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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Lun Déc 20, 2004 11:07 am 
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Résultat de la première composition poétique commune (aline, Baal, Fearon Cythalion, Finrod, melekesch, Vae-primat) (bravo à eux ! :D ) :

Un amour perdu

Sa douce main, dans la mienne elle mit
Et soudain mon coeur dans la poitrine bondit
Sa douce chaleur, mon corps envahit
Le bonheur tient à peu de chose pour l'esprit

Je l'ai rencontrée, un doux matin d'été,
Par son exquise beauté elle m'a mystifié,
Etreinte fugace, nos deux corps s'enlacent,
Ma vie rêvée, est enfin annoncée.

Après les tumultes des amours passées
Après les remous des liaisons brisées
Qu’il est doux cet émoi qui étreint le cœur
Un espoir de vie, une image de bonheur

Mais l'amour est dédaigneux des rêves d'éternité
Et la chair ne résiste aux stries du temps passé,
Toutefois, ma douce, en cet instant oublions cette fatalité
Goûtons aveuglément cette imposture qu'est la passion retrouvée.

Je sors ainsi d'un lac aux eaux sombres et m'éveille,
Le crépuscule s'est fait jour et il resplendit
Tel l'éclatant bonheur d'être deux, pareils
À l'éclat de tes yeux, si profonds, si jolis

Comment lui dire ce qu'en moi je ressens
Face à ce sourire tellement attendrissant
Je me noie dans ce regard si envoûtant
Chargé d'espoir et tendrement charmant

Dans l'amère lumière ou les tendres ténèbres
Je sens son doux regard enflammer mon âme
D'une larme et d'un souffle mon amour, lui clame
Tendre ou amer, je ne sais plus, je ne fais qu'être

Mais le destin, jaloux, dans son coin, ourdit
Un sombre complot qui, pour toujours, me suit
Balayant ce bel espoir d'un geste rageur
En un instant, detruit tout mon bonheur

Et je ne pus ébranler
Les nuages qui s'ammoncellaient :
Chappe d'acier sur un espoir mort
Tombeau d'un amour qu'on croyait fort !

Où est son regard? Où est son sourire?
Tristesse et regrets, leurs absences me font souffrir
Sans la caresse de ses lèvres, sans son odeur charnelle,
hormis la mort et la haine, je n'ai plus que la peine éternelle..

Mais mon coeur ne peut accepter
De vivre loin de tes baisers
Et la raison s'est rebellée
Qu'au loin tu t'en soit allée

Et loin de ta vue ma raison s'égare
Je m'enfonce chaque jour dans ce cauchemar
Je commence à suivre tes pas
Pour te tenir une nouvelle fois entre mes bras

Et je m'enfonce au sein de la nuit,
J'affronte les éléments déchainés,
Le vent violent, la neige et la pluie,
Car jamais je ne pourrais t'oublier.

La rage monte et La haine se fait palpable,
La colère gronde et la Mort approche,
Déchéance et Cruauté, Exhalaisons inaltérables,
La noirceur m'environne, et la peine me sanctionne.

Et j'erre depuis dans ce monde infâme
Où tout n'est que reproches et blâmes.
Un monde de mort, de haine et de terreur
Pour celui qui declencha ma fureur

Mon âme meurtrie, vindicative,
Brûle d’un feu impie et destructeur,
Et mon bras, poussé par une rage punitive,
Vient férocement ravager l’objet de ma rancœur.

Je suis las de cette vie sans toi
Ou tout est sombre et froid
Mon amour je viens te retrouver
Me pardonneras-tu de t'avoir tué?

_________________
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Dernière édition par Sebalsvatur le Mar Mar 15, 2005 5:38 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Mar Mar 15, 2005 5:38 pm 
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Résultat de la deuxième composition poétique commune (aline, Baal, Fearon Cythalion, Finrod, melekesch, Vae-primat, Pépère, Sebalsvatur) (bravo à eux ! :D ) :

Nature vengeresse

La nature déchaine sa colère
Elle va montrer de manière altière
Face à une humanité sans savoir
Ce qu'est le véritable pouvoir

Tremblez, captifs de vos tours de pierre
Esclaves de la foudre et des éclairs.
Fuyez, tristes indolents, le ciel se fait sévère
Et la mère de toute création a des desseins amers..

Les flots divins sont relâchés,
En ces temps, il n'y aura nulle pitié.
Au-delà du miséricordieux châtiments,
nous sombrerons dans les affres du temps.

Tandis que du ciel en pleurs tombent des grêlons
Des profondeurs de la terre sortent les démons
Sur la terre entière court l'immonde engeance
La nature meurtrie réclame enfin vengeance

Pour chaque affront subi, pour chaque odieux outrage,
Nous paierons de nos vies, dans un ultime naufrage.
A chaque lésion faite, chaque meurtrissure,
Nous paierons de nos têtes, le poids de ses blessures.

Et la mort s’étend partout sur la terre entière
Parcourant des villes changées en cimetières
Les démons se déchaînent par légions entières
Sur cette humanité qui s’est montrée trop fière

Les pères pleurent leurs fils, et la mort rigole en chantant,
cette morbide mélopée, dénuée de sentiments:
"Dans son ultime apitoiement, la nature s'est enragée,
Riez de ces vies bafouées, et pleurez ce monde ravagé.

La mort sur le monde règne en maître
Et la nature apaisée semble renaître
De ces cendres qu’elle a éparpillées
Renaissent les vies qu’on avait oubliées

La mort sur le monde règne en maître
Et la nature apaisée semble renaître
De ces cendres qu’elle a éparpillées
Renaissent les vies qu’on avait oubliées

Comme des âmes en peine
En quête d'une autre vie
Goûtant goulûment
Ce nouveau commencement

Et elles èrrent sur la terre sans but,
Comme des hères que rien ne rebute,
Mais pourtant la vie en elles s'insuffle et grandit
Croit, pousse, bourgeonne, comme un arbre au printemps verdit

Au crépuscule des dieux elles sont arrivées,
La complainte du déchû les a attirées,
En des lieux sublimes emprunts d'une douce mélopée,
Où les fontaines de la vie régissent le destin des pieux.

De leurs errements, ont-elles retenu
la leçon que les dieux leur ont échu?
De cette vie qui se meut et s'eveille
Verront-ils les monts et merveilles
Que la nature s'apprête à donner
A ces êtres enfin raisonnés?

Leur mission accomplie, les dieux et les démons
Relaissent cette terre aux mains des pénitents
Mais sitôt disparus, les forges et les canons
Reprennent leur complainte, leur métallique chant

Et les atroces spectres, décharnés et obscurs
de l'apocalypse humaine, guerrière, volontaire,
ressurgissent d'outre-tombe, là où ils furent jadis en terre,
et souillent les cités de leurs ames impures.

Et sur terre se repand à nouveau l'ombre
D'un spectre malfaisant et immonde
Qui reunit en son sein en grand nombre
Les malheureux de ce nouveau monde

Le peuple, sans héros, tenta de résister,
Mais la Mort son dessein a calculé,
Combien de vaillants bataillons,
Luttant pour la morte Civilisation,
Ont rejoint la sombre demeure
Où le Spectre est empereur...

Mais la liberté n'a pas de prix
et le peuple se leve d'un seul cri.
Forme en hâte ses bataillons
Pauvres hères couverts d'haillons
mais unis dans le même destin
Morts aujourd'hui ou libres demain

Douce Révolution réveille toi,
Les Hommes t'attendent comme autrefois,
Le sang dans leur veine,
Bat le rythme de la Liberté,
Envahit les de ta haine,
Sur le chaos se bâtira la paix.

Ou non, et le sombre glas
Pour l'humanité encor sonnera
Ces errants épris de liberté
N'évoqueront alors plus que pitié

Et la douce piétié deviendra mortelle et enragée,
Et la croyance ébahie deviendra sournoise et eprise,
Et lorsque le destin sonnera, lorsque le jugement passera,
Les quatres cavaliers des cieux, descendront sur le monde..
Salut, Mort, Guerre, et Fléau sont leurs noms,
Le jugement dernier ils feront...

Les dieux sont étonnés
Pourquoi leur résister ?
Ces créatures veules
Ne vivent que s'ils le veulent
Car ils n'ont pas compris
Que la vie à un prix
Aussi cher soit-il

Même les dieux devront plier
Car ces pauvres hères décharnés
Sont les seuls à pouvoir prier
Ces dieux qui se croient désignés

Et Ils eurent recours au divin châtiment,
Tuant démons et spectres, sauvant les pénitents,
Domptant la Nature, arrêtant sa folie,
Plongeant le monde dans l’anarchie.

Parcourant le monde, repandant leur folie
Ces nouveaux pénitents organisent leur vie.
En mille lieux, parmi cent paysages
Ces pauvres hères seront-ils plus sages?

Mais de ses erreurs l'homme ne tire aucun enseignement
Les épreuves infligées sont encore vives dans les mémoires
Et tous se rappellent les sombres heures sans espoir
Mais viendra de nouveau la dictature du roi argent

Alors l'oubli de manière durable s'installera
Et l'humanité une fois de plus la nature bafouera
Laissant en héritage une planète exsangue et déserte
Pour n'avoir su saisir la chance qui lui était offerte

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MessagePosté: Ven Avr 28, 2006 11:50 am 
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Resultat de la troisieme composition poétique commune (Vae primat, Pépère, melekesch, Gallileo, Fearon) (bravo aux artistes ! :D )

Sans penser aux conséquences
On absorbe en abondance
Par plaisir des mets succulents
Relevés de vins excellents

A vous de choisir, qualité,
Gourmet dégustez l'excellence
Ou bien, en gourmand, quantité,
Baffrez, remplissez-vous la panse

Pour que cela soit un festin
choisissez donc un bon vin,
et pour que l'hôte soit heureux
offrez donc un bon mousseux

Pour les repas plus familiers,
Avec Germaine en tête à tête,
Envoyez-vous un bon pâté,
Du gros rouge avec des rillettes

D'un si bon repas, on ne peut souvent
quitter la table sans quelques tourments
si d'aventure, est-ce donc bien sage
de vider cette bouteille d'un autre âge?

Et la solitude, en mauvaise compagne,
entraîne notre esprit à la campagne
et notre homme, en ces lieux, se perd
qui l'incitent à reprendre un autre verre

D'un si bon repas, on ne peut souvent
quitter la table sans quelques tourments
si d'aventure, est-ce donc bien sage
de vider cette bouteille d'un autre âge?

Et la solitude, en mauvaise compagne,
entraîne notre esprit à la campagne
et notre homme, en ces lieux, se perd
qui l'incitent à reprendre un autre verre

Mais le vin à ceci de particulier
Il peut être gai ou bien mauvais
Et peut vous amener selon votre consommation
Des bras de Morphée aux barreaux de prison

Alors que l'on arrive au coma éthylique,
On lâche là son verre, son octosyllabique,
Passe en alexandrins, à la bouteille, en liesse,
Qu'importe la portion, pourvu qu'on ait l'ivresse !

Chantons fort, chantons haut, ce refrain rigolo,
C'est à boire, à boire, qu'il nous faut! Oh! Oh! Oh! Oh!

Si demain j'dois plus voir le jour
Alors, j'veux r'voir mon éternel amour
J'préfère avoir le ventre rempli
Et de bon vin, Mirilipli !

Certains ont le vin triste, maussade,
Ils boivent dans un coin, silencieux,
Et pensent, redoutent les brimades
Qui alors les attendent chez eux

Ce mauvais glaçon de Chagrin
Ne se noie pas bien dans le vin

La table, vestige de notre festin,
Arrosée de vinasse bon marché,
Témoigne de notre gloutonne irraison
Qui nous poussa à rouler par terre !

Elle n'est plus que déchéance,
Une montagne d'immondices,
Avatar fané des délices.
L'odeur remplace la fragrance,

Il est temps pour ces joyeux fêtards
de rentrer car il se fait tard
mais un verre, encore un
pour qu'on ne rentre inopportun

Car souvent, lorsqu'on boit,
c'est chagrin qu'on noie.
Si d'aventure tel est votre cas
Dans le vin, oubliez vos tracas

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MessagePosté: Ven Avr 28, 2006 11:54 am 
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Resultat de la quatrieme composition poétique commune (Fearon, Finrod, Pépère, Sebalsvatur, Gaara du desert, Vae Primat):

Libre le Poète

Eh, toi ! Poète qui s'arrête
Sur le pas des rimes,
Pose tes vers et ta plume
Dans les limbes inspiratrices

Pour qu'enfin de simple mortel
Tu trépasses à créateur impérieux
Sous le joug de ta liberté tarée
Tu verras des fleurs se faire muse

Allez, viens par là, prends un verre
De verve engagée dans l'épique
D'un combat pour le morbide scintillant,
Pour une vie qui s'est épris d'un incompris

Et brandis ta plume comme un étendard glorieux,
un phare du futur, de ce qu'ont vu tes yeux
inspirés d'Amour et de muse, de rêves et de Verbe !
Ô poète ! Rêveur humain, Penseur divin !

Envole-toi, beau goéland,
Mais gare aux changements du vent !
Qu'il ne te jette dans la brume,
Et que tu n'y perdes ta plume !

Sinon tu seras happé par le coté obscur,
La où tes doux sujets ne sont plus vraiment sûr.
L'Amour y devient Haine, Cupidon perd ses ailes,
Perd sa peau, voit ses os, triste apparance mortelle.

En obscur pays
La lumière crache sa force
Brûlant tes vers
Serrés comme des poings
De repères
Pour revenir du large inconnu
Quand ton esprit
Ton espoir versificateur
N'est qu'un épris
D'une simple muse vêtue
De promesses
Désespoir d'un sacrosaint bonheur
Qui te terrifie
Que tu pourchasses au loin
Mais là se baisse
Ton horizon, tu l'as dans l'os !

Dans un bain macabre de violets
Aux langueurs bleues glaciales
Tu pressens cette fatalité
Qui bientôt sera ta finalité
Criant tes larmes vertes
Te débattant contre tes chaines
Tu la touche de tes doigts meurtris
Par les années fanées perdues
La froidure suffocante de son baiser
Paraphe son terrible regard
La mort t'embrasse, te tue !

et l'Amour te fait renaître encore et encore,
dans un rêve de chair et de Verbe,
pour qu'en ce monde tu enfantes,
les ombres de tes songes, ta lumière d'outremort,
et Créé à partir de ce qui te hantes,
la trame immatérielle de ce qui sera

Et, flamboyant phénix,
Tu émerges du Styx
Rend ton songe ombrageux
En beau chant mélodieux.

Tu oublies ta douleur,
Oublie ta profondeur,
T'envolant vers le ciel,
Deviens...superficiel

Superficiellement tu géométrise
La superficie des cieux
Trébuchant, te cassant la gueule
Comme un piaf déplumé
Au hasard d'un rien
Tu entends le génie
Qui te cause en idée
Pour te sussurer tout la haine
Que l'inhumanité te fait vomir
Sur les tripes d'un poème
Qu'on jettera dans l'insulte
Pour peu qu'il soit trop
Trop, trop, trop, trop
Engagé dans l'amour !
Détruit dans l'amour !
Purifié dans l'amour !
Créé dans l'amour !

Car le poète est corps et ame à sa muse,
Car elle seule est rédemptrice, divine insipratrice !
Et le tirant des profondeurs de l'abysse,
Elle l'élève jusqu'au firmament, là où fusent
Les Eclairs de l'inspiration, le Verbe du poète

A travers les ecrits du poetes, tout se cree,
Nous donnant l'illusion d'un monde en paix.
Et que, tel un Pygmalion,
il donne vie a notre imagination.

il créé par le rêve, démiurge du Verbe,
Sculpteur de la pensée, artisan de la muse;
et ainsi il partage, avec tout ses semblables,
ses chimères et espoirs pour faire revivre les leurs !
Le poète oeuvre parmis les siens,
armé de ses rêves d'Amour,
et de muse divine

Il élève la voix sur les ailes du vent
Revèle ainsi ses tendres sentiments
Pour une humanité toujours présente
mais d'une spiritualité déjà errante

Et le poète de conclure,
achevé, dans un rale mourant,
arrrg je me meurt.
Au Suivant !

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MessagePosté: Ven Avr 28, 2006 12:07 pm 
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Localisation: Dans vos rêves les plus fous mesdemoiselles...
Et voila la cinquieme avec l'illustre participation de Pépère, Julianos, Vae-primat et Finrod (eh oui, petit comité, mais pas petit poème :mrgreen: )

Une journée en enfer

Alors que sonne la stridente machine
Que des petits chiffres verts illuminent,
Sans réflechir, je tend méchaniquement le bras,
Comme un automate, l'éteint, sans sortir des draps...

L'infernale lumière m'aveugle déjà
Comme prête à consummer mes iris usés
Tout tourne, dans ma tête grouillent les idées
Me voilà aussi frustré qu'un moine pacha...

Dans le jour qui vient de commencer
Les priorités déjà se bousculent
Le corps refuse encore de bouger
Alors que les idées s'envolent

Loin de moi, inerte poids ;
Et pourtant, me lever je dois.
Aussi mou qu'un gros marshmallow,
Je me retourne sur le dos ;

Et en moi le débat s'installe:
Etre ou ne pas etre...réveillé,
Question fort peu primordiale
Oubliée sur un oreiller.

Le soleil, astre narquois
Joue des ombres sur les parois.
Sur le miroir, ami inconstant
Un rayon s'attarde un instant
Avant de revenir, odieux,
En plein dans les yeux.

Ah ! Adieu mirifiques mâtines,
Dans ce miroir ; quelle horrible mine !
Tel un idéaliste agressé par Socrate,
Mes illusions de sommeil éternel se carapatent...

Luttant contre la pesanteur,
Mon ennemie de toute heure,
Mon pied se décolle,
Et revient sur le sol.
Je marche.

Le cerveau reprend enfin sa tâche,
Les idées se mettent bien en place,
Le regard se fait moins louche
Sous le puissant jet de la douche

Ecossaise. Dieu ! C'est froid !
Mon corps bleuit de verglas.
Et pourtant, j'étais persuadé
Que je l'avait réparée.

Damnée technologie,
Toujours, je la subis,
Est-ce là le propre de l'homme
que d'"etre victime de ses jouets?

Hum...Il est trop tot pour philosopher
sur d'évanescentes questions. En somme,
Mon propre c'est de courir après le temps
chasseur d'heure à temps complet, CDD
du retardataire, continuellement.

Parlant de temps, dépêchons-nous !
Les dernières gouttes de rosé
Sont impitoyablement chassés
De ma peau. Je m'ébroue.

Je m'élance et m'habille
De frusques et de guénilles
Le temps, cet adversaire fugace,
me pousse hors de la place
Pas le temps de déjeuner
J'ai un bus à rattraper
Pas sitôt fini de dormir
qu'il me faut déjà courir

Pour rien. A l'horizon,
Dans le gris et les klaxons,
disparaît mon commun transport
En avance. Encore.

Pour pas attendre une plombe
Il faut Rentrer A Toutes Pompes
Prévenir les parents
Du leger incident

Le problème, évidemment : ils dorment encore.
Suis-je donc le seul à déjà travailler ?
De la chambre provient un ronflement sonore...
Mais réveiller un ours... est-ce une bonne idée ?

De courage il faut s'armer
Et l'ogre réveiller
De ses foudres se protéger
Pour enfin aller bosser

Soudain une idée m'éblouit !
Feignant une blessure épiquement acquise,
Je boite sur ma cheville et je gémis,
En vérité, belle Hypocrisie ! Mais Pise

Ne pourrait que m'envier en considérant
Mon penchement sous le souffle tonnant
Du paternel dérangé dans son sommeil,
Pareil à un grizzly humant du miel...

Pliant comme le roseau
Sous la tourmente,
Je m'abaisse, peunot...
Blâme en attente...

La voix grondante du tonnerre
Les yeux fulminants d'éclairs
voici venir l'adorable père
Je fais mes prières

Et mon cerceuil en plus.
Le paternel tonna :
"Quoi, qu'est-ce qu'y a ?"
"Ben... Heu... j'ai raté mon bus..."

"Si tu te levais de bonne heure,
Tu ferais mon bonheur
Mais pour mon malheur
T'es le plus grand des glandeurs.

On joue les écolos
Mais on a besoin de mon auto,
Tu te leverais plus tôt
Tu t'y rendrais à velo!"

Je plie sous cet orage
C'est une solution bien sage
Lorsque le Pater est en verve
De se cacher sous l'herbe

Mais enfin, après avoir
Utiliser ses droits de père,
Il doit se résoudre aux devoirs,
Même si ça le désespère...

Les grilles d'acier de la prison studieuse
Me narguent, hautaines, de leur envergure.
Je baisse la tête en attitude pieuse
Et je me prend un poteau dans la figure

Sous les quolibets narquois de mes condiciples,
Je pénètre dans l'Antre, obscure et noire
Je passe alors les miradors multiples
Et les crosses dressées des pions revenchards...

Alors sonne le glas, écorche les tympans,
Comme un cri de Nazgul dans le noir de la nuit.
Lorsqu'un gros prédateur rugit du fond des bois,
Sa proie lève la tête, prête à fuir, aux abois...

Et elle s'avance, lente, menaçante
Se mouvant entre les vents et les espaces
Sifflant dans la brise et la masse
Pour finalement serrer sa comparse.

Le maître arrive, la science est en marche
l'amphitryon renâcle et remâche
Que de nourrir son esprit, l'élève ne veut
Que le laisser libre de s'envoler dans les cieux

Pof. Un choc lourd et pesant
L'élève s'écrase sur son séant,
Aspiré par la gravité.
Parviendra-t-il à se relever ?

Avec méthode, le maître s'acharne
Pour que l'élève, à sa leçon, s'implique.
Mais, astucieuse, se dérobe la carne
Qui n'entend rien à cette supplique

Pourtant l'idée force, use du bélier
Pour entrer sans vergogne dans ceci,
La tête chevelue de couillon endormis
Qui pend laborieusement au cou fatigué

Lentement le temps s'écoule
L'élève, lentement, s'écroule
La trotteuse, vaillament, s'entraîne
Pour l'élève, c'est le travail à la chaîne

Une chaîne d'esclave
Qui m'entrave, grave
Et me gave,
La fatigue s'aggrave

Et la cloche sonne midi
Sur une classe engourdie
Qui sursaute en entendant le tocsin,
toute heureuse que ce soit la fin.

Je cours, je cours ! Miserable insecte
Je sors du cours et, comme une sardine,
Vais m'écraser devant la cantine ;
La queue est comme un sabbat de secte.

orgie titanesque, bacchanale déchainée,
chacun se presse, chacun s'aggresse pour attraper
un vieux morceau de pain entartré de fromage,
une insipide viande qui baigne dans du potage

Pour ingurgiter l'infecte repas
On s'imagine au banquet d'un roi
Les plus hardis commencent le carnage
en expédiant des boulettes au fromage

Bientôt la salle se partage en deux camps
Ceux qui lancent les boulettes
Et ceux qui les reçoivent dans les dents.

Sous l'oeil furibond du pion,
L'arbitre qui compte les coups,
Et rends les punitions
Au milieu du bordel

Et le combat cessa, faute de munitions.
L'heure est au comptage des punitions.
Moment de gloire du pauvre pion
A qui incombe la noble mission

Les troupes, écrasées, hurlent à l'agonie.
Silence !
La salle est en bouillie de veau et salsifie
Le pion se tourne, je tente ma chance

Un revers de plateau et voilà l'autre K.O
Il s'affale lentement sur le dallage
Le frappant d'un bruit mat avec rage
En avant, sortez les guitares et les drapeaux !

C'est la luuuuuuuuuutte finale !
A moi, secondes et terminales !
Contre le ministère de l'éducation !
Et touuuuuuuus à l'unisson !

Sur ces chants guerriers,
Les élèves révoltés
S'emparent des couverts
Pour écorcher les bourreaux scolaires

Soudain, couvrant l'horrible fracas,
On entend, du dirlo, le lourd pas
Sans hésiter, en tenue de combat,
Il entre dans ce qui fut la salles de repas

Du haut de ses un mètre quarante
Avec courage il se jette dans la bataille
Gesticulant, hurlant, en vain il tente
De ramener à la raison cette marmaille

Le pauvre homme se fait très vite submerger ;
Mais c'est alors qu'arrive La chose,
Le Professeur de Sport qui s'ose,
Et balance sa massue pour décapiter

Et broyer les pauvres élèves révoltés,
Ils volent, propulsés par la force
Du monstre baraqué aux deux mètres assumés,
Bientôt rejoins par l'armée du colosse...

Mais le prof de sport a juste oublié
Que c'est à ses élèves qu'il a à faire.
Ils se chargent vite de le lui rappeller
En l'envoyant valser par la verrière

Les tables sont dressées en barricades,
"la liberté ! la liberté camarade !"
Crie-t-on en ralliement tandis que flotte,
L'étandard rougeoyant des révoltés,
Les glorieux lambeaux d'un T shirt déchirés.

Mais voila les dragons, les grenadiers,
Les forces de l'autorité, les Versaillais,
Qui donnent la chargent alors que tonne la mitraille,
de pois et de purées, lancés par la marmaille.

Las, les professeurs de Chimie dégainent,
Fioles et beshers d'acides arrosent les élèves ;
Ô, indicible horreur ; les L se déchainent,
Lisant tout haut Rimbaud et Zola : "Crève !"

Les S tirent leurs épées, règles d'acier,
et chargent sur le flanc, couverts par l'artillerie
Boulets, mitraille, obus, mélés aux TI
pleuvaient, et les professeurs, surpris d'etre tremblants
se repliaient, pensif, la colle à leur moustache grise.
Il pleuvait des H3O+,et la froide bise
Sifflait; sur le lino, dans des lieux forts connus,
On avait trop de pain, et l'on allait tête nue
Sous les crachats rouges de la marmaille
Sifflant tout le jour par l'infini du mur blanc
Qu'écarlates ou verts, près du proviseur qui les raille,
croulent les bataillons, en masse sous les flans

Alors que la bataille annonçait sa défaite,
Soudain dans le silence, sonne une sourde sonette
Comme une sirène après les bombardements :
On arrête les combats immédiatement :
On reprend les cours.

Courbant l'echine face à l'adversité
La masse se meut vers les divers locaux
Le silence tombe sur l'université
Qui fournira les prochains prolos

Plus calme en est l'après-midi :
Deux-trois contôles, physique-chimie,
Un rateau, et deux punition,
La routine dans ce monde de con.

Calme pour le moins relatif
Car nettement plus attentifs
Au contenu des sous-tifs
Qu'au résultat des réactifs

C'est l'âge qui veut ça...
Est-ce ma faute, à moi,
Si ces traîtres hormones
Font ce qui fait de moi un homme ?

Et pourtant je ne peux empécher
La funeste et irrépressible envie
Qui me tenaille de me la jouer
En toussant indigemment ma vie

Elles font bouillir le sang ces donzelles
En jouant les innocentes peronelles
Et les gars, en preux serviteurs
Se plient à toutes leurs humeurs

C'est à ce moment crucial
Qu'arrive le principal
Annonçant,en haussant le ton
Les directives du plan Fallon

Au début, tout le monde s'en fout.
La politique, c'est pas pour nous.
Mais quelques âmes contestataires
Font souffler un vent contraire...
Être engagé, ça fait chic.
Soudain dans la rue on rapplique.

Bientôt les étudiants descendent dans la rue
Délaissant les cours, ils organisent la cohue
Menant de front plusieurs actions
Ils défilent dans les manifestations

Comme pour nos ancêtre, en mai soixante-huit
Les pavés goudronnés tremblent à notre suite.
Les politiciens, tous des cons !
A bas la loi Fillon !

Et d'en haut on se frotte les mains,
On organise la fête sans lendemain
Ce petit cirque d'élèves sans conséquence,
Ces faux rebelles qui bientôt feront pénitence

Et leur devoir
Car l'exutoire
Ne dure qu'un temps
L'école reprend.

En rang serrés, bien alignés
Comme des prisonniers encadrés,
Les élèves reprennent leurs cours,
On ne gagne pas toujours.
Pour une victoire qu'on fête,
Combien compte-t-on de défaites?

Ca y est, la journée est finie.
Je rate le bus, encore
Dans le deuxième un bébé crie,
Son strident, pénible accord

Par un heureux concours de circonstances,
Dans ce bus se trouve mon nouvel amour
Aussitôt, auprès de la belle, je tente ma chance
Mais la donzelle reste froide à mes atours.

La parade amoureuse n'a pas échappé
A une copine, par mes gestes, attirée
Pour mon grand déséspoir, celle-ci commence,
Autour de moi, son amoureuse danse

C'est alors qu'une inspiration me vient ;
Je plisse les yeux et lève le nez
Et sans ultimatum, mâtin !
Un coup de tête et la voilà calmée.

Ah, mais ! Faut pas m'faire chier !
Atour de moi se forme un cordon de sécurité,
Et quand je descend,
Je pavanne tel un paon

Entre deux CRS, bien encadré,
Comme un ministre en tournée
Je suis prestement réconduit
Dans l'immeuble où je vis

Où m'attend, ou pas, le repos
Demain j'ai devoir de géo...
Mais déjà, la télé grésille,
mon esprit alerte frétille...
... comme un poisson qu'on grille

Des enfants qui meurent au Mali
Et moi qui bois ma bière,
Indolence ?
Des bombes qui explosent à Londres ou Madrid.
Des centaines de morts
Et moi qui achève mon steak.
Indifférence ?
Des animaux qu'on décime,
Des forêts qu'on extermine
Et moi qui ronge ma mine.
Indolence ? Indifférence ?
Escalade des événements
Surexploitation des sentiments.
Sur le bitume, les traces de sang
Derniers vestiges du drame
Pour quelques dizaines de grammes
La mort de l’enfant
Fatalité.
J'éteins la télé

Et je vais me coucher.
Mais... n'aurais-je rien oublié ?
Sur mon bureau, un tas de paperasse.
Trop tard. J'éteind, je dors et je rêvasse.

Ma journée d'enfer est finit
... A quand le Paradis ?

_________________
Président du CGO


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