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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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 Sujet du message: Le retour du Chaperon rouge
MessagePosté: Jeu Sep 09, 2004 8:37 pm 
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Homo sapions sapions

Inscription: Jeu Sep 09, 2004 6:52 pm
Messages: 2015
Localisation: Novascholastica
Voilà, c'était l'année dernière en seconde, le thème de rédac était de transformer le conte du petit chaperon rouge en nouvelle fantastique. Je poste ma rédaction pour le fun 8) ; lisez là, elle a plu a mon ancien prof (j'ai eu 18 8) . Elle est telle quelle, avec les fautes et tout :D !
ps : J'espère que je poste dans le bon topic :roll: ...

Cette histoire que je vous comte, amis, est la vérité, bien que je ne puisse prouver les faits.

ARGH ! Je me redressai sur ce que je crus d’abord être mon lit ; la moquette est molle chez moi. Oui, chez moi, à Paris, en contrebas de mon lit, dans ma chambre au 17 rue Ineux. Peu à peu, je pris conscience de ce qui m’entourait, et de l’heure en jetant un œil sur mon radioréveil. Dimanche, dix heures. Il me semblait que je venais de faire un rêve, ou plutôt un cauchemar comme en témoignait ma position et mon pyjamas rouge imbibé de sueur. Mais curieusement, je ne parvenais pas à déterminer la cause de tout ceci. Une seule image restait imprimée dans ma mémoire : celle d’un grand spectre lumineux, ou même celle d’un spectre tout court !
Délaissant ces questions freudiennes, je m’habillai de mes habits qui m’avaient valu mon surnom : Red, ce qui sonne mieux que mon nom : Barnabé Dupont ! Mon jean et chaussettes rouges, ma chemise safran, ma veste de cuir noir et ma casquette. Cette casquette, je la mettai en tout temps et tout lieux, et d’orange elle était passée rouge sang : coloration maison !
Après m’être lavé et rassasié, je fus dérangé par ma mère.
- Red ? La voie suraiguë résonna et acheva de me réveiller.
- Quoi m’man ? répondis-je froidement. Ca faisait un bail que je la considérais utile seulement financièrement.
- Tu dois aller voir ta « Mère Grand » ! Elle gloussa. Je ne comprendrai jamais son sens de l’humour…
- Voir grand-mère ? Encore ! Elle crèvera jamais la vieille !
- Voyons Red ! Tu sais qu’il faut être gentils avec elle ! Assez pour qu’elle puisse signer le testament en notre faveur… Tu lui porteras cette galette et ce petit pot de beurre.
- D’ailleurs, en parlant de testament, tu as fait le nécessaire ??
- Oui, mais il y en a presque plus.
- C’est bon, j’ai cours de chimie lundi !(le sucre cache le goût du chlorure de potassium)

Je me mis donc en route. En chemin, je rencontrai un certain M.Wolf portant un smoking et lunettes noires avec un énorme cigare dans la bouche.
- Bonjour jeune homme ! Serais tu le petit-fils de Mme Dupont ?
- Oui, que lui voulez vous ?
- Je représente Devil associates, compagnie d’assurance mortuaire et j’aimerai savoir où habite ta grand-mère.
- Hé bien je m’y rends justement ; elle est au 10 boulevard St Crésus dans son grand manoir, vous ne pouvez pas la rater.
Merci ! me répondit-il simplement.

Il repartit en trombe dans une limousine aux vitres fumées. Il aurait pu m’emmener ! Ou alors, il voulait régler son affaire avant mon arrivée…
Une épaisse brume tomba subitement, et bientôt, on n’y vit plus à quinze mètres. La porte du métro grinça, tout comme le sombre portail du manoir. Un formidable grondement salua mon arrivée. Le ciel devenait noir comme les plumes d’un corbeau, la seule source de lumière devint la lune et les éclairs qui zébraient le ciel.
Diane chassait Hélios, le temps et l’espace ne comptaient plus, et le chaos régnait dans le parc du manoir.
Les deux hautes tours se dressaient, menaçantes, deux gardiens de pierre veillant à la quiétude d’un lieu interdit, protégé de l’inquisition des hommes, et contenant entre deux mains fragiles un pouvoir décidant de leur destinée.
Autour de moi, arbres consumés, comme frappés par la foudre, et aucune trace de vie.
Un silence insoutenable assaillait mes tympans que seul le craquement des feuilles sous mes pieds troublait, ce qui me donnait l’impression d’être un vandale dans un univers de porcelaine.

Soudain, alors que je tournai les yeux, il me sembla apercevoir une ombre se mouvant sans bruit derrière moi. La tension devenait trop forte, et je me mis à courir vers la lourde porte de bronze du manoir. Mais, plus je m’efforçais d’aller vite, et plus elle s’éloignait de moi, et je finis par trébucher. Là, l’horreur que j’éprouvai atteint un tel degré que je n’en pris plus conscience.
Un souffle fétide sentant la chair putréfiée me caressa la nuque ! Je me retournai et vis un grand loup noir dressé sur ses pattes arrières et se détachant sur la lune. Ses lunettes noires laissaient deviner des billes de flammes, son expression le feu de l’enfer. La réincarnation du loup mythique Fenrir ayant brisé ses chaînes et participant à Ragnarök, la fin du monde. Monstre mythologique maléfique, il avait tué Odin, le maître de Midgard, c’est à dire ici ma gand-mère, la propriétaire du manoir.
L’image de M.Wolf me revint : je me rendis compte aux lunettes noires de la bête qu’ils ne faisaient qu’un ! Des lunettes de soleil en pleine obscurité, il y avait du surnaturel là dessous !
- Salut petit ! Ta grand-mère t’attend ! Il rit puis repris : ton âme est jeune et insouciante…
Je vais l’ajouter à ma collection ! Après la grand-mère, le petit fils !
Il sauta sur moi et me mordit le bras, ses poignards d’ivoire s’enfonçant dans ma peau et transperçant mon biceps.
N’étant pas un héros, je partis en flèche en tenant mon bras blessé vers le manoir. Ayant atteint la porte, j’hurlai :
- Mémé, c’est Red, ton petit-fils ! Ouvre !
- Tire la bobinette et la chevillette cherra !
- Hein, quoi ?
- Ouvre la porte empoté !
Je reconnaissais bien là le caractère patient et chaleureux de ma grand-mère…
A peine entré, je me fis un garrot pour arrêter l’hémorragie avec un linceul que je trouvais par terre.
- Approche mon enfant, approche ! me susurra une voix douce comme le miel.
- Grand-mère ?
Il se tenait devant moi une superbe jeune femme aux formes généreuses d’un teint de nacre. Ses cheveux d’or tombaient sur ses yeux verts, et son nez aquilin surplombait sa fine bouche pourprée. Je ne pouvais que deviner le reste, dissimulé par un drap de soie.

- Ma grand-mère, que vous êtes belle !
- C’est pour mieux te plaire mon garçon
- Ma grand-mère, que vous êtes jeune !
- C’est pour vivre plus longtemps à tes côtés mon enfant
- Ma grand-mère, que vous parlez clair et haut !
- C’est pour mieux te charmer mon enfant
- Ma grand-mère, que vos cheveux sont brillants !
- C’est parce que je le vaux bien mon enfant !
- Ma grand-mère, que vous avez changé !
C’est parce que j’ai fait un pacte avec les forces des ténèbres !
A ces mots, elle se jeta sur moi ! Un pacte avec le diable ? Orchestré par son représentant M.Wolf ? ça ne me surprenait pas vu la tournure que prenaient les choses…
Je fis volte face. La porte avait disparue, mais M.Wolf m’attendait sûrement dehors, et il aurait été ravi de finir la dégustation du reste de ma goûteuse personne. A sa place se trouvait un long couloir. Les murs étaient tachés de sang et des candélabres aux bougies rouges les éclairaient. Je courus, courus jusqu’à avoir le souffle coupé et le cœur au bord des lèvres, mais le couloir ne finissait pas, et mémé courait toujours derrière moi. Tandis que je méditai sur la fin la plus rapide qu’une grand-mère aimante peut infliger à son petit-fils, je me retrouvai dans une grande salle circulaire sans issue ; plus de trace du couloir qui m’y avait amené. Autour d’un tapis central se trouvait neuf bonhommes encapuchonnés de sombres manteaux avec des gantelets d’aciers en guise de main. Ils saisirent de longues épées sur un râtelier et marchèrent vers moi en poussant des cris surhumains. C’est dans de moments comme cela que tout est possible, que la peur des premiers instants fait place à l’instinct de survie. Je saisis une grande hallebarde ; curieusement, je ne sentis pas son poids et la maniais très facilement. J’empalai le premier contre le mur et ressortit la hampe ; ses entrailles se déchirèrent et ses viscères se déversèrent sur le sol. Mais, à cet instant, deux autres s’approchaient à droite et à gauche. Une seule rotation de mon arme trancha le cou de mes deux agresseurs. Puis ma main se tendit et un éclair en sortit pour frapper les survivants, ce qui les fit carboniser. La pièce s’emplit d’une agréable odeur de chair brûlée.
Je m’affalai sur le tapis ; mon corps n’était pas habitué à de tels effort. Lors de l’affrontement, je m’étais senti comme dans un rêve, esclave de mes actions, comme si une force invisible m’animait…
Un rire formidable secoua la pièce. Je ne sentis plus le sol sous mes pieds, et les ténèbres m’envahirent ; il me semblait que je tombai dans un vide sans fond.
Puis une lueur blafarde, pareille à un feu follet s’approchait à toute vitesse jusqu’à devenir un immense brasier, ma grand-mère au centre. Je me rendis compte que je tenais dans mes mais un marteau et un pieu en bois. Je me jetai sur mémé et lui enfonçais le pieu dans le cœur. Le sang noir ruissela sur mes mains, se mélangeant à celui de ma blessure, et elle poussa un long cri d’agonie. Sa peau se racornit, ses cheveux blanchirent, et, dans un dernier soubresaut, elle prononça des paroles rendues incompréhensibles par le gargouillis du sang dans sa gorge. Un éclair me frappa, puis ce fut la nuit.

Je me souviens d’une voix dans les ténèbres, et de quelque bribes de phrase :
« malédiction rompue », « merci », et « âme m’est arrivée plus vite ». Rien de vraiment intelligible…


ARGH ! Je me redressai sur ce que je crus d’abord être mon lit…Dimanche, dix heures…quel rêve étrange…et ce grand éclair lumineux….
- Red ?
-Oui m’man ?
- Mamy est morte dans la nuit ! On l’a retrouvée avec un pieu dans le cœur !
Je courus embrasser ma mère ! C’était merveilleux !
- Mais Red, qu’as-tu au bras ?
Je regardai mon bras : un bandeau taché de sang le recouvrait ! Je m’assis. Tous ces évènements se sont vraiment passés ? Un chien m’aurait mordu et je ne m’en souvenais pas ? Je ne le saurai sans doute jamais…

_________________
« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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