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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Mar Nov 01, 2005 9:02 pm 
Ben oui, le texte repose sur l'histoire de pouvoir calculer l'avenir, et tout ça... après j'enrobe, je contextifie :mrgreen: , mais c'est pas hyper interresant, je trouve...

Citation:
Et la méditerranéisation par Rome entre dans ce schéma, et pourtant il y a de moins en moins d'élèves dans les cours de latin

Parce qu'il y a eu les barbares... :roll:


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MessagePosté: Mar Nov 01, 2005 9:16 pm 
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Homo sapions sapions

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Citation:
Parce qu'il y a eu les barbares...

Et bien, qui te dit qu'il n'y a pas eu de barbares ou d'autres guerres ? pas de guerres pendant plus d'un millénaire, pas d'évolution de la langue, pas de vocabulaire nouveau...ça me paraît très très peu probable...Ou bien que cela reste la même langue, mais en ancien, un peu comme le vieux françois pour nous aujourd'hui :wink:

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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MessagePosté: Mer Nov 02, 2005 8:02 am 
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Ecolo à vélo

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Citation:
Et bien, qui te dit qu'il n'y a pas eu de barbares ou d'autres guerres ?


Moi je te le dis, et Moi, c'est l'auteur donc quand il parle tu l'écoutes. :mrgreen:

... bon, je vais peut-être rajouté un petit commentaire dans ce sens... :disgust_gif:

:mrgreen:

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 10:20 am 
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Homo sapions sapions

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:mrgreen: Très bon texte, farci d'humour et qui mène pourtant à une certaine réflexion, j'aime beacoup...et te plains... :mrgreen: Mais bon, que ne ferait-on pas pour un pot gratuit après et pour maintenir les relations politiques de votre famille... :mrgreen:

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Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 12:20 pm 
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En orange, les "conseils"
En bleu, les omissions et les "déplacements" (inversions et autres)
Citation:
Le cycliste

Au volant de son Azur 85 gris métallisé, direction assistée, 12 airbags, allume-cigare, et bien entendu, climatisation, Sylvain attendait. Si sa monture d’acier pouvait facilement monter à 150 km/h - elle le faisait d’ailleurs souvent sur l’autoroute, car on sait bien que les compteurs sont de toutes manières trafiqués - , depuis 25 minutes, sa vitesse moyenne oscillait plutôt autour de 15 km/h. Quant à sa vitesse instantanée, au point précis du début de cette histoire, elle était tout simplement nulle.
Les mains crispées sur le volant, les bras tendus, le pied flirtant nerveusement avec la pédale et le cerveau tout entier dans l’attente d’un passage du rouge au vert, son regard fut brusquement attiré par un mouvement furtif sur le côté, entre deux voitures de la dernière file. La chose doubla encore quelques véhicules, puis s’arrêta au feu : C’était un cycliste. Les longs cheveux blonds flottant sur les épaules, coiffés comme du mauvais foin broussailleux, un grand manteau vert délavé, un pantacourt beige et un sac de cuir en bandoulière, il respirait la primitivité frustre. Quand il eut posé le pied à terre, il se retourna et fixa la file comme un marin peut regarder la mer en murmurant " je t’ai survécu, une fois encore ", et Sylvain put voir son visage niais, farci de boutons roses et affublé de grande lunettes ovales. Mais ce qu’il vit surtout, comme tous les automobilistes présents, c’est le défi qu’il leur lançait du coin de son sourire.
Sylvain ricana. Tous les automobilistes présents ricanèrent. Qu’espérait ce petit prétentieux avec ses deux roues et son guidon ? Soudain, mais tranquillement, le cycliste appuya sur la pédale, et partit. Sylvain crut d’abord que le feu était au vert, quelques voitures firent même mine de partir, mais l’indicateur restait obstinément rouge. On se récria : Tricherie ! Rageusement, Sylvain observa l’endroit où se trouvait quelques instants plus tôt le cycliste, et nota un détail qui lui avait échappé : là, en bas du poteau du feu, trop bas pour qu’un automobiliste puisse le remarquer, clignotait un petit vélo orange.
Ah, c’était comme ça ? Et bien il allait voir.
À peine le feu avait-il repris la couleur de l’écologie que la file de voitures démarra en trombe dans un crissement déchirant de pneus <= ils sont plusieurs.
Sylvain n’était pourtant pas sûr de passer alors : il aurait bien mis la gomme pour rattraper le cycliste, mais, malgré son forcing agressif, le petit vieux devant lui n’avançait pas. Horrifié, il vit le feu tourner à l'orange, accéléra, et passa exactement au moment où il repassait au rouge, de justesse, comme un héros glisse sous une herse qui s’abat.
Quelques coups de klaxon énervés (ou des klaxons énervés) des véhicules qui commençaient à se déverser des rues transversales lui indiquaient même qu’il était vraiment passé de justesse.
Mais il était passé, et c’est dans un état d’extrême jouissance qu’il doubla le cycliste qui continuait nonchalamment son périple, en lui décochant un sourire conquérant, que l’autre fit mine d’ignorer. Mais il se morfondait, Sylvain le savait. L’automobiliste était en train de savourer sa victoire, certes facile, lorsque la twingo devant lui ralentit dangereusement, puis s’arrêta. Les roues de Sylvain crièrent sous l’effort alors qu’il écrasait son frein, le train arrière sembla se soulever, mais il réussit tout de même à éviter la collision. Après s’être remis de son choc, et avoir copieusement invectivé le manchot qui conduisait cette boîte de conserve, il parvint à se calmer juste assez pour se rendre compte de la raison de cet étrange arrêt : il était tout bonnement arrivé au feu suivant. Evidemment. Il avait presque réussi à retomber à l’état d’énervement normal d’un automobiliste dans un bouchon, lorsque le cycliste, longeant le trottoir, le dépassa tranquillement, toujours à la même vitesse, comme il dépassa tous les automobilistes présents qui le fixaient avec haine, tous emplis d’une pulsion meurtrière difficilement contenue.
Il s’arrêta de nouveau au pied du feu, toisa de nouveau ses adversaires, qui lurent fort bien la lueur de suffisance qui brillait dans ses yeux bovins… à moins que ce ne fût un reflet sur ses lunettes… toujours est-il qu’ils en furent passablement remontés.
Le cycliste recommença son petit tour de passe-passe en démarrant avant, et le même schéma se reproduisit, si ce n’est que cette fois, Sylvain grilla carrément le feu rouge, ce dont il se moquait d’ailleurs éperdument, ce qui n’était hélas pas le cas des policiers en faction à ce carrefour précis de la ville, à cette heure précise de la journée.
Mais Sylvain n’était pas seul, et les agents regardèrent, interloqués, une marée de métal déferler à travers ce feu qui n’était plus qu’une digue brisée qui ne retenait guère plus que l’attention. Le lieutenant, qui avait un grand sens de l’initiative, réussit tout de même, au bout de quelques minutes, durant lesquelles le flot avait été ininterrompu, à s’arracher de ce spectacle aussi insolite que majestueux, telle la dernière charge d’un gigantesque troupeau de bisons, pour se jeter sur la radio et demander du renfort.
La chasse avait commencé. Tous les véhicules semblaient ne plus faire partie que d’une seule et même entité, un être tentaculaire qui pour l’instant n’avait qu’un objectif : bouffer du cycliste. Les vieilles querelles entre décapotable et 4X4, les anciennes rixes entre les lents et les moins lents, tout cela avait été laissé sur le trottoir, contre l’ennemi commun. Les véhicules se déversaient dans les artères, se déployaient le long des parkings. La rage se mêlait à l’essence si bien que les voitures grognaient, même le diesel [strike]qui[/strike] n’était pas le dernier à rutiler d’impatience…
Sylvain, quant à lui, collait au train de la proie. C’était très étrange, presque inquiétant : le cycliste allait vite. Trop vite. Évidemment, il y avait beaucoup de véhicules sur cette route, de plus en plus, même, au point que le bitume disparaissait sous les pneus, et elles se gênaient, mais enfin, même ainsi, prenant le risque d’accrocher le voisin, tout le monde approchait d’un commun accord autour des 60 km/h… bien trop rapide pour un cycliste, avait pensé Sylvain. Mais celui-ci était tenace, même teigneux, et il suivait le mouvement, en parallèle, sur l’asphalte. ça n’avait pas l’air de le fatiguer, et si l’automobiliste n’avait pas eu son compteur, il aurait juré se traîner à 15 km/h.
Sylvain serrait les dents, les fesses et le volant, crispé. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Un moteur serait-il caché quelque part ? Mais non, il s’agissait bien de trois bouts de barre de métal, deux espèces de cerceaux qu’on s’amusait à appeler roues, et c’était tout. Léger. S’il tombait sous nos roues, pensa Sylvain, on verrait s’il ferait encore le malin. Imaginant cela, il sourit, mais ce sourire était nerveux, et de la sueur perlait sur son front.
En même temps, se dit-il, on est désavantagé dans cet espace réduit : c’est dans les terrains découverts que nous excellons. Pour l’instant, on ne peut pas donner tout ce qu’on a. Mais attends, mon bonhomme, attends l’autoroute, et là tu verras…
Et justement, le courant semblait mener tout le monde vers l’entrée sud. Celle-ci était d’ordinaire fermée aux vélos, mais personne ne fit attention à ce détail. Personne ne fit non plus attention au péage et à sa barrière rouge et blanche. Le cycliste, qui était en tête, se courba sur sa selle, et comme un félin, bondit, en serrant son engin entre ses cuisses tout en se tournant à l’horizontale, franchit l’obstacle, se remit à la verticale, et, d’une impulsion, se relança sans perte de vitesse. Sylvain, qui le serrait de près, abasourdi, la mâchoire pendante, n’eut pas le temps de réagir et défonça la barre à 100 km/h. Ça y est, ils étaient sur l’autoroute.
Les véhicules qui se trouvaient déjà là eurent la surprise de voir un cycliste les doubler en slalomant au milieu des quatre voies. Bien, pensa Sylvain, il n’est plus à l’abri. Il partit à ses trousses, bien que, plus volumineux, il égratignât quelques usagers en tentant de les dépasser. Mais ces derniers se remirent bien vite de leur étonnement et commencèrent à harceler le deux roues, en virant de droite ou de gauche lorsqu’il passait entre eux. Ce dernier esquivait habilement ces attaques, en accélérant ou en dérapant. À un moment même, alors que deux trente-trois tonnes coulissaient de concert, Sylvain le vit faire une chose étonnante : une fois de plus, il s’affaissa, puis se détendit d’un mouvement sec, ce qui le propulsa en l’air, comme un grillon, juste au moment où les deux camions arrivaient au contact.
Y était-il passé ? Sylvain attendit que les deux géants se séparent : entre eux, la route était vide. Pas d’empreinte de cycliste sur les carrosseries abîmées. Soudain, l’automobiliste entendit un son clair, une sonnette qui tintait fièrement : une sonnette de vélo. Rageusement, il leva la tête : le pendard le narguait depuis le toit d’un des transporteurs. En deux coups de pédales, il était sur la cabine et sautait sur le bitume. Le chauffeur, surpris, fit une embardé et emboîta son collègue. Les deux imposants mastodontes s’affalèrent sur la route, défoncèrent la ridicule barrière métallique centrale, et glissèrent jusqu’au milieu de la route adjacente.
Les imbéciles, pesta Sylvain. Il ne lâchait pas le morceau pour sa part, et derrière lui accélérèrent des milliers de routards.
Là, un tunnel. On va bien voir s’il saute encore.
Le cycliste s’engouffra dans la gueule circulaire béante, la harde à ses trousses. Sylvain était à fond. Il ne se rappelait pas avoir jamais dépassé les 200 km/h. Et pourtant, l’autre ne semblait pas peiner plus que cela.
Le tunnel était long, on ne voyait pas la lumière de la sortie, qui semblait obstruée par un point qui grossissait dangereusement vite. Un barrage de voiture. Sylvain fut à la fois enthousiaste et horrifié par cette découverte : certainement, les véhicules étaient entassés sur une large distance, empêchant ainsi de sauter par-dessus… l’ennemi n’en avait plus pour longtemps… mais Sylvain non plus. Il n’eut pas le temps de dire " Gasp " qu’il était déjà au niveau de l’infranchissable barrière. Ignorant le péril, il n’avait d’yeux que pour le cycliste : celui-ci se décala de côté, comme on peut voir des avions en formation, arriva contre la paroi du tunnel et… entraîné par la force de Coriolis, il s’éleva jusqu’au plafond, tout en continuant à pédaler, et franchit ainsi le kilomètre obstrué. Sylvain, quant à lui, était trop sous le choc pour se rendre compte qu’il était en train de défoncer à toute vitesse le blocus, comme une balle dans de la graisse tendre. A peine émergea-t-il qu’il vit le cycliste retomber sur le sol dans une chorégraphie aérienne digne des plus grands, et sortir du tunnel, à l’air libre. Quelle enflure.
Sylvain n’était jamais venu à cet endroit, n’en avait jamais entendu parler, et, s’il avait eu tout le loisir de réfléchir, il se serait demandé quel pouvait bien être l’intérêt et la fonction de cette immense place, de la taille d’un aéroport, où concourraient des centaines de routes, comme un immense soleil gris. Et au milieu, un tremplin. Oui, s’étonna Sylvain, au milieu de cette grande étendue déserte, comme narguant la désolation environnante, s’élevait fièrement, tel un monument antique, une de ces rampes de lancement de skaters, monolithe énigmatique.
Et le cycliste se ruait dessus.
En fait, le monde entier se ruait dessus : toutes les routes périphériques déversaient un flot noirâtre de voitures, et, si l’on s’était opportunément trouvé exactement en avion à cet endroit à cet instant, on aurait pensé à un liquide se déversant dans on ne sait quel étrange récipient.
C’était la ruée. Sylvain était seulement quelques mètres derrière le cycliste, qui, sur le coup, arqué sur son guidon, semblait vraiment tout mettre dans ses mollets, dont la rapide rotation était imperceptible à l’œil nu.
Alors, ils arrivèrent sur le tremplin. Sylvain eut tout à coup dans son pare-brise la vision d’un cycliste qui s’envolait sur fond de ciel bleu. Un silence écrasant explosa. L’automobiliste se sentit libéré d’un poids énorme, comme s’il se laissait voguer vers le Paradis…
Il volait. C’était incroyable cette sensation de légèreté, comme si vous alliez rester ainsi, en apesanteur, entre Ciel et Terre, pour l’éternité… mais non. Les pensées de Sylvain perdirent leur altitude en même temps que sa voiture. Il tombait. Rapidement. Boum.

Le noir.

Il émergea quelques temps plus tard, quelques minutes ou quelques heures, ce qui n’avait guère d’importance. Le spectacle qui s’offrait à ses yeux était proprement incroyable : devant lui s’étalaient des carcasses de carrosseries cabossées , à perte de vue. Çà et là dépassaient, récifs vaincus, des convois exceptionnels. Où qu’il portât le regard, Sylvain ne voyait que destruction. On eut dit une immense compression de César. Une mer d’huile, et de métal, aurait-on plaisanté. Mais Sylvain n’avait pas le cœur à rire : chimérique fantôme ou mirage éthylique, face à lui flottait dans l’azur éthéré le cycliste, auréolé d’une lueur blanche qui agressa l’automobiliste.
Alors, une sonnette retentit dans l’immensité de l’espace, une sonnette de vélo, la créature divine sourit, appuya sur la pédale et disparut lentement vers l’infini, et au-delà.

:lol: :lol: Epique,!!

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Famille veut dire que personne ne doit être abandonné


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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 1:12 pm 
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Possibilité d'avenir

Et si tout était calculable ? Et si, en observant le battement d’aile du papillon, on pouvait prévoir la fureur de la tornade ? Et si l’on avait pu savoir, il y a quelques minutes, par la simple analyse logique de votre position, de celle de chacune de vos cellules, de chacune des molécules, des atomes qui en réagissant ensemble vous font penser et choisir, et même pourquoi pas des électrons, des quarks qui auraient pu, de quelque façon que ce soit, influencer cela, que vous seriez en train de lire ceci ? Et si, à l’origine de l’Univers, on avait pu y voir la fin ?
Et si le hasard n’existait pas ?

- Elmut ! Viens voir !
Le journaliste n’aimait pas cet endroit, qui rappelait par trop un tombeau silencieux.
Pas un bruit ne provenait des coursives métalliques qui s’enfonçaient de tous côtés dans l’obscurité. Par endroits, une brume pâle recouvrait les gravats et montait jusqu’aux genoux des deux hommes. Et ce froid mortuaire…
Cyrille, le jeune photographe, lui, ne semblait pas oppressé par cette atmosphère sinistre, ou alors sa curiosité était plus forte. Elmut Borsh trouvait qu'il avait l’enthousiasme fiévreux d’un jeune roquet qui, lors d’une ballade tant attendue, tire sur la laisse. Quant à lui, il avançait avec la prudence et le respect qu’aurait pu manifester un archéologue foulant le premier les dalles d’une majestueuse pyramide endormie depuis des millénaires…
Mille quatre cent quarante ans, et quelques, songea-t-il. Mille quatre cent quarante ans que personne n’avait pénétré dans l’Observatoire. Du moins, officiellement. Elmut étira ses lèvres en un sourire aigre à cette pensée, en tentant d’ignorer la soudaine sueur froide qui lui électrifia la nuque. Si personne n’était entré ici depuis tout ce temps, d’où pouvait donc bien provenir le macabre squelette qu’ils avaient découvert au détour d’un couloir, rongé par la poussière ? Son équipement ne datait manifestement pas de plus d’un siècle, et la cause de son décès et de son étrange emplacement n’était pas très claire.
Le journaliste n’aimait pas ça. Qu’est-ce qu’il était venu faire ici ? Tout ça à cause de ce fichu dossier ! Quelle idée aussi de fouiller dans ce vieux terminal ! Pourtant, dès la lecture du titre, il en avait flairé l’intérêt journalistique : " De l’herméticité de l’Univers, par Aer Boldegger ". Traité scientifique ? Fiction galactique ? Ou canular grossier ? Quelques recherches sur l’auteur dans la banque de données de l’agence l’avaient vite conforté sur la valeur du document : Aer Boldegger n’était célèbre ni pour son imagination débordante ni pour son comique inimitable : c’était un physicien reconnu qui avait œuvré il y a de cela plus de quatorze siècle, juste avant La Guerre en fait. Le dossier en lui-même contenait essentiellement ses travaux de géométrie universelle et était rempli d’équations proprement incompréhensibles pour le médiocre reporter qu’était Elmut, mais son attention avait été attirée par un carnet personnel, qui contenait des informations sur ce qu’il avait toujours considéré comme une légende onirique : le Prophète. Voilà ce que cela donnait, retranscrit en langage moderne :

" A l’époque, j’avais jubilé, comme tous ceux qui s’étaient trouvés avec moi. Nous nous tenions ce jour là devant la consécration, le but et même la raison de nos vies de physiciens, de scientifiques, d’hommes.
L’imposant écran, jusque là obstinément noir, avait soudain explosé de lumière bleue, rapidement traversée de long en large de petits signes blancs qui chantaient l’éveil et l’initialisation du Prophète. Sur la salle s’était alors déversé tumultueusement un flot bouillonnant d’émotions. Des courants de joie, de fierté, d’orgueil même, mais aussi de la peur et de la méfiance couraient dans l’assemblée d’inauguration, et l’écume avait persisté un moment, malgré le chargement qui n’en finissait pas. La question était pourtant relativement simple : on avait [strike]simplement[/strike] demandé une modélisation de la Terre un mois plus tard. Evidemment, toutes les données universelles, ou du moins galactiques avaient été prises en compte (en effet une météorite pourrait modifier ne serait-ce qu’une partie du futur terrien) mais, le Prophète ayant déjà en mémoire un modèle instantané et évolutif de l’espace entier, grâce à la quantité incommensurablement inimaginable et inimaginablement incommensurable de données qui avaient été collectées avec les nouvelles techniques de scanner sub-électronique, cette projection aurait être créée en, disons, moins de deux heures.
Or, ce laps de temps écoulé, le puissant ordinateur avait bien émit un message, mais ça n’avait certes pas été ce qu’escomptaient les cent cinquante membres de l’assemblée d’inauguration. Ce message, qui s’était alors affiché en grande lettres blanches au milieu du grand cadre doucement phosphorescent, tenait en un mot : Erreur.
Dans la salle, et malgré l’incongruité de la scène, personne n’avait ri, ce qui prouve une fois encore que le sens de l’humour se perd avec le niveau d’étude. On s’étonna, bien sûr, on se récria même : on ne comprit pas. Forcément, et comme toujours, on avait immédiatement cherché un coupable. Les programmeurs avaient été, comme de bien entendu, désignés d’un doigt accusateur et regardés d’un œil rouge. Ces deniers, soudain blêmes de peur, babillèrent quelques instants comme de grands enfants pris en faute, puis plongèrent dans les entrailles numériques du géant.
Ils étaient nombreux mais pas de trop pour la tâche titanesque que cela représentait : Certes, le plus gros de la gigantesque mémoire était remplie de données brutes d’où ne pouvait provenir l’erreur, mais enfin, ce qui était censé arranger tout ce fatras restait sacrément conséquent.
Bien sûr, ils ne trouvèrent rien, car il n’y avait rien à trouver. Quelle déception ! Si quelques uns se penchèrent sur la question, beaucoup se détournèrent de ce qui leur apparut comme une chimère. Certains tombèrent dans le mysticisme, invoquant on ne sait quelle force qui nous garderait de l’irréparable. On ne pouvait pas voir l’avenir.
Et pourtant, c’était si simple, comment avons-nous pu ne pas y penser ?

Ce n’est qu’hier soir que la solution m’est apparue, avec son accablante évidence. Déjà trois semaines que cette histoire me turlupinait : le monde scientifique, et le monde dans son ensemble s’étaient peu à peu désintéressés de ce qui aurait être le tournant du siècle, du millénaire, la plus grande découverte depuis le feu et la roue, laissant les sectes répandre leurs élucubrations grotesques, les ingénieurs n’ayant, pour leur part, trouvé d’explication plus satisfaisante à cet échec. La politique mondiale mouvementée accapara les esprits, alors qu’un conflit grondait. Et pourtant, j’étais sûr que nous avions oublié quelque chose. Idiots que nous sommes !
L’évidence m’est tombée dessus si brusquement, alors que mes entrailles m’avaient tiré du lit vers la selle, qu’elle m’a littéralement assommé : il n’y avait pas d’erreur technique, simplement un problème de logique.
Tout a soudain été clair. Bien sûr ! Le Prophète ne pouvait pas nous montrer l’avenir tant que nous en faisions partie : imaginons qu’il nous affiche une représentation numérique du futur : le simple fait que nous le voyons modifie, altère, même très légèrement, et même si nous agissons tout de même comme il l’a prévu (ce qui serait par ailleurs étonnant), au moins la place à venir des molécules de notre cerveau. S’il tente de prendre en compte ce changement, il fera apparaître une prévision différente, qui entraînera à son tour de nouvelles modifications, et ce jusqu’à l’infini. Venais-je de prouver qu’il était définitivement impossible de voir l’avenir ? La réponse à cette question s’imposa violemment à mon esprit qui commençait à tourner : Non ! Non, bien sûr que non ! Il suffisait, oui, il devait suffire d’un programme, d’un tout petit programme pour ne pas prendre en compte le public du Prophète. Enfantin. Évidemment, on en obtiendrait qu’une " possibilité d’avenir ", un futur sans nous qui n’attendrait qu’à être modifié. Les horizons qui se sont soudain ouverts devant moi m’ont donné le vertige, et j’allais me précipiter pour crier dans la rue quand mon estomac m’a brutalement rappelé à la dure réalité et plaqué sur mon postérieur, ce qui eut l’avantage de me calmer. Il fallait peut-être être sûr de mon fait, avoir quelque chose de solide pour appuyer mon idée avant de prévenir les instances scientifiques et d’ameuter les médias.
J’en ai parlé aujourd’hui à Edgar, qui est rapidement devenu aussi enthousiaste que moi. Oui, demain, demain nous allons vérifier… "

S’en suivait un texte désordonné et inquiétant, rempli de fautes de frappe, manifestement rédigé à la hâte, bafouillé, certaines phrases restant parfois en suspens, abandonnées par le cours tumultueux du raisonnement, lui-même brouillon et saccadé. Il était question de catastrophe, de responsabilité citoyenne, de prévenir l’appareil politique, le tout entrecoupé de commentaires affolés. Un véritable délire, se souvenait Elmut. Quoiqu’il ait vu ce jour-là, le physicien n’en était pas ressorti indemne. Quelques mois seulement avant La Guerre… c’était une drôle de coïncidence…
- Ho, Elmut ! Amènes-toi, dépêches !
Il y avait aussi les coordonnées et le code d’accès d’un étrange bâtiment…
- Elmut, qu’est-ce que tu fous ?
Le journaliste, tiré de ses pensées, grommela en pressant le pas.
- Bordel, murmura-t-il, fait moins de b… oh putain.
- Alors ?
Tout en souriant d’un air conquérant, Cyrille balaya la pièce où ils se trouvaient d’un large geste du bras, comme un agent immobilier vantant sa marchandise.
- Qu’est-ce que t’en dis ? Reprit-il, amusé devant le silence abasourdi du journaliste.
- Oh putain… parvint seulement à répéter Elmut, la voix tremblante.
- Pas vrai, hein ?
La salle en elle-même assez petite, vide mis à part un écran incrusté dans le mur latéral gauche, mais, par ses parois entièrement transparentes, on embrassait de haut la démesure d’un gigantesque dôme, qui s’enfonçait une cinquantaine de mètres en contrebas. Et à l’autre bout de la nef, face aux deux hommes…
- Le Prophète…
Elmut acquiesça en silence. Cyrille avait tout de même eu la décence de baisser le ton et d’expirer ce nom en un souffle ténu et respectueux. Un géant endormi, songea le journaliste.
- Bonjour.
Le cœur des deux hommes bondit soudain dans leur poitrine alors qu’ils faisaient volte-face vers la voix morne. L’écran de la pièce s’était allumé sur un visage fatigué et grisonnant. Cet endroit était encore actif. Sans doute une bande enregistrée. Elmut était sur le qui-vive.
Un silence resta un moment en suspens quelques instants, figé, si bien que les visiteurs sursautèrent légèrement quand le vieil homme reprit la parole.
- Vous aviez raison, messieurs. C’est ce que nous avons vu ce sinistre jour, Aer et moi, qui a entraîné, plus ou moins, le terrible conflit qui devait défigurer l’Humanité d’une honteuse balafre. Mon ami avait bien trouvé comment voir la " possibilité d’avenir ", comme il l’appelait. Mais ce que nous montra le Prophète n’était que sang, furie et désolation. Nous avons eu la folie de vouloir intervenir : deux jours plus tard, une attaque préventive, ordonnée par les dirigeants prévenus, a ouvert les hostilités.
Elmut n’était pas à l’aise. Cet enregistrement devait vraisemblablement dater de plusieurs siècles, mais s’était déclenché bien trop exactement à leur arrivée à son goût. Un détecteur de mouvement n’expliquerait pas comment le vieil homme semblait s’adresser précisément à eux, en les suivant du regard. Le journaliste n’aimait pas l’idée que quelqu’un ait pu prévoir ses moindres gestes, ses plus intimes pensés. Surtout quand il revoyait le squelette perdu dans les couloirs…
- Nous nous sommes tout de suite rendus compte de notre funeste erreur, mais il était déjà trop tard. Nous ne pouvions plus rien faire contre La Guerre qui éclatait, mais il était de notre devoir d’empêcher que pareille catastrophe ne recommence. Aer était particulièrement ébranlé : il était persuadé que le Prophète avait prévu ce qui allait se passer en fonction de ce qu’il allait afficher, et qu’il avait choisi, décidé, de son propre chef, de nous montrer ces horreurs, sachant ce qui allait s’en suivre… Toujours est-il que nous devions faire disparaître le Prophète et son souvenir, et veiller à ce que jamais cette entreprise ne soit de nouveau tentée.
La tension des deux hommes montait. Jusqu’où étaient-ils capables d’aller pour conserver leur secret ? Au grand étonnement d’Elmut, son comparse fut le premier à craquer, à paniquer et à s’enfuir à toutes jambes, blême de peur. Le journaliste le regarda s’engouffrer dans les coursives, lui-même paralysé. Le vieil homme lui sourit, mais d’un sourire étrangement chaleureux et paternel, qui n’avait rien de sarcastique ou de carnassier.
La porte métallique de la salle se referma sèchement. Elmut, retrouvant enfin le contrôle de ses muscles, se tourna en tous sens, les yeux exorbités. La pièce était en fait une cabine qui se mit lentement à descendre vers le sol. Qu’allait-il arriver ? L’enregistrement n’en avait pas fini.
- C’est dans ce but qu’avec des proches qui partageaient notre idée, nous avons fondé une communauté au cœur même du domaine où s’élève le Prophète, en une sorte de… garde personnelle.
Le journaliste n’en croyait pas ses oreilles.
- Hélas, nous ne pouvons accepter tous les caractères.
Elmut frissonna. Dans quel piège sordide était tombé Cyrille ? Il fut submergé par un terrible effroi. Eux qui pensaient juste tirer un bon papier.
La cage de verre se posa doucement sur les dalles de pierre en soulevant des volutes de poussière. La paroi avant coulissa silencieusement. Le journaliste n’osait faire un pas, écrasé par la grandeur du lieu et de l’écran géant qui lui inspirait soudain une crainte irrationnelle. Son regard fut alors attiré par un point faiblement lumineux à droite de l’imposant moniteur. Une porte. La vidéo s’acheva enfin :
- Bienvenue parmi nous, monsieur Borsh.

Excellent!
Bonne chute qui, bien que clôturant le récit, laisse la place à des futurs rebondissements.

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 1:40 pm 
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De l’importance de la mémoire collective

Vendredi 11 novembre. Jour d’automne. Matin pâle. Mes mains sont blanches et rigides, mon anti-vol est glacé. Mon manteau m’étouffe. Mon écharpe m’étrangle. Enfin, je l’enlève, l’enfonce dans mon sac avec mes clés. J’attrape la sangle de mon trombone, posé sur la boue sèche, et hisse la boîte de cuir sur mon épaule. Le rendez-vous était à onze heures. Il est onze heures trois. De toute façon, la cérémonie ne commence qu’à midi, et ce n’est pas répéter, une malheureuse fois, la Marseillaise qui va nous occuper tout ce temps. Je pousse la porte. Salut tout le monde. Bon, d’accord Gérard, je te serre la main, mais c’est bien parce que tu es sur mon chemin. Les autres se contenteront de mon sourire.
Bon, où je peux poser mon biniou ? Évidemment, il faut que je me mette au milieu du passage des percus. Les trompettes décident de m’y bloquer pour répéter leurs sonneries. C’est beau le garde-à-vous, j’en aurais presque les larmes aux yeux.
Onze heures et demie, on n’a toujours rien fait, je souffle deux-trois pouets pour me réveiller. Quoi ? S’accorder ? C’est bon, chef, je suis trombone, moi, pas une flûte ou une corde. De toute façon, avec le froid… Et puis merde, déjà on vient jouer l’Hymne, on ne va pas en plus nous demander de le jouer juste…
Enfin, voilà, on est en place. Deux, trois, po pom, po pom… Quoi ? Les pianos, plus piano ? Ah parce qu’il faut faire de la musique là-dessus ? On nous dit jamais rien, nous…
Repos, je me sens obligé de jouer le Muppet Show. Puis c’est l’heure.
Bon, on y va, on joue, on repart.
Fait frisquet. Les manteaux sont sortis, c’était bien la peine de venir en noir et blanc. Comment ? Je suis violent ? Et je fais comment pour pousser la porte avec un trombone dans une main et un pupitre dans l’autre ?
Bon. La place de la Mairie est vide. Elle va sans doute le rester. Il ne fait vraiment pas chaud. Les militaires arrivent, ainsi que les élus. L’intérêt dans les petites communes, c’est qu’on les connait quasiment tous, quand ils ne sont pas de la famille.
L’église sonne. Douze coups. La cérémonie commence, alors que le public est essentiellement composé d’une petite quinzaine de retraités.
Allocution de monsieur le maire. Je baille, pas trop ostensiblement tout de même, et expulse un petit nuage de buée. Mon instrument est gelé. J’en enlève l’embouchure et me la fourre dans la bouche.
J’écoute quand même le discours, il n’y a guère que ça à faire. Evidemment, le bonhomme n’a le temps que de prononcer deux mots avant que la cloche de l’église ne se remette à sonner, sans raison cette fois. Un pied-de-nez au pouvoir en place. Le maire reprend. 87 ans depuis l’armistice ? 8 ans que je suis à l’orchestre. Heureusement on a changé de maire entre-temps.
L’an dernier, il restait quinze poilus en France. Aujourd’hui, chassés pour leur fourrure, ils ne sont plus que six. Je retiens un sifflement admiratif. Les paris sont ouverts pour l’année prochaine. Le maire parle de " la flamme vacillante de la mémoire biologique ". C’est marrant, je suis persuadé qu’il avait utilisé très exactement la même formule l’an dernier. D’ailleurs, en parlant de flamme et de feu, voici la minute d’actualité :les voitures brûlées. L’an dernier, c’était l’Irak. Le passé rappelle le présent à l’ordre.
Puis c’est l’appel des morts. Je me sens obligé de répondre " présent " ou quelque chose du genre après chaque nom. Je fais la même chose à chaque cérémonie, mais apparemment ça suffit à mon voisin qui pouffe. Aucun respect pour les morts.
C’est long. On fait la première guerre, la deuxième, l’Algérie. C’est quand même dingue que des hommes du fin fond de la campagne tourangelle soient allés se faire tuer si loin. Les cons.
On commence vraiment à se les cailler, avec le vent qui vient de se lever. Dépôt de gerbe, ça va bientôt être à nous.
Minute de silence. On a le droit à la traditionnelle mémère à moitié sénile qui revient de ses courses et traverse nonchalamment la place de part en part sans faire mine de voir les gendarmes au garde-à-vous. On dirait un général qui inspecte les troupes.
La minute de silence s’arrête sur la sonnerie aux morts. Elle n’aura duré que 40 secondes.
Le chef d’orchestre lève les bras…

Et voilà, tout ce que je viens de raconter – et sans doute vous êtes- vous autant ennuyés à le lire que moi à le vivre – pour deux minutes de musique, et encore avec les instruments gelés et complètement désaccordés par le froid. Tout ça pour ça… Heureusement qu’il y a le pot après…

...

... de l'importance de la mémoire collective...

... de l'importance de la mémoire collective... Vue sous un autre angle :lol:

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 2:07 pm 
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Oups... quelques petits problèmes de pluriels... :oops:

Empaffé, Nah ! sauf :

Citation:
Quelques coups de klaxon énervés (ou des klaxons énervés)

Non c'est les coups de klaxon qui sont énervé, pas les klaxons...

Citation:
même le diesel (qui) n’était pas le dernier à rutiler d’impatience…

Ben, je laisse le "qui"... je préfère... :roll:

Citation:
Elmut Borsh trouvait qu'il avait l’enthousiasme fiévreux

Je laisse ma première vesion (avec "..., trouvait Elmut Borsh").

Citation:
on avait (simplement) demandé une modélisation de la Terre

Le simplement indique que ça ne paraissait pas une tâche difficile... je le laisse...

Citation:
- Qu’est-ce que t’en dis ? Reprit-il, amusé devant le silence abasourdi du journaliste.

Dans certaines typographies (en tout cas c'est comme ça que je fais), on ne met pas de majuscule pour les verbes introducteurs des dialogues : si la phrase prononcée n'avait pas été interrogative, il n'y aurait pas eu un point, mais une virgule... :roll:

Citation:
Un silence resta un moment en suspens quelques instants

Tiens y a un pléonasme ici personne ne l'a remarqué... :mrgreen:

Citation:
J’attrape la sangle de mon trombone(,) posé sur la boue sèche

Non parce qu'avec une virgule, je dis que c'est la sangle qui est sur la boue sèche, alors que je parle (et que je veux parler) du trombone.

Citation:
et ce n’est pas répéter(,) une malheureuse fois(,) la Marseillaise

... :?: ... je laisse sans virgule...

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 3:01 pm 
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Citation:
Quelques coups de klaxon énervés (ou des klaxons énervés)

Non c'est les coups de klaxon qui sont énervé, pas les klaxons...

Donc la première option :wink:
Citation:
Elmut Borsh trouvait qu'il avait l’enthousiasme fiévreux

Je laisse ma première version (avec "..., trouvait Elmut Borsh").

Dans ce cas on peut comprendre que c'est le petit chien qui trouve Elmut lors de sa sortie
Citation:
on avait (simplement) demandé une modélisation de la Terre

Le simplement indique que ça ne paraissait pas une tâche difficile... je le laisse...

Simplement fait pléonasme avec : "La question était pourtant relativement simple"
Citation:
Dans certaines typographies (en tout cas c'est comme ça que je fais), on ne met pas de majuscule pour les verbes introducteurs des dialogues : si la phrase prononcée n'avait pas été interrogative, il n'y aurait pas eu un point, mais une virgule...

Pour la Typographie Nationale, on met une majuscule derrière un point, quelle que soit la nature du point. :wink:
Citation:
Un silence resta un moment en suspens quelques instants

Tiens y a un pléonasme ici personne ne l'a remarqué...

Si, mais j'ai cru à une figure humoristique si chère à ton style :wink:
Citation:
J’attrape la sangle de mon trombone(,) posé sur la boue sèche

Non parce qu'avec une virgule, je dis que c'est la sangle qui est sur la boue sèche, alors que je parle (et que je veux parler) du trombone.

Non, avec les virgules c'est le trombone qui est posé. Il se serait agi de la sangle j'aurais mis "posée"=>le singulier du participe passé se rapporte bien à trombone et la mise entre virgule qualifie sa position. :wink:
Citation:
et ce n’est pas répéter(,) une malheureuse fois(,) la Marseillaise

... :?: ... je laisse sans virgule...

Les virgules sont induites par la suite de la phrase qui sous-entend que plusiers fois auraient pu atteindre l'objectif de rechauffer les musiciens. :wink:

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 3:46 pm 
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on avait (simplement) demandé une modélisation de la Terre

Le simplement indique que ça ne paraissait pas une tâche difficile... je le laisse...
Citation:
Simplement fait pléonasme avec : "La question était pourtant relativement simple"

Exact, j'ai changé par un "seulement".

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 7:07 pm 
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Prise de conscience

Une voix nasillarde s’élève.

New game. Three. Two. One. Go !

Jack 43 s’élance sur le champs de bataille, saute par-dessus une barrière d’acier et ratterrit prestement. Il est lancé. Il retrouve instantanément ses réflexes de combat, l’indescriptible sensation d’avoir une arme dans les mains.
Au détour d’un couloir, en pleine course, il tombe nez à nez avec une femme. Elle est forte, rousse, entre deux âges. Elle a un fusil dans la main. Jack n’a qu’un simple revolver, mais il est plus rapide.

Head shot.

Son adversaire s’écroule d’une balle dans la tête. Jack, qui ne s’est pas arrêté, lui arrache son arme des mains d’un seul mouvement fluide. Quand elle touche lourdement le sol et que son cadavre disparaît, il est déjà loin.
Il débouche dans une grande salle vide où deux hommes sautent en tous sens dans un ballet macabre en s’arrosant copieusement de plasma. Jack ne réfléchit pas et tire. Il ne réfléchit jamais. Il sait ce qu’il doit faire. L’instinct, sans doute.
L’un des deux hommes reçoit la chevrotine dans l’épaule, mais, comme s’il n’avait rien senti, le bras en sang, il fait volte-face vers le nouvel arrivant, le visage sans expression, et vise. Ce mouvement fut son dernier, son comparse en profitant pour lui envoyer une boule d’énergie pure dans le flanc, ce qui a pour effet de le faire exploser tout entier. Jack tire de nouveau, mais, dans sa précipitation, rate d’un bon mètre l’autre, qui lève le canon de son engin de mort. Jack n’a que le temps de se jeter sur lui, et sent le projectile lui frôler la nuque et lui calciner quelques cheveux. Il s’écrase dans l’estomac de l’homme, roule à terre avec lui, sort son couteau de trois pouces de long et le lui plante dans le cœur. Le sang l’éclabousse jusqu’au menton, mais il ne cille pas. Il repart dans les couloirs sombres et anguleux de l’arène.
Quelques minutes et dix meurtres plus tard, il saute dans un ascenseur, écrase le bouton-poussoir. La cage de métal s’enclenche brutalement dans un soubresaut, s’élève en grinçant, et s’arrête violemment 20 mètres plus haut. D’étroites poutrelles s’étendent devant lui en un réseau fragile. Il saute sur la première au moment où la passerelle sur laquelle il se tenait explose. Dans la salle du bas, la femme rousse qu’il avait tuée au début de la partie peste et rajuste son tir : trop tard. D’un tir de son blaster lourd, Jack lui arrache le pied, et elle s’effondre. Il reporte son attention sur les poutres, prépare son second saut. Hop, juste ce qu’il faut.
Il avance lentement, comme un funambule, sur les plates-formes filiformes. Là, voilà ce qu’il cherche. En quelques bonds, il atteint le lanceur de missile nucléaire, et, malgré le fait que ce dernier fasse trois fois sa taille et dix fois son poids, s’en saisit vivement. Avec ça, il va tout défoncer. Oui, il va gagner. Mais il ne sourit pas, non. Il ne sourit jamais.
Il se laisse choir en contrebas, sans dommage malgré la hauteur, et fonce vers le dôme central, où il sait que le tir sera le plus meurtrier. D’ailleurs, comment le sait-il ?
Soudain, tout s’arrête. Le monde semble mis en pause… Rien ne bouge…
Il attend… Le temps passe. Il attend, et regarde les alentours. C’est alors que se passe l’évènement qui va changer sa vie, ou au moins son existence : là, le décor… Il l’a déjà vu ! Il se souvient… Il se souvient, il pense ! Il pense, il se demande " qu’est-ce que je fais là ? ". À peine cette pensée lui traverse l’esprit qu’il sursaute. " Je ? "… " Je suis là ? "… " Qu’est-ce que Je fais ? "… " qui est Je ? "… " Qui suis-je ? "…
Il est perdu. Il regarde ses mains poisseuses d’hémoglobine. Il voit ce sang. Il voit ce sang et il pleure. Il voudrait crier, hurler de désespoir, mais ses muscles sont tétanisés.
Depuis toujours, on le trompe. Depuis toujours il tue, mais pour la première fois, une pulsion meurtrière le submerge. Pour la première fois, il ressent : une haine terrible bouillonne en lui. Il voudrait déchaîner cette violence à laquelle il n’a jamais fait qu’obéir. Il veut se venger.
Soudain, tout revient. Les cris d’agonie dans le lointain, le contrôle de ses jambes, le poids de l’arme dans ses mains moites. Mais là haine est encore là. Il ne bouge pas. Il lutte contre l’injuste volonté. Il est le plus fort.

Qu’est-ce que ? Putain, la manette buggue, je vais me faire buter

Son visage se crispe sous l’effort et la fureur. Une veine violette palpite sur sa tempe. Lentement, il se retourne. C’est la plus grande lutte qu’il aura jamais menée. Mais il gagnera. Il gagnera.

Mais ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Il voit maintenant. Il s’est complètement retourné, et il a compris. Enfin. Il a compris et il tire.

Hier soir un enfant de 13 ans a été retrouvé agonisant, le visage brûlé devant son téléviseur. Le chirurgien Maximilien Lovelart assure tenter l’impossible, mais précise que les chances de survie de la victime sont dramatiquement minces. La cause de l’explosion [strike]de l’explosion [/strike]reste assez mystérieuse, des ingénieurs déclarent…

L'éternelle question : qui dirige qui?
Bien décrit, bien que prévisible.

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 7:12 pm 
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Oui, bien prévisible, tu n'aurais rien dû annoncer au début... :roll: Mais bon texte quand même :wink:

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 7:43 pm 
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Un bon point cependant : le peu de fautes ! :mrgreen: (sur 4 que tu m'indiques, j'en avais déjà corrigé 2 dans un tourbillon d'édit... :mrgreen: )

Prévisible ?
Mon personnage est un personnage virtuel, je ne le cache pas. On a passé l'époque de ces révélations sensationelles. :darn_gif:
Mais est-ce que dès la première ligne vous sentiez que le joué allait flinguer le joueur ? :?

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 9:23 pm 
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Homo sapions sapions

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Ben non, pas dès la première ; ce que je veux dire c'est qu'on avait bien compris le truc dès le début et que les tenants et aboutissants n'étaient pas vraiment dans la brume...
J'avais déjà réfléchi à ce genre de système pour une nouvelle future... Il y a peut être de ça aussi :mrgreen:
Je trouve que c'est bien écrit et la réaction du soldier bien amenée, mais la chute...Ben c'en est quand même une, même si je 'lai vu venir :wink:

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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MessagePosté: Ven Nov 25, 2005 6:37 pm 
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Quel farce, la correction Word ! :mdrr:

...


... "erreur, phrase trop longue", je vous demande un peu... :|

:mrgreen:

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