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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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 Sujet du message: Le Trouble
MessagePosté: Mer Mai 11, 2005 9:02 pm 
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Le Trouble
Par Aetius Belonius
Grand Ecuyer de l’Ordre du Dragon
Envoyé spécial de l’Empereur Uriel Septim en terre de Morrowind

I) Comment tout a commencé

Tout a commencé un beau jour de Primétoile à Cyrodiil. Je vaquais, comme à mon habitude, aux affaires courantes de l’Ordre lorsque le destin, ou Akoshay, décida de me rendre visite par l’entremise d’un envoyé impérial de haut rang chargé de désigner un responsable pour une mission spéciale. Ce jour-là, pour mon malheur, le Grand Chevalier de l’Ordre du Dragon s’était absenté pour une revue des équipages au Fort Lordarène et je me retrouvais tout seul en poste au bureau. Le grand Ordonnateur du palais impérial me confia donc, l’impérieuse mission, par défaut. C’est ainsi que je fus chargé d’enquêter sur la véracité des nombreux témoignages faisant état d’un vent de folie dans la région de Morrowind et plus précisément dans une ville nommée Balmora. Muni des autorisations officielles, d’une bourse plus que confortable et escorté par un manipule de solides légionnaires, fraîchement sortis du célèbre centre d’entraînement au combat de Solik Brasolide, je m’embarquai donc sur une galère qui m’attendait au port et qui me déposa, un mois plus tard, sur les quais de Coeurébène : ville de résidence du Duc Vedam Dren, gouverneur de la Province de Morrowind, chargé de me remettre les renseignements adéquats et auprès duquel je devais prendre mes ordres.

Sur le débarcadère m’attendait, alignée dans un ordre impeccable, une garde d’honneur présidée par le Chevalier du Dragon Impérial de la section locale de la légion, un dénommé Varus Vantinius. Près de notre emblème, sur la petite place jouxtant les docks et les bureaux de la Compagnie de l’Empire Oriental, une foule hétéroclite était venue assister à l’arrivée de l’émissaire impérial : moi, Aetius Belonius. Un sentiment de fierté me parcourut en prenant conscience de l’importance de ma mission et je m’apprêtais à répondre aux vivats de l’assistance lorsque le silence, presque palpable, uniquement troublé par le léger clapotis de l’eau contre les quais, m’arrêta. Des dizaines de paires d’yeux me fixaient, si ce n’est pas avec haine du moins avec un réel dédain. De toute évidence je n’étais pas aussi bienvenu que je l’avais cru de prime abord. Coeurébène est une ville de style impérial, si tant est qu’on puisse appeler ville cet assemblage de bâtiments guère plus étendu que le plus petit quartier de notre glorieuse capitale, qui abrite les dépendances du Grand Conseil de Morrowind et la résidence du Duc Dren. Pour marquer notre emprise sur la région plusieurs forts ont été érigés dont Fort Noctuelle où, sur les conseils du responsable local et afin de ne pas offusquer les autochtones, je me pliai à leurs coutumes et laissai ma garde personnelle en stationnement sous les ordres du responsable du fort.

Accompagné par le Grand Chevalier de l’Ordre du Dragon, je me rendis porter mes respects, et présenter mes devoirs, au Duc Vedam Dren. Mon intention de me plaindre de l’accueil, pour le moins mitigé, réservé à un émissaire spécial de l’Empereur fut, très habilement je dois reconnaître, contrée par mon accompagnateur. Celui-ci, s’excusant plusieurs fois de l’attitude de la foule, m’expliqua les réticences du peuple Dunmer envers les étrangers ; réticences dont il fallait bien s’accommoder pour éviter une révolte générale de la région. Je m’inclinai devant ses arguments et c’est avec un large sourire de circonstance que je me présentai au Duc. Bien que Dunmer, ce dernier a la prestance, l’allure et la rigueur d’un vrai impérial. Sans préambules inutiles, il alla droit au but en m’expliquant les raisons de ma venue dans le pays : Un homme, un étranger, avait été exécuté et ce crime, du moins son obscur objectif, semait le chaos dans les esprits et dans la région. Il avait besoin, pour résoudre cette affaire compliquée, et mettre un terme à l’agitation grandissante, d’un enquêteur qui fut extérieur aux pressions philosophiques, politiques et religieuses qui secouaient le pays. Ma mission était simple : restaurer la paix impériale et la confiance dans les institutions gouvernementales. Pendant un bref instant je vis défiler devant moi, scandant mon nom, les fières cohortes de la légion impériale m’acclamant pour l’éclatante réussite de ma délicate mission de pacification. Je redescendis bien vite sur terre en me rendant compte que la légion ne serait pas déplacée pour la mort d’un seul homme. Le Duc me fit remettre tous les renseignements qu’il avait pu recueillir sur l’individu, et ses actes, depuis qu’il avait posé le pied dans le pays. Ses subordonnés en avaient même, devançant en cela une éventuelle demande de ma part, fait un résumé des centaines de pages des notations et des témoignages rassemblés par le service de renseignement du Duc.

II) Résumé du rapport
par le service de renseignement du Duc

Le sujet, un nordique nommé Sela Vapas, a débarqué à Seyda Neen, sur la côte de la mélancolie, d’un bateau en provenance de Cyrodiil, le vingt-trois de Vifazur de l’année passée. Après avoir rempli ses obligations légales lui permettant de circuler librement, il a un peu vagabondé dans la région où il a, notamment, détruit une base de contrebandiers, située dans une grotte proche du port. Il s’est ensuite rendu à Balmora où, après quelques recherches, il s’est longuement entretenu avec un dénommé Caius Cosadés. Cet individu, connu par nos services, est pour le moins assez énigmatique. Ses activités précises ne sont pas très claires, ni tout à fait légales, mais aucune preuve de faits, pouvant être considérés condamnables, n’a pu être établie à son encontre à ce jour. L’individu, Sela Vapas, s’est ensuite engagé dans plusieurs guildes dont il a rapidement gravi les échelons. Aux dires des responsables desdites guildes, il aurait été assez versé dans les arts magiques sans toutefois toucher à la nécromancie. Cette dernière affirmation devant être prise au conditionnel aucun fait n’étant venu l’étayer ou l’infirmer. Excellent dans le maniement des armes, on lui prêterait, sans toutefois en avoir la preuve, l’exécution de quelques vols assez audacieux qui ont lieu, à l’époque, dans la région. On ne lui connaissait aucun penchant politique ni philosophique ni religieux jusqu’à ce qu’il s’entretienne avec des chefs de tribu cendrais. Ces populations prônent des croyances depuis longtemps oubliées par les Grandes Maisons, mais toujours très vivaces chez eux, d’un sauveur qui se réincarnerait pour libérer les dunmers : le Nérévarine. Celui-ci serait l’incarnation d’un ancien et révéré chef de guerre dunmer élevé au rang de divinité pour la grandeur de ses actes et son attachement au bien-être de son peuple : le général Nérévar. Ce sont des croyances très subversives mais tant que cela reste au stade de croyance, et que cela n’affecte pas l’autorité du gouvernement de la province de Morrowind, suivant les directives impériales de liberté du culte, nous nous bornons juste à les surveiller. Nous ne pouvons rien affirmer de précis quant à la teneur exacte des discussions, les cendrais étant assez hermétiques et peu enclins à des confidences, mais les agissements du dénommé Sela Vapas sont devenus, depuis, assez chaotiques. Sans aucune raison apparente, il s’est mis à arpenter la province, allant des quartiers de Vivec aux sanctuaires de Shéogorad et des mines de Gnisis aux tombeaux de Sadrith Mora, visitant les anciennes ruines dwemers et fouillant les différents temples daédriques comme s’il poursuivait une quête occulte ayant un but mystérieux. Nous ne sommes pas parvenus à découvrir quel était ce but mais, partout où il est passé, il y a laissé, par ses actes, une trace évidente et indélébile de ses extraordinaires capacités. Au vu de ce qu’on peut qualifier d’exploits, accomplis par cet individu, comme le démantèlement de plusieurs bases de fanatiques de la sixième maison, l’anéantissement de nombreux repaires de contrebandiers et la destruction de quelques antres abritant des créatures soupçonnées de vampirisme ou s’adonnant à des pratiques définies comme telles, on peut s’étonner qu’il soit mort, dans des circonstances encore mal établies, de la main d’un obscur assassin qui, soit dit en passant, est mort lui aussi de façon toute aussi énigmatique.
Libéré pour des raisons qui nous demeurent obscures, mais dont nous ne doutons pas de la pertinence, sur ordre de l’Empereur Uriel Septim lui-même, la mort du dénommé Sela Vapas peut être considérée comme un acte subversif d’une extrême gravité et nous recommandons de prendre des mesures diligentes et appropriées afin d’en découvrir le ou les commanditaires. Nous soupçonnons la mort de Sela Vapas comme étant un premier pas vers une action d’envergure visant à déstabiliser le gouvernement légitime en vue de le supplanter par une instance nuisible à l’Empire.

III) L’enquête

Aidé par ceux-là mêmes qui avaient recueilli les données relatives à l’affaire, j’étudiai les documents pendant une bonne semaine. Il parut évident, au bout de ce laps de temps, que seule une enquête sérieuse sur le terrain, pourrait nous éclaircir sur certains points qui restaient obscurs. Après de longues discussions, nous nous mîmes d’accord sur une marche à suivre totalement novatrice pour nos services, à savoir refaire le parcours du dénommé Sela Vapas. La désignation du volontaire pour cette mission ne posa pas de problème majeur puisqu’en tant qu’émissaire spécial j’étais déjà désigné d’office par l’Empereur. Les agents du Duc, soutenus par ma garde personnelle, se tiendraient en retrait, prompts à intervenir à la moindre alerte. Ils ne devaient cependant pas être trop près, ni trop voyants, pour éviter de brouiller les cartes et permettre un déroulement aussi naturel que possible, si je puis dire, de cette aventure. Afin d’avoir des points de repère, j’emportai dans une sacoche le volumineux dossier et me présentai, à l’aube, au bureau des taxes de Seyda Neen. Le préposé me fit remplir le formulaire et me souhaita un bon séjour en Morrowind. Lâché dans le village comme un quelconque mendiant, je me mis à l’œuvre et commençai à interroger les habitants. Grâce à mon entraînement je pus prétendre être un parent à la recherche d’un neveu dont on n’avait plus de nouvelles. Les fonds alloués par l’Empereur furent très utiles pour délier assez rapidement les langues des plus récalcitrants et me permettre de reconstituer le parcours de notre sujet dans la région. Je fouillai donc les grottes et repaires des alentours poussant même les portes des quelques tombeaux notés dans le dossier. À part la satisfaction de mettre un terme à l’activité malhonnête de quelques contrebandiers, je n’en appris guère plus. Je décidai donc de prendre la route pour Balmora.

Par un caprice du sort, un violent orage s’abattit ce jour-là. Cela me fit commettre une bévue qui, heureusement pour l’affaire, n’eut pas grande conséquence. Au lieu de me rendre à Balmora, je me retrouvai dans une petite bourgade de style impérial : Pélagiad. Pour ne pas éveiller des soupçons, j’évitai le fort et je pris une chambre à l’hôtel du bourg. Je n’eus aucune difficulté à recueillir tous les renseignements dont j’avais besoin auprès d’une khajiite, ma foi fort entreprenante, qui y logeait. C’est frais et dispos que je repris l’enquête le lendemain. L’orage de la veille avait laissé la place à un soleil rayonnant et la plaine exhalait une légère brume qui me cachait l’horizon. Le tour du village et de ses boutiques ne me prit pas longtemps et, à midi, je repris ma route. Malgré quelques hésitations, sur le bien fondé d’explorer les grottes balisant la route, j’atteignis Balmora au coucher du soleil. Vue l’heure tardive, je louai une chambre dans le premier hôtel venu et m’écroulai fourbu par le voyage. La nuit passa si vite qu’au matin j’eus l’impression de m’être endormi quelques secondes. Pourtant le soleil était là pour me prouver que le jour s’était bien levé.

Je fis le tour de toutes les guildes afin de compléter les renseignements que j’avais. Les indigènes, touchés par l’histoire de l’étranger recherchant un parent, se firent un plaisir de me donner des ses nouvelles, agrémentées de nombreux précieux détails. Tous furent heureux de collaborer sauf quelques individus qui se montrèrent franchement hostiles. J’appris plus tard qu’ils faisaient partie d’une organisation, plus ou moins secrète, prônant une xénophobie exacerbée et chapotée par un personnage très influent. Cependant les agissements de ce groupuscule sont sous haute surveillance et l’on peut raisonnablement l’écarter de la liste des suspects. Je repris donc à suivre les traces de Sela Vapas. Ce fut alors un incessant aller-retour entre les villes, les villages, les grottes, les tombeaux et autres forts, ruines et temples, au point que j’en eus le vertige tellement les endroits visités par le sujet étaient nombreux. Au bout de plus de trois mois d’enquête et de déplacements incessants, la commission ducale commença à donner des signes de fatigue. Quant à mon escorte elle était de plus en plus réticente à poursuivre d’autant que des rumeurs de plus en plus persistantes faisaient état d’un déplacement imminent de la légion pour calmer des troubles dans une autre partie de l’empire. C’était là une occasion de se couvrir de gloire et mon enquête leur semblait dérisoire en comparaison. Conscient de leur état d’esprit je me résolus à continuer seul l’enquête. Ce fut le hasard, ou Akatosh, qui me donna le petit coup de pouce qui me permit de mettre la main sur le journal intime de Sela Vapas. Un voleur de petite envergure avait essayé de me subtiliser ma bourse. Sous promesse d’immunité il me remit le précieux livre qu’il avait discrètement volé sur la dépouille du malheureux. J’allais enfin connaître cette histoire du point de vue même de celui qui l’avait vécue. « Le pantin par Sela Vapas », le titre me surprit un peu, le contenu me déconcerta complètement.

IV) Le pantin
par Sela Vapas

J’écris ces quelques lignes afin que mon histoire et mon expérience ne se perdent pas dans les limbes de la mémoire.
On est venu me sortir de prison par ordre de l’Empereur et, après une longue traversée, on m’a débarqué sur le quai de Seyda Neen. Au bureau des taxes on m’a fait remplir un formulaire, on m’a remis mes papiers de libération et on m’a jeté dehors avec juste un paquet à remettre à un dénommé Caius Cosadés habitant quelque part à Balmora. J’ai dû me débrouiller pour survivre dans une nature hostile peuplée de rats, de crabes de vase et d’explorateurs Kwama. Petit à petit j’ai acquis force et assurance au point de pouvoir me mesurer à des bandits et plus tard à des entités spirituelles comme des squelettes et des seigneurs des ossements. Avec le fruit de la vente des objets glanés un peu partout dans les grottes et les tombes, j’ai pu entreprendre le voyage pour Balmora et rencontrer l’énigmatique Caius Cosadés auquel je remis le mystérieux paquet. Sur ses conseils et directives, je me suis engagé dans différentes guildes pour gagner de l’argent et de la popularité. Chose qui, étant d’un caractère réservé, n’était pas dans mes intentions premières. Je me suis pourtant distingué et j’en ai gravi les échelons. C’est à l’occasion d’une visite à Vivec que « l’incident » qui changea ma vie eut lieu.

Visitant la ville, comme à mon accoutumée pour toutes les villes visitées, j’ai, par facilité, sauté sur un pont. À ma grande surprise je me suis retrouvé « sous la ville ». Non pas sur les fondations mais dans une « mer interne » qui se trouverait sous le sol. Comme si toute la province de Morrowind était un immense radeau. Pire encore, pendant cette expérience j’ai pu voir les habitants de Vivec comme si je les voyais au travers d’une vitre. Cela me troubla énormément mais je n’ai pas eu le temps d’approfondir la question, des tâches urgentes me réclamant ailleurs. Tout en vaquant à mes affaires j’ai eu l’occasion de répéter l’ « expérience » plusieurs fois et, à chaque fois, je n’ai pas eu la possibilité de satisfaire ma curiosité mais j’en retirais une sensation, de liberté, jouissive. Cela commença à me torturer l’esprit. Méthodiquement j’entrepris de noter tous les petits détails anodins. Les nuits si courtes lorsqu’on dort, la faim et la soif qui ne m’atteignent pas, et surtout les souvenirs oubliés et les décisions intempestives et irréfléchies. Aussi loin que je me souvienne, ma mémoire s’arrête à mon séjour en prison. Souvenir que j’ai d’ailleurs eu en rêve. Aucune réminiscence de mon pays natal ni même de ma jeunesse. Tous mes souvenirs semblent m’avoir été imprimés. Mais dans quel but ?

Plus étrange encore sont mes décisions. Je parcours ce pays de long en large et du nord au sud à l’accomplissement de tâches de toute sorte mais comme si je n’étais pas responsable de mes actes. Le meilleur terme que je puisse employer pour définir cet état est « pantin ». Un pantin ballotté d’un côté à l’autre pour un obscur dessein. Mais par qui ? Pourquoi ? Dans quel but toute cette agitation ? Je veux en avoir le cœur net !
J’ai eu l’occasion de m’entretenir des questions que je me posais avec des sages-femmes cendraises qui, étant proches de la nature et des forces qu’elle déchaîne, m’ont donné une vision plus large de l’univers dans lequel on vit. Elles m’ont conseillé de m’adresser aux aedras et de m’instruire sur tout afin de me faire ma propre vision du monde. J’ai profité de mes voyages pour lire tout ce que je pouvais. Des centaines de livres relatant une histoire qui, au fur et à mesure de mes lectures devenait de plus en plus floue, m’ont amené à voir ma réalité sous un autre angle. Mes prières à tous les dieux connus sont restées sans réponses. C’est à partir de ce moment que j’ai combattu mes tendances. Ou du moins les pulsions que l’on m’infligeait.

Petit à petit, je sentais une tension étrange, impalpable mais réelle, grandir. Je me démenais tant et si bien que je parvins à plusieurs reprises à échapper à ce « contrôle occulte » de mes actes. À chaque « libération », je sombrais dans un vide profond dont j’en sortais sans souvenirs. Mais je persiste dans mes intentions pour découvrir la vérité. Je sens que j’approche du but. La tension se fait de plus en plus forte et les « vides » de plus en plus profonds. Cette fois, j’en suis sûr, les dieux n’ont rien à voir avec ce que je subis. Même eux donnent l’impression d’obéir à quelqu’un de plus haut. Mais qui peut bien être ce quelqu’un ? En même temps une certitude s’est formée dans mon esprit : je mourrais lorsque j’aurais atteint la vérité. Mais si tel est le prix de la liberté, je l’accepte. J’ai décidé de me libérer à la prochaine chute dans la « mer interne » ; advienne que pourra.

Me voila de retour à Balmora pour la énième fois. Si j’ai raison, je n’en partirais plus ! Je souris à l’idée de la difficulté que va rencontrer le gouvernement pour expliquer ma mort, même si je doute qu’une enquête soit entreprise tellement est forte l’emprise de cette mystérieuse entité qui tire les ficelles de nos vies. J’ai déjà repéré l’endroit où cela se passera : près de la rivière Odai. Ce sera facile je dois la traverser à trois ou quatre reprises chaque fois que je viens à Balmora.
Voilà, j’y suis ! Il ne me reste plus qu’à ne plus bouger pour obliger « l’entité » à agir. Ce sont sans doute mes derniers instants mais je suis libre, libre comme jamais ne l’ai été. C’est une sensation mervei


V) Que sommes-nous ?

La lecture du livre intime de Sela Vapas me bouleversa. D’un seul coup je pus contempler la sagesse de Julianos, le gardien des manuscrits, lorsqu’il garde un écrit secret. Jamais je n’aurais dû avoir accès à ce livre et la volonté de Shéogorath, le daedra fou, est sans doute à l’origine de sa découverte afin d’inonder le monde de sa folie. Toute une foule de détails anodins me revinrent en mémoire. Des décisions prises, sur le moment sagement, me parurent, avec le recul, totalement folles. L’éclairage nouveau que le livre leur donnait faillit faire basculer ma raison. Toutes mes croyances, toutes mes certitudes étaient ébranlées. Je voyais le monde, notre monde, avec les yeux de Sela Vapas et j’eus peur. Les logiques de sa mort m’apparaissaient enfin claires dans toute l’horreur que cela comportait. Je ne serais plus jamais le même après cela et j’aurais un autre regard sur la réalité qui m’entoure. Longtemps je me suis posé la question de savoir s’il fallait rendre ces écrits publics. Je décidai de m’en remettre aux Neuf et d’enfouir mon livre au plus profond d’un puit que j’ai rebouché. Si telle est leur volonté, un jour il réapparaîtra pour dévoiler la vérité et répondre à mes questions.

Dois-je en conclure, à la lecture de ce livre, que nous sommes manipulés par une entité plus grande qu’Akatosh et Azura réunis ? Ou dois-je comprendre que, malgré ses exploits, le dénommé Sela Vapas ait été rendu fou par les incessantes tempêtes de sable qu’un demi-dieu fou s’acharne à lancer sur la province en vengeance à je ne sais plus quel affront subi ? Les pestiférés sont-ils, comme on le prétend des infectés de la peste ou sont-ils, comme Sela Vapas, des êtres d’exception ayant réussi à voir au-delà de notre perception commune de l’univers et ayant été rendus fous par ce qu’ils y ont découvert ? Je ne saurais le dire mais plusieurs points corroborent les écrits relatant la vie de cet étranger qui avait voué sa vie à la découverte de la vérité. Mais l’avait-il découverte ou était-ce le fruit d’un cerveau malade ? Que doit-on conclure de tous ces petits détails auxquels on ne fait pas attention et qui sont pourtant si essentiels comme la faim et la soif ? Les souvenirs anciens ? Notre propre histoire ? Si tant est qu’il ait raison, cela bouleverserait les consciences au-delà de ce que l’on pourrait croire. Toute la vie et son sens profond en seraient chamboulés. Mais une chose est sûre désormais : celui qui a fait taire Sela Vapas me fera subir le même sort, où que j’aille me cacher, fusse-ce le trou le plus profond de Tamriel. Je me rends compte, à présent, que mes jours sont comptés et que mes compétences ou mes talents ne seront pas suffisants pour me sauver. C’est pourquoi je m’en remets à Akatosh confiant d’avoir mené mon enquête avec toute la rigueur et l’objectivité possibles en mon âme et conscience. C’est pourquoi j’ai écrit ce livre ! Afin que tous sachent et que chacun puisse se poser la question qui me hante désormais : sommes nous maîtres de notre destin, libres de nos choix ou des pantins obéissants dans un immense jeu où des dieux inconnus et tout puissants s’amusent à nous tester ?

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