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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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 Sujet du message: Sienna
MessagePosté: Ven Mai 20, 2016 9:35 pm 
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Emmaphrodite
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Inscription: Dim Oct 03, 2004 11:05 am
Messages: 2133
Sienna01

En ce temps là, je vivais à Sienna...
Mes récentes activités de négoce m'avait mis, sans que j'en prenne vraiment conscience, à la tête d'une petite fortune.
Jusque à ce que Maître Ficasse, mon notaire, fasse un état complet de ce que je possédais, et me le mette sous le nez :
La chute de l'Impératrice Anne, et le désordre qui suivi la prise de Port-Bax, m'avait permis "d’acquérir" la Suraya, un petit navire agile et rapide.
Avec lequel, et en compagnie de ma clique, je me livrais pendant quelque temps à la contrebande.
En des temps troublés, il y a toujours des gens qui sont prêt à payer pour avoir des choses que d'autres gens ont interdit… Au motif qu'ils ne veulent pas qu'on en ai…
Après quelques courses particulièrement audacieuse, je décidais de faire profil bas quelques temps, et de déménager mes habitudes vers des rivages ou la République n'y était pas… Je devins un "honnête marchand"… avant de me faire prendre par le pirate Wilhem Fanon, qui fit ce jour là, plusieurs erreurs, qui lui coûtèrent successivement sa vie, son navire, sa bande… et un petit coffre rempli de pierreries, que ce gros lourdaud m'avais imprudemment mit sous le nez…
Outre le coffret, Wilhem Fanon avait entassé des marchandises diverses, qui trouvèrent rapidement des acquéreurs peu soucieux de la provenance réelle de ce qu'ils achetaient.
Tout cela, plus les bénéfices de mes activités "légales", une fois entassés, finit par représenter une très belle somme…
Je vendis la Suraya à mes marins pour une somme raisonnable, leur laissait une part substantielle du trésor de Wilhem Fanon, et m'abstins de faire mention des pierres.
C'est ainsi que je me retrouvais un jour à Sienna, sur le quai du port, à regarder la Suraya disparaître dans le lointain, avec un sac de marin sur une épaule, et le coffret de Wilhem Fanon sous le bras.
Pour la première fois de ma vie, j'avais de l'argent, du temps, et aucune idée de la manière de comment dépenser l'un et faire passer l'autre…
Les premières semaines de ma nouvelle vie furent consacrées à l'exploitation de plaisirs basiques : Boire, manger, baiser. Et me battre dans des tripots.
Après quelques épisodes du même genre, j'en vins à la conclusion que ce n'était probablement pas la meilleure façon de dépenser mon fric et d’occuper mon temps.
Je rangeais de coté les truands et les radasses du port. Et allais trouver Maître Ficasse.
Par son entremise, j'achetais un petit manoir dans un parc verdoyant,des meubles et des vêtements. Embauchais des domestiques, un cocher, et un équipage.
Je louais les services d'un maître de danse, pour apprendre à danser, d'un maître de chant, pour apprendre à chanter, d'un maître de diction, pour apprendre à parler, d'un professeur de maintien, d'une camériste… Mes économies commençaient à fondre…
Il se sut rapidement que je flambais, et le Manoir Indoril fut rapidement emplis de gens désireux de m'aider à me délester des pierres de Wilhem Fanon.
Un maître d'escrime se présenta, une fois. Et reparti avec une moitié de moustache et de dignité en moins.
Un maître d’équitation tenta de m'apprendre à monter en amazone. Après plusieurs essais infructueux, j'imposai mon droit à monter en pantalon.
Et le maître d'équitation reparti avec une œil poché et son chapeau enfoncé jusque aux oreilles.
Je m'amusais bien…
Je dilapidais ma fortune dans des tenues ridicules, et dans des soirées festives, la petite noblesse de Sienna se pressait à ma porte, désireuse de voir et d’être vue en ma compagnie. Pour un temps, j'étais devenue l'attraction des snobs de la ville.
Mais bien vite, je me rendis compte que mon existence d'alors se rapprochait énormément de celle que je menais dans les bas fonds de la ville : Boire, manger, baiser.
Cette constatation m'emplit d'amertume, et commençais à trouver ma bande de marquis un peu moins drôle.
Je continuais néanmoins à faire la fête en leur compagnie, les plumant au cartes et aux dés lorsque l'occasion se présentait, mais le cœur n'y était plus…
J'avais déjà vu et revu tout cela… leur vin était frelaté, leur conversation inodore, ils ne savaient pas tricher convenablement au cartes, et la plupart, hommes comme femmes, étaient imbaisables…
Lorsque deux jeunes crétins s'ouvrirent le ventre à coup d'épée, sur la pelouse de mon parc, et sous le regard hébété de mes invités. Je décidais de siffler la fin des conneries.
Ce duel s'inscrivait dans un conflit qui durait depuis des générations entre deux grandes familles… Je préférais ne pas en savoir plus…
Dans la même semaine, je foutais tout le monde dehors : mes piques-assiette, mes marquis, mes ivrognes, tout la faune qui s'accrochait à leurs basques et aux miennes…
Je donnais leurs huit jours à mes domestiques, vendis manoir, équipage, meubles et vêtements, et fit ce que je savais faire de mieux : disparaître !


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