que la principale erreur qu'on puisse faire sur l'altruisme c'est de penser qu'il nécessite le détachement, qu'il s'oppose à l'intérêt personnel.

Parce qu'en toute logique la seule chose en laquelle nous avons de l'intérêt, par définition, c'est notre intérêt personnel.
Après, certains peuvent avoir un vécu qui fait qu'ils se font plaisir par le simple fait d'aider (m'enfin c'est pas si étonnant, le bien-être c'est avant tout des substances dans la tête donc c'est pas dit que celui qui offre la glace sera moins heureux que celui qui la mange).

Mais on a longtemps présenté le sacrifice à l'intérêt général comme une concession, qui s'oppose donc à l'intérêt personel.
Mais si tout le monde s'occupe de l'autre et va dans le sens de l'intérêt personnel de l'autre, au final tout le monde est largement avantagé par rapport à une optique de compétition. Que tout le monde s'occupe de vous, le rêve, non ? Vous n'avez même plus à vous occuper de vous, et vous pouvez vous occuper des autres...



Bon je crois que mon résumé n'est pas optimal pour convaincre... car comment expliquer que la Vérité Vraiment Vrai soit refusée et surtout non appliquée si ce n'est qu'elle est mal expliquée ? :mrgreen:

parce qu'il y a d'une part faire que les gens soient d'accord avec vous et faire qu'ils pensent vraiment comme vous, et donc qu'ils agissent en conséquence... :roll:

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MessagePosté: Lun Jan 29, 2007 7:42 pm 
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Je voudrais pas faire un nouveau sujet, je dis toujours la même chose de toutes façons...


Juste je suis tombé sur ça dans un article sur les gestes du quoitiden pour lutter contre la pollution.

Citation:
"Chaque acteur économique tend à limiter ses émissions à hauteur du bénéfice immédiat qu'il peut retirer de cette seule réduction, ce qui, dans le cas d'un bien public universel comme le climat, est insuffisant"


Mais ce n'est pas que pour un bien public universel ou le climat, c'est pour l'acteur en question. Seulement c'est peut-être moins immédiat.

Citation:
De plus, si chacun joue le jeu, le bénéfice du premier qui "triche" est majoré - "c'est le principe du "passager clandestin" mis en évidence par la théorie des jeux"



Bon ben voilà. A ma grande tristesse je n'ai rien inventé. :P

Citation:
Auquel s'ajoute le fait que, si chacun anticipe que l'autre paiera, le risque est... que personne ne paie. Ou si chacun anticipe le fait que l'autre triche, il est incité à se retirer du jeu le premier.


Idem.

Citation:
Toutefois, dans l'éventualité d'un "jeu répété", ce qui est le cas de la lutte contre le réchauffement, "la stratégie gagnante peut consister à anticiper le fait que je perds si, en me retirant, je pousse l'autre à faire de même. Les joueurs ont donc plutôt intérêt à échanger des garanties sur la poursuite de la coopération", tempère M. Philibert. Ce qui suppose une organisation institutionnelle du jeu des acteurs, possible à l'échelle d'un Etat, plus difficile à celle de la communauté internationale faute d'instance dotée du pouvoir d'inciter et de punir.


Citation:
Les économistes considèrent pourtant que, en régime démocratique, le "signal prix" reste le meilleur moyen d'inciter les ménages à abandonner la position du "passager clandestin". "Lorsque le pétrole a grimpé, observe Olivier Godard, professeur à l'Ecole polytechnique, la consommation a diminué de 0,2 %. Ce qui prouve que l'élasticité prix fonctionne et qu'il y a à court terme un potentiel de réduction des émissions ", que pourrait révéler une véritable taxation du carbone.



ça rejoint ce que je disais en critiquant la liberté totale qui avantageait trop ceux qui n'en n'ont rien à foutre.

Citation:
Un tel marché concerne plutôt les entreprises, mais dans la mesure où un peu plus de la moitié des émissions de CO2 par les ménages découle de la consommation de biens produits par les entreprises, les choix des ménages se trouveraient indirectement concernés.


Ce n'est peut-être pas dans ce topic que j'en parle mais la décroissance a bien compris que le choix du consommateur n'est pas innocent.

Citation:
"Il faudrait inverser cinquante ans de politique d'aménagement urbain pour redensifier les centres-villes en y baissant le coût du foncier et en privilégiant l'habitat collectif, à l'encontre de l'idéologie de l'accès à la propriété"


Valà valà...

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