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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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MessagePosté: Mar Nov 15, 2005 7:54 pm 
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Localisation: Dans vos rêves les plus fous mesdemoiselles...
L’astroport d’Helvetia est un décor superbe et insolite, tout à fait indiqué pour commencer une histoire. Les immeubles à l’architecture toujours plus audacieuse rivalisent avec la beauté des statues, sculptés par les plus grands artistes de la galaxie. Les fontaines projettent avec grâce l’eau bleutée de la planète, qui retombe avec volupté sur les galets multicolores. Les parcs, regorgeant d’espèces végétales rares, pullulent dans la ville et offrent à la population des lieux de repos et de méditations loin de la turbulence commerciale qui règne dans la cité, le tout au son des harpes et des flûtes qui jouent dans les kiosques d’ivoires, présent dans chaque espace vert.

Mais ce n’est pas là-bas que notre histoire commence. Non… ça serait trop facile…

X-8-SE2. Lune de la huitième planète du système solaire fort inhospitalier, et dont le seul nom fait trembler les plus vaillants explorateurs galactiques, même le plus grand d’entre eux, Indian Najones, j’ai nommé le terrible système… Alpha Z-9 Bêta 8-48-LOR du Centaure, appelé communément, le système de l’Enfer (nom bien étrange me direz vous…).
Je ne vais pas passer par quatre chemin, ni tourner autour du pot, je suis plutôt un auteur direct, voir même expéditif, ce n’est pas du tout mon type de se défiler pour dire les sujets qui fâchent… vraiment pas mon type… ahem… c’est … c’est un coin paumé.
Prenons par l’exemple ce que les autochtones appellent "l’astroport". Les deux citernes de carburant sont rouillés par l’âge, et pratiquement vide. Ou du moins, ce qu’elles contiennent ne peut plus vraiment propulser un vaisseau. Enfin si… mais directement à la casse. Le bar semblerait abandonné si une rousse aux formes bien marqués ne passait pas un chiffon sale sur les tables poussiéreuses, poussant du pied un vieux poivrot barbu qui suçait son pouce à travers sa barbe touffue. L’enseigne à moitié effacée, "… Fringant", se balance au gré du vent brûlant de la lune et produit un beau grincement, digne héritier des vieux films d’horreur de la vieille Terre,
La colonie, qui s’étend derrière l’astroport, n’est pas en meilleur état. Les maisons sont plus proches de celles des bidons-planètes de l’empire Julianien que des beaux quartiers d’Helvétia.
Cependant, c’est l’agitation aujourd’hui. En effet, la matinée à vu se produire un événement auquel même les habitants les plus crédules de la lune on du mal à croire. Il paraîtrait que le vieux poste de transmission du bar ait fait entendre un grésillement (rien de bien exceptionnel) et même une voix humaine (là c’est plus exceptionnel). La nouvelle fit le tour de la colonie en moins de temps qu’il faut à un orang-outan affamé pour ouvrir une banane. Quoi qu’il en soit, un vaisseau se trouve dans le système et approche de X-8-SE2, et ça, ça mérite bien l’agitation produite.
De folles hypothèses circulent en "ville". Certains parlent d’un vaisseau facteur, venu apporté le courrier des autres planètes (il serait temps), d’autres de nouveau colon attirés par la douceur de vivre de X-8. Certains parlent également d’une cargaison d’escargots de bourgogne.
Tout le monde se met en route pour atteindre le port avant l’arrivé du vaisseau et pouvoir lui faire un accueil triomphale. La foule, 200 personnes tout de même, soit plus des trois quarts de la colonie, se presse déjà autour de l’astroport.
Voici le vaisseau qui arrive. Il est grand, impressionnant, majestueux. Il fait bien 100m de long (très petit au vu des normes galactiques actuelles, mais pour un habitant paumé sur X-8 depuis près de 50 ans…). Il se pose sur la plate-forme principale (la seule plateforme). Des gaz s’échappent des tuyaux produisant un "pschiiiiit".
De nombreuses théories circulent sur l’utilité de ce dégazage. La plus communément accréditée stipule qu’il s’agit en fait d’un effet spécial, pour rendre le vaisseau encore plus impressionnant. Les constructeurs d’engins spatiaux démentent, bien entendu.
Soudain, une porte semble se découper dans la masse de métal et de câble que forme le vaisseau. Elle descend doucement. Une fois au sol, elle constitue une pente qui permet d’atteindre l’intérieur du vaisseau, qui brille d’une lumière blanche aveuglante. Une silhouette majestueuse, probablement un sénateur ou au moins un notable, se découpe dans la porte lumineuse. Elle descend lentement, aussi lentement que la rampe du vaisseau. Bientôt, on distingue son visage. Il est humain, il dit avec un fort accent :
-Salut à vous. Euh… Vous pourriez pas nous aider ? On transport’ des escargots d’bourgogne et on s’est paumé !


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MessagePosté: Mar Nov 15, 2005 9:29 pm 
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Homo sapions sapions

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Tout d'abord, L’Harmonica n’aimait pas du tout le ton que prenait ce grand bonhomme. A lui, on ne la faisait pas. Il était jeune, perspicace, fort, beau et intelligent, mais surtout, et cela surpassait le reste, l’Harmonica était un colon teigneux, nerveux et irascible d’extrême gauche néo communiste et qui, en agitant furieusement sa moustache, prônait bien trop souvent la colectivisme comme source de bienfaits pour la masse prolétarienne contre l’impérialisme bourgeois au goût du seigneur local.
Son acte révolutionnaire favori était de jouer de l’instrument du nom par lequel on le surnommait sous les murailles, en tôles froissées, du dit seigneur. L’arrivée de ces bourgeois sans autres attributs pileux qu’une tignasse ridicule de cheveux en plastique ne lui plaisait pas du tout. Et cet accent…
Comme à son habitude, il se mit à jouer pour signifier son désaccord moral et politique sur l’incident.

Rudolph Tophler avait un problème. Sa carte des systèmes du secteur s’était détraquée…Evidemment il aurait été simple de la réparer, mais l’abruti de compagnon poilu qui se prenait pour son copilote avait tellement bousillé les circuits avec le tournevis que lorsqu’ils avaient programmé les coordonnées de leur destination…Au lieu de la splendide Helvetia, ils s’étaient retrouvés ici, sur ce splendide et typique caillou désertique en bordure de toute route commerciale connue (mis à part celles des marchands qui avaient un copilote poilu, bien entendu) Il avait bien émis les trois sifflements réglementaires, en fait un hommage à un certain véhicule de l’ancienne Terre qui aurait lui aussi sifflé trois fois le chien, à moins que ce ne fut une caravane qui aboyait sur un alligator qui…Ou…
Personne s’en souvenait plus. Toujours est-il qu’il était là, sur la plate-forme de sortie, qu’une foule puante regardait avec de grands yeux. Il s’était pourtant adressé à eux en langue ploucnébulienne…
Et c’est là qu’il entendit un maigre son d’instrument à vent. C’était le seul qui n’était pas à genoux en train de tendre les bras. Un meneur d’hommes. Un tigre. Un lion. Un joueur d’harmonica. Rudolph voulut traverser la masse des pouilleux entre lui et cet homme, mais ils ne semblaient pas être d’accord. Qu’importait. Si l’équipage l’avais surnommé Rud’ , ce n’était pas parce qu’il réussissait cette merveilleuse sauce à la béchamelle comme personne, non, mais bien parce qu’il avait une façon de tourner les œufs en neige bien particulière.
Plusieurs tours de ploucs en neige plus tard, Rudolph était à quelques mètres du bonhomme. Il se campa sur ses deux pieds et toisa l’individu d’un œil qui se voulait méprisant et hautain. Le problème c’est que l’autre ne le regardait pas. Il essaya alors de tourner la tête par en dessous, par dessus, sur le côté pour le regarder mais rien n’y faisait.
- Hé coyote, montre-moi tes yeux !
- Tituuuutiiituuuuu titutuuuuu toutituuuuuuu
- Je suis bien d’accord, mais là n’est pas la question !
Alors, doucement, l’harmonica reposa son instrument sur le banc, roula ses yeux et répondit posément :
- Tes yeux impérialistes, j’ai une furieuse envie de les accommoder avec le sang des braves travailleurs que toi et tes semblables avez fait couler pour colorer vos profits en une infamante bouillie de dinarriis sonnants et trébuchants, dont le son résonne encore dans la cage thoracique des victimes du patronat interstellaire, surmontant les vagues de dégoût de l’Humanité prolétarienne pour l’infâme profit personnel.
Il fit une pause, sembla quelques instants désemparé, puis un mince murmure se faufila jusqu’à lui. Il retrouva alors le sourire et repris :
- Et aussi, les étrangers y sont pas les bien’vnus sur no’t vindiu d'lune de mes deux tentacules.
Sans se laisser le moins du monde démonter, Rudolph répondit d’un ton vaguement déçu
- Oh bon tant pis, moi qui croyait que vous auriez aimé monter à bord avec nous et partir de cette lune infecte…
- Hé bien tout ceci était façon de parler, bien entendu, et comme on dit chez nous, « Une carafe d’eau n’est jamais aussi verte que quand le grouik se penche pour y boire ! »
- N ’EST-CE-PAS ? fit écho une troisième voix, une voix de Stentor soupoudrée d’un petit accent herculéen qui ne déparerait pas dans une bande annonce de tridifilm de série Oméga…

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« Mais alors si ce n’est pas ici, où est-ce l’enfer ? »
Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
« Là où sont les gutums bien sûr. »

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Dernière édition par Julianos le Dim Fév 04, 2007 3:52 pm, édité 3 fois.

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MessagePosté: Sam Nov 26, 2005 2:57 pm 
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Le Prince arrivait d'un pas monarchique qui trahissait pourtant une nervosité mécanique. Il était impatient. Un seigneur, prévenu par ses messagers, arrive toujours en retard car sa demeure se trouve loin de la ville misérable. Pourtant, le palais du Prince, c'est à dire le seul bâtiment du taudis avec des murs à peu près solide (ici une triple épaisseur de carton), se trouvait bien à quelques mètres de là où avait atterrit le vaisseau, mais le seigneur avait du difficilement contenir sa curiosité et rester chez lui tandis que tout le monde se regroupait sur la place pour respecter cet état de fait.
C'était un petit homme sec et teigneux, du genre de ceux dont on s'étonne toujours qu'ils puissent crier si fort. C'est d'ailleurs en parti pour sa voix qu'il gardait sa position sociale, et aussi parce que, n'en tirant aucun profit ou si peu, personne n'avait envie de prendre la place du sujet de médisance principal des gens. Il portait en guise d'attribut royaux une veste de cuir noir crasseuse et une grande corde en ceinture.
A grand pas, il approcha donc des deux hommes, tandis que la foule était si amorphe qu'elle était plus proche du décor que de la figuration. Le troupeau humain. Le prince eut une pensé méprisante pour ces choses qui étaient ses sujets. Ceci dit, il ne valait pas mieux.

-J'apprend qu'un vaisseau est arrivé ?
Il claqua la langue d'une manière exaspéré
-Ben, dit le pilote en montrant le vaisseau qu'on aurait eu du mal à ne pas repérer à deux kilomètres à la ronde, voyez par vous même.
Le Prince put enfin arrêter de se retenir et dévorer la machine des yeux, mais il se reprit vite et afficha tant bien que mal une moue dédaigneuse.
-Et... qu'est-ce qui vous amène en mes terres ? Nous allons devoir faire les vérifications d'usage.
-Et bien, figurez-vous que nous nous sommes perdus, et...
-Nous ? Perdu ? s'étonna le Prince. Mais non. Je sais où je me trouve
Rudolph marqua un moment de silence. Ce n'était quand même pas un petit fonctionnaire de rien du tout qui allait lui apprendre, à lui, le futur célèbre explorateur Tophler, s'il était oui ou non perdu.
-Je voulais dire, nous, moi et mon équipier. Il est resté dans la cabine, je l'ai puni, si vous voulez allez le voir, suivez moi.
Monter dans le vaisseau ? Le Prince exultait, et eut du mal à réprimer un cri de joie. Il ne put empêcher la lueur dans son regard, et l'Harmonica la vit aussitôt, cet aveu flagrant d'ambition démesuré de volonté maline.
Il souffla donc un grand coup dans son engin, ce qui fit sursauter les deux autres. Personnes ne cilla dans la foule. Etonné, Rudolph se rendit compte que c'était en fait des panneaux de bois, posé là par un auteur fainéant qui n'avait pas envie de donner plus de consistance à ces personnages. Bonne nouvelle, songea-t-il. Ca veut dire qu'on allait pas rester dans ce bled.
L'Harmonica explosa :
-Je n'ai pas confiance ! Je sens derrière cette proposition l'ouverture à toujours plus d'inégalité ! Le peuple doit être au courant ! On ne doit sous aucun prétexte laisser les autorités seules dans une situation de...
Le pilote n'écoutait pas le laïus. Mauvaise nouvelle. Apparemment, ces deux là n'était pas en carton pâte. Donc il allait se les coltiner encore un moment.
Un doute s'immiscia en lui. Et si les héros, c'était eux ? Et s'il n'était qu'un second rôle, un raté, qui allait mourir ou disparaître au milieu de l'histoire ? Il tourna le regard vers un présentoir qui représentait une vielle femme famélique. Est-ce qu'il ne valait pas mieux que ça ?
Et puis zut. Qui vivra verra. Il coupa court à la verve de l'Harmonica.
-Bon, bon, venez tous les deux... je vais vous faire visiter...

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MessagePosté: Lun Jan 23, 2006 1:59 pm 
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- Ceci, comme vous pouvez le voir c’est la rampe d’entrée. Elle permet d’embarquer aussi bien du personnel que des marchandises.....
- C’est bien pratique mais on sait ce qu’est une rampe !
- - Oui, bon ! À gauche vous avez la cale, à droite les quartiers d’équipage. Ils sont actuellement vides car une fausse manœuvre a permis l’ouverture des portes de la cale et tout le personnel d’entretient s’est retrouvé flottant dans l’espace. Le responsable a été puni mais ce fut un moment apocalyptique avec tous ces corps…
- Si nous poursuivions ?
- Heu, hahem ! Oui, bien sûr ! Voilà ! Ici c’est le poste de pilotage. Aux commandes Svatur, mon co-pilote, un grimoirien. Il est d’une noble lignée, c’est un membre de la célèbre famille Modera. À la navigation, son cousin Faron. Mefiez-vous, ils sont très tâtillons sur le protocole! Là-bas vous avez Prère, le responsable des communications. Ne faites pas attention à son aspect rébarbatif, c’est un éoco. Laid, poilu mais très compétent. Sur la tourelle vous pouvez distinguer Fnrod et Jlianos, nos experts en armement, et artilleurs attitrés. Chacune de leurs salves atteint son but !
- Qu’est-ce que vous avez comme armement à bord ? Demanda l’Harmonica
- Heu, He bien, c’est-à-dire que…….Enfin je veux dire…….Hahem……
- Mais encore ?
- Pour être franc, ………….Aucune. Répondit Rudolph aussi rouge qu’une prune ondusienne.
- Hum ? Je vois ! Et qui est l’individu qui se démène dans la coupole ?
- Ah ! Lui c’est le capitaine ! Ema Ndori, un cteur. Très doué pour le commandement mais comme tous ceux de sa race, il souffre de vertiges ce qui le rend irritable. Sinon c’est un des rares capitaines de la confédération à pouvoir battre un bug à mains nues !
- Non ! À mains nues ? Vraiment ? Il ne paie pourtant pas de mine à le voir ainsi ! S’exclama le Prince avec un sifflement admiratif qu’il s’empressa de récupérer pour garder un semblant de dignité.
- Pourrons-nous lui être présentés ? C’est un honneur pour nous de le rencontrer et une grâce pour lui que nous acceptions de le faire.
- Heu, oui, je lui demanderai. Eh, bien, voilà ! La visite est terminée. Conclut Rudolph en se dandinant d’un pied sur l’autre.
- Quels seront mes quartiers ? S’enquit le Prince
- Vos quartiers ? Je ne comprends pas……….
- Écoutez, cela fait vingt ans que j’attends un taxi pour aller sur DemurIV pour la visite du dernier salon de l’aéronautique spatiale. Vous ne pensez pas que je vais attendre encore ! Vous avez besoin de savoir où vous êtes, et moi d’aller au salon. Je vous fournis les cartes de ce cadran et vous, vous m’emmenez…………
- Avec ses amis ! Conclut l’Harmonique
- Il faut que j’en réfère au capitaine……
- Allez mon ami, allez !
- …
- …
- QUOI ! QUI OSE ME DERANGER ?
- Rudolph, capitaine ! C’est au sujet de certaines personnes qui désireraient participer à notre voyage……..
- ET VOUS ME DERANGEZ POUR CES FUTILITÉS ? Qu’est-ce qu’ils ont pour payer le voyage ? Questionna-t-il en baissant le ton.
- La carte du secteur !
- Bien, bien ! Installez-les dans les quartiers d’équipage.
- Mais Monsieur, les quartiers ne sont pas sûrs depuis que………
- VOUS M’ENNUYEZ ! EXÉCUTEZ MES ORDRES !

Le souffle puissant de la replique propulsa Rudolph dans le couloir, comme on souffle un fétu de paille. Se redressant prestement, visiblement gêné par la situation, il s’épousseta négligeamment et lança à l’adresse des visiteurs :
- Le capitaine est d’accord ! Départ dans trente slicks !
Sur ces mots, il tourna les talons, s'enfonça dans la cabine et s’activa à la console de pilotage sous le regard réprobateur de Svatur.

Vingt-cinq slicks plus tard:

- Tu as l’air soucieux Ulf !
- Ne m’appelle pas ainsi ! Je suis Rudolph ! Souviens-t-en !
- D’accord, t’es un peu rude, Ulf, mais au fond on t’aime bien. Puis t’es le meilleur pilote de la flotte dans ce quadrant.
- Le meilleur pilote ? Dis donc, Svatur, si tu as quelque chose à me demander, ne tourne pas autour du noyau et viens-en au fait !
- Je pourrais faire décoller le vaisseau ? Dis oui ! Dis oui ! Je t’en priiiiiiiiiiiiiiie !
- Tu ne vas pas essayer ton fameux décollage en chandelle ? La dernière fois que tu l’as fait, on a dû remplacer le vaisseau et la moitié de l’équipage. Je te signale que sur cette « sympathique » planète, la seule chose qu’on puisse trouver ce sont des cailloux.
- Donc, c’est non. Se lamenta Svatur.
- ULF ! ALORS CE DÉCOLLAGE ?
- Tout de suite capitaine ! Allez-y Svatur ! C’est votre moment de gloire.
- Vrai ? Je peux ?
- CRUISCHHHHHHHHHH ? BRAAAAAAAAAOUUUMMMMMMMM ? SWHICHHHHHHHHHH
Plaqués sur leurs sièges ou collés aux couchettes - pour les plus chanceux – les occupants du STARGOOSE participaient, à leur façon et suivant leurs aptitudes, à la manœuvre. Le Prince, dans sa grande mansuétude, examinait, de très près, les soudures du plafond de sa cabine tandis que l’Harmonica, fidèle à ses principes, auscultait consciencieusement les conduits de ventilation.
Ema Ndori, le nez écrasé sur sa bulle de pleximétal, suivait, au plus près, la manœuvre. Son expérience goldorakienne, une ancienne race très évoluée, lui permettait d’en apprécier chaque phase. Depuis le décollage brutal de son fauteuil de commandement jusqu’à l’arrêt inopiné contre la bulle ce qui, au passage, lui permit d’en éprouver la solidité. Les membres d’équipage, dans un même élan collectif, s’étaient réunis, contre leur gré, au fond de la cabine. De cette position avantageuse, ils commentaient, avec force conviction, le décollage. Svatur, tel un moderne chevalier, tenait fermement les commandes. Sa position renversée, démontrait sa virtuosité de maîtrise des situations délicates.
Dans un cri aigu d’agonie, le STARGOOSE, hurlant de tous ses boulons, s’arracha, avec l’élégance d’une baleine échouée, de la surface pelée de la planète.
Quittant l’attraction du planétoïde, la situation des occupants s’inversa brusquement ramenant, promptement, ces intrépides voyageurs à leurs positions d’origine. Ce qui ne fut pas le cas de la rare cargaison qui, sur un coup de tête totalement improvisé, traversa le vaisseau d’un bout à l’autre atteignant, avec la douceur d’un troupeau de buffles au galop, les quelques rescapés de ce décollage qui restera gravé dans les mémoires, et les chairs, de ceux qui eurent l’immense honneur d’y participer.
- YEEEEEESSSSSS ! Ça c’est un décollage qui décoiffe ! S’exclama extatique Svatur.
Cette déclaration fut accueillie par un grand silence qui soulignait l’émotion de l’équipage pour cet exploit qu’on nota sur le journal de bord sous l’élogieux euphémisme : décollage réussi !

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Famille veut dire que personne ne doit être abandonné


Dernière édition par Vae-primat le Sam Jan 28, 2006 2:05 am, édité 1 fois.

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MessagePosté: Sam Jan 28, 2006 4:05 pm 
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Le Prince se massait le nez vraisemblablement cassé à l'écart de l'Harmonica pour que celui-ci ne puisse le raillier, bien qu'il fut lui-même trop occuper à serrer son genoux meurtri pour tenter un coup d'état.

Et bien voilà. Il l'avait fait. Il avait quitté cette planète pourrie où ses talents diplomatiques n'avaient jamais pu s'exprimer autrement qu'inutilement... des sauvages ! Maintenant, il allait rejoindre la civilisation, et il faudrait peu de temps à quelqu'un de son envergure pour gravir un à un les échelons et arriver là où il serait le plus utile au monde, c'est-à-dire au pouvoir...

Et bien voilà. Il l'avait fait. Il avait quitté cette planète amorphe où ses idées politiques n'avaient jamais pu s'exprimer autrement qu'inutilement... des moutons ! Maintenant, il allait rejoindre la civilisation, et il faudrait peu de temps à quelqu'un comme lui pour rallier un à un les prolétaires opprimés et arriver là où il serait le plus utile au monde, c'est-à-dire au pouvoir...

En attendant, se réjouissant de l'avenir, les deux hommes allaient devoir partager la même cabine...
Poir combien de temps ? Où allait-il atterrir ?
Ni l'un ni l'autre ne le savait mais aucun n'avait envie d'étaler son ignorance devant l'autre en se renseignant auprès de l'équipage.

Aussi, après s'être remis de leur émotion du décollage, ils s'assierrent chacun dans un coin et s'employèrent à faire la gueule.

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MessagePosté: Dim Fév 05, 2006 4:56 pm 
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Le STARGOOSE avait atteint son altitude de croisière et filait, à la vitesse astronomique d’un escargot asthmatique, dans le vide interstellaire…..Quoique vide c’était beaucoup dire vu le trafic qui s’agitait sur le couloir DXV541, voie rapide inter planétaire, ligne directe pour DemurVI.

Les robots de service s’activaient à remettre en place les containers tandis que l’équipe médicale s’activait à remettre debout les membres d’équipage légèrement perturbés par le décollage. L’excursion s’annonçait tranquille, malgré quelques réticences du vaisseau……..Enfin tranquille…..Si rien ne venait perturber le voyage.
Or les perturbations étaient en chemin sous la démarche claudicante du Prince qui, sorti de sa prostration, remontait, avec la détermination farouche d’une avalanche dévalant une pente, la cursive principale. Délicatement ballotté par de petites secousses, lors du décollage, celui-ci venait aux nouvelles, accompagné de sa charmante secrétaire privée, Pzlo.

À son pupitre de contrôle, Ulf sirotait tranquillement une liqueur vénusienne en surveillant les rares cadrans encore opérationnels tandis que Svatur, en fidèle second, s’efforçait de l’aider à vider la bouteille.
Dans un coin de la cabine de pilotage régnait une excitation fébrile. La situation était délicate : une partie de poker battait son plein. L’équipe d’entretien, soutenue par la maintenance, avait défié l’équipe de direction, soutenue par la sécurité. Les deux groupes antagonistes étaient au coude à coude. La tension était à son comble, plusieurs semaines de paye étaient en jeu et rien n’aurait pu distraire ces joueurs aux nerfs d’acier : une seule erreur et s’en était fini. On aurait entendu voler une mouche,…. s’il y en avait eu une. Rastin s’apprêtait à donner le coup fatal lorsqu’apparut Pzlo.

Dés l’entrée de la belle, dans la cabine de pilotage, sa plastique parfaite, et sa tenue, qui tenait plus du timbre-poste que du sari traditionnel des djeuns, attira immédiatement la sympathie du personnel masculin présent et la profonde antipathie de l’autre moitié de l’équipage. Le temps semblait s’être suspendu à son décolleté et à ses courbes généreuses. Dans le silence admiratif qui venait de tomber sans que personne ne fasse un geste pour le ramasser, Pzlo sentit une bouffée de chaleur l’envahir sous les regards enflammés de ces baroudeurs de l’espace qui détaillaient chaque centimètre de son anatomie. La paradisiaque sérénité de cet envoûtement était juste troublée par le concert des battements affolés des cœurs et des respirations haletantes. Cet incomparable instant de magie fut subtilement interrompu par le doux murmure du Prince qui, vociférant d’une voix de crécelle, exigeait des promptes explications aux avanies subies.
Svatur, en diplomate distingué rompu à ce genre de situation par des années de pratique de la lutte syndicale, entreprit de lui expliquer les différentes phases de la manœuvre :
-Comme vous pouvez voir sur ce diagramme……..
-Expliquez donc cela à ma suivante ! J’exige, quant à moi, de voir un responsable !

Un cyclone traversant la cabine n’aurait pas fait plus de dégâts que n’en fit la réplique cinglante du Prince. Tout ce que l’équipage présent comptait comme spécimen de sexe masculin, oubliant ses divergences, entama une course d’une loyauté exemplaire où tous les coups bas étaient permis pour arriver le premier aux pieds de la belle. Malgré une avance certaine, la contemplation du décolleté vertigineux de la secrétaire faisait perdre un temps précieux à Svatur qui, dans ces circonstances précises, ne pouvait plus que se retrouver piétiné par le troupeau d’étalons en rut qui déboulaient de tous les côtés. Par un malheureux concours de circonstances, alors qu’il invitait Jlianos à le rejoindre, Fnrod bouscula accidentellement Prère qui, s’emmêlant les pieds dans sa soyeuse chevelure, s’étala de tout son long juste devant Jlianos qui passait inopinément à sa portée. Emporté par son empressement, le mitrailleur buta sur cet immonde amas de poils et chuta, avec la dignité coutumière des stygiens, la tête la première. Grâce aux réflexes hérités par des années d’inactivité et n’écoutant que son sens du devoir, Jlianos profita de sa posture, et de son élan, pour cirer le couloir principal de la cabine en s’aidant de son profil droit, ce qui, au passage, l’améliora grandement. Heurté de plein fouet par la masse imposante du mitrailleur, Prère s’en alla balayer le sol en une élégante série de pirouettes qu’il stoppa, contre son gré, en se coinçant sous un pupitre. Prenant appui sur sa secrétaire Ctavie, Ulf effectua un saut magistral qui l’aurait propulsé en tête des pronostics s’il n’avait malencontreusement rencontré, sur son passage, le pied que Klah avait nonchalamment laissé traîner. Finissant son élégante impulsion contre les pieds de Svatur, le zélé pilote abattit d’un coup ce monument de la diplomatie qui, fidèle à la devise millénaire des Modera, alla vérifier de visu la bonne exécution du cirage de l’allée centrale. Exploitant la position avantageuse adoptée par le co-pilote, Fnrod en profita alors pour s’en servir comme d’un tapis. Dans une magnifique envolée pleine d’une souplesse arthritique, le canonnier s’agenouilla pour présenter ses hommages aux pieds…………du pupitre de contrôle.
Rapide comme l’éclair, Alki lui avait soufflé la belle d’un court poil. Poil que Fnrod garda longtemps en souvenir de cet exploit épique.

Dans le feu de l’action et entraîné par son ardeur, Alki avait poursuivi sa route et plaqué la jolie djeune dans un placard à balais où la promiscuité de la situation faisait monter, entre autres choses,……. la température. Ayant gagné haut la main ce mémorable concours, qui lui valut les foudres de ses compagnons de voyage, il entama un récit des plus succincts sur le décollet………les phases du décollage. Sa volubilité naturelle, aggravée par la proximité de la belle, fit que la secrétaire eut un rapport, en trois volumes, sur l’incident, ses causes et ses conséquences.
Imperturbable, malgré le raz-de-marée soulevé par cette subite agitation, pourtant inhabituelle chez ces grands professionnels rompus aux évènements les plus extravagants, le Prince attendait toujours d’être présenté à un responsable.

Digne comme un paon, Ema Ndori entreprit de descendre l’escalier reliant la coupole à la cabine de pilotage. Son allure pompeuse fut inopinément interrompue par le balai qu'Alki avait, par mégarde, oublié sur les marches pour participer au derby. Gardant son sang froid, avec un calme admirable, le capitaine, adopta la position de la boule, technique de descente d’escalier d’une efficacité redoutable. En moins de temps qu’il en faut pour l’écrire, il dévala l’escalier et atterrit, tel une crêpe, aux pieds du Prince. De cet angle de vue, pragmatique, il put se rendre compte du professionnalisme du docteur de bord, l’éminent professeur Graa, qui s’activait pour remettre, une fois encore, le personnel sur pied.

Touché par cette marque de déférence, pourtant commune en sa présence, le Prince s’adoucit immédiatement :
- Relevez-vous ! Voyons. Ce n’est pas une position digne d’un héros qui peut terrasser un bug à mains nues. Venez ! J’ai à vous entretenir d’une affaire de la plus haute importance.
Les deux personnages se dirigèrent vers le bureau d'Ema Ndori. Ce dernier ne manqua pas de remercier, d’un regard assassin, le responsable de sa descente rapide. Alki sentit une vague de froid l’envahir et frissonna : Ema Ndori était reconnu pour avoir la dent dure et la mémoire longue……..Très longue !

L’atmosphère commençait à s'adoucir, et les vapeurs à retomber, lorsque l'Harmonica fit irruption dans la cabine. Son air guindé était totalement déformé par une peur panique qu’il avait propagée à toute la domesticité, qui le suivait anxieuse :
- Il doit y avoir un problème dans l’unité de confinement ! Des éclairs s’échappent du cœur du moteur et le vaisseau semble pris de convulsions au niveau des réacteurs ! La carlingue vibre à tous les niveaux comme si le vaisseau allait tomber en miettes ! Il n’y a donc personne pour s’en apercevoir ? Hurla-t-il en cherchant des yeux une quelconque réponse apaisante à ses inquiétudes.

Le calme de l’équipage, devant la catastrophe annoncée, sembla tranquilliser la multitude que Pzlo apaisa complètement arguant du professionnalisme du personnel de bord. Le personnel féminin étant occupé à soigner, avec sa douceur habituelle, les plaies et bosses des valeureux protagonistes du derby, c'est Alki, seul membre masculin rescapé valide, qui se fit un devoir de les évacuer de la cabine et de leur intimer l’ordre de regagner leurs cellules, en prétextant que leur présence, dans les couloirs, pouvait troubler la sérénité de l’équipage pendant l’accomplissement des réparations.

Sans plus attendre, avec son efficacité habituelle, le personnel para au plus pressé………..Et reprit sa partie.

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MessagePosté: Ven Fév 10, 2006 11:11 am 
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Par simple mesure d’élémentaire précaution, afin d’éviter la prolifération d’individus susceptibles d’entraver la bonne marche des opérations et la diffusion de nouvelles de type alarmiste, les équipes de sécurité enfermèrent, à double tour, dans leurs quartiers, toute personne étrangère au service. Le calme étant ainsi adroitement rétabli,……. la partie put se poursuivre tranquillement.
C’était cependant sans compter avec la susceptibilité du moteur qui, outré du manque de considérations auxquelles il estimait avoir droit, montrait les signes évidents d’une petite irritation.

L’énorme turbine à double translation hélico-transverso-pyramidale de type thermo-plasmique, communément appelée pompe à plasma, ronchonnait. Elle n’avait pas aimé l’extrême délicatesse avec laquelle on l’avait brutalement sollicitée pendant le décollage, et le faisait subtilement remarquer par des bruyantes explosions. Le monumental dispositif était visiblement dans une grosse colère noire, comme l’attestaient les nombreux nuages, d’une fumée finement opaque, qu’il laissait échapper,….. Et les innombrables éclairs qui zébraient, en craquant joyeusement, la salle des machines confirmaient qu’il fulminait d’une rage toute intérieure. Jamais, au cours de sa longue et glorieuse carrière, quelqu’un n’avait osé le traiter de façon aussi peu cavalière. Malgré ses grandes qualités intrinsèques et sa fine habilité diplomatique, le champ de confinement arrivait à bout d’arguments pour contenir la furie de l’irascible mécanisme et montrait, annonces de fatigue incontestables, des failles de plus en plus larges dans son résonnement moléculaire et dans son intégrité physique. Une réunion de conciliation, en présence de techniciens hautement qualifiés et expérimentés, devenait urgente pour ne pas dire vitale pour le maintien des bonnes relations et, pour tout dire, au bon maintien du vaisseau tout court. Les nombreuses secousses qu’enregistrait le STARGOOSE et le son strident de la sirène d’alarme, gênant considérablement la concentration des joueurs, les responsables finirent par se décider à intervenir afin de rétablir le calme nécessaire à la poursuite normale des activités de bord.
Dans leurs cabines, totalement rassurés sur le professionnalisme du personnel navigant, les passagers priaient, avec une ardente ferveur, sous la conduite de l’éminent théologien Kirathy, tous les dieux connus, et recensés, de l’univers, jusque là exploré.

Après avoir longuement réfléchi au problème, une commission d’enquête fut formée afin de trouver une solution rapide et adaptée à cette situation d’une extrême sensibilité. Les immenses connaissances et les grandes capacités de l’ingénieur en chef, l’admirable Maxius et de son incomparable compagnon, le chef mécanicien Tagath, les désignèrent, d’office, comme volontaires pour le rôle de négociateurs pour cette délicate et dangereuse mission. Vu l’urgence et la gravité de la situation, les volontaires s’équipèrent immédiatement …Après avoir pris un bain et un bon petit déjeuner, de leurs combinaisons de travail. Prenant leur courage à deux mains….Et une bière dans l’autre, ils entrèrent résolument dans l’antre de la bête : la salle des machines. Forts d’un entraînement intensif, qu’ils n’avaient jamais suivi que par correspondance, ils consultèrent le plan pour tâcher de savoir où ils pouvaient bien se trouver. Bien qu’une inconnue manquât à l’équation, Maxius résolut d’employer les techniques les plus pointues pour tenter de circonscrire le danger immédiat. Sa longue expérience, en tant que pompier volontaire, des conséquences des fumées nocives, lui fut d’une très grande utilité lorsque, d’un geste calme et réfléchi, il ferma……… la porte de la salle des machines. Les deux compères jubilaient, se congratulant mutuellement du bon déroulement de la mission, lorsqu’un éclair de génie, jaillissant des profondeurs insondables de leurs esprits, accompagnant celui qui les toucha adroitement dans le fondement leur imprimant une poussée violente vers le cœur du problème, les ramena prestement à la précarité de la situation. La turbine nécessitait une intervention d’une extrême complexité aggravée par la grande appréhension du « malade », la colossale incompréhension des racines profondes provoquant son léger malaise et l’épaisse fumée noire qui la dérobait aux yeux des éminents spécialistes penchés à son chevet.

L’intense lumière, habituellement blanche du plasma, virait au rouge, signe que le moteur allait bientôt décréter une grève sauvage sur le tas. Un liquide phosphorescent verdâtre s’échappait de la cuve de refroidissement frappée en continu par un arc électrique bleuté qui blanchissait les fumées noires qu’il traversait. Parvenus, par le plus grand des hasards, devant le tableau principal de contrôle de la salle des machines, force fut de constater que la situation n’était pas rose pour nos deux spécialistes en combinaison jaune. Mais le devoir leur commandait d’aller jusqu’au bout de leurs faibles possibilités. Après un rapide coup d’œil au tableau....Et la lecture minutieuse de son mode d’emploi, …Et de ses explications connexes, sans oublier les recommandations annexes, nos deux valeureux volontaires purent déterminer la cause, probable, de ce léger disfonctionnement de la turbine : un énorme container, sans doute mal renseigné sur sa destination, ce qui put être confirmé par le manque flagrant d’une autorisation de sortie, de la soute à bagages, en bonne et due forme, s’était malencontreusement égaré dans la salle des machines et, cherchant la sortie, était venu frôler légèrement la turbine en s’y écrasant violemment. La cause du malaise étant décelée, dans un formidable sursaut d’énergie, les conciliateurs mirent en route les robots de maintenance qui, en un clin d’œil, rétablirent l’ordre dans la salle des machines. Peu à peu les vibrations cessèrent, les sirènes se turent, les réacteurs s’apaisèrent et…….le vaisseau s’arrêta.

Sans se démonter, comme à l’exercice, Prère s’activa à son pupitre et……Se mit en contact avec une des nombreuses stations spatiales jalonnant l’artère sidérale afin qu’ils envoient une navette de dépannage, pour procéder aux réparations que l’état déplorable de la turbine exigeait. Le calme étant enfin rétabli……..La partie put reprendre en toute tranquillité.

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MessagePosté: Ven Fév 10, 2006 6:13 pm 
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Dans le calme revenu de la cabine des passagers, le Prince reprenait ses esprits, et la station verticale, bien que les genoux encore flagonnants. Après s'être assuré que sa tête se trouvait toujours rattaché au reste de son corps par son coup, il tourna celui-ci et tomba nez à nez avec l'image insolite, bien que toujours désagréable, de l'Harmonica. Insolite elle était en effet de par l'étrange attitude du bonhomme (mais pouvait-il en être autrement de la part d'un révolutionnaire ?), qui semblait considérer, les yeux hagards et la mâchoire pendante, son instrument.

Ridicule, comme un sauvage devant un kazoo, y voyant la marque d'on-ne-sait quelle divinité.

Mais, rapprochons-nous de la subjectivité du personnage : en fait, il se trouve que l'arrêt en douceur et savamment orchestré par des bras cassés avait très exactement coïncidé avec le moment où, excité par la fièvre de l'instant, l'harmonica s'était jeté dans la bouche de l'Harmonica dont les poumons avaient soudain était violemment comprimés par une caisse antipathique qui traînait là, ce qui avait eut pour effet l'emmision d'un son nasillard et sec.

Pour le rustre, pas de doute, c'était bien son instrument qui les avaient sauvés de la mort.

Alors qu'en fait, ce son avait simplement une nuance telle que l'onde mécanique ainsi produite était entrée en résonnance avec un bouton du panneau de contrôle, le seul qui servît à quelque chose, contrairement à ceux qu'avaient pressé les sauveteurs (même si cela partait d'une bonne intention louable).

Et déjà, sitôt le message envoyé, la navette de secours n'arrivait pas puisque puisqu'il n'y en avait aucune de disponible.
Ainsi, ceux qui n'avaient pas de cartes prirent tout de même leur mal en patience.

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MessagePosté: Mar Mar 28, 2006 1:51 pm 
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Le Prince fit quelques pas et respira l'air pur. De l'air planètaire, enfin. Il regarda une dernière fois, espérait-il, le misérable Stargoose cabossé. Atterrir n'avait pas été une partie de plaisir.
La navette de dépanage était arrivé trois jours terrien après le premier accident. On s'était rapidement rendu compte que le petit véhicule deux places n'étaient pas assez puissant pour tracter l'imposante carcasse jusqu'à un monde civilisé.
La seconde navette, deux jours plus tard, était exactement du même modèle en raison d'un mauvais passage de l'information;
La semaine suivante, la partie de poker de l'équipage prit fin sur la victoire incontestable de deep blue, la calculette de bord. On se mit au basket-ball.
Deux jours plus tard, un vrai dépanneur arriva. Il s'amorqua à l'épave à l'aide de grands cable de titane, et démarra brusquement, arrachant par là-même la paroi du vaisseau où était accroché le panier.
Quelques coups de colle plus tard, le cortège repartit. Seulement, convaincu par son colègue stargoosien, le moteur du dépanneur fit un blocus.
Bref. Trois dépanneur, huit accidents, une révolution et un armaggeddon plus tard, soit deux semaines, avant que tout ce joli monde ne s'écrase par chance sur une planète habité par une humanité à peu près intelligente.

L'Harmonica aussi descendait du vaisseau... serrant compulsivement, presque religieusement son instrument. Chaque fois... chaque fois qu'il avait joué, un nouveau miracle. D'abord la dépanneuse. Puis l'autre. Puis les quatres autres. Et les accidents. La chute vertigineuse. Ils s'en étaient sortis.
Maintenant, une nouvelle vie s'ouvrait à lui. Avec ce fétiche, tout lui sourirait. Il lui faudrait peu de temps pour rallier les pauvres, les mutants et les conscrits que ce monde rejetait. Et alors...

Le Prince vit son contestataire disparaître une bonne fois pour toutes dans une ruelles obscures. Bien. Bon débarras. il leva quant à lui la tête vers le soleil jaune de ce système, et s'engagea dans la grande avenue lumineuse qui traversait la ville.

Nouveau monde, à nous deux...

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MessagePosté: Lun Mai 08, 2006 5:55 pm 
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Mal... toujours cette douleur lancinante, comme une lame de métal coincée dans le flanc. Ce mal qui rappelle son existence à chaque mouvement, à chaque respiration. La poitrine grince.

Le vieux Bob était un type un peu bizarre, même parmis ceux de la Fange. Allongé la plupart du temps, et gémissant lorsqu'il lui fallait absolument se dresser.
Un type comme lui ne survit pas dans les profondeurs du réseaux de la planète Eos, ce dédale d'égoûts, de mines et de grottes plus ou moins stables. Les faibles, les malades, les mutants atrophiés, tous ceux-là périssent. Car la vie n'y est qu'un combat. Un vieux alongé une heure au même endroit se fait trousser et assassiner, voir pire, avant d'avoir le temps de s'endormir. D'ailleurs il n'y a pas de vieux sous terre.

Mais le vieux Bob, lui, personne n'y touche. Et au fond, personne ne sait vraiment pourquoi. Chacun a sa version. Pour les uns, il mérite le respect pour avoir dans sa jeunesse repoussé seul et à mains nues un bataillon entier de milicien armé jusqu'aux dents. Pour d'autres, il serait un de ces mutants bizarres, que les Agents recherchent dans tous les mondes connus ou non, de ces êtres dotés de pouvoir supra-naturels. Pour la plupart, c'est un vieux lépreux qui ne possède rien à dérober et mourra bien assez vite sans qu'on l'aide.
Mais surtout, c'est la mémoire des rebuts. Personne n'a vécu aussi longtemps que lui ici. Les pouvoirs sont précaires, le guerres de gangs et les assassinats empêchent toute durée. Les Frangiens de plus de 40 ans sont rares. Ou alors c'est qu'ils se montrent pas. Mais le vieux Bob, tout le monde sait où il est, et parfois on vient le voir, et parfois il daigne se dresser en gémissant, et il raconte. Il raconte, et les voleurs, les assassins, les monstres hideux et brutaux qui tuent dans ce monde absurde, ces monstres l'écoutent. Le vieux n'a aucune autorité, non. Aucun pouvoir. Et c'est pour cela qu'il dure.

Ce matin, ou se soir, on ne sait jamais très bien sous terre, les néons qui grésillent projetant toujours sur les parois une lumière électrique, le vieux Bob était sur son éternel banc de pierre, surplombant une grande poche, une gigantesque salle souterraine qui avait vu de nombreuses batailles et de nombreux morts. On l'appelait tout simplement la cuve, et elle faisait bien 200 mètres de diamètre.
Le vieux soupirait, comme toujours. Sa vie n'était pas un repos, mais un éternel combat contre un mal auquel on ne pouvait s'abituer.
Il entendait des bruits au loin, résonnant dans les couloirs qui débouchait sur son banc. Des bruits de combat. Des bruits de sang. Il était abitué à ces vacarmes fantômes, comme tous ses frères les parias. La lutte cessa peu à peu. Et soudain, un nouveau bruit se fit entendre. Un bruit étrange. Un son nouveau. Le vieux, étonné, en oublia presque sa douleur un instant. Il se redressa, intrigué, et tourna la tête vers l'origine du bruit, ses yeux tentant de perçer l'obscurité compacte qui règnait dans la coursive. Le son se rapprochait. C'était une musique, grinçante, métallique, plaintive... une musique de la Fange. Et des bruits de pas, des claquements de bottes sur le métal, réguliers.
Une ombre approchait. Un homme émergea peu à peu du noir. Il tenait un objet contre sa bouche, que le vieux ne put pas discerner. C'est de cet objet qu'émanait la musique.
L'homme avança encore de quelques pas vers le vieil homme, s'arrêta, droit. Il cessa sa plainte, ses mains glissèrent lentement le long de son corps.
Il releva la tête et regarda le vieux dans les yeux.

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MessagePosté: Sam Mai 13, 2006 1:40 pm 
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- Bob…Je suis ton père.
L’autre le regarda avec de grands yeux, puis il saisit la bouteille de gnôle et la tendit à l’Harmonica, l’œil interrogateur.
- Oui, je suis le père de tous les rebuts, de tous les déchets des sociétés capitalistes de cette galaxie, et je…
Bob avait sa sensibilité. Se faire traiter de déchet ne lui plaisait pas. Ce qualificatif était trop noble pour lui, cela froissait son amour propre. Il écouta néanmoins ce taré continuer à débiter des âneries.
- Et je t’offre la lait d’ânesse de la liberté, pour faire braire les anciens rois et recouvrir de leur peau les princesses…
Tout ceci n’aurait pas porté à conséquence si des collègues de Bob ne s’était approché, très intéressé par ce que racontait le bonhomme. Il y avait maintenant une petite trentaine de personnes qui écoutait, la bouché béante.
- Et regardez même cet homme là, mon ami, (Bob se renfrogna encore plus) sera un grand de cet univers ! Il a déjà compris que son avenir est collé dans mon dos ! Suivez moi, et ensemble nous vivrons enfin dans la lumière !
Suivit un fracas d’applaudissement, et nombreux furent ceux qui considérèrent que Bob était le découvreur et le protégé du prophète. Cela faisait de lui quelqu’un. Et ça, Bob ne l’appréciait pas du tout. Tant qu’on est personne, on ne peut pas se faire tuer. Logique. Tentant de s’éclipser, il fut quand même embarqué avec l’harmonica jusqu’au devant du maître des lieux. Celui-ci avait une drôle de tête. Et un drôle de corps. Pour tout dire, il était franchement pas humain. Il avait un nez frémissant, de dents acérées…en gros, un genre de grand rat humanoïde. Un certain Splinter.
- Bienvenue à toi, homme-au-drôle-de-machin-pendant-au-cou. Alors comme ça tu serais un prophète qui transformerait le lait d’ânesse en or et qui fait naître les rois grâce aux princesses violées dans la lumière ?
- Ben… »
Un frémissement de joie contenue et de fanatisme parcourut l’assistance.
- Et toi, Bob, tu le soutiens et tu te portes garant de lui ?
- Ben… »

L’Harmonica comprit à ce moment qu’il ne s’était peut être pas très bien fait comprendre.
Bob comprit à ce moment là que son immunité diplomatique n’existait plus.
Splinter comprit à ce moment là qu’il allait encore faire deux encoches sur la crosse de son flingue.

Pour le coup, à cents pieds sous terre, entouré de malfrats et de rebus, L’Harmonica se dit qu’il avait peut être un peu trop tenté la chance. Pour la révolution glorieuse, on repasserait. Il fit alors ce qu’il y avait de mieux à faire. Il saisit son instrument et se mit à jouer en reculant incidemment vers la sortie, sous l’œil médusé des spectateurs, accompagné de Bob qui tentait de forcer le public à taper en rythme les mains: il frappait d’un air qui se voulait le plus entraînant du monde. « Clap…clapclapclap clap clapclap clapclaclap clap clap… clapclap »
Bob n’était pas musicien.


Rudolph longeait si bien les murs que l’on aurait presque cru que c’était les murs qui le longeait. Hors de question de payer le prix du remorquage du vaisseau. Surtout qu’il n’en avait pas les moyens. L’équipage était sans doute déjà en prison, enfermé au 56e sous sol, en train de faire la vaisselle du tyran planétaire local. Mais il n’en avait cure. Lui, il avait filé avec la caisse. Oui oui, la caisse. Bigrement lourde d’ailleurs. A l’intérieur, il y avait tout son trésor. Ses trois cents cinquante-sept livres de cuisine. Il allait tenter de s’embarquer sur un grand chalutier spatial ; il avait lue une affiche qui annonçait un recrutement dans un des bars un peu plus loin.

Le Prince quand à lui se faisait remarquer. Tous les passants le suivait des yeux dans la grande avenue. En le croisant, ils réalisait ce qui lui semblait être un cérémonial de respect à son encontre : la main sur le nez. Ils se privaient d’air pour lui. « Les braves gens… » s’émerveillait le Prince. Avisant le grand palais, entre nobles on allait se comprendre, il entra en saluant les gardes qui, trop stupéfaits, le laissèrent entrer.
- On devrait peut-être…commença un des deux.
- Non laisse ; on ne l’a pas vu, et de toute façon, personne ne le reverra jamais. Encore un dingue.

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Et une petite voix ricanante répondit à cette interrogation depuis les tréfonds de sa conscience :
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MessagePosté: Sam Juil 01, 2006 3:32 pm 
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Le palais était absolument magnifique, peut-être plus encore vu de l'intérieur que la façade si c'était possible.
Enfin, encore fallait-il apprécier le clinquant. Partout ce n'était que dorures éblouissantes et reflets de métaux précieux, sculptés en des arabesques fouillées comme l'écume de quelque fontaine, qui fatiguait rapidement l'oeil du non abitué.
Et des abitués, il y en avait dans la grande salle de réception où émergea rapidement le Prince. Une grande pièce toute en longueur, cernée de grande baie où étaient retransmis des panoramas paradisiaques ou exotiques. Le nouvel arrivant fut d'abord subjugué par l'écran à sa gauche, vue aérienne d'un grand océan d'où émergeait le combat titanesque entre deux créatures immenses, léviathans oubliés d'un monde sans pitié.
Il était ainsi bouche bée depuis quelques instants quand un grand homme élégemment abillé, doué d'une prestance toute aristocratique et la moustache finement taillée s'approcha de lui, un verre à la main.
Il salua le Prince et réussi à lui cacher ce qu'il pensait de son accoutrement. Ce dernier se reprit à temps alors qu'il allait le saluer comme les gens le faisaient dans la rue, en se bouchant les narines, mais il comprit bien évidemment que cela n'était bon que pour la roture, et que cela serait offenser son vis-à-vis. Il hocha donc la tête, et ne trouva pas dans ses mains de verre à lever en guise de bienvenue.

- Je ne crois pas vous avoir déjà vu par ici, s'enquit l'homme avec une grance courtoisie. Qu'est-ce qui vous amène sur notre belle planète ?



Au même moment, des kilomètres plus bas, Bob reculait en agitant les bras, les genoux tremblotant, les yeux exorbités, et essayait de s'éloigner de l'harmonica.
Ce dernier était dressé face au cadavre, sinon aux restes, encore fumant, de Splinter. Son air grave et déterminé cachait en fait son ébahissement profond.
Il tentait vainement de comprendre comment avait pu rationellement appraître ce grand âne de lumière, et pourquoi il avait sauvagement piétinné le caïd.
Une question apparemment sans réponse, mais en tout cas la chimère avait fait preuve d'un peu plus de consistance qu'une halucination collective, et il semblait que cela arrangeait ses affaires : autour de lui, une foule dense l'ovationnait comme aucun révolutionnaire, aucun prophète, aucune pop star n'avait jamais été.

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MessagePosté: Sam Sep 23, 2006 9:04 pm 
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Un dilemne profond secouait le prince comme une boite à musique défectueuse. Il était bien entendu de sang bleu, descendant d'une longue lignée royale, et son cachet de cire valait bien autant que celui de n'importe quel baron un peu connu. Evidemment, sa planète était méconnue, quoique un vaisseau s'y était bien posé récemment, mais cela faisait de lui un "prince lointain", cela lui donnait un petit côté exotique qui ne pouvait que jouer en sa faveur.
Mais voilà, était-ce bien le cas du tyran local ? Peut être était-ce un aristocrate, tout comme le fringant interlocuteur qu'il avait en face de lui, un homme digne. Mais si il s'agissait d'un homme du peuple, élevé dans sa condition à la force de ses poignets sur lesquels il cochait au fer rouge les nobles massacrés de sa main, le tutoiement risquerait d'être long à venir. D'un autre côté, si il dissimulait sa nature de grand seigneur, et qu'il se trouvait que le tyran était lui-même seigneur de son état, il se ferait éconduire avant de lui avoir parlé ! Quel affront ce serait à sa lignée ! Non, décidemment, le prince ne savait trop comment s'en sortir.
C'est alors que sons sens de l'improvisation prit le dessus.
Il écarta bien grand les bras et frappa un grand coup dans le dos de l'homme
- Ah ah, ce cher Gontrand ! ( Suprême perspicacité, il se trouvait que c'était le nom inscrit sur le mouchoir qui dépassait de la poche du sus-nommé) AH, j'ai fait un voyage épouvantable !
Tandis que l'autre le regardait ahuri, il décida de taper encore plus fort.
- Comment , Ne me dis pas que tu ne me reconnais point ! Sont-ce là des manières ?" déclara-t-il d'un ton indigné et d'une voie puissante, tout en l'accompagnant plus en avan dans al salle de réception, la main collée dans son dos." Allez donc me préparer une chambre, un bain, et des chaussettes propres, et vite encore, et annoncez à mon ami maître de ces lieux ma venue ! J'en connais un qui va être surpris !

Le prince avait si rondement mené son affaire que des gardes le saluèrent tandis que le chambelland, ce brave Gontrand, le menait dans de magnifiques appartements, avec boiseries, marbre, tapisseries et dalles de béton armé si chères aux palais à la mode. Le prince eut beaucoup de mal à réprimer son désapointement ; il se mit alors à faire des estes de plus en plus impressionnants, en haussant le ton à chaque nouvelle pièce attenant que lui montrait Gontrant.
- Hé hé ! OH LA LA ! Mais c'est que cela comence A DATER, tout ça, NON ?
- Hé bien on a refait la décoration le semaine dern...
- AH ! N'en dite PAS PLUS mon AMI ! J'espère AU MOINS, fit-il dans un grand virevoltement du bras droit, que je trouverai de quoi ME CHANGER, ah AH !
Le chambelland tira une porte qui dévoila une cinquantaine de tenue de soirées impeccables, avec des équipements de chasse, des treillis spatiaux de la marque "Sauveur de mondes"...
Le prince raccomapgna gentiment l'autre vers la porte, et aussitôt seul, il se débarassa de tous ces vêtements, et sans attendre, il vida d'une lampée la bouteille de schnaps'luxe du mini bar.
- Crénom, quel panard !
Il n'aurait jamais pensé que son port naturel et sa prestance noble eut suffit à lui ouvrir l'hospitalité du tyran, ne fut-ce que par l'entremise d'un chambelland minable. Il avait éludé la question de sa nature, il improviserait lorsqu'il se trouverait devant lui. De toute évidence, il n'allait pas tarder à être convié à dîner. Tout marcherait bien du moment que le tyran n'oserait pas prendre le risque de lui dire qu'il ne le connaissait pas. Il croirait à un défaut de sa mémoire, et donc au prince de se présentant comme important et vital dans ses affaires. L'autre ne se rappellerait jamais de lui, et il faudra qu'il reste dans le doute et le traite comme si il avait vraiment été une connaissance proce de l'homme.
Toutes ces stratégies, on ne peut plus brillantes à son point de vue, lui donnaient mal à la tête, peu habitué qu'il était aux subtilités entre princes. Il aurait tôt fait de devenir un ami véritable du tyran, et alors...

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MessagePosté: Sam Sep 23, 2006 10:51 pm 
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- C'est lui ! C'est lui !
- Par Bluxastor ! Enfin Il est arrivé !
Bob commençait à reprendre ses esprits après le choc causé par la disparition en tant qu'entité vivante de feu Splinter.
- Mais que s'est-il passé ?!

Un homme, qui ressemblait vaguement à un prètre, portant un petit col blanc et une soutane noir, qui constituent, tout le monde le sait, les accessoires essentiel d'un prêtre dans n'importe quel point de l'univers. Bon, ici, la soutane est sale, pleine de boue et trouée. Le col quant à lui est vaguement maintenu par un bout de vieux skotch. Mais c'est quand même un prètre.
- Ciel ! La prophétie à dit vrai ! La prophétie dit vrai !
L'Harmonica se retourna vers le vénérable prètre :
- Mais de quoi parles-tu ?
- Je vais te le dire oh puissant seigneur! Il y a de ça quelques centaines d'années, alors que les rebuts de la société de cette planète furent refoulés dans les profondeurs de la grande cité, quelques kilomètres sous terre, un puissant mage, Vostrahommus, nous a prédit ceci :
Viendånt de nylle-pårt
Ignørånt så nåsture
Viensdrå le Såyveyr
Åidé d'yn des nøstre,
Qyi des tyråns du bås et dy håyt
Lisbererå nos Zensfånt.
Et...

Bob toisa l'Harmonica qui à l'écoute de ces anciennes paroles d'un vieux fou, se gonfla d'orgeuil.
-Silence, vieux prètre ! Cela suffit !
Puis il se tourna vers la foule, brandissant son petit instrument métallique :
- Oui mes frères ! Je suis la pour vous libérer ! Organisons la marche vers la cité haute ! Tous avec moi !
La foule hurla et se mit en marche, armée de barres de fer rouillées et de vielles poignées de manivelle, elles aussi rouillées.

Alors que la foule était déjà à quelques centaines de mètres, derrière le Såyveyr, Bob se tourna vers le prètre:
-Visiblement, il ne connait pas la suite de la prophétie...
-En effet je le craind...


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MessagePosté: Jeu Oct 26, 2006 5:06 pm 
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Ecolo à vélo

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- Ils ne vous a pas dit son nom ? Et vous avez été incapables de le reconnaître ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Le Haut Seigneur d'Eos, Barthelemius Ferdinand-Aggripine de l'Ocreplaine, fulminait. Son chambellan était un incompétent et à seulement imaginer les trois mois de paye qu'il avait fallu gâcher pour si peu, sa colère était redoublée. D'imposante carrure, il enfilait les couloirs de son imposante demeure, filé par le serf bégayant.
- J'ai même lancé une vérification dans le Grand Registre, on ne l'a pas trouvé !
- Vous voulez dire qu'un homme que je ne connais pas est en train de dépenser de mon argent ?
- Et bien heu...
Le Monarque n'y tient plus.
- Hors de ma vue ! hurla-t-il, le visage rouge et les yeux exorbités. Il n'avait pas repris son calme et sa marche puissante que le chambellan était déjà sorti du palais, et d'aucun raconte que les soirs d'automne, quand la Lune est pleine, on le voit encore courir. Chaque pas du Seigneur résonnait comme le martèlement régulier d'un tambour de guerre - qui vient des profondeurs - et ses hôtes et laquais s'ôtaient, indifférement des classes et des richesses, de son inexorable chemin. Bientôt il fut devant la porte finement ciselée de la suite princière où s'était installé le nouveau venu, et s'arrêta un moment, prenant le temps de balayer les différentes possibilités. Aucune ne lui convenait, mais enfin. S'il en était là où il était - soit devant la porte finement ciselée de la suite princière où s'était installé le nouveau venu - c'est qu'il était toujours allé de l'avant. il n'était pas parti de grand chose si ce n'est son sang bleu, et il avait surmonté toutes les barrières qui s'étaient successivement dressées devant lui en une vaine tentative de stopper son élan, alors ça n'était pas un huluberlu qui débarque comme ça et s'invite à manger qui allait poser porblème !
Déterminé, il ouvrit brusquement la porte. Un homme lisait tranquillement en robe de chambre dans un fauteuil moelleux. Le Haut Seigneur d'Eos, Barthelemius Ferdinand-Aggripine de l'Ocreplaine, le reconnut aussitôt et, joyeux, alors que l'autre levait la tête, s'exclama.

- Ah ben ça alors !

Ce à quoi l'autre répondit, tout aussi enthousiaste :

- Si je m'attendais ! Ce vieux Bart !

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