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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Jeu Aoû 11, 2005 8:04 pm 
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Come on ! Ici, les commentaires de mes...de mes machins que j'ai écrit :mrgreen:

N'hésitez pas à frappez et à cracher ! :wink:


Dernière édition par Julianos le Jeu Mar 01, 2007 2:13 pm, édité 6 fois.

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MessagePosté: Jeu Aoû 11, 2005 10:50 pm 
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On prononce "Karon" comme charisme, et pas "Charon" comme chat... :evil: Demandons à Vae ce qu'il en dit...

Sinon pas mal, au début je pensais que tu écrivais une nouvelle sur nos exploit à AoM :mrgreen: La Grèce et tout... :mrgreen:

Mais sinon pas mal, j'adore la chute :mrgreen:

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MessagePosté: Jeu Aoû 11, 2005 11:36 pm 
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Citation:
On prononce "Karon" comme charisme, et pas "Charon" comme chat...

Exact. Charon, le nocher des enfers, se prononce "Karon"
J'ai relevé d'autres fautes mais un leger problème oculaire ne me permet pas de jouer sur deux écrans pour faire les corrections. Je reprendrais lorsque ma vision lazer sera récalibrée :mrgreen:

Dans l'ensemble c'est un bon texte.
J'aurais vu le nom d'un auteur antique célèbre (comme Homère par exemple) présentant la nouvelle pour renforcer la chute.

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MessagePosté: Ven Aoû 12, 2005 8:11 am 
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Citation:
Exact. Charon, le nocher des enfers, se prononce "Karon"


Exact. En grec. :mrgreen:

Marrant, comme texte, on ne comprend pas tout de suite qu'on est devant les berges du Styx, et puis Heraklès qui appelle Ariel Charon "son pote" et tout, c'est pas mal ! :D

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MessagePosté: Ven Aoû 12, 2005 12:49 pm 
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Citation:
On prononce "Karon" comme charisme, et pas "Charon" comme chat...

Bah moi j'ai toujours prononcé Charon avec "ch" mais si j'ai faux je vais changer ! :wink: D'ailleurs faut que je me mette au grec !

Citation:
Mais sinon pas mal, j'adore la chute

Tant mieux parce que je l'ai trouvé juste comme ça car jene savais pas comment finir le texte :lol:

Citation:
on ne comprend pas tout de suite qu'on est devant les berges du Styx

Hé hé ! Au début ça m'amusait de dépeindre les réflexions d'un refoulé des enfers, et puis j'ai eu l'idée d'Heracles qui venait passer un petit bonjour :mrgreen:

Merci pour les commentaires :D Ça me plairait bien de réécrire toutes les aventures d'Herakles comme ça, mais je ne sais si ça a déjà été fait... :roll:

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Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
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MessagePosté: Mar Sep 06, 2005 8:42 pm 
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Popopo....dit-il d'un air soucieux en écrivant la phrase que vous êtes déjà en train de lire et moi d'écrire (comme quoi les paradoxes temporels hein , on en trouve partout ! :mrgreen: )
Bah voilà ; j'ai changé le titre du topic, j'y posterais mes autres bétises plutôt que de polluer la Bibliothèque !
Donc Ci gît ma dernière nouvelle ; "sans aucun doute la répétition d'un vieux cliché" dirait un lecteur averti ; "Clin d'oeil avéré à F.Brown " répondrais-je sobremenent :mrgreen:
La fin est nettement moins tragicomique que le début (enfin j'espère sinon... :lol: ) Normallement c'est la nouvelle que je passerai à une amie pour le journal du lycée, j'espère qu'elle est pas trop mauvaise :?

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MessagePosté: Mer Sep 07, 2005 6:14 am 
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Alors là, tout simplement excellente ! :lol:
Le problème, c'est qu'à force de dire ça, peut-être que tu ne vas pas me prendre au mot... :roll:
Mais elle est vraiment excellente ! :lol:

D'abord, on pense à une bête bataille. Mais ho ! Surprise, arrive Pierre & compagnie. Une transcription de guerre biblique ? Mais... mais... tient, de la science-fiction... Les apôtres sont donc des humains technologiquement avancés... ah bah non, ce sont des extra-terrestres, ou un truc dans le genre !
Ce qui est génial, c'est qu'on ne le voit pas venir !

La fin est tout simplement génial, et superbement en décalage avec le début...
Citation:
Vous avez déjà tenter d’engager une conversation avec une bactérie vous ?

:lol:


(A la limite, mais vraiment pour dire quelque chose de constructif, peut-être que la façon de présenter Jésus dans le dernier paragraphe est un peu lourde, le coup du "qui aime s'incarner en n'importe quoi/qui... déjà le / ça fait space, autant ne mettre que "n'importe quoi", et puis même, la formulation de l'ensemble gagnerait à être raccourcie..." :wink:

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MessagePosté: Mer Sep 07, 2005 7:35 am 
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Citation:
Elles criaient inutilement et tentait de l'arrêter => tentaient
La solution de Noé étant éculé et dépassé =>éculée et dépassée
il avait décidé de le mettre à jour => la =>la solution de Noé

Jolie performance
Citation:
il prendrait sa retraite et se mettrait à la poterie

C'est pas déjà comme ça que tout a commencé? :mrgreen:

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MessagePosté: Mer Sep 07, 2005 12:27 pm 
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Citation:
A la limite, mais vraiment pour dire quelque chose de constructif, peut-être que la façon de présenter Jésus dans le dernier paragraphe est un peu lourde, le coup du "qui aime s'incarner en n'importe quoi/qui... déjà le / ça fait space, autant ne mettre que "n'importe quoi", et puis même, la formulation de l'ensemble gagnerait à être raccourcie..."

Pas faux...Je vais corriger ça ! :D

Citation:
Citation:
Elles criaient inutilement et tentait de l'arrêter => tentaient
La solution de Noé étant éculé et dépassé =>éculée et dépassée
il avait décidé de le mettre à jour => la =>la solution de Noé



Jolie performance

:shock: Ben ouais je vois ça ! Seulement trois fautes ! Je dois être dans une transition du Néant de l'angoisse des philosophes effectivement donc hein ! :mrgreen:
Merci pour les commentaires, ça me rassure un peu :lol:

Citation:
Le problème, c'est qu'à force de dire ça, peut-être que tu ne vas pas me prendre au mot...

Mon orgueil personnel le prend au mot lui ; il ne s'embarasse pas de subtilités :mrgreen:

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MessagePosté: Sam Nov 12, 2005 8:23 pm 
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Citation:
Puis, souriant à son tour, en sortit une épingle et la posa dans la main :

:lol: On le sentait venir ! Ca fait du bien ! :mdrr:

Citation:
Peinard fut le mot qui lui vint à l'esprit.

:enpleur18:

Citation:
"Fire", ça doit être ça. Il avait à peine pressé la petite chose qu'une sonnerie retentit dans tout l'hôtel ; vingt secondes plus tard, on enfonçait sa porte et les robots de sécurité sortaient des murs pour contrer l'alerte. Quand à Stephen, il était transporté par deux pompiers qui avaient chacun deux fois sa largeur d'épaule et qui le portait dans l'escalier en volant littéralement au dessus des marches.

:mdrr:

Citation:
Les gens étaient habitués. La seule fois qu'il avait été irritable avec un employé, au début de sa carrière, on l'avait accusé d'imposture et il avait passé la nuit au poste. Pour preuve, au lieu de lui rentrer sa prétention dans la gorge,

Le "pour preuve" a une phrase de retard : ici on a l'impression (désagréable) que c'est la preuve de la fois où il avait été arrêté...

Citation:
(excuses qui n'avaient aucunement lieu d'être par ailleurs, mais s'excuser d'avance synonyme de promotion rapide en hôtellerie)

"mais s'excuser d'avance est synonyme de promotion rapide en hôtellerie"

Citation:
la machisme est un délit

le machisme

Citation:
sans perler des skis

sans parler

Citation:
Sebast’Corporation : le PDG n’a fait aucun commentaire quand au suicide soudain du concurrent qui…

Mwouarf ! :mdrr:

Citation:
Ses cheveux blonds auréolaient autour d’elle, resplendissants dans la lumière d’hôpital du lieu.

"Auréolaient" tout seul je trouve ça bizarre... "auréolaient de lumière", ou un truc comme ça... enfin, j'en sais rien...

Citation:
- Visiblement, ils ne cherchent spécialement le contact humain…

"- Visiblement, ils ne cherchent pas spécialement le contact humain…"

Citation:
Il n'y avait pas fait gaffe

Il y a plusieurs mots, plusieurs tournure comme ça qui ne font pas très écrits, ce qui n'est pas vraiment justifié... :roll:

Pas mal ! :D

... :|
Dis donc, y aurait pas de la private joke inside ? :mrgreen:

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MessagePosté: Sam Nov 12, 2005 8:51 pm 
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Citation:
Dis donc, y aurait pas de la private joke inside ?

nooooonn :mrgreen:
Tu n'as pas noté le Pep Her ? :roll:


Citation:
Le "pour preuve" a une phrase de retard : ici on a l'impression (désagréable) que c'est la preuve de la fois où il avait été arrêté...

euh....'est vrai :oops: En plus le irritable d'après est en fait un charitable :shock:

Citation:
"Auréolaient" tout seul je trouve ça bizarre... "auréolaient de lumière", ou un truc comme ça... enfin, j'en sais rien...

Là j'avoue que je me tâte... :roll: Il faut Lui demander :mrgreen:

Citation:
Il y a plusieurs mots, plusieurs tournure comme ça qui ne font pas très écrits, ce qui n'est pas vraiment justifié...

possible ; relachement dans l'écriture, je vais voir ça :wink:

Sinon, est-ce que ma chute est bien amenée , Parce que j'ai des doutes :roll:

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MessagePosté: Sam Nov 12, 2005 9:18 pm 
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Localisation: Dans vos rêves les plus fous mesdemoiselles...
Citation:
Pep Her


:enpleur18:

Citation:
Sebast’Corporation : le PDG n’a fait aucun commentaire quand au suicide soudain du concurrent qui…


Excellent :mrgreen:

Citation:
bonheurs de l'amour partagé (ce qu'il n'avait jamais connu jusque là qu'avec son banquier et leur amour mutuel de l'argent engrangé)


Superbe :mrgreen:

Un très bon texte, je n'ai pas perdu mon temps à le lire (pour une fois... aïe non, pas taper :mrgreen: ) :wink:


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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 12:00 am 
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En rouge, les fautes
En orange, les "conseils"
En bleu, les omissions
Citation:
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Nivis…Planète aux milles pentes, aux milles neiges, aux milles touristes par jour…

Son soleil céruléen se réfléchissait sur sa surface de nacre décomposant son spectre lumineux en une myriade d'aiguilles chamarrées…
Achetez les lunettes de soleil Binoclos, pour vous en mettre plein la vue !
Sa faune exceptionnelle, toute de grâce et de beauté dans les sabots agiles et les membranes glissantes des pacifiques animaux dont elle est composée, est un macrocosme de paix et d'harmonie…
Ressentez votre instinct de chasseur remonter par toutes les veines de votre corps ; les organismes de chasse rupestre Laparro vous louent les meilleures armes pour les meilleurs cartons ! Repartez avec une tête de Chameone sous le bras pour épater vos amis !
Venez goûter le frisson de l'aventure en ces contrées vierges et inexplorées et laissez glisser vos soucis en même temps que vos skis.
La grandiloquence de ses montagnes n'a d'égale que la pureté divine de l'air…

Stephen releva le nez du dépliant touristique et haussa un sourcil ironique ; ces abrutis de la mise en page avaient inversé les deux dernières phrases ! Il espérait qu'on n'allait pas aussi inverser sa suite présidentielle avec la loge du concierge.
" Ting tu tiglinting tutu !"
- Savent plus quoi inventer pour les sonneries d'ascenseur (ou: des ascenseurs); bientôt on aura le droit à du Pep Her que ça ne m'étonnerait pas !" Grommela-t-il en sortant de la dite cabine. Un des garçons du room service l'attendait et l'accueillit avec le plus beau sourire hypocrite de son répertoire, accompagné d'une belle révérence aussi ridicule qu'amusante. Il lui fit signe de le suivre et le conduisit à la double porte de sa chambre. Après s'être tourné encore une fois vers Stephen en souriant comme un arracheur de dents, il l'ouvrit avec un geste solennel, en introduisant une clé à l'ancienne de la taille de son avant bras. Et ce fut l'habituelle et si indispensable visite. Tellement indispensable qu'au bout de deux minutes du discours enjoué du garçon sur l'histoire des "pointes" qui avaient dormi ici auparavant, il le mit gentiment à la porte. Au moment de refermer celle-ci, il avisa la main tendue et le sourire niais du jeune homme. Stephen porta la main à sa veste. Sortit son portefeuille. Regarda une nouvelle fois l'autre qui ressemblait à un chien attendant son susucre. Puis, souriant à son tour, en sortit une épingle et la posa dans la main :
- Merci mon brave ! en lui tapotant l'épaule droite avant de fermer la porte sur lui, un sourire d'assureur social aux lèvres.
Il en avait soupé de toutes ces manières mielleuses, fielleuses, de tous les petites gens qui s'affairaient autour de lui sitôt qu'il sortait un stylo ou un mouchoir. Assez des "Puis-je plutôt vous offrir ma plume, je vous aime tant !" et des "Non, mouchez-vous dans ma chemise" hystériques. Il allait ajouter, à l'adresse du miroir, que la célébrité n'entraînait que complications et inconvénients quand son regard se porta sur le grand lit à baldaquin à sa droite. Non, il y avait quand même quelques menus avantages…Et il n'allait quand même pas revenir dans le gros et vieux cliché du chanteur riche, beau et célèbre qui n'était pas heureux et qui cherchait l'amour pour se redonner goût à la vie…Cette pensée le fit sourire. C'était presque son cas.
Il programma son café, s'assit sur le confortable canapé en cuir en face de la baie vitrée et le but lentement. Une fine neige tombait lentement sur les massifs en face au loin. Ah, un peu seul, que c'est bon…Il aimait les sports d'hivers, mais c'était surtout le fait que personne ne l'avait accompagné qui le ravissait le plus. Peinard fut le mot qui lui vint à l'esprit. L'enfer, c'est bien les autres, il avait essayé.
"Manque quelque chose…" se dit-il en jetant un regard circulaire dans la pièce. "Ah oui !" Il leva la télécommande et chercha le bouton qui commandait l'allumage de la cheminée. "Fire", ça doit être ça. Il avait à peine pressé la petite chose qu'une sonnerie retentit dans tout l'hôtel ; vingt secondes plus tard, on enfonçait sa porte et les robots de sécurité sortaient des murs pour contrer l'alerte. Quand à Stephen, il était transporté par deux pompiers qui avaient, chacun, deux fois sa largeur d'épaule et qui le portaient dans l'escalier en volant littéralement au dessus des marches.
- Diantre, mais…Je…Ghhhh…
Enfin, on le déposa sur un fauteuil de la réception tandis que l'on accourait vers lui et que d'autres pompiers se ruaient dans l'escalier. Un grand moment de solitude…
- Monsieur, allez-vous bien ? Vous n'êtes pas blessé ?
- Il aurait été dommage qu'il arrive malheur au plus grand chanteur de la confédération !
- Ne vous inquiétez pas, le bouton de la télécommande m'a épargné ! répondit-il, sardonique.
Personne ne nota le ton, et on le prit presque au mot en discutant sur la rugosité des touches des télécommandes électroniques modernes. Un vrai désastre. Et ce fut le ballet du directeur pour excuser l'hôtel de cet incident. Après le double axel du "mille pardons" et le triple axel du "permettez-moi de vous offrir un verre". Stephen décida de jouer ce que l'on attendait de lui en la circonstance. Il avait appris qu'adapter son comportement, si éhonté soit-il, à l'attente de l'entourage immédiat, c'était leur faire plaisir et les rassurer. Aussi se composa-t-il dans le rôle de la star susceptible, irascible et de mauvaise foi. Il cria qu'il n'avait qu'une envie c'était qu'on lui fiche la paix, que le service était déplorable et que la première qualité d'un serviteur c'est de se faire oublier, alors si on voulait bien lui lâcher les sborns et d'autres choses moins polies, ce serait merveilleux, et ce sans reporter l'erreur sur lui en aucune façon, et en toute hypocrisie, bien naturelle, du reste, de la part d'un chanteur vedette. Les gens étaient habitués. Pour preuve, au lieu de lui rentrer sa prétention dans la gorge, les employés lui sourirent de plus belle en se confondant en excuses (excuses qui n'avaient aucunement lieu d'être par ailleurs, mais s'excuser d'avance est synonyme de promotion rapide en hôtellerie)
La seule fois qu'il avait été charitable avec un employé, au début de sa carrière, on l'avait accusé d'imposture et il avait passé la nuit au poste. Puis, épuisé, il remonta dans sa chambre et s'effondra littéralement sur le lit.

Le lendemain matin, une charmante jeune fille (le machisme est un délit, mais cela n'empêche toujours pas les hôtes d'employer ce genre de personnes pour mettre de bonne humeur les clients le matin) vint tirer les rideaux de la baie vitrée, et le réveiller d’une voix douce (tellement que Stephen la trouva désagréable à l'oreille) en apportant son petit déjeuner sur un plateau, garni de mets qui s’avérèrent aussi délicieux que leur vue le laissait supposer. Après avoir calmé son estomac, Stephen alluma le vidéoste et commença à s’habiller en écoutant les infos de la matinée. Il avait choisi le top du top en matière de combinaison isolante, sans parler des skis et des chaussures haute technologie. Il eut une pensée amusée pour ceux qui considéraient que les sports d’hiver étaient dangereux… Aussi dangereux que de lire un livre ; avec toutes les sécurités mises en place…
« Le premier Intendant a annoncé aujourd’hui le retrait des forces de dissuasion le long de la frontière Pryrème, déclarant qu’il avait confiance en la bonne foi et la raison des Pryrèmiens… »
Stephen jura contre la fermeture magnétique de son pantalon et contre le mauvais goût du fabricant qui avait eu La bonne idée de la placer à l’envers…
« …OPA est l’offensive la plus importante de la Sebast’Corporation : le PDG n’a fait aucun commentaire quant au suicide soudain du concurrent qui… »
Un bruit sourd retentit et un autre oiseau des montagnes s’écrasa cinquante mètres plus bas.
« Je n’ai jamais embrassé cette dame que je n’ai d’ailleurs jamais rencontrée de ma vie ! A-t-il déclaré avant d'aborder le sujet du cigare dont… »
Après avoir remis son pantalon dans le bon sens, Stephen prit une seconde tasse de café et s’apprêta à éteindre le vidéoste quand…
« Cela nous amène à parler du célèbre Steph Magnus qui a sorti son dixième album et qui passe actuellement ses vacances sur Nivis, petite planète sauvage et inhospitalière…Nous avons enquêté pour comprendre quels motifs poussaient le chanteur à s’exposer ainsi au danger, et Ynot Immoi, son guitariste nous confie que déjà, lorsqu’il était petit… » "Piiuuuuuu…"
Le danger ! Stephen posa la télécommande. Quels couillons ! Il sortit sur le toit où l’attendait sa nef autonome. Ce faisant il se demanda si l'interprétation des faits et gestes d'une personne est fonction de sa célébrité, positive ou négative. Il plaignait ces gens qui ne vivaient que par stars interposées, qui remplissaient leur vie des déchets luxueux de celles-ci. Cela lui fit penser à la femme qui, quelques années plus tôt, lui avait sauvé la vie en s'interposant entre un terroriste armé et lui. Cela lui avait sauvé la vie. Quel gâchis. Et le pire, c'est qu'il savait qu'en pensant cela, il jouait les faux tristes sires. Très honnêtement, s'il pouvait revenir en arrière et offrir sa vie à la place de la jeune fille, il ne le ferait pas. Il n'aimait pas l'idée de la mort, et cela ne faisait pas de lui un cas unique, bien au contraire... Il était lâche, calculateur, égoïste, méprisant, mais pas plus que la moyenne de l'Humanité. Le seul petit détail qui le mettait au dessus de la masse, c'était qu'il en était conscient. Ni fier, ni dégoûté, juste conscient.

Enfin, il arriva en face du pilote et du guide sur le toit. Ces derniers l’attendaient en fumant tranquillement adossés au parapet.
- Hey ! lança Stephen. Il s’avança vers eux et tendit sa main au guide, un petit homme trapu enfoncé dans une épaisse parka, qui se contenta de le regarder avec ses épais sourcils en grommelant un borborygme incompréhensible dans sa barbe noire on ne peut plus fournie.
- Hé hé…fit bêtement l’autre en rangeant sa main et en montant dans la nef, suivi par le guide.
Heureusement le pilote était plus civilisé et surtout, c’était un fan. Pour une fois que Stephen était heureux de tomber sur un admirateur…Ils discutèrent de choses et d’autres concernant la région ; le chanteur apprit ainsi que l’on envisageait d’agrandir la cité au détriment de l’écosystème de la montagne, ce qui le révoltait visiblement. Pour sa part, Stephen n’en avait rien à faire, mais il fit comme si ce n’était pas le cas car le guide le regardait bizarrement depuis le départ. Il était de moins en moins rassuré à l’idée de passer son après-midi avec cet individu…

Le pilote les débarqua en haut d’une pente déjà pratiquée ; selon lui il valait mieux ne pas s’éloigner dans la neige fraîche sans un petit groupe de skieurs expérimentés.
- Bon, et bien on y va ? Demanda le chanteur à son compagnon
Il aurait juré que l’autre lui avait répondu par « groumpf ». Ils descendirent alors dans la neige en slalomant simplement. Le paysage était sublime, il fallait bien l'admettre. Partout des montagnes nacrées fleuries de milliers de conifères, se rencontrant et se chevauchant avec la force de coutume aux roches (coutumière des roches)…Et cet air…Stephen était un peu euphorique à cause de sa teneur élevée en oxygène , et cela ne gâtait rien. Après une heure de descente, Stephen décida de faire une pause et demanda à son guide de s'arrêter, ce qu'il ne fit qu'avec un grognement incompréhensible. Il allait poser son sac quand une skieuse le dépassa. Ou celle-ci était très douée, ou bien elle n’avait pas fait exprès de se retrouver sur un ski. Cette dernière théorie expliquait le hurlement désespéré (ses hurlements déséspérés). N’écoutant que son courage (en fait sa misanthropie commençait déjà à l'ennuyer, et le vieux réflexe du dragueur était de toute manière le plus rapide) et le désir de quitter cet affreux guide, il fonça à la poursuite de la jeune demoiselle en détresse. Paradoxalement, elle qui essayait de s’arrêter allait plus vite que lui qui donnait tout ce qu’il avait pour la rattraper. Après plusieurs dizaines de mètres de descente folle, Stephen sauva "glorieusement" la jeune femme en se plaçant devant elle pour l’arrêter. Encore tremblante d’émotion, cette dernière tourna lentement sa tête étourdie vers son sauveur et ses yeux s’illuminèrent derrière ses cheveux d’or…Toute cette histoire aurait pu magnifiquement se terminer s’il n’y avait eu les quelques cent mille tonnes de neige qui avaient suivi Stephen lors de son illustre sauvetage. Il aurait bien contesté en expliquant à l’avalanche qu’elle n’était pas mentionnée dans le contrat de vacances qu’il avait passé avec la station, mais il s’évanouit juste avant.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il fut étonné de ne ressentir ni froid ni chaleur. C’était…tiède. Et mou. Lumière. L'au-dessus était uniformément blanc, un blanc qui vous agresse la rétine. Il bougea ses membres un à un. Tout semblait bien marcher. Aucune douleur. Aussitôt, un mot se présenta à son esprit : « Impossible ». Effectivement, s’en tirer avec pas même un bleu, c’était plus que miraculeux, parce qu’au moins le miracle lui, il arrive de temps à autre. Et pourtant…
Il releva le torse et saisit ce qui l’entourait. Il était assis sur une sorte de matelas dans une cellule aux parois translucides. Ce qui ressemblait à un garde-manger hypotherme était apposé sur sa gauche ; une capsule de douche et des fauteuils, y compris une mini bibliothèque étaient là. Se grattant la tête avec encore plus d’insistance, il s’aperçut que la jeune fille qu’il avait "sauvé" semblait inconsciente un peu plus loin sur un autre matelas. Ses cheveux blonds auréolaient autour d’elle, resplendissants dans la lumière d’hôpital du lieu. Secouant la tête, il fixa à nouveau sa réflexion sur l’endroit. Comment diable avait-il pu se retrouver ici ? Il y avait eu l’avalanche, et puis le noir, et enfin ce réveil. Une avalanche ? Pourquoi cette idée ne l’avait-elle pas déjà frappé ? Il n’y avait pas d’avalanche dans cette station, mais c’était tout simplement…Avec les contrôles et les sécurités mises en place, cela ne pouvait pas se produire !
- Foutrediable ! jura-t-il.

Aucun écho.

Stephen se mit à grommeler en se grattant machinalement le menton, comme à chaque fois qu’il était embarrassé. Il s’approcha d’une des parois transparentes et y apposa sa main. Au lieu de la fraîcheur à laquelle il s’attendait, il n’y eut qu’une chaleur douce. Le chauffage de la cellule. « Bien, on avance » Il se demandait d’ailleurs quelle était la source d’éclairage du lieu. Il n’apercevait rien qui ressemblât à une lampe quelconque. Il supposa que la lumière était émise pas les murs blancs au delà de la cellule. En fait, il était dans une pièce elle-même à l’intérieur d’une autre pièce…Mauvais signe ; la structure architecturale correspondait à celle des pénitenciers…Il était donc prisonnier dans ce réduit, sans doute observé, sinon pourquoi ces parois translucides, avec tout l’ameublement, les vivres et l’occupation nécessaires à un citoyen de l’empire moyen. Et même…une charmante compagnie…Mais à quoi tout ceci pouvait-il bien rimer ? L'on n'enferme pas les gens comme ça, sans raison ! Une rançon ? Oui, il n’y avait pas pensé tout de suite mais il est vrai qu’il valait son poids en or (son pesant d'or)…
Pour l'instant, c'était l'hypothèse la moins farfelue qui se manifestât à son esprit.
Un bruit le fit sursauter. La jeune femme s'était éveillée et avait glissé sur le sol hyper astiqué. Il se porta évidemment pour l'aider ; un réflexe curieux qui ne se manifestait guère souvent.
- Merci. Fit-elle avec un sourire fugitif.
Ce même "merci" sincère était tout aussi rare par ailleurs.
- Où sommes-nous ? S'interrogea-t-elle.
- Dans le nouveau complexe d'animation de la station : "Jouons à l'embastillé".
- Très drôle vraiment. Répondit-elle d'un ton acerbe.
Elle n'avait pas non plus l'air d'avoir souffert de la moindre contusion.
Ils se présentèrent alors l'un à l'autre, et Stephen fut presque heureux de voir un sourire moqueur apparaître quand il l'informa de qui il était. Elle se nommait Nelhen, et était une citoyenne native de cette même station, Nivis. Un joli mensonge au vu de sa performance sportive précédente, mais dans ce genre de cas, on élude la question, au risque d'entraîner d'infâmes menteries en poussant trop loin…
Puisqu'il ne semblait n'y avoir aucune issue, Stephen s'installa sur le canapé en bout de pièce avec un bouquin de fiction et lut tranquillement. La trame de l'histoire était plutôt primaire, bien que convaincante, et les péripéties peu originales, mais il y avait quelques personnages intéressants qui avaient, chacun, tout un lot de souffrances, et une profondeur peu commune aux romans de gare. Un cri le tira de sa lecture ; Nelhen montrait quelque chose du doigt. Le guide.
Il était debout à mi distance entre le mur blanc et la paroi de la cellule.
- Hé ! l'interpella Stephen. Que s'est-il passé ? Sortez-nous de là mon vieux !
Soit que le bonhomme n'ait pas entendu, soit qu'il en fit mine, mais sa seule réaction fut de sortir une sorte de carnet et de griffonner dessus en marchant autour de la cellule.
- Ecoutez-moi bon sang ! Mais qui êtes-vous et que voulez-vous ? De l'argent ? Continua à s'égosiller le chanteur.
Il exécrait de ne pas être pris en considération ; cela ne lui était pas arrivé depuis des lustres. Il avait l'impression de perdre tout ce qu'il avait acquis tandis que l'autre semblait regarder à travers lui. Celui-ci finit par sortir de la pièce. Silence.
Au cours des jours qui suivirent, la même scène recommença, mais parfois avec plusieurs autres "guides". Même physique patibulaire. Ils discutaient entre eux en tournant autour de la cellule, mais il était impossible pour les deux captifs d'entendre quoi que ce soit. Commençant à trouver le temps long, ils avaient lié plus ample connaissance et une sorte d"amitié" s'était établie entre eux ; celle qui lie deux personnes dans la même infortune.
Un jour, il y eut du changement. On leur ouvrit la porte de la cellule. Sans se faire prier, ils sortirent de la pièce pour se retrouver dans une grande salle circulaire, d'un jaune rassérénant pour quelqu'un qui n'a vu que du blanc depuis près d'une semaine. Mais la surprise n'était pas là, la surprise c'était les autres prisonniers. Ils devaient être une bonne cinquantaine qui sortaient de portes annexes à la pièce, tout comme eux deux, mais ils faisaient plus de bruit qu'un troupeau de buffles. Ils couraient, se jetaient les uns contre les autres, hurlaient, parlaient, se cognaient… Un vrai chaos.
Stephen et Nelhen avisèrent un autre couple qui semblait tout aussi ébahi qu'eux et engagèrent la conversation. Par chance, ils parlaient également le langage universel.
- Bon…Bon quelque chose à vous, commença le chanteur ; je crois qu'il est un peu difficile de savoir quoi ajouter ensuite…
- En effet ; je suis heureux de voir quelqu'un d'autre que ma moitié de cellule, confia l'homme, un quinquagénaire à l'air digne, elle m'est insupportable ! Et je suis encore plus heureux de converser à propos de ce qui nous arrive ! Je me nomme Trens Rechon et elle c'est Clarisse. Voyez-vous, je skiais en compagnie d'un guide de la station quand je me suis retrouvé ici, sans transition.
- Enchanté, Stephen, et voici Nehlen. De même pour nous deux, sauf que nous avons eu [strike]le[/strike] droit à toute une avalanche de transition. Avez-vous une explication à tout cela ? demanda-t-il en faisant un large geste du bras.
- Je pense que ces hommes et femmes sont dans le même bateau que nous, mais je ne m'explique pas leur comportement ; ils ont l'air à la fois effrayés et surexcités, je ne sais ce qui leur prend. Je n'ai pas réussi à en approcher un seul, ils me regardent comme si j'avais la peste ! Et entre eux il n'existe plus que rivalités.
- Vous n'auriez pas une idée de ce que veulent ces…ces "guides" ? Car il s'agit bien d'eux (c'est bien eux) qui nous tiennent ici non ? demanda Nehlen.
- Aucune. J'ai plusieurs hypothèses, mais tout ceci me parait tellement insensé…
- Cela ne pourrait-il pas être un organisme terroriste d'enlèvement/rançonnage ?
- Cela se peut, mais enlever autant de personnes, j'ai rarement entendu parler de kidnappeurs pareils… Et moi, en tant que chauffeur spatial avec ma misérable paye et ma famille inexistante, je ne vois pas quel argent pourrait espérer ces gens…
Soudain, un larron bondit sur eux en hurlant des insanités et en maudissant l'humanité, puis il repartit aussi sec dans une sorte de mêlée de combattants qui s'était formée au centre de la pièce.
- Mais…
- Chut, regardez, fit l'homme.
Ce faisant il désigna un groupe de "guides" qui étaient postés sur une coursive située à quelques mètres du sol.
- Ils nous observent, et j'aimerais bien connaître leur but. Et la signification de cette réunion entre tous les détenus…
Une sonnerie retentit alors, et d'autres "guides" surgirent de la double porte au fond. Tous les détenus retournèrent prestement dans leurs cellules respectives. C'était le moment ou jamais pour avoir une explication claire et nette. Le chanteur alla à leur rencontre. Arrivé près d'eux, il leur demanda de l'écouter.

- Quelle idée tu as eu! Tu es dans un bel état maintenant ! Dit une voix au-dessus de lui.
- Nehlen ? Que s'est-il passé ?
- Le service de sécurité du concert t'as évacué, si tu vois ce que je veux dire
- Oh.
Il ne le voyait pas, en revanche il le sentait encore dans ses muscles endoloris.
- Visiblement, ils ne cherchent pas spécialement le contact humain…Pas très sociaux ces gens-là…
- Tout ceci est dingue ; je crois que je vais me réveiller d'un instant à l'autre…Et tellement illogique ! Tous ces gens qui ont disparu auraient dû éveiller les soupçons quelque part !
- Ah ! Parmi les milliers de touristes qui viennent passer leurs vacances ici, tu crois que la disparition d'une cinquantaine, sur une longue période, est difficile à dissimuler ? Excuses bidons et accidents de transports, les explications ne manquent pas ! Pour rien au monde la station laisserait courir le bruit que des gens disparaissent en montagne, cela ruinerait tout le monde ici…
- Mais comment diable pouvez-vous être certaine que nous sommes encore sur Nivis ?
- Les transports et douanes sont bien trop surveillés pour que l'on puisse laisser passer comme cela n'importe qui, mais même si l'on pouvait, regarde les vêtements de ces braves gardiens qui nous épient ! Et puis, pourquoi se compliqueraient-ils la vie en partant de Nivis alors que c'est ici qu'ils sont le moins susceptibles d'être recherchés ?
Stephen était songeur, quelque chose lui échappait, tout en fait, mais il sentait qu'une réponse permettait de faire venir les autres.
Dans la semaine qui suivit, de grands changements s'opérèrent chez la jeune femme, d'abord, puis chez lui-même. Leur entente, qui s'était presque muée en complicité fut mise à mal par tous deux. Nehlen devenait de plus en plus cynique et maniait la pique verbale mieux que personne, et lui commençait à ne plus pouvoir la supporter et se surprit à esquisser des gestes violents. Lors d'une nouvelle rencontre générale, il rencontra à nouveau le chauffeur et lui aussi adoptait une attitude agressive en sa présence. "Une ébauche de comportement de rapport mâle dominant/dominé" songea Stephen. Il n'avait pas retenté de communiquer avec les "guides" qui continuaient pourtant leurs visites journalières. Il avait mis de côté ce problème pour s'intéresser à celui qui le tenaillait de plus près. Ces changements de comportement étaient si brusques qu'ils n'avaient pu intervenir sans facteur extérieur. Les longues mondanités de sa vie avaient permis au chanteur de comprendre un peu les moeurs et les comportements types, des hommes comme des femmes, ou du moins d'en schématiser les parties. Les relations rivales et d'amitiés pouvaient avoir plusieurs raisons, et dans le cas d'une brouille, rien ne se faisait par magie. Cela venait d'une parole, d'une attitude, ou bien d'un élément extérieur. Il n'y avait eu aucune conversation fatale et définitive entre eux deux, aussi Stephen induit que cela pouvait venir de la transformation d'un élément de leur univers respectif. Dans la cellule. La première chose qui lui vint à l'esprit fut un élément dont il ne pouvait se passer.
La nourriture. Il ne savait pourquoi, mais il avait l'impression qu'on les forçait à adopter un comportement social dégradé, de façon à devenir une sorte d'ermite, en introduisant des produits dans la nourriture. Peut-être un système pour empêcher les tentatives d'évasion des captifs. Il se priva donc de nourriture pendant deux jours, laissant Nehlen continuer tout de même à manger. Celle-ci vivait désormais à l'autre extrémité de la cellule, en une position diamétralement opposée à lui, et le chanteur trouvait cela très bien. Mais se priver de nourriture fut une bêtise ; la faim ne fit qu'attiser son agressivité.
- Un autre élément, un autre élément… ruminait-il en tournant autour de sa chaise.
L'air ? En ce cas il ne pouvait rien faire ; il garda donc cette hypothèse qui se verrait validée si toutes les autres s'avéraient erronées.
- Mais pourquoi justement un élément indispensable ?
Il se mit alors successivement à ne plus approcher les livres, le café, le fauteuil, jusqu'à se dénuder entièrement, mais rien y fit. Les relations entre lui et elle menaçaient de tourner au pugilat ; il ne pouvait même plus la voir en peinture, et cela sans aucune raison apparente. Enfin il pensa à la dernière chose qui lui restait.
Pour tenter l'expérience, il arracha quelques pages à un livre de la bibliothèque, un roman rose sans intérêt, et les roula en boules qu'il se fourra dans les oreilles. Vingt-quatre heures plus tard, il se sentait déjà plus libre, plus serein. Il misa donc tout sur la théorie des ondes sonores basse ou haute fréquence. Après tout, le son pouvait vite devenir quelque chose de très puissant ; un exemple trivial : un chanteur que l'on apprécie guère qui se met à chanter dans un poste sans que l'on puisse l'éteindre. Cela lui était arrivé de nombreuses fois. Crétins d'"amis" qui pensaient lui faire plaisir en lui faisant écouter sa propre musique… Cela lui rappelait aussi une histoire…Quelque chose qu'il avait lu dans cette même bibliothèque quelques jours plus tôt
Il se jeta dessus et se mit à la recherche dudit livre. L'Odyssée. Un vieux classique de l'ancienne Terre. A l'épisode des sirènes étaient griffonnées de petites runes étranges. Il n'y avait pas prêté attention lorsqu’il l’avait lu, mais maintenant, même si cela faisait partie de son délire, il était sûr qu'elles étaient preuve que c'était le son qui leur faisait péter les plombs, à tous. Des runes…Sans aucun doute des gribouillis faits par un lecteur peu respectueux, mais il s'en fichait, il avait de quoi s'y accrocher. C'était ces salauds de "guides" qui leur mettaient cela dans les oreilles, mais il aurait bien aimé comprendre. Comme les marins du navire d'Ulysse, ils regardaient ce dernier souffrir le martyr en écoutant le chant des sirènes. Et Ulysse, c'était lui.
Maintenant qu'il était hors d'atteinte des influences sonores, il lui fallait faire de même avec sa colocataire "misanthropisée"à souhait. Malgré le fait que son cas risquait d’encore empirer, Stephen attendit quatre jours (il se repérait grâce aux visites régulières des « guides » que son état s'améliore avant de tenter toute approche qui aurait autrement pu tourner à la catastrophe.
Mais il eut beau essayer toutes sortes de ruses diplomatiques, aucune ne put décider la belle blonde à mettre les boulettes dans ses oreilles.
- Oh et puis diaule ! La fin justifie les moyens, sacrebleu !
Et en effet, la pauvre femme fut proprement assommée pendant son sommeil, et attachée de manière à ce qu'elle ne puisse enlever ses bouchons. Son attitude s'améliora au fil des jours, et elle recommença à lui parler en s'excusant de sa mauvaise conduite. Stephen ne pouvait pas tolérer ces excuses, car lui-même n'en avait aucune, et c'est ainsi que leur amitié revint, avec même un petit sentiment en plus…
Et également, Stephen s'en rendit compte, une certaine agitation chez les "guides" qui venaient les voir chaque "jour". Il en venait maintenant plusieurs fois quotidiennement, et qui gesticulaient à qui mieux mieux. Le chanteur s'en mordit les lèvres. Il avait complètement négligé ces braves gens. Le retournement d'attitude chez eux ne semblait guère leur plaire…

C'est ainsi, alors que notre Ulysse embrassait délicatement Nehlen, savourant avec volupté le bonheur de l'amour partagé (ce qu'il n'avait jamais connu jusque là qu'avec son banquier et leur amour mutuel de l'argent engrangé), qu'une équipe de "guides" s'empara d'eux et les conduisit dans l'infrastructure même de la cité. Car il s'agissait bien d'une cité, bâtie sous la glace, dans laquelle ils se trouvaient. Alors qu'ils parcouraient un long couloir, à vue panoramique, il put contempler une grande ville sous bulle avec son ciel de nacre et ses murailles de roche. Des milliers de petits bâtiments étaient disposés là, et tout fourmillait de vie. De grandes allées de jades formaient les artères principales ; ici et là scintillaient des roches bleutées…Il ne pouvait en croire ses yeux ; qu'une telle agglomération soit située ici même lui tournait la tête. Et les habitants. Tous trapus, barbus et aux sourcils épais. Certains portaient même des pioches. Le vrai peuple de Nivis…eut-il le temps de penser avant qu'on ne les amène dans une salle où deux tables oblongues étaient disposées en son centre. Toute une machinerie était suspendue juste au dessus.

Des "guides" en blouses blanches lui firent un petit sourire, l'attachèrent lui et Nehlen, chacun sur une des tables. Alors qu'on le fixait, il comprit soudain toute l'affaire. Il avait joué les souris de laboratoire, recherche militaire.
Piqûre.
Il se sentit alors sombrer dans un bonheur ouaté…Sa dernière pensée consciente fut que, pour lui épargner les souffrances d'une dissection totale, les "guides" devaient avoir une Société protectrice des animaux…

Beau texte!
Une question me taraude: comment ont-ils évité l'avalanche?

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Famille veut dire que personne ne doit être abandonné


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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 8:30 am 
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Ecolo à vélo

Inscription: Sam Jan 22, 2005 4:05 pm
Messages: 3098
Localisation: Shembray
Citation:
Tu n'as pas noté le Pep Her ?


Non, et je m'y attendais... j'ai du passer par-dessus... :?

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MessagePosté: Dim Nov 13, 2005 11:03 am 
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Homo sapions sapions

Inscription: Jeu Sep 09, 2004 6:52 pm
Messages: 2015
Localisation: Novascholastica
Citation:
Non, et je m'y attendais... j'ai du passer par-dessus...

Roooo, c'est bien la peine de se casser pour faire des private joke ! :evil:


Belle correction Vae, tu te professionalise on dirait :shock: :D

Citation:
Une question me taraude: comment ont-ils évité l'avalanche?

Ben... :mrgreen: Ils n'ont pas tellement été entrainé par l'avalanche mais tiré d'elle avant par le guide (aucune contusion, donc....) elle était là pour camoufler leur disparition en accident (et comme les accidents font plus mauvaise pub qu'un kidnapping...)

_________________
« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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