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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Sam Jan 29, 2005 8:55 pm 
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Se croit Roi d'un peuple imaginaire...
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Il s'éveilla enfin et se releva sur son lit. Dans les profondeurs il pouvait entendre les vrombissement du moteur. Dans la pénombre de la cabine, il distingua ses habits jetés à même le sol. Il respira un moment, puis soupira profondément, se laissant pénétrer par le calme et régulier murmure mécanique, et par l'obscurité bienveillante. Il tendit ensuite le bras, machinalement, et alluma la lampe qui grésilla. Un flot de lumière blancha envahit l'étroite cabine. Il bailla puis se releva rapidement, s'habilla en hâte, ouvrit la porte et sortit.
La cursive était vide à cette heure-ci. Il l'empreinta en direction de la porte latérale. Ses chaussures claquaient sur le sol métallique et le claquement semblait résonner dans tout l'habitacle. Il passa devant des portes qui donnaient chacune dans une cabine comme la sienne. Dans celles-ci, des gens patientaient le temps du trajet. Il s'était souvent demandé combien ils pouvaient être à bord, mais il l'ignorait. Il arriva enfin à la porte, ferma sa veste car il faisait encore froid, et mit pied sur le pont.

Il jeta un oeil au vaste ballon ovoide qui maintenait le dirigeable en l'air. Tout semblait en ordre mais il ne put s'empêcher un menu frisson: il n'avait jamais eu complétement confiance dans cette invention des nains.
Il s'appuya contre la bastingage et s'abandonna dans la contemplation du paysage. Sous lui courraient de vastes forêts inconnues, gigantesques "terra incognita" sur les cartes dont on ignorait jusqu'aux habitants. Au loin, des lignes de collines voire montagnes basses mais abruptes se détachaient. Le paysage baignait dans cette douce lueur irréelle qui précède l'aube. Derrière les collines quelques pics escarpés émergeaint de la mer végétale, mais on ne pouvait déterminer leur hauteur, que ce soit à cause de la distance ou du sol recouvert.
Il sortit sa montre-gousset et regarda l'heure. Normalement, le soleil allait bientôt se lever...

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(la science devient des oreilles !)
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MessagePosté: Lun Fév 14, 2005 7:38 pm 
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Homo sapions sapions

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Il se préparait à cette nouvelle apothéose de couleur et de lumière, pareille à celle d'hier et des jours auparavant, mais qui l'impressionnait toujours autant. Mais ce premier rayon ne devait être que le coup de feu de départ d'une bien longue aventure...
Alors même qu'il se préparait à dessiner son croquis sur son petit carnet, un cri de femme lui perça les tympans durant deux ou trois secondes de douleur auditive, dérangeant le calme qui semblait s'ordonner pour cette journée. Il se précipita pour comprendre la raison de cette abomination, mais il l'a compris bien vite... Un grand volatile bleu-gris passa à quelque mètre au dessus de lui, en un vol gracieux, mais terrifiant. Son envergure dépassait celle du plus grand oiseau qu'il avait pu voir dans sa courte vie ; ses ailes étaient terminées par de longues pointes et de lames d'ivoires de différentes longueur, et sa queue, gigantesque massue épineuse vivante, fendait l'air un un bruit qui glaçait le sang. Mais, contrairement à ce que l'on aurait pu attendre, son bec n'était qu'une petit corne jaunâtre, ce qui donnait un air presque ridicule à la créature. A peine s'était-il remis de sa surprise qu'un des pilotes passa en coup de vent lui donner un fusil et deux pistolets à poudre !
- Allez, abattez-moi ces enfants de putain !
-mais, je ne sais pas me servir de...
Le pilote était déjà loin et continuait la distribution de l'armement.
Sont-ils si dangereux que ça ? se demanda-t-il, avant d'apercevoir la petite chose gigotante empalée sur une des serres d'un des oiseaux, et dont le liquide rougeâtre colorait maintenant la patte de l'animal qui s'éloignait avec son butin.
- Par les cents têtes de Kratorian ! s'exclama-t-il ! Sur ces mots, il fit feu par deux fois et deux des monstruosités décidèrent de le réduire en miette
-Aïe aïe aïe !! Il fit feu une nouvelle fois et réussit à un abattre un. L’autre était déjà presque sur lui lorsqu'une rafale de plomb l'envoya plonger dans l'abîme en contrebas.
-Hé bien professeur Timermor, il était temps non ?
-Merci capitaine Blaque ! Quels sont ces monstruosités ?
- Restez poli ! Qu’êtes vous pour elles à votre avis ? Vous êtes peut-être pire que cela ! Blaque resta un moment silencieux en méditant à ce qu’il venait de dire, puis il reprit : Les pilotes les surnomment « Les Affreux », mais leur nom scientifique serait plutôt
-Aerodactylus ! le coupa le professeur. Ce surnom m’a rappelé de vieux souvenirs !
-Hé bien vous avez maintenant l’occasion d’en voir de plus…
Un terrible fracas couvrit le reste de sa phrase. Les autres membres de la machine volante faisaient tous feu sur une nouvelle escadrille d’Affreux, mais les ravages meurtriers causés dans leurs rangs ne les arrêta pas, et un d’entre eux s’écrasa sur le pont, écrasant deux pilotes et 3 passagers, d’autres s’emparèrent d’autres personnes dans leurs griffes, et un dernier troua le ballon ovoïde.
_ Ouh ouh, ce n’est pas bon ça…dit Blaque en courant vers une boite conique sur le côté de l’appareil, tandis que la machine commençait à amorcer une chute quelque peu vertigineuse. Suivez-moi professeur !
Timermor ne se fit pas prier une seconde fois et calqua ses pas sur celui du capitaine. Ce dernier ouvrit l’une des boites en montrant à Timermor comment faire, et il s’y installa prestement.
Une fois dans sa boite, le professeur entendit une injonction qui semblait venir de nulle part
« Veuillez attacher votre ceinture de sécurité .» Se demandant comme un certain Cyrano ce qu’il était allé faire dans cette galère, il s’exécuta en attachant une corde en forme de pâte oblongue autour de son buste. C’est alors qu’il ressentit une brusque accélération, puis un arrêt assez violent. Notre homme risqua alors un œil par le hublot…et il le regretta aussitôt. La machine volante nanesque filait à une vitesse prodigieuse vers le canyon en bas, avec des petites formes gesticulantes qui devaient être les anciens occupants des cabines…Mais ce qui l’inquiétait plus, c’est que lui-même chutait ! Après quelques secondes de panique, il s’aperçut que sa conserve descendait bien moins vite que la pauvre carcasse qui était en train d’exploser au sol…
Enfin, après quelques minutes, il toucha terre sans choc violent, en douceur…Il s’accorda une minute pour souffler et accepter le fait que maintenant, il était tout seul, posé dans une tombeau en ferraille sur une terre inexplorée loin de toute civilisation….Il se décida enfin à ouvrir la porte lorsque celle-ci s’ouvrit, à son grand étonnement. Ah, et bien peut-être pas si seul que ça tout compte fait, se dit-il, heureux de découvrir le visage souriant de Blaque !

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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MessagePosté: Mer Fév 16, 2005 4:47 pm 
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Ecolo à vélo

Inscription: Sam Jan 22, 2005 4:05 pm
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Timermor rendit son sourire au capitaine qui inspectait les possessions des deux hommes. Un couteau suisse de mauvaise facture, un bouton de chemise bleu clair, la pipe du professeur avec du tabac, son carnet, et un paquet de bonbons, des réglisses en plus, que n’appréciait pas le militaire depuis que sa femme s’était étouffée avec. Il revoyait son corps agité sous des spasmes violents, sur le plancher de sapin de leur demeure de Shembray, les enfants, Nicole et Afergade, qui applaudissaient... Ah! souvenir. Il fut tiré de ses pensées par les cris du professeur, son ami qui l’avait emmené dans cette région perdue. Un grand homme, fort bien élevé, charmant, cultivé, et surtout riche, bien qu’orgeuilleux, misogyne, misanthrope et traître, comme quoi tout cela n’avait rien à voir. Le capitaine se retourna vers la barbe hirsute et rougeâtre du professeur (sa fierté), et vit que celui-ci faisait des grands signes des bras, en indiquant quelque chose et en tenant des propos incohérents.

“Qu’y a-t-il, mon cher ? lui demanda-il en souriant. Enfin, calmez-vous.

Il regarda ce que lui montrait le triste individu, et son sourire disparut : là, à quelques pas d’eux, se trouvait un énorme monstre en train d’achever un repas constitué d’un bantus, un herbivore massif.

-Professeur, qu’est-ce donc que cette chose ? s’enquit-il dans un souffle, sans quitter des yeux l’affreuse créature
-Par les dents de la baleine rouge ! jura Timermor, qu’est -ce que vous voulez que je sache ? Ce... ce truc n’est pas répertorié !
-Ne serait-ce pas une occasion d’enrichir les connaissances de la biologie ?
Timermor jeta un regard incandescent à Blaque au millieu d’un visage blême.
-Vous êtes donc plus stupide que je ne le croyais, mon pauvre vieux, ajouta-t-il dédaigneusement. Je ne vais pas risquer ma vie en faisant un geste brusque pour sortir mon carnet, et compromettre mon existence, l’existence d’un noble légat du royaume d’Ecate pour croquer une misérable bestiole ? Je...”
il fut coupé par un bruissement, sursauta et fit volte-face en direction du prédateur : ce dernier avait diparu dans les feuillages. Le coeur du professeur battait la chamade, et il tendit l’oreille, mais ne perçut qu’un silence lourd. il resta ainsi un moment, alors que Blaque commencait à prendre connaissance du lieu. Enfin, le capitaine proposa de partir.
-Apprenez ceci, mon ami, lui dit solennellement Timermor d’une voix grave et lourde de sens. Face à une bête sauvage, il ne faut jamais montrer sa peur.”
Puis il s’engagea dans les fourrés et disparut dans la jungle.

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MessagePosté: Ven Fév 18, 2005 9:31 pm 
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Monsieur mal embouché
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Inscription: Mer Juil 21, 2004 2:07 pm
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Localisation: Dans un syndrome psychotique refoulé.
C'était une jungle assez banale, les piaillements des oiseaux qui s'envolent quand une branche craque. Tous ces petits bruits, et autres clapotis qui poussent à faire détaler n'importe quel quidam sensé et muni d'une raison assez développée pour rester chez soi au lieu de partir dans un de ces maudits engins de nains.

C'était les derniers mots griffonés sur le calepin de Timermor. Lui et Blaque étaient dans la jungle depuis déjà 3 longs jours, ils n'avaient fait aucune rencontre positive ou négative, juste quelques bestioles aussi effrayantes que peureuses. Cette jungle semblait immense, et l'était sûrement. Ils se nourrissaient de racines, de fruits et de gibiers attrapés par Blaque, rien de très nourrissant mais ils ne risquaient pas non plus des carences.

Ils venaient de déjeuner quand ils tombèrent devant une grotte sortant d'une imposante falaise envahie d'herbes et d'arbres tordus. Et de cette plaie rocheuse sorti un...un....monstre non répertorié ! Gigantesque et tout poilu ! Timermor s'écria alors :
"- Par les septs culs de lotte de ma craie gore ! Fuyons !!
- Je suis d'accord pour une fois, mais vous ne voulez pas le.."répertorier" ?
- Assez parlementé triple idiot ! Courez !"

Et ils coururent, prenant de cette façon le plus long chemin à travers la jungle....

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MessagePosté: Sam Mar 05, 2005 7:21 am 
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Ecolo à vélo

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Localisation: Shembray
Bon, j'ai écrit y a pas longtemps, mais c'est juste pour l'inspiration

Ils coururent ainsi quelques minutes, puis, considérant la distance entre la bête et eux suffisante, et Timermor ne pouvant de toutes façon faire un pas de plus (Pourtant, c'était un sportif : il avait gagné le tournoi de gaulphe de Shembray), reprirent leur souffle. Le professeur s'effondra contre un arbre sans lui demander son avis, mais Blaque, l'air intrigué, avait l'oeil fixé dans une direction.
-Timermor, venez voir.
Le professeur maugréant, se leva tant bien que mal, enfin... plutôt mal et vit ce qui captait l'attention du capitaine. Ils se trouvaient à l'orée d'une clairière où se dressait un village. Au milieu de cette jungle, vivait une civilisation. Les deux hommes se rappelèrent toutes les histoires de bonnes femmes et de marins sur les créatures malignes qui hantaient l'enfer vert, et eurent soudain un mouvement d'appréhension. Tout à coup, une brindille se fendit derrière eux aussi sûrement qu'une alarme se serait mise au rouge en hurlant "ATTENTION !!!!", bien que les Shembraisiens n'aient pas forcément une grande expérience arboricole.

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MessagePosté: Mar Mar 08, 2005 10:12 pm 
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Homo sapions sapions

Inscription: Jeu Sep 09, 2004 6:52 pm
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Localisation: Novascholastica
Les deux compères sentirent leur sang se glacer...Quelle monstrueuse créature se tenait derrière eux ? La voilà qui, sans doute, se délectait de l'odeur de leur sang, de leur peur et des battements de leurs coeurs qui s'appliquaient à imiter les tambours de guerre nains...
Blaque sentait déjà les crocs de l'animal enfoncés dans sa chair et en frissonait par avance, tout comme Timermor. Ce dernier, jurant par ses ancêtres que jamais la mort ne le prendrait par surprise tourna lentement la tête, très lentement, , jusqu'à s'exclamer :
- Oh, regardez comme il est mignon !
Interloqué et soulagé, Blaque se retourna alors d'un coup, et éclata de rire avec son ami !
Un petit mammifère quadrupède, d'un poil brun comme le pain, les regardait avec curiosité, une lueur d'intérêt dans ses petits yeux humides, tout en frétillant et en remuant la queue !
- Quelle frousse cette petite chose nous a causé, je crois que nous sommes un peu trop sur les nerfs old chap !
Sur ce, Blaque s'approcha de la bête pour la caresser
- Attendez mon ami, nous ne connaissons rien d'elle, et peut-être est-ce imprudent de s'en approcher !
- Mais non voyons ! Réfrénez votre ardeur Philip ; votre courage me ridiculise ! railla Blaque. Hein qu'il est gentil le..
La gentille créature venait d'ouvrir une énorme gueule où 3 rangées de dents, aussi étincelantes qu'acérées, trônaient en place de choix !
-Reculez doucement Francis, sans gestes brusques...Visiblement, elle n'a rien d'un herbivore
-Merci de ton soutien vieux ! Si je recule je peux te garantir que je ne pourrais jamais plus porter de collier de toute ma vie ! Dit-il très vite entre ses dents avant de sortir doucement une longue machette du fourreau accroché à sa cuisse. Je vais nous offrir le repas de ce soir, qu'elle fasse seulement mine d'approcher et...
Timermor laissa échapper un gargouillement étouffé en sortant le revolver qu'il avait emporté.
-Le problème, c'est que notre ami commun à apparemment de la famille...Une dizaine d'autres de ses semblables commençait à arriver de tous côtés, écrasant les broussailes en un bruissemnt lourd de conséquence...
-Philip, si on s'en sort, je jure de ne plus boire de Whisky !
- Mais vous n'en buviez déjà point ! s'écria l'autre de plus en plus mal à l'aise
- Je préfère ne pas prendre le risque de promettre de ne plus boire de Sherry ! Il reste toujours un espoir !
- Etes-vous optimiste par nature ou fumez-vous vous aussi la pipe aux herbes hallucinogènes ?
Les deux hommes s'étaient rapprochés peu à peu, dos à dos, et se trouvaient maintenant encerclés. Tous deux savaient que s'ils esquissaient le moindre geste d'agressivité, ils seraient bons pour finir en terreau indigène...
- Vendons chèrement notre peau Blaque !
- Oui, prions pour que les acheteurs ne regardent pas trop près leur prix réél !
- Comme disait Bramconne, La garde meurt, mais ne se rend pas ! Hurla Timermor !
"YAaaaaaaaahhhhhhhhhhhhrrrrrrrrrrrrrrr"
-Mais ?
- Que...?
Une nuée de flèchettes fondit sur leurs vis-à-vis belliqueux, qui s'effondrèrent un à un en de petits "Kaï kaï" apitoyant...
-He bien, Je crois que la Providence est généreuse aujourd'hui ! ^
- Mais d'où vient donc cette aide inespérée ?
Un homme à la peau très blanche s'avança vers eux, sans armes. Son corps était couvert de tatouages tribaux représentant différentes bêtes sauvages, et les cicatrices qu'il arborait laissaient penser au professeur qu'il s'agissait sûrement des victimes de monsieur...
Arrivé à quelques mètres d'eux, il s'arrèta et leva la main.
-Il vient en paix ! déclara Blaque d'un ton solannel
- Merci, moi aussi j'ai vu des westerns ! Timermor s'adressa ensuite à l'homme :
-You speak English ? German ? Dwarve ?
-Ouktglou oiupo poiuyt po jka !!
-Heu...
D'autres hommes semblables à lui s'avancèrent avec le même signe de la main, puis ils tentèrent de se saisir des deux compères. Effrayé, le professeur tira en l'air. Le bruit sembla terrifier les indigènes qui s'agenouillèrent en posant leurs sarbacanes devant eux en signe de soumission..
-Hé bien, voilà qu'ils nous prennent pour des dieux maintenant ! Voilà qui pourrait tourner à notre avantage ! s'exclama Blaque
- Vous devriez lire L'Homme qui voulait être roi...

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
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Dernière édition par Julianos le Mer Nov 01, 2006 2:50 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Jeu Mar 10, 2005 3:52 am 
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Spéssialist ortografik
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Inscription: Jeu Aoû 12, 2004 7:11 pm
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Localisation: À l'écoute du conseil
C’est à ce moment qu’un personnage à l’allure fière et noble s’avança :
« Ougu ne jug ouji » Dit-il d’un ton sec.
Aussitôt les indigènes s’occupèrent des bêtes. Découpant avec dextérité des branches, ils se mirent en devoir d’y suspendre les bêtes. Pendant ce temps le personnage énigmatique fit signe à Blaque et Timermor de le suivre. Bien que pas très rassurés les deux hommes s’exécutèrent.
Longeant le chemin avec une aisance étonnante pour son âge, le vieillard conduisit nos amis à son village. Timermor n’en revenait pas ! Les façades des cabanes étaient sculptées avec une rare dextérité. L’ensemble prenait une allure de tableau aux multiples scènes de chasse dans lesquelles il n’eut aucun mal à discerner des aerodactylus, des bantus ainsi que les deux autres monstres qu’il avaient rencontrés et d’autres totalement inconnus. Désignant du doigt l’un des animaux il demanda :
« Qu’est-ce donc ? »
« Un trioc ! Et celui à côté avec son corps recouvert d’écailles qui lui donnent l’aspect d’un dragon c’est un chekra ! Mais venez donc vous installer ! » Celui qui venait de répondre ainsi était un vieil homme tout rabougri que deux indigènes portaient avec respect. Blaque et Timermor en étaient resté bouche bée d’entendre parler leur langue dans cette jungle.
« Allons, Messieurs, remettez-vous et venez donc vous asseoir » Les invita le vieil homme.
Tout en s’asseyant, les deux hommes assaillirent l’ancien de questions :
« Qui êtes-vous ? Qui sont ces gens ? Comment connaissez-vous notre langue ? Où sommes-nous ? Y a-t-il moyen de regagner notre pays ? Qu’est-ce que…….. »
« Doucement ! Doucement ! Les calma d’une voix douce le vieillard. Vous aurez une réponse à toutes les questions que vous vous posez. Mais pour le moment restaurez-vous ! Vous semblez en avoir besoin »
Sur ces mots, une file de jeunes indigènes apporta une série de plats tous plus bariolés et exotiques les uns que les autres. Blaque et Timermor essayaient, tant bien que mal, d’en reconnaître les ingrédients.
« Mangez ! Les exhorta l’ancien. N’ayez pas peur » Et pour le leur prouver, il se saisit d’une pièce de viande et commença à la dévorer à belles dents. A ce spectacle et grâce à l’odeur invitante des mets, l’estomac de Blaque se mit à émettre des gargouillis :
« Par Kratorian ! C’est vrai que je meurs de faim ! Puis ils pourraient se vexer si nous refusions »
Sur ces mots, il se mit à manger. Timidement d’abord, puis de plus en plus goulûment. Au point que le professeur dut le rappeler à l’ordre.
« Laissez le donc faire ! Le reprit le vieillard avec un grand sourire. Cela fait plaisir de voir quelqu’un apprécier autant la cuisine de ma femme »
« Votre femme ? La jeune beauté qui nous a servi était votre femme ? » Timermor n’en revenait pas.
« Je m’appelle, ou plutôt je m’appelais, Olaesius Gyren. J’ai atterri dans cette jungle grâce à l’amabilité de mes frères il y a de cela de nombreuses lunes. A l’époque j’étais un jeune homme naïf et j’ai suivi mes frères pour une chasse au trésor. Au soir, au bivouac, ils m’ont drogué et le lendemain je me suis réveillé dans cette jungle. Au bout de quelques jours, alors que je voyais ma fin proche, j’ai été recueilli par les Jaros. Ils m’ont soigné et, depuis, je vis avec eux. C’est un peuple merveilleux ! Ils sont simples et n’ont, à ma connaissance, aucune des tares des autres peuplades qu’il m’a été de rencontrer. Ils sont francs et directs, prêts à se soutenir les uns, les autres et faisant bloc contre tout ennemi, qu’il soit humain ou animal…. »
« Oju gre flo juik nane » Celui qui venait d’interrompre l’ancien était l’étrange personnage qui les avait amenés au village.
« Je vous présente Oruk-na-pon, chef de ce village ! Quant à moi, je fais fonction d’homme-medecine et ils m’appellent Olé-gre »
« Capitaine Blaque et voici le professeur Timermor ! Nous étions… » Timermor tira le capitaine par la manche l’obligeant à arrêter son petit laïus.
D’une voix hésitante, le chef articula :
« Soyez bienvenus dans village ! Pour raisons que mon savoir dans langage à vous trop faible. C’est trop long expliquer. Vous donnez moi vos armes »
« Comment ? J’ai bien compris ? S’agita Blaque. On doit lui remettre nos armes ? Je refuse »
« Je vous conseille d’accepter capitaine ! Intervint Olé-gre. Le fait de garder vos armes signifierait que vous êtes hostiles et vous devrez en subir les conséquences »
« C’est-à-dire ? » Interrogea Blaque
« On vous conduira à la limite de leur territoire et vous devrez vous débrouiller tout seuls face aux dangers de la jungle. Si vous vous soumettez à sa requête, le chef se fera un plaisir de vous aider. Et vous récupéreriez vos armes en partant »
« Cela me semble un bon marché ! » Trancha Timermor en remettant ses armes au chef qui les accepta avec un grand sourire.
« J’espère pour vous qu’on ne le regrettera pas ! »Fit Blaque en l’imitant

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MessagePosté: Lun Avr 18, 2005 7:54 am 
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Localisation: Shembray
Le chef observa un instant, intrigué, l'étrange engin que lui avait donné l'étranger. Olé-gre lui avait assuré qu'il s'agissait d'une arme puissante, et en effet elle semblait assez dure pour assomer quelqu'un, mais cela n'expliquait pas le coup de tonnerre...
"Ono o a", dit-il en se dirigeant vers son habitation pour cacher la chose.
-Il vous demande de l'attendre", traduisit Olé-gré.
Blaque et Timermor s'impatientaient, et regardaient, anxieux, les villageois qui s'assemblaient autour d'eux en chuchotant. Blaque se pencha à l'oreille du traducteur.
"Heu, mister Olé-gre...
-Olé-gre tout court... ou mister Olrick, car c'était là mon nom.
-Oui, enfin, mister Ol... mais vous ne m'avez pas dit que vous vous appeliez Olaesius Gyren ?
-C'est là mon nom de baptême, mais beaucoup de gens m'appelaient ainsi.
-Vous voulez dire, intervint Timermor, tout excité, que vous êtes LE Olrick, riche héritier du royaume d'Ecate disparu il y a de cela...
-Quarante-huit ans, soupira le vieil homme. Hé oui...
-Et vous n'avez jamais cherché à rentr...
-Mr Olrick, ou mr Gyren, ou quelque soit votre nom, l'interrompit Blaque, qui était décidément de plus en plus mal à l'aise et regardait le cercle qui s'était formé autour d'eux, que nous veulent ces indigènes ?
-Et bien, les Jaros ont une légende assez ancienne et intéressante : D'après eux, il viendrait un temps où un homme pâle descendu du Ciel serait dépêché par les dieux, dont je vous passe les appellations très riches et complexes, le jour où ceux-ci décideraient que les Jaros seraient prêts à être instruits des sciences mystiques, et...
-Oui, le coupa Blaque, énervé, et alors ? Qu'est-ce que ces légendes ont à voir avec nous ?
-Eh bien, lui expliqua Timermor d'un air qui montrait qu'il méprisait l'étroitesse d'esprit du militaire, nous sommes apparemment vus comme ces messies..."
Blaque n'était pas convaincu.
-Et vous, demanda-t-il a Gyren, vous auriez très bien pu être ce messie.
Apparemment, le capitaine avait touché un point sensible.
-En effet, soupira le vieillard, à mon arrivé, les Jaros ont pensé voir leur envoyé divin, et ils m'ont donc fait passer l'Epreuve...
-Une épreuve ? s'étonna le professeur ? Sportive ? Scientifique ?
-Je dirais plutôt...mystique, révéla le-dit Olrick d'un air mystérieux qui lui donnait plus un air d'Olé-gre que d'Olaesius Gyren. mais je n'ai pas le droit de vous en dire plus, vous aurez sans doute à la passer.
-Et vous avez échoué ? s'enquit Timermor.
-Eh bien, avoua l'ancêtre dans un rictus crispé, disons que j'y ai perdu la meilleur partie de moi-même.
Blaque, qui ne comprennait décidément jamais rien, pensa naturellement que si sa femme était jeune et belle, il y avait dans cela une grande dose de pitié et un amour platonique. Il n'entrevoyait même pas que la perte pouvait être moins physique, mais bien pire...

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MessagePosté: Mer Avr 27, 2005 5:30 pm 
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Inscription: Lun Oct 04, 2004 7:12 pm
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Un silence gené s'installa. Timermor se leva et se mit à inspecter la case. Dehors, on pouvait entendre les appels des indigènes, puis des bruits de pas, suivis semblait'ils de discussions. Blaque se mit à se renseigner auprès de leur hôte, tentant d'en apprendre plus, mais ces efforts furent vains. Ils donnèrent toutefois suffisament de temps à Timermor pour dénicher une fissure dans le mur et y coller son oeil. Il épia le groupe des autochtones. S'il ne comprenait pas leur langue, il espérait toutefois découvrir quoi que ce soit qui puisse les aider pour leur future épreuve qui semblait inéluctable et périlleuse.
Pendant qu'il les observait une pensée lui traversa l'esprit. Olé-Gré avait bien dit que les légendes parlaient d'UN homme dépéché par les dieux, comme il aurait pu l'etre. Or Blaque et Timermor étaient deux. L'un d'entre eux était-il destiné à laisser sa vie dans cette jungle humide ? Il frissona quant à cette pensée lugubre et la chassa.
Les indigènes se mirent à s'agiter, comme si quelque chose allait se passer.

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MessagePosté: Mer Avr 27, 2005 8:33 pm 
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Homo sapions sapions

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Localisation: Novascholastica
Après le repas, et avec force diplomatie de la part des deux hommes pour décliner aimablement les offres de plats d'insectes, têtes de singe et autres Romaineries culinaires, le chef désigna un indigène en baragouinant un "Banania y'a bon" lourd de conséquence…
- Suivez-le, leur dit Olrick, il va vous mener à vos appartements ! Vous ne comptez tout de même pas passer la nuit dehors ! Ici, la nuit est à l'image de ses prédateurs, aveugle et sanguinaire…
- Ah ? fit Timermor en jetant un regard vers les arbres au loin. Hé bien, allons-y ! dit-il en amorçant le pas.
- Mais enfin Philip, protesta Blaque en le suivant, il est encore loin de faire nuit, nous avons encore quelques heures devant nous ! Et si nos hôtes ne nous avaient pas ôté nos moyens de défense, nous aurions bien peu à craindre de ces créatures ! Enfin, sûrement…Le timbre de la voix de Blaque descendait au fur et à mesure que les indigènes se postaient dans les arbres, et délaissaient leurs petites sarbacanes pour s'emparer de longs bâtons hérissés de pointes, et d'une sorte de hache dans un matériau inconnu…
- Lorsque vous visitez une ville, vous passez d'abord déposer vos petites affaires dans l'hôtel du coin non ? La réplique de Timermor tenait purement de la rhétorique, et Blaque acquiesça en silence.
Ils atteignirent la hutte qui leur était attribuée peu après, et s'étonnèrent du confort et de la grandeur de celle-ci. Au lieu du sempiternel lit de camp et de la décoration taxidermisée, ils trouvèrent avec ravissement plusieurs couches rembourrées dans de grandes et magnifiques sculptures de bois, des tapis richement brodés, et tout le confort et accessoires nécessaires pour passer une nuit des plus agréables.
- Euh…Fit Francis en rougissant quelques peu. Il s'approcha des "accessoires" en question: deux magnifiques jeunes filles quelque peu dénudées. Il regarda son ami qui semblait vouloir gober les mouches, puis sa prestance Shembraysienne reprit le dessus. Retrouvant son accent aristocratique et ses manières distinguées, il :
- My ladies, vous me prenez bien au dépourvu, mais permettez-moi de vous baiser la main ! Il le fit, puis reprit : Je n'aimerai point effaroucher et briser l'honneur tout relatif de vos majestés gracieuses, et je puis vous assurer qu'en pareille occasion, vous et moi seuls dans mon appartement à London, je n'aurai pas hésité une seule petite demi seconde en vous voyant si resplendissantes. Las, nous…
Les deux "ladies" commencèrent à se déshabiller pour de bon.
- Roooo, et puis basta ! Dehors, cassez-vous ! Cria Blaque. Voilà, ça c'est fait ! Quelle manque d'éducation et de sensibilité ces sauvages vraiment !
- Mouais…Croyez qu'en d'autres circonstances, j'aurais profité de la situation, dit Timermor, regrettant cette issue si peu empruntée.
Quelques instants après, Blaque se remit à ronchonner sur le manque de courtoisie des habitants qui les séquestraient de la sorte.
- Ecoutez Francis, ces gens savent ce qu'ils font, bien plus sans doute que vos collègues militaires qui osent tremper leurs toasts dans leur tasse de thé ! Les sauvages !
Soudain, les yeux de Blaque s'agrandirent dangereusement, et une expression de terreur absolue apparut sur son visage tandis qu'il semblait regarder vers l'entrée de la hutte.
- Quoi ? Qu'y a-t-il Francis ? s'exclama Timermor, en faisant volte-face, prêt à tout pour défendre sa vie.
- Le…le thé ! Il fouilla fébrilement dans sa sacoche en transpirant à grosses gouttes.
- Non ! Ne me dites pas que… ?
Mais l'intense désespoir qui se lisait chez son compagnon ne laissait pas de doute…La réserve de sachets de thé du vaisseau avait été détruite dans l'explosion, et, par un coup fatal du destin, l'équipement de survie n'en comprenait pas. Et comme toujours, après les râles de la douleur et la tristesse, vint l'heure de la colère. Le militaire semblait fumer de colère, et le professeur fumait aussi.........mais sa pipe.
- A l'époque de feu mon grand-père, Lord Sinclair, cela aurait été la flagellation en place publique pour une négligence pareille !
- Je me souviens que mon glorieux ancêtre, Jolithorax Le Germain, avait fait crucifier un homme qui avait versé trop de lait dans son thé !
- Ah ! Si je tenais le bougre qui a…
Blaque fut interrompu par l'entrée du chef accompagné d'Olrick et de quelques autres indigènes qui arboraient un sourire réjoui. S'irritant de cette joie, quand l'heure était au drame, les deux hommes se levèrent pour venger leur honneur lorsque :
- Non Carlos grospoutou ! Ouga Santa Augustin !
- Le chef est heureux car vous venez de passer avec succès cette Epreuve qui a fait de moi un eunuque forcé !
- What ?
- hé bien oui, vous avec refusé les avances des filles du chef; félicitations !
- Ah ben ça ! Firent les deux hommes en se regardant ébahis !

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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MessagePosté: Ven Avr 29, 2005 11:26 am 
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Ils en étaient encore à se poser des questions lorsqu’un groupe d’indigènes vociférants fit irruption dans la hutte. Sans laisser le temps, aux deux hommes, de se remettre de leur surprise, ils les hissèrent sur une sorte de palanquin bringuebalant et, avec force gestes et cris, entreprirent la tournée du village.
- Hé ! Mais….S’exclama Blaque
- Hé ! Ho ! Renchérit Timermor
- C’est un grand honneur que l’on vous fait là, Messieurs ! Commenta Olrick.
- On voit bien que vous n’êtes pas à notre place ! Protesta Blaque, s’accrochant tant bien que mal à sa chaise.
- J’ai l’impression d’être sur une barque, en mer, par mauvais temps. Je sens que je ne vais pas tarder à être malade ! Se plaignit Timermor.
- Par les chaussettes de ma grand-mère ! Je rêve ! S’exclama Blaque, alors que le cortège, après une énième manœuvre, abordait une petite place.
Sur une longue table parfaitement drapée de blanc, trônait un service à thé en argent étincelant des milles feux répandus par les centaines de torches qui illuminaient la place. Des indigènes grotesques, bien qu’en livrée impeccable, ou peut-être à cause d’elle, étaient rangés sagement de chaque côté. Un peu en retrait, on pouvait apercevoir un petit feu où, avec attention, une indigène en tenue d’apparat surveillait la température de l’eau. Deux tasses blanches, garnies d’un fin liseré d’or paradaient avec leur cortège de cuillère, pot au lait, beurrière et plateau de biscuits.
- Par la hache du nain jaune ! J’hallucine ! Des cookies en pleine jungle. S’étonna Timermor.
- C’est par là que vous auriez dû commencer ! Ajouta Blaque en s’adressant au chef.
- Baragouin no bouf ! Fit remarquer le chef.
- Qu’est-ce que cela signifie ? Demanda Blaque qui n’avait pas noté que la joyeuse troupe s’était arrêtée et attendait leur bon vouloir.
- Si vous voulez bien vous donner la peine. Fit Olrick en leur désignant leurs places.
- Avec joie ! Répondit Timermor, en se départissant un instant de son flegme légendaire.
Dans un silence quasi religieux, avec des gestes d’une lenteur calculée, les serveurs effectuèrent un office digne des meilleurs salon ou clubs de London. Les deux amis n’en revenaient pas de voir avec quelle distinction toute shembraysienne le chef s’acquittait de ce rite sacré qu’est l’heure du thé.
C’est dans cette chaleureuse atmosphère qu’un hurlement strident se fit entendre mettant tous les indigènes sur le qui-vive.
- Qu’est-ce qui se passe encore ? Fit Blaque qui avait horreur qu’on le dérange pendant son « break »
- Votre prochaine épreuve : le chapersan
- Le quoi ? demanda intrigué Timermor

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MessagePosté: Sam Juin 04, 2005 9:09 am 
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- Le chapersan est une sorte de singe sans poils, avec un faciès de félidé assez prononcé. Ce que vous venez d’entendre est………Comment dirai-je………….Son chant d’amour. C’est la saison du rut et il appelle sa compagne.
- Vous êtes sûr de ce que vous avancez Olrik ? On aurait dit ma soeur qu’on épile ! J’en ai la chair de poule rien que d’y penser. Répondit Blaque.
- Votre sœur….. ? Commença Timermor avant d’être interrompu par un autre hurlement qui indiquait que la bête s’était rapprochée.
- Miné Kri ! Ajouta le chef sans émotion.
Au regard étonné des deux amis, Olrik indiqua la lisière de la jungle.
- Par les pantoufles de Ladislas ! C’est un manque de courtoisie évident ! Je vais dire deux mots à cette bestiole ! Grommela Blaque.
- Je tiens quand même à vous avertir que la bestiole….comme vous dites…..fait tout de même douze pieds de haut pour trois cent vingt livres.
- La vache de bestiole ! Jura Timermor.
- Et que sommes-nous censés faire si cela n’est pas indiscret ? Demanda Blaque en fusillant son compagnon du regard pour son manque de retenue.
- Li bouf, Li bouf ! Répondit le chef tout excité.

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MessagePosté: Sam Juin 18, 2005 1:01 pm 
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Timermor hésitait... son regard balançait de l'hostile forêt, dont l'on voyait alors déjà les taillis s'agiter, au raffiné service à thé immaculé, puis de nouveau vers les arbres qui colportaient l'écho lugubre d'un hurlement nuptial, puis de nouveau la merveille de porcelaine...
Soudain, une créature gigantesque jaillit des fourrés. Toute l'assemblé des sauvages s'enfuit dans toutes les directions en hurlant si fort qu'on eut dit qu'ils tentaient de recouvrir le cri du chapersan, sans néanmoins y parvenir.
A force de lire des histoires à ces enfants, le professeur s'était persuadé que les monstres étaient toujours pires que le héros se les imaginait, pourtant, au vu de ce que leur avait dit Olé-gré, il avait vu quelque choses de bien plus cauchemardesque. Certes, il était gros (le chapersan, s'entend). la tête barbue du professeur lui arrivait juste aux épaules. Certes, il était laid. Figurez-vous un gorille à moustaches doté de grandes oreilles triangulaire, le tout écumant de rage et de bave. On sentait tout de même une certaine attention à l'apparence, un poil lustré à la langue, une fourrure finement épouillée, qui confirmait tout de suite à notre zoologiste qu'il cherchait femelle. Certes, il n'avait pas l'air commode, écrasant tout sur son passage en continuant de gueuler. Mais bon, rien d'insurmontable, se disait Timermor. Décidément, il lisait trop...
La bête, en quelques bonds, fut sur lui, et, d'un revers puissant de ses membres velus, le fit valdinguer par dessus la table nappée de blanc pour qu'il s'écrase finalement, inconscient, sur le siège sur lequel il se tenait auparavant, faisant chavirer ce dernier.

- Foutu vieux ! Pensa rageusement Blaque, qui du coup se retrouvait tout seul comme un imbécile devant le bestiaux. Diablevert ! Ça allait être serré. Quel idée aussi de nous prendre nos armes. Bon d'abord, analyser calmement la situation.
Le chapersan le toisait d'un oeil mauvais et frappait des poings par terre. Hostilité et menace. Fin de l'analyse. Un instant, le capitaine fut pris par la panique, mais il n'eut pas le temps de prendre ses jambes à son cou que la bête rugit et fonça sur lui. Faisant une agile roulade sur le côté, qui lui rappelait les sessions d'entraînement de sa jeunesse et lui fit penser à se remettre à l'exercice un de ses jours, il échappa de peu à la charge brutale de son adversaire, se leva tant bien que mal, s'épousséta, constata que son pantalon était déchiré, pesta, se dit que sa femme allait le tuer, et se souvint à temps qu'un monstre avait en ce moment même une idée équivalente. Il évita ainsi la deuxième attaque et engagea le combat, c'est-à-dire qu'il se mit à courir autour de la table poursuivi par la bête et criant "A l'aide ! A l'aide ! Timermor, vieux schnock, debout !"

Mais le professeur n'était plus là. Il rêvait. Il était au muséum national de Shembray, entouré de tout ses confrères qui l'acclamaient, lui, le découvreur d'une nouvelle espèce ramené de l'enfer vert, le chapersan, parmi de dizaines d'autres répertorations. Il souriait, serrait des mains, se moquait enfin de ce parvenu de Ving-li-stone l'asiatique qui, désolé, tentait tant bien que mal de se faire pardonner. Mais Timermor ne se laissait pas avoir. Ah ,qu'il est bon d'être au-dessus de ses semblables.
Soudain, un hurlement sortit de la cage du chapersan, qui effraya tous les savants. Pourtant ça n'était pas tout à fait son cri...
Timermor se réveilla au milieu du bruit, de l'agitation et de la poussière soulevée par le manège de Baque et du monstre. Il reprit peu à peu ses esprits, et observa l'étrange scène qui s'offrait à lui. Le capitaine, en face de lui, le regardait avec horreur, ou plutôt regardait derrière lui quelque chose d'horrible, que le professeur ne pouvait pas voir. Etrangement, la créature, sur le côté, ne poursuivait plus Blaque, et fixait aussi cette direction, avec ce qu'on pourrait appeler un sourire béat aux lèvres. Le professeur se retourna lentement, appréhendant ce qu'il allait découvrir. Il tomba nez à nez avec une patte poilue. Son appréhension monta d'un cran, et il leva lentement les yeux... qui croisèrent ceux d'un monstre encore plus grand et plus poilus que l'autre, monstre qui lui souriait, le regard plein d'amour maternel.
- AAAAAAaaaaaah ! hurla le professeur en se jetant en avant, échappant de peu à un destin tragique. Il se releva nerveusement, et regarda la créature qui hurlait méchamment...
La chapersanne... diable, son homme l'avait appelée ici ! Il avançait déjà béatement, la femelle géante porta un instant son attention sur lui et lui arracha la tête...
- étrange, étrange, nota le zoologiste, et il mémorisa la scène pour un usage futur.
Mais ses esprits revinrent vite au montre qui, de plus en plus énervé, avançait vers lui. Elle était moins vive que son mâle, plus lourde, mais ne se souciait pas d'itinéraire et avançait tout droit. Le service à thé, qui se trouvait sur son chemin, n'eut pas le temps de se retirer et finit son existence dans un bruit de bris de porcelaine.

- Venez ! hurla Blaque au professeur tout en courant se cacher quelque part.
Mais Timermor n'écoutait plus. La destruction des tasses, des coupelles, des théières... ç'avait été un choc. Il ne voyait plus rien, il ne pensait plus à rien d'autres qu'a ce service à thé que la sauvagerie animale venait de réduire à néant. Un trait de feu avait traversé son cortex. Il redressa fièrement la tête vers le monstre, le regard rempli d'une force nouvelle, d'une énergie transcendante qui influait dans tous ses muscles, dans tout son corps. Il se tenait droit face à la mort, sans faiblir, comme un capitaine dans la tourmente. L'ogresse approchait lentement, mais il était prêt. Il était comme pris de convulsions, ses yeux exorbités se révulsaient, pleins de veines de colère, et soudain l'orage éclata. Il fonça sur la bête prise de court en hurlant comme un dément.
Rrrraaaaaaaaaaahhhhh ! Ça va chier ! Rraah !



Le capitaine, derrière une caisse, n'y comprenait plus rien.

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MessagePosté: Lun Oct 24, 2005 8:09 am 
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"Hem hem." La créature s'éclaircit la voix. Elle avait une texture étrange, comme si un dessinateur divin l'aurait rapidement bâclée. Etrange.
Elle leva la main, et nos deux héros se redressèrent d'un bond, prêts à tout. la bête leva ce qui lui tenait lieu de sourcil. On eut dit qu'elle s'étonnait, pensa Timermor, mais qui sait si cette attitude, chez cette espèce, n'était pas la pire des menaces.
L'Autre tenait maintenant une chose étrange dans ses mains. Enfin, elle parla :
"Au troisième top, il sera 6H moins le quart. top, top, top."
Il s'exprimait avec difficulté, et on sentait qu'il lui aurait été plus simple de lâcher joyeusement "[font=Symbol]Au troisième top, il sera 6H moins le quart. top, top, top.[/font]".
Timermor et Blaque se regardèrent, tétanisés. Evidemment, la créature devait être d'une intelligence bien supérieure si elle avait réussi à traverser Je-ne-sais quel espace et si elle avait pu savoir que nos deux héros parlaient le Shembraysien, à moins que ses paroles ne s'adresssent directement à l'âme. Mais, ce qui les atterrait, c'est le rappel terrible qu'ils avaient passé le thé. Gasp.
Devant l'étrange réaction des nouveaux venus, l'espèce d'oiseau manipula un instant son outil, pensif, puis, relevant la tête, déclara avec peine :
"Je pense donc je suis".
Nos deux compères n'eurent pas le temps d'éclater de rire que des cris de rage se répercutèrent depuis les tréfonds des boyaux rocheux.

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MessagePosté: Lun Oct 24, 2005 9:46 am 
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Dans la caverne attenante, les sbires d'Olrick étaient aux prises avec les indigènes furieux. Le petit plongeon dans la mare ayant privé les premiers de leurs armes, les seconds en profitaient pour prendre leur revanche. Les coups de poings répondaient aux coups de pieds, le tout agrémenté de coups de griffes et de morsures.
Sur une des proéminences de la grotte, une dizaine d'affreux volatiles regardait la scène avec le plus vif intérêt.
- Conquérir ce pays sera chose facile! Déclara, sentencieusement, celui qui semblait les commander.
- Quel est votre plan chef ? Intérrogea le volatile le plus proche.
- Nous allons nous transformer en armes! Lorsque les autochtones et les allochtones essayerons de nous utiliser nous disparaîtrons et les indigènes se détruiront par eux-mêmes.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les Shadoks se mirent à l'ouvrage pour construire leur machine.
-Pomper! Ho! Ho! Pomper! Ho! Ho! Scandaient-ils en choeur.
Pendant ce temps, dans la grotte, le combat cessa, faute de combattants.
Le silence qui se répercuta sous les voûtes, loin de rassurer nos amis, les inquièta davantage:
-Je ne pense pas que ce rémue-ménage ait quelque chose à voir avec le service du thé! Dit Timermor.
- Par la barbe du Prophète, j'espère bien que non! Le thé est une boisson qu'on ne saurait associer avec un tel vacarme! Renchérit Blaque.
- Quel vacarme? S'enquit Timermor en tendant une oreille dubitative.
- Ne me dites pas que vous n'entendez pas cette horrible litanie! S'enerva Blaque.
- À part une sorte de "doum, toum, crouick, doum", j'entends rien. Repliqua Timermor, visiblement perplexe.
- Mon cher ami, permettez-moi de vous faire remarquer, sans vouloir vous offenser, que pour prendre le thé, suivant les conventions Shembraysiennes, il faut un silence presque réligieux. Enonça Blaque.
- Mon très cher ami, répliqua Timermor, permettez-moi de vous faire remarquer, sans vouloir vous offenser, Que nous ne sommes pas en train de prendre le Thé!!
La dernière partie de la phrase fut hurlée tant pour ramener le doux rêveur à la réalité que pour expulser le ressentiment d'avoir raté la cérémonie. Le son se propagea dans les galeries où il se déforma en une horrible plainte déchirante. Parvenue aux oreilles des belligérants, elle les mit d'accord sur l'importance qu'il y avait à mettre le plus de distance possible entre eux et ces grottes. D'un reflexe commun, ils partirent à la vitesse des mulets nains au grand prix des neuf cités. Ils avaient à peine franchi le seuil de la caverne qu'il butèrent sur un Olrick retardataire.
La surprise des uns ne fut pas moindre de l'incompréhension du second qui malgré son pistolet se fit proprement piètiner par un foule convulsive et apeurée. Grâce à une constitution d'acier et à une volonté de fer, bien qu'un peu rouillé par manque d'exercise, Olrick s'en tira avec quelques légères éraflures.
-Vous me payerez cet affront bande de rhinocéphales bigleux (ndla: sorte de gros sanglier de la région). Hurla le renversé en tendant un poing vengeur.
- Pomper! Ho! Ho! Pomper! Ho! Ho! Les Shadoks poursuivaient inlassablement leur plan.
- [font= Symbol]Au troisième top, il sera 6H moins le quart. top, top, top[/font]. Répétait inlassablement le Shadok.
- Assez, assez, par pitié! Faites-le taire! Supplia Blaque.
N'écoutant que la force de son amitié, Timermor hasarda un timide "S'il-vous-plaît ? Mon ami aimerait une minute de silence" auquel le volatile hautain répondit:
- Au troisième top, il sera 6H moins le quart. top, top, top

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