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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Mar Juil 12, 2005 3:49 am 
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Jamais Lynsent l'autre
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Inscription: Lun Juin 27, 2005 1:50 pm
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Localisation: Taverne de l'Ane du Roy, Royaume de Figaro
Un Week-End a la Campagne

-- Samedi --

Ca m'a pris comme ça. Paf !
Une envie soudaine d'aller voir la campagne. De rendre visite a la famille.
Un crochet par la gare Montparnasse, un aller-retour pour Brou via Chartres et hop !
Départ le samedi à 15 heures pour arriver sur place vers 17 heures.
Heureusement qu'il y a des âmes charitables pour venir me chercher à la gare.
Le sac à dos est bouclé : un bloc de dessin, la trousse avec mes critériums et quelques mines, des bouquins pour passer le temps et mon baladeur MP3 dans un coin de la poche extérieure - sans compter tout le bazar qui traine dans ce sac de façon permanente.
Dernières vérifications, tout est prêt. Je pars serein ou presque vers la gare.
Le bus n'arrive pas avant quinze minutes.
C'est habituel.
Je râle contre la RATP (RATP, Rentres Avec Tes Pieds ! Grumpf)
C'est habituel.
Enfin, qu'à cela ne tienne. Je pars à pieds, justement.
Le soleil cogne fort mais les immeubles me procurent suffisement d'ombre pour que je puisse éviter de trop m'en plaindre. En un rien de temps, j'arrive sur la porte océane.
Le bus m'a déjà dépassé. Ca m'énerve mais bon, tant pis.
Il me reste encore un bon quart d'heure à tuer avant le départ de mon train.
Coup d'oeil sur le panneau d'affichage : le quai n'est pas encore indiqué.
Le hall est bondé aujourd'hui. Je suis là à attendre et un bon vieux reflexe quasi pavlovien me fait attraper mon baladeur dans mon sac. Je prend les écouteurs et je démarre l'engin, en lecture aléatoire.
Second reflexe pavlovien : je fouille dans mes poches et je sors mon sempiternel paquet de clopes pour m'en griller une. Au diable la loi Evin.
La fouille des poches m'a permis de retrouver cinquantes centimes qui se retrouvent impitoyablement dépensés dans un distributeur Selecta pour satisfaire mon besoin de caféine quotidien.
Le train est arrivé voie 23.
C'est un TER de base, avec ses deux étages et tout le bazar...
Rien de bien affolant.
Je balance ma clope sur les rails de la voie d'en face, où elle va retrouver d'autres camarades mégots bien gentiment entassés sur le gravier.
Le temps de poser mon sac sur un siège et mes fesses sur un autre et le train démarre - miraculeusement à l'heure.
Le paysage défile. Sans que je ne m'en rende compte, les immeubles ont laissé place qux champs et aux petites maisons.
Les titres défilent sur mon baladeur. Le chauffeur fait une annonce, je retire un écouteur pour mieux l'entendre.
"Mesdames et messieurs, nous arrivons en gare de Chartres. Chartres deux minutes d'arrêt."
La journée est à marquer d'une pierre blanche : aucun contrôleur n'est venu m'importuner jusque-là.
Je descends, et j'emprunte le tunnel pour rallier la voie des corespondances.
Je n'arrive même pas à y croire.
Ils ont osé le faire !
Ils ont supprimé ma bonne vieille Micheline au profit d'un train mono-wagon en forme de suppositoire ridicule.
Encore un truc qui ennuie mon coté nostalgique.
D'un autre coté, mon sens pratique me dit qu'au moins, les suspensions ont du être améliorées sur ce modèle-là.
Décidément, je ne me referais pas... Toujours à raler pour un rien et à me contredire par la suite. Cette pensée m'arrache un sourire.
J'embarque dans le supo.
Les sièges sont larges mais moyennement comfortables.
Mais au moins il y a de la place pour les jambes.
"Tickets s'il vous plait"
Je tends mon ticket sans même regarder le contrôleur.
Il fallait bien qu'il y en ait un pour me pourrir mon trajet.
Il vérifie.
Il composte.
Il me rend mon billet.
Je le range.
Je grogne.
Le paysage continue de défiler. Dans deux gares, je suis arrivé.
Tiens, No Song Unheard des Hellacopters ? Je me rapellais pas l'avoir mis sur le balladeur celle-là. Ca fais plaisir de l'entendre.
Un petit quart d'heure et qualques chansons passent. La gare de Brou est en vue. Je me lève, j'attrappe mon sac, je trébuche sur le pied d'un type affalé dans son siège qui, bien entendu, ne s'excuse même pas.
Enfin bon.
Je m'étire un bon coup sous le soleil percheron, avant de scruter les environs de la gare pour voir si une tête connue m'attends.
C'est quand même marrant les trains et les gares.
On y voit toujours des gens interessants. Ce coup-ci, c'est un espèce de grand type déguingandé qui se trimbale avec un énorme sac à dos Vieux Campeur et un monocycle sous le bras. Il a une longue barbe et une casquette avec une visière remontée, un peu comme celles de certains coureurs du Tour de France.
Cette gare, je la connais comme ma poche.
D'ailleurs, il n'y a plus grand-chose à connaitre, à part le mode de fonctionnement du distributeur SNCF qui remplace "avantageusement" les guichets classiques. Tellement avantageusement qu'ils m'ont déjà valu deux amendes pour m'être trompé sur les tarifs réduits.
Ah tiens, cette fois c'est mon oncle qui s'est déplacé pour venir me chercher. Il doit vraiment y avoir du monde ce week-end.
Brève poignée de main, dépose du sac à l'arrière et je m'installe à la place du mort.
La discussion est banale : il y a bel et bien du monde ce week-end. Je dormirai dans la chambre verte (comme je le fais depuis presque dix ans) et la météo est favorable. Au moins je ne m'étais pas trompé la-dessus.
La voiture traverse la Bazoche : les commerçants sont encore ouverts. Théoriquement, ils ferment entre 17 heures 30 et 18 heures, sauf le bar-tabac qui ferme entre 21 heures et 22 heures, selon le nombre de pilliers restant au bar.
La voiture s'engage dans l'allée qui conduit à la maison. Je défais ma ceinture.
On se gare sous les arbres, on ouvre nos portières. A part les quelques banalités échangées, le trajet a été entièrement rythmé par les infos à la radio.
Le silence du parc repose mes oreilles. C'est fou ce qu'un peu de silence peut être salutaire après une demi-heure d'infos en continu et en boucle.
Juste le bruit de mes pas sur le gravier.
Je jette un oeil à la pièce d'eau avant de m'avancer vers la porte d'entrée.
Dans le hall, je reprend de vieux automatismes. mon sac est déposé sur une petite banquette et je file illico vers a cuisine, pour saluer les aînés qui doivent y prendre le thé. Ca ne manque jamais. J'en suis quitte pour une tournée de bises et une petite discussion, juste le temps de rassurer mes tantes et grand-tantes sur le bon déroulement de mes études. Je bouge ensuite en direction du salon et de la bibliothèque pour saluer les autres personnes. Dans le salon, je trouve les gens de la génération de mes parents, que je salue brièvement. Dans la bibliothèque-télé, je retrouve ma génération et les plus jeunes. Mes cousins, quoi.
Le temps de découvrir avec qui je partage ma chambre, je file vers l'entrée pour récupérer mon sac et monter m'installer. Je sors un bouquin au hasard de mon sac et je redescend dans le salon pour trainasser un peu avant le diner.
A la campagne, on se laisse porter, on trainasse.
Ca change du stress parisien.
On prend le temps de respirer, de regarder ce qui est beau et d'oublier ce qui parait important.
On en oublierai presque d'ouvrir son livre.
D'ailleurs, j'ai oublié d'ouvrir mon livre. Je n'ai tellement pas vu le temps passer que la cloche du diner retentis déjà.
La table a été dressée pour vingt personnes. Il doit y en avoir qui trainaient dans leurs chambres : je ne les ai pas encoe croisés.
Un bref regard sur le couvert me permet de confirmer qu'ici, été comme hiver, on sers de la soupe au dîner.
Encore une petite excentricité de Monique, la cuisinière, qui viens de rentrer avec sa marmite dans la salle à manger, et qui se précipite sur moi pour me faire le bise en m'assénant des "comment ça va mon p'tit chou ?"
Encore une excentricité de Monique.
Ca me fais sourire.
Au moins, il y a des choses dans cette bonne vieille campagne qui ne bougeront pas de sitôt.
Le repas traine en longueur, comme d'habitude.
Je me lève pour ramener mon assiette et m'en cloper une à la cuisine.
Monique en profite pour me demander si je me suis trouvé une copine, si ça va mieux avec ma mère et si ça avanecs, mes études.
Je lui réponds que oui, que non et que mwof.
Elle me dit que c'est bien et qu'elle est contente pour moi.
Je retourne à table.
Le moment du fromage et également le sommet de l'ambiance dans la conversation. Ca parle de politique, de cuisine, des absents, de ci et de ça, de choses et d'autres.
Ca me fatigue un peu.
Je baille.
Je me lève de table en même temps qu'un cousin qui s'eclipse discrètement.
Le reste de la soirée sera consacrée à un peu de lecture - celle que je n'ai pas faite avant le dîner - et à faire mon lit avant d'aller me coucher.
Le reste attendra demain.
Je me pose dans un fauteuil, près de la cheminée du salon. Mon cousin se cloitre dans la bibliothèque.
Je prends mon bouquin. Il allume la télé.
Je baille.
Je ne vais certainement pas tarder à monter me coucher.

_________________
ZorZ a vous les amis ! ^^
Loki a écrit:
"Le nain porte conseil, pour un tarif négociable"


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