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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
Nous sommes le Mar Aoû 21, 2018 12:42 pm

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MessagePosté: Mer Jan 11, 2006 4:15 pm 
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Chapitre I - Le grand retour


Cela faisait deux jours déjà que j'errais dans ces montagnes à la recherche du chemin qui me ramènerait chez moi lorsque je la vis enfin : la frontière entre le monde blanc que je quittais et les Terres d'Ascalon. J'avais fini par y arriver, seule, exténuée, affamée, mais heureuse car je rentrais enfin en Ascalon après quatre longues années d'abscence.
Cependant, je le savais, le pire restait à venir car bien que la fournaise ait fait disparaître la quasi totalité des membres de l'Ordre, il était fort probable que quelques membres aient subsisté et qu'ils comptent maintenir la sanction qui m'avait été donnée. Je pense même qu'ils avaient envisagé que je profite de la fournaise pour rentrer et en avaient averti la garde ascalonienne, c'est d'ailleurs cette éventualité qui m'empecha de revenir deux ans plus tôt lorsque j'appris la destruction quasi-totale d'Ascalon et des villes environnantes par les Charr, d'un réfugié qui en venait.

Elles m'avaient parues longues ces deux années où je fus partagée entre revenir coûte que coûte pour retrouver les personnes aimées ou rester à la Descente du Yak et y vivre comme si rien ne s'était passé.
Ce qui m'avait finalement décidée était qu'un jour, à ladite descente du Yak, je croisai un convoi de marchands dont certains étaient blessés. L'un deux, moins touché, vint me chercher un peu plus tard dans ma tente pour me supplier de bien vouloir soigner ses amis.

Je répondis simplement que ses amis n'avaient qu'à trouver un autre moine ou mourir, car je ne pratiquais que la nécromancie et c'est alors que choqué il dit :
_N'êtes vous donc pas moine de profession ?! Vous trahissez vos semblables et votre caste ! Vous avez le pouvoir de les soigner, mais vous vous bornez à les ignorer ! Que Dwayna vous abandonne ! Traitre à votre Dieux ! Moine indigne !
_C'est déjà fait pour ce qui est de trahir ma caste, pourquoi penssez vous que je sois là sinon ? Connaissez vous beaucoup de voyageurs qui s'installeraient dans un milieu aussi inhospitalier lorsqu'ils pourraient vivre en Ascalon ou en Kryte ? répondis-je.
Sur quoi, alors que son visage affichait qu'il venait de recevoir l'illumination, il bredouilla :
_C'est vous...que Dwayna me protège...c'est vous qu'ils ont bannie avant la fournaise ! C'était horrible...vous...Le moine noir qu'ils vous appelaient là bas...au secours...AU...
_Taisez vous ! ordonais-je alors, mais ce qui devait arriver arriva...le marchand appeuré réouvrit la bouche pour appeler.
Ce fut rapide. Mais aucun son ne sorti jamais, seulement du sang alors qu'il baissa la tête pour contempler ma main enfoncée dans son torse qui avait tout d'abord saisit son coeur avant de le broyer dans un ultime battement.
L'homme releva lentement sa tête vers moi, du sang coulant encore au coin des lèvres et une larme de douleur venant s'y mêler... Il m'observa et je pus voir mon regard se refléter dans le sien, je le regardais agoniser, serrant toujours plus fort son coeur chaud dans ma main.
_Lapie...elle avait tord...pourquoi parle t-elle toujours de vous ainsi...?...Lapie...,souffla t-il avant de s'étrangler, noyé par son propre sang.
Un choc pour moi : je ne repris conscience de ce qui se passait que lorsque le corps s'effondra sur le sol. Il venait de payer pour quatre ans de haine qui ne lui étaient pas déstinés, mais qu'il avait ranimés à son insu. Et si je n'avais pas véritablement de remords à l'idée de l'avoir tué, le fait est qu'il avait parlé de Lapie...S'agissait-il de "ma" Lapie ? Elle avait donc survécu ? L'ironie du sort voulu que je tue le seul homme semblant détenir les réponses à ces questions.

C'est ainsi que je quittai la descente du Yak car le corps n'aurait pas tardé à être découvert, mais au lieu de m'enfuir en Kryte, mes pas m'avaient ramenée en Ascalon, à la recherche de fragments du passés que le nom de Lapie avait ravivés.
Je n'en étais plus très loin maintenant et le grand rempart s'étendait à perte de vue, mais ce pays n'avait plus rien avoir avec celui que j'avais quitté quatre ans plus tôt...La végétation autrefois omniprésente, les rivières iriguant ces terres...tout avait disparu dans un tourbillon de sable, de terres brûlées et de ruines. Rien ne subsistait du territoire ascalonien d'autrefois.
Plus gênant encore : il me fallait traverser des camps occupés pas les Charr, rejoindre la place Piken, puis trouver un moyen de franchir ou contourner le rampart si cela était possible.

J'étais déterminée à revenir en ces terres d'où l'on m'avait chassée, je m'élançai, dévalant les collines, parcourant de vastes champs déserts, courant sans relâche avec toujours pour principal repère ce mur qui m'hypnotisait.
Son apparition devant moi avait accru ma vélocité mais pas au point de me permettre de rallier la Place Piken avant plusieurs jours. Je continuais, puisant ça et là quelques substances tirées de cadavres d'animaux trouvés en chemin pour ne pas m'effondrer moi-même, affamée.Ce n'est qu'après deux jours que j'arrivai enfin au premier campement Charr qu'il m'ait jamais été donné de voir.
Du temps où je vivais ici, les Charr ne possédaient pas encore la puissance qui par la suite leur permit d'assiéger Ascalon. J'habitais dans l'Abbaye à l'abris des remparts et si ça n'avait été par les rumeurs colportées pas les marchands et les soldats revenus de missions, jamais je n'aurais été capable de deviner qu'il s'agissait là de Charrs. Le poil long, ils marchaient debout, armés, la queue se balançant au rythme de leurs pas et ressemblaient à mon goût davantage à de grandes peluches déguisées en guerriers qu'à de véritables monstres depuis le rocher d'où je les observais.
Cependant, si même la Grande Ascalon avait souffert de leur puissance, les sous estimer aurait pu constituer une erreur fatale.
De là où j'étais, je pouvais aisément apercevoir les vestiges de la Place Piken ainsi que les deux camps Charr qui m'en séparaient, le second étant le plus important. Il semblait en effet se dérouler un véritable état de siège autour de Piken, ce qui compliquait légèrement mon plan originel consistant à éviter tout combat afin d'arriver à Ascalon au plus vite.

Attendant la nuit pour contourner le premier de ces campements, je m'installai sur ma cape, allongée derrière un rocher et commençai à m'endormir lorsqu'un rat m'effleura. Ne prenant pas même la peine de l'empaler d'une dague avant de le consommer, je le pris à pleine main tandis qu'il couinait et s'agitait en tous sens. La suite se devine aisément. L'approchant de ma bouche, j'enfonçai mes dents dans sa chair
poussièreuse afin d'y faire de suffisemment profondes entailles pour qu'il se vide de son sang. L'apparente saleté de l'animal en aurait dégoûté plus d'un, mais le sang chaud qui l'emplissait représentait le meilleur repas qu'il m'ait été donné de prendre depuis un moment déjà et mon empressement à boire m'en fit maladroitement perdre une gorgée qui vint éclabousser ma joue. Peu à peu l'animal cessa tout combat et son petit corps se ramollit dans mes mains. Vidé, je le reposai à terre avant de nettoyer mes lèvres d'un coup de langue rapide qui me fit frissonner. Quel dommage que la poussière sur cette proie ait altéré le gout de son sang si délicieux.
Rassasiée au mieux étant donné la situation, je m'apprêtai à me recoucher lorsqu'il y eut de l'agitation parmis les Charr... et avant que je n'ai eu le temps de réagir, je fus encerclée. Attroupés autour de moi, trois Charrs brandissaient leurs armes dans ma direction et grograient ce que je supposais être des ordres. Ils semblaient être en désaccord. Profitant alors de leur temps d'hésitation, je me relevai, dos au rocher et face à ces adorables peluches baveuses et manifestement de mauvais poil.

_ Lorsque vous aurez décidé si l'on doit me tuer, brûler, torturer ou me manger, et ce avec un moyen précis, peut-être pourrons nous commencer ? dis-je alors sur un ton on ne peut plus provocateur qui, comme je l'espérais mit fin à leur différent. Ils semblaient s'être tous accordés au moins sur un fait : je devais mourir d abord, ensuite ils pourraient débattre de l'utilisation qu'ils feraient du corps... seulement, bien que distrayants quelques instants, je commançai déjà à me lasser de ceux-ci et il semblait bien qu'ils penssât de même à mon égard, car l'instant d'après ils fondirent tous les trois sur moi.
Dégaînant vivement Agonie, je la fis tourner au dessus de ma tête, faisant alors retentir son chant merveilleux : les Charrs s'écroulèrent net, tordus de douleur et portèrent leur mains aux oreilles en hurlant et en se roulant au sol.
Décidant alors qu'ils n'avaient rien de l'adversaire digne , j'abregeai leurs souffrances sans cérémonie : je plantai ma lame dans la geule béante du premier avant de plonger mes mains dans le crane des deux autres et d'en broyer la totalité jusqu'à en faire rentrer les yeux dans leur orbite. Méthode quelque peu extrême certes, mais d'une redoutable efficacité assurant entre autres qu'aucun sort de soin quel qu'il soit ne puisse ramener l'ennemi en question.
Le reste des Charrs, toujours au campement semblait de plus en plus nerveux : les éclaireurs envoyés n'étaient toujours pas revenus. Prenant quelque secondes pour analyser la situation, je devinai que les éclaireurs ne m'avaient pas découverte par hasard, ce qui impliquait qu'un élément encore inconnu à ma conscience m'avait trahie... cependant, ayant été d'une grande perfection dans mon approche et d'une totale discrétion, j'en déduis que l'élément en question devait être un fait récent, et assez important... passant ma soirée en revue, je ne me souvenais que du rat que j'avais dévoré... peut être celui-ci était il l'animal de compagnie de l'un des Charrs ? Cette hypothèse me semblait absurde d'autant plus que cela aurait impliqué que ces animaux aient d'autres animaux de compagnie, mais cela constituait la seule piste que j'avais.
Epuisée par le manque de sommeil, je ne pouvais me recoucher alors que le crepuscule tombait et que le camp était sur le pied de guerre... avançant alors à pas lent vers le bord de la colline sans plus me cacher, je tenai Agonie d'une main et préparai un sort de l'autre. Un Charr m'aperçu et hurla quelque chose à ses congénères. De la main qui préparait le sort s'échappa un éclair rouge qui alla frapper les cadavres des trois défunts charrs puis le ciel dont se mit alors à tomber une pluie de sang sur une étendue aussi vaste que la cuvette dans laquelle était installé leur camp. Effayés, ils s'arretèrent pour observer ce sang tombé du ciel puis leur fourrure qui commençait à s'en imbiber.Ils glissaient même par moments dans la boue sanglante que cela engendrait. Je n'avais plus qu'à péparer ma prochaine invocation, du moins l'immaginais-je jusqu'à ce que soudainement ma pluie s'arrête et que le sang versé afflue vers l'un d'entre eux qui mains jointes semblait l'attirer vers lui.
Jurant trois fois de suite, j'eus de nouveau recours au chant de mon épée pour les paralyser avant d'enfin lancer mon attaque : De chaque litre répandu, naquit un monstre de ma création. Ces derniers vinrent aisément à bout des cinq malheureux Charrs qui luttaient malgrè leur infériorité numérique et leur difficulté à se mouvoir, principalement due au poids de leur équipement.

J'étais furieuse et ma victoire ne m'appaisait en rien : ces Charrs comptaient des nécromants dans leurs rangs... pire : ces animaux étaient capables d'utiliser la magie et il était fort à penser que cela ne se limitait pas qu'aux sorts liés à la nécromancie. Peste ! Voilà donc pourquoi ils m'avaient découverte : le sang du rat ! Ce nécromant l'avait senti...
Ramassant rapidement mes effets, je marchai vivement en direction de Piken, bien décidée à tuer tous les Charrs qu'il me serait donné de rencontrer dès à présent. Leur capacité à utiliser la magie souillait notre honneur et il m'était insupportable de penser que ces ignobles créatures pouvaient élever leur race au même rang que la nôtre et prétendre même à une supériorité.
Absurde. Totalement Absurde.

_____________________________________________



Dédidace spéciale pour ce premier chapitre à Mike Walkers, Attila Le Bourrin, L A P I E, Kyana Windwalker et Maxyim Ambre.


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Chapitre II - Le moine Noir.



Denouveau à l'affut, j'espionnai quelques secondes les alentours de la place... deux groupes d'une dizaine de charrs montaient la garde pour être sûrs que personne n'y rentre ou n'en sorte. Un autre encore, d'une vingtaine d'individus complétait le siège par un campement cernant complètement Piken. Ils étaient bien trop nombreux pour moi,cependant il me fallait passer à l'action avant que l'aube n'arrive...
Afin de diminuer leur nombre, je décidai d'utiliser un sort d'étranglement depuis la butte qui me dissimulait et m'apprêtais à le lancer au charr le plus proche lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Reflexe. Je fis volte face, attrapai son bras, le fis basculer sur le dos, tomber dans un bruit sourd, puis vins m'asseoir sur lui, bloquant ses mains de mon coude et lui appliquant une dague sur la gorge.

_Qui ?

Ce que dans l'obscurité de la nuit je devinai être un homme répondit :

_Excellents réflexes madame, et je goûterais fort ce moment d'intimité si les circonstances ne m'obligeaient à vous demander de bien vouloir retirer votre lame. Je suis officier supérieur de la garde Ascalonienne, envoyé ici avec mes hommes pour ravitailler la place et tenter de lever le siège.

Lentement, je me relevai, puis écoutai aux alentours pour tenter de savoir s'il avait dit vrai. Soit qu'il fut nyctalope, soit qu'il l'ait prévu, il ajouta :

_Mes hommes attendent en faction devant le pont dissimulé par cette colline. A qui ai-je l'honneur...mademoiselle ?

Je réfléchis un instant, puis répondis :

_Lapie Chutelibre, moniale de l'abbaye d'Ashford.

L'homme sembla hésiter, puis tourna les talons et s'en alla vers ladite colline. Peu de temps après, il revint suivi comme il l'avait annoncé de ce que j'estimai, d'après les bruits de pas, à une vingtaine d'hommes suivis de quelques chevaux.
La voix du commandant :

_Prenez les hommes et creez une diversion sur le flanc gauche du siège. Semez la panique dans le camp, à l'écart de la porte.

_A vos ordres.

"La diversion" s'éloigna nous laissant seuls le commandant, les chevaux et moi même.

_Vous les envoyez à la mort, monsieur.

_Pas si vous les couvrez, mademoiselle Chutelibre. Ces hommes sont braves, mais ils ne peuvent rien faire contre la magie dans pareille situation.

_Je ne suis que...

Me coupant la parole :

_Votre réputation vous précède mademoiselle. Allons, tout le monde connaît votre puissance.

Je me demandais depuis quand exactement Lapie avait fait montre d'une extraordinaire puissance et qui plus est d'où lui venait cette renomée... Sans autre commentaire, je me pressai pour rattraper les hommes. Arrivée à hauteur de l'officier le plus gradé, j'arrêtai le convoit avant qu'il n'entre dans l'espace éclairé par les feux pour lancer la diversion.

_Qui va là ?

_Votre supérieur m'a envoyé vous commander. Attendez ici et laissez moi faire. Lorsqu'ils seront tous perdus parce qu'ils ne sauront pas qui attaque puis que vous les verrez tomber à terre, prenez les de ce côté ci, mais faites attention à votre flanc. Les renforts arriveront par là. Prenez donc la moitié de vos soldat seulement pour le premier assaut, et lorsque les renforts arriveront, que le deuxième groupe vienne défendre vos arrières.

_...A terre ? demanda il d'un air incrédule.

Sans attendre, j'appliquai un sort d'Ombre sur moi-même, disparaissant alors totalement, j'avançai dans le campement, sautant d'un lieu à un autre pour peu qu'il soit obscure.
Arrivée derrière la "tente" de ce qui semblait être leur chef, je coupai de ma dague les attaches de celle ci. Elle s'écroula sur son occupant qui, sortant tant bien que mal de dessous la toile, grogna férocement. Arrivant par derrière je l'empalai de mon épée et la remontai dans son corps du nombril jusqu'au nez. Les autres ne tardèrent pas à sortir également. J'étais debout, sur le cadavre, essuyant machinalement Agonie. Cela avait été un jeu d'enfant, du moins depuis que je les considérais comme un ennemi réel... ma faiblesse passée n'avait eu pour origine que mon orgueil.
C'était le bon moment : tandis qu'après s'être saisis de leurs armes ils courraient vers moi, je lançai mon épée très haut dans le ciel de manière à ce qu'elle tournoie. Le temps de son envol, les charr tombèrent à terre. Saisissant alors une lance, j'en transpercai deux et courrai vers Agonie, qui était revenue se ficher dans le sol, la repris pour trancher la tête d'un autre. L'un deux me lança un coup d'épée ue je parai et de la lance en tuai un autre. Un archer tira et alors que j'allai être blessée, un bouclier s'interposa.

_Si nous gagnons cette bataille, nous serons accueillis en héros à Piken. souffla le soldat avant de repartir au devant d'un autre groupe.

_Si nous gagnons cette bataille, tout Ascalon saura mon retour. murmurais-je..

Lorsque les renforts charrs arrivèrent et que le second battaillon humain sonna la charge, j'entrevis les portes de la Place s'ouvrir pour laisser le convoi entrer puis un groupe armé sortir avant que ne soit refermée l'entrée.

_Voilà la garde de Piken, soyez braves ! hurlais-je alors pour les encourager.

M'excentrant légèrement, j'invoquai des golemmes faits à patir de sang encore chaud et de terre.
Je chuchotai :

_Tuez les charrs. Laissez les humains.

Un garde passant par là et effrayé donna un coup de hache violent pour détruire la créature visqueuse qui invariablement continua d'avancer vers l'ennemi. Ecoeuré par les résidus restés sur sa lame et ses vêtement, il s'évanouit. N'ayant pas le temps de m'occuper de lui, je scrutai pour repérer d'éventuels "mages" ou...[i]nécromants[i] chez l'adversaire. A ma grande décéption, il ne semblait pas y en avoir ne serait-ce qu'un sur lequel j'aurais pu exploiter ma colère.
Un cor sonna. Un autre lui répondit. Puis enfin des cris de joie.
Les troupes humaines s'étaient rassemblées devant la place. Distraite par la bonne humeur flagrante des troupes, je les rejoins. On m'apostropha.

_Mademoiselle ! Mademoiselle ! Quel combat !

Une femme qui n'appartenait manifestement pas aux troupes de l'officier supérieur ordonna aux hommes d'entrer se reposer. Je m'apprêtai à en faire autant lorsqu'elle me barra la route.

_Vous n'êtes pas la bienvenue ici.

Un fantassin tenta d'intervenir jusqu'à ce qu'elle le menace de son marteau. Il renonca et disparut dans les rangs.

_Sans moi le siège n'aurait jamais été levé. insistai-je.

_Je le sais, et c'est pour cette raison que vous n'avez pas encore été tuée... Je le répète : vous n'êtes pas la bienvenue ici, Moine Noir.

Les troupes s'arrêtèrent, choquées, avant de disparaitre derrière les murs de Piken, menacées par la femme d'être sévèrement punis s'ils ne daignaient obéir. Je serrai les dents. Elle me lanca un regard dur avant de s'évanouir à son tour. Les portes se refermèrent dans un grincement assourdissant juste derrière elle.
Une main se posa à nouveau sur mon épaule. Reflèxe.

_Vous méfierez vous donc toujours mademoiselle Daemon ?

Sous l'étonnement je lachai prise avant de me relever. Il époussetta son uniforme taché de sang d'un geste nonchalant.

_Si vous souhaitez que vos mensonges soient crédibles, évitez à l'avenir d'usurper le nom d'une moniale actuellement en mission pour Ascalon. conseilla-il.

Vexée, je serrai les poings. Marchant vers le mur, il me fit signe de le suivre.

_Je dois rentrer à Ascalon faire mon rapport. Non loin d'ici existe une brèche dans le grand rampart. Une fois de l'autre côté, nous nous séparerons.

J'acquiescai.
Dans mon dos le soleil se leva, éclairant son visage d'une lueur dorée. Le jour réchauffait peu à peu la terre rougie par la bataille dont fumaient encore quelques foyers charrs. Ma tunique ondula avec la brise. Les rayons du soleil atteignirent le rampart.
Ascalon, enfin.


___________________________________
Dédicace de ce chapitre 2 à Maure Dedicace, Harmonie Eracles, Ju Va Mine, Alexia Ombrepierre et Jettero Healer.


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MessagePosté: Lun Jan 16, 2006 9:45 pm 
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Chapitre III - Lapie Chutelibre



Je marchais depuis une bonne heure, dos au grand rampart, lorsque me parvint aux oreilles ce que je reconnu comme l'un des chants traditionnels moniaux. J'avais passé trop de temps à l'abbaye dans mon enfance pour ignorer la signification et l'utilité de chacun. Celui ci parlait de la grandeur de Dwayna et de son amour comme d'une force protectrice, il réchauffait les coeurs. Si ces chants pouvaient servir à communiquer d'un village à un autre une idée importante comme un danger ou une victoire, ils faisaient également office d'arme ou bouclier spirituel pour les moines. Ils leurs donnaient la force de combattre et renforcaient leur foi. Celui ci indiquait, d'après l'expérience que j'en avais, qu'un groupe avait du partir en quête ou en combat et que ceux restés priaient pour leur retour prochain.
Lorsque j'arrivai au niveau du sanatorium - nouveau nom de l'abbaye comme me l'avait appris l'officier supérieur avant que nous ne nous séparions en arrivant de ce côté ci du mur - je pus constater que les environs étaient envahis de gargouilles : sans doute s'étaient elles enfuies lorsque les catacombes s'étaient effondrées. Il n'y avait cependant pas de quoi s'inquiéter car s'il était une chose qu'elles respectaient, c'étaient bien les nécromants.
A mesure que j'approchais, celles ci s'écartaient naturellement sans même un regard... en revanche, les hommes de l'auditorium eux me fixaient intensément... étant donné la distance qui nous séparait, il leur était difficile de dicerner les traits de mon visage, mais le signe qu'ils voyaient là était bien suffisant pour se faire une idée de ma personne. Les gargouilles me trahissaient.
Un nécromant : ils n'avaient pas besoin d'en savoir davantage pour deviner qu'un danger approchait. Et ils avaient raison car j'étais venue ici pour tuer un homme : Grazden, le protecteur.
De plus en plus proche, je l'aperçu au milieu de la cour se retourner alors rapidement vers moi, je l'avais reconnu à sa taille imposante et sa façon particulière qu'il avait de se mouvoir. Attiré par les chucotements appeurés des disciples, il avait compri le danger avant même de savoir qui j'étais. Saisissant son bâton qu'il avait du poser contre un bloc de pierre, il courut au dehors de l'abbaye mais pas à ma rencontre. Il devait vouloir m'éloigner des apprentis... sage précaution si je n'étais pas venue ici dans un but précis.
Courant après lui, j'entendis alors le chant se transformer : ils appelaient à l'aide. Ce chant ci était plus grave, plus puissant, de plus longue portée et même les disciples chantaient maintenant avec leurs maîtres. Je ne savais pas qui ils appelaient, mais cela ne me laissait que peu de temps.
Il s'arrêta au sommet d'une colline et moi à une dizaine de mètres de lui.

_Je ne sais ce qui vous amène en ces terres, fille de Grenth, mais la mort seule vous y attendra ! Vous n'êtes pas la bienvenue ici ! Ni vous ni aucun des vôtres ! Laissez nos moines et passez votre chemin ! hurla t -il à mon intention en plantant son baton dans la terre.

_Je ne veux pas vos moines. Ni leurs vies ni leur âme. Je vous veux, VOUS ! crachais-je.

Intrigué puis inquiet, il sembla faire un effort de mémoire intense pour tenter de comprendre d'où venait cette haine que je lui vouais mais sans plus de résultat. N'ayant vraiment pas la patience d'attendre qu'il se souvienne, je m'élançai vers lui, Agonie en main, lorsqu'un éclair bleu me heurta et me fit perdre l'équilibre. Tout en me redressant rapidement, je le vis en posture de combat, mais l'attaque ne venait pas de lui : il attendait, prêt à se défendre. Je n'eus pas a chercher qui, car ils arrivèrent aussi rapidement que cet éclair, se postant devant Grazden : le groupe de moines pour lequel priaient les autres avant que je n'arrive.

_Une nécromante... ,souffla l un d'eux. Il y a si longtemps que nous n'en avons plus vu par ici, mon frère... pourquoi ne pas la capturer, elle constituerait un bon sujet d'expérience... , continua t-il.

_Silence, coupa Menlho.

Il m'observait, sur ses gardes, à l'affut du moindre signe qui aurait pu trahir une soudaine attaque de ma part. J'aurais du me douter qu'il ne pouvait être bien loin. L'abbaye avait été toute sa vie et il aurait été étonnant qu'il l'abandonne, même détruite.

_Cela fait fort longtemps Maître, repris-je, amusée de voir les autres choqués à l'idée que leur frère le plus éminent puisse avoir quelque lien que ce soit avec une créature telle que moi.

Quelques minutes de profond silence passèrent, minutes durant lesquelles lui et moi nous nous jaugeâmes mentalement.
Le calme fut rompu soudainement par Grazden qui poussa un cri mêlant effroi et révélation. Tous lui lancèrent un regard d'incompréhension à l'exception de Menlho.
Ma cible fit un pas en arrière, son doigt pointé vers moi :

_Menlho...c'est...c'est... ELLE ! Et dire que je m'apprêtais à l'affronter seul... Quel fou j'ai été... Par Dwayna, c'est une chance que tu sois arrivé si vite...

_Oui, c'est elle... et comme tu le dis si bien, c'est une chance qu'elle soit arrivée alors que nous étions sur le chemin du retour...

Les autres semblaient toujours ne pas saisir.

_Kira Daemon, pour le tuer. lançais-je en ricanant. Mimant une révérence, je désignai le protecteur d'un bref coup d'oeil.

Cela m'amusa beaucoup de le voir les rappeler à l'ordre lorsqu'ils paniquèrent.

_Cessez de trembler. Elle n'attaquera pas tant que nous serons ensembles. Elle n'est pas suicidaire. Elle ne tentera pas un combat si dangereux juste pour une vie à prendre.

_Menlho ne sera pas toujours là pour te défendre Grazden ! grognais-je à son intention. C'est la deuxième fois qu'il te sauve la vie, mais cela ne durera pas, j'en fais le serment...

_Passe ton chemin, Kira. Nous savons tous deux ce qu'il résulterait d'un tél combat..., dit-il alors, le regard posé sur moi.

Il se redressa, l'air solennel, son bâton toujours fermement tenu dans sa main droite.

Impuissante devant la force de mon ancien maître et des autres moines réunis, je tirai une dague de ma ceinture et la lançai sur le protecteur tandis que je fis volte face, plus rapide que jamais, avant de fuir vers Ascalon.
Je savais que Menlho avait arrêté la dague de même que je savais qu'il ne m'aurait pas poursuivie ou attaquée par derrière : cela n'était que pure précaution ou cas où ses convictions aient quelque peu évolué avec le temps.
Dans mon dos, Ashford chanta une nouvelle chanson, plus forte de cinq voix : la chanson du danger raisonna dans les plaines environnantes. C'était certain, Ascalon saurait mon retour.

Très peu de temps après j'atteignis l'arrière d'une petite colone de villageois - apparemment tous paysans - passant les portes de la ville pour aller se réfugier à l'intérieur. L'alarme avait été donnée et la cité allait fermer ses portes face au danger d'origine inconnue.
Les gens murmuraient ça et là dans la colone :

_Vous penssez que des Charrs sont arrivés de ce côté ci du rampart ? demanda quelqu'un.

_Et le sanatorium ? L'ont ils évacué ? coupa un autre.

Tête baissée, tentant de me fondre dans le groupe, j'avançai à leur rythme lorsque je la vis : juchée sur la muraille, elle regardait au loin et donnait des ordres à quelques gardes environnants. Lapie surveillait l'horizon, scrutant intensément lorsque son regard se détourna pour observer les réfugiers m'entourant et croisa le mien. L'expression de son visage se figea aussi rapidement que la vie se retire d'un corps dont on a transpercé le coeur à coup d'épée. Pour la première fois, je fus méfiante à son égard : elle avait comprit que j'étais le danger et je me demandais si elle me trahirait lorsque tout a coup elle disparut de son observatoire. J'attendis, tendue, à mesure que nous avancions, que la garde m'attaque.
Rien.
Les portes se refermèrent derrière nous et aucun combat ne fut provoqué par la garnison. Je suivais toujours les autres lorsqu'elle vint se planter devant moi :

_Suis moi. Il veut te voir, m'ordonna t-elle sans autre mot de salutation.


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Dédicace de ce chapitre à Sergei Luftwaffe, Ivy Poisona, Meo Le Guerrier, Malekith Naggarond et Badoun Ultima.


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MessagePosté: Ven Fév 03, 2006 12:09 pm 
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Chapitre IV - Moi, Kira Noirsang



Au rythme des chants lointains, elle nous menait vers une destination connue d'elle seule. Nous dépassions de nombreuses tentes, toujours en silence, lorsqu'elle s'arrêta devant l'une des dernières du campement, bien plus vaste.

_Il t'attend à l'intérieur, ajouta-t-elle simplement avant de s assoir a côté de l'entrée.

Je devinai qu'après toutes ces années, il lui était difficile de simplement reprendre notre amitié où nous l'avions laissée, plus particulièrement pour ce qu'elle avait du entendre à mon sujet...
Solennelle, le regard dans le vague, elle m'ignorait complètement, attendant que je me décide enfin.
Comprenant que ce n'était pas le moment de tenter de m'expliquer, j'entrai, relevant un pan de la toile d'un revers de la main. L'intérieur était bien aménagé : en face de moi, un large bureau occupait une bonne partie de la pièce et à ma droite des tapis datant de la période pré-fournaise sur lesquels reposaient des couvertures formaient une couche. Je laissai mon regard s'hasarder sur quelques éléménts du lieu lorsqu'à ma gauche je remarquai enfin la présence de l'homme en question...

_...VOUS ! dis-je avec difficulté dans un grand sursaut.

Il sourit, défroissant sa tunique comme je l'avais déjà vu le faire à Piken, d'un geste machinal, puis tout aussi naturellement, il planta son épée dans le sol poussièreux avant de s'avancer vers moi.

_Sire Tydus, maître de guerre d'Ascalon, aux ordres du Prince Rurik. Je vous attendais : je me doutais que vous ne tarderiez
pas à venir ici, déclara t-il en me tendant sa main, d'un air qui se voulait amical.

Il ne put ignorer le regard de dégoût que je lançai alternativement à sa lame et à lui même...le repoussant d'un geste vif, je dégaînai. Lapie entra aussi rapidement qu'il s'écarta et l'arme de la moniale posée contre ma gorge m'arrêta. Toutes les deux figées, nous attendions.

_Mademoiselle Chutelibre, attendez dehors je vous prie. ajouta t-il toujours d'un calme déconcertant.

Elle s'inclina avant de retourner à son poste, ne laissant à aucun moment transparaître la moindre émotion. Il me sembla que je voyai une étrangère ...
L'officier m'interrompit dans ma reflexion :

_J'admet avoir manqué à la politesse, mais vous conviendrez j'en suis certain que vos antécédents n'incitent guère à la confiance...

_Je ne veux pas de votre confiance. Je n'ai rien demandé me semble t-il et seule la curiosité vous a offert ma coopération : La garde ne sait pas mon retour, pourquoi ne l'avez vous pas avertie ?

Il soupira, comprenant qu'il n'obtiendrait rien de moi tant qu'il n'aurait pas répondu à mes questions. Il alla s'asseoir derrière son bureau et s'installa au fond de son fauteuil, m'obsevant quelques minutes en silence avant de poursuivre :

_Vous vous douterez je crois que c'est un manquement grave à mon devoir en tant que protecteur de cette cité de ne pas l'avoir prévenue du danger, qui plus est, je vous ai laissée impunément entrer ici alors que le roi lui même vous en avait bannie, et ce au risque d'être condamné à mon tour. Lorsque je suis revenu faire mon rapport au prince après que vous et moi nous soyons séparés, j'ai ordonné a votre amie -rentrée de mission entre temps- de vous amener lorsque vous arriveriez... et de ne pas dire un mot a ce sujet.
De plus en plus mal à l'aise, j'enchaînai, nerveuse :

_Pourtant Lapie semblait...

_...surprise de votre venue, oui. coupa t-il à nouveau. Je ne lui avais dit que ceci : "Ammenez la moi lorqu'elle arrivera".

Je suppose donc à vous voir ici qu'elle a comprit et n'a pu désobéir à un ordre direct, finit il en souriant.

L'anxiété s'emparait de mon corps entier et ma peau frissonnait par vagues succéssives. Mes mains trituraient quelque partie d'etoffe de mon vêtement pour tenter de m'apaiser... et comme tout bon maître de guerre, il ne put manquer de le remarquer. Déceler les faiblesses physiques ou mentales d'un adversaire était son travail.
Sous le regard noir que je lui lançai, il se leva et d'un coup sec retira son épée du sol pour la ranger dans son fourreau qu'il déposa bien en évidence sur le bureau.

_Inutile de vous torturer davantage, murmura t-il avant de reprendre sur le ton de la conversation : Je n'imaginais pas, croyez moi, que le sceau aurait de tels effets sur vous. Je n'en avais jamais su que sa capacité à priver tout humain de ses pouvoirs...

_Ils ont du en utiliser sept... ajoutais-je dans un murmure et un soulagement que j'esperais je pas avoir laissé paraître.

_C'est ce que j'avais entendu dire : emprisonnée dans une pièce scelée des catacombes et paralysée par les sceaux de sept épées comme la mienne... Ils devaient beaucoup vous redouter pour avoir pris de telles précautions, remarqua t-il poliment.

_Précautions inutiles puisque je me suis enfuie avant l'exécution... notais-je, un sourire narquois aux lèvres. Cependant, je présume que cela n'est pas le sujet dont vous souhaitiez m'entretenir.

_En effet, bien que je sois curieux de savoir comment vous êtes parvenue à accomplir pareil exploit, étant donné votre gène manifeste face à un seul d'entre eux, il est évidement que ce n'est pas pour cela que j'ai pris le risque de vous laisser entrer en ville, avoua t-il. J'ai un marché à vous proposer.

_Cela ne m'interesse pas.

_Au contraire, ajouta t il confiant. Nous manquons de soldats expérimentés pour repousser les charrs et votre puissance presque légendaire nous serait d'un grand secours.

Je ris aussi froidement que je pus :

_Je ne vois là dedans toujours rien qui ne puisse éveiller en moi la moindre concernation à vos problèmes...

_Je veux votre puissance au service d'Ascalon, à vous de me dire ce que vous exigez en échange.

_Pour le salut d'Ascalon accepteriez vous honnetement de me donner la vie de Grazden ? objectais-je, soudain redevenue sérieuse.

_Non. Mais ne niez pas l'évidence : vous n'auriez pas courru le risque de revenir simplement pour lui, ou alors vous seriez

revenue de suite après la Fournaise . Je soupçonne que mademoiselle Chutelibre ait son rôle à jouer dans votre retour, mais je comptais sur vous pour m'éclairer.

Lassée de cette conversation qui n'avait que trop duré, je tournai les talons et sortis sans même le saluer. Suivant le chemin inverse à notre venue, je cherchai des yeux une possible auberge lorsqu'il me rattrapa. Quelques gardes ici et là vinrent à ma rencontre, penssant me contraindre à obéir à leur supérieur qui me hélait.

_Si vous tenez à vos hommes, Sire Tydus, ordonnez leur de me laisser partir.

_Il n'auront rien à craindre de vous tant que je serai là.

Alors qu'il disait ceci, il montra l'épée de feu attachée à sa ceinture. Trop vulnérable à l'épée pour tenir tête à trois soldats entraînés, je le suivis à nouveau sous la tente, mais il n'avait plus du tout cet air aimable qu'il arborait encore quelques minutes auparavant : le masque était tombé et sa patience avait atteint ses limites.

_Je ne reposerai cette question qu'une fois, nécromante. siffla t-il, agacé. Qu'exigez vous en contrepartie ?

Si l'idée qu'il me proposa quelque chose en échange de ma loyauté m'étonna au premier abord, tout m'apparut évident l'instant d'après : il était le seul à pouvoir m'arrêter. Autant dire qu'il n'y avait qu'un sceau dans les environs et donc qu'il avait besoin d'une monnaie d'échange à faire valoir pour me contrôler. Son empressement trahit ses inquiétudes qu'il dissimulait je dois l'avouer, extrement bien et je décidai alors de profiter de l'occasion.

_Je veux que le bannissement et la mise a prix de ma tête soient levés ainsi qu'un salaire suffisant pour assurer mes besoins. Je veux également, si d'aventure je venais à découvrir quelque indice quant à des recherches personnelles, pouvoir m'y consacrer.

Il s'assit sur le bureau, nettement soulagé que je me décide enfin a coopérer. Néanmoins, je me doutais que les négociations seraient complexes : son sourire me laissait à croire qu'il avait encore quelque idée derrière la tête.

_J'en fais mon affaire. J'en réfèrerai au prince sitôt notre accord conclu, mais je veux votre entière obéissance à mon égard ainsi que la primeur des missions sur vos recherches personnelles, déclara t-il.

_... Je veux être également libre de ma manière de vivre et de remplir mes missions.

Son visage s'assombrit lorsqu'il saisit ce que cela incluait.

_Je veux pouvoir jouer avec mes ennemis si cela est mon bon plaisir tant que cela n'entrave pas l'issue de ma mission, précisais-je. Je ne serai qu'une mercenaire qui remplira vos missions, mais cela de la manière de mon choix.

Il poussa un long soupire en se relevant pour me faire face et d'un ton grave, ajouta :

_J'imagine que je n'ai pas le choix... cependant, cela à une condition...

Je grimaçai alors... j'aurais dû me douter de ce qui allait suivre. Le fait qu'il me demanda quelles étaient mes exigeances en contrepartie avait été bien mieux réfléchit que je ne l'avais cru et ne relevait pas d'un siple monnaie d'échange.

_... je demande un contrat. acheva t-il.

Les Nécromants, par tradition et par honneur, avaient fait de leur promesse une loi. A savoir qu'ils promettaient rarement quelque chose, mais jamais en vain. Plus encore : si l'individu venait à passer cette promesse sous forme de contract, celle ci devenait loi pour le nécromant concerné qui devait alors la respecter au risque soit de perdre tout pouvoir magique s'il ne parvenait pas à l'honorer, soit à mourir s'il venait à le rompre. Celui-ci prenait fin lorsqu'il était rempli,lorsque le nécromant échouait ou choisissait la mort plutôt que de respecter le marché, ou encore - chose autrement plus rare - si la personne auprès de laquelle il s'était engagé venait à le libérer dudit arrangement.
Il existait un cas particulier à cette alliance : la mort du contractant. Les seuls écrits à ce sujet qu'ils m'ait été donnés de lire expliquaient ceci :
Le nécromant engagé ne peut tuer son contractant sous peine de se tuer lui même, mais s'il décède de façon naturelle - maladie, vieillesse, défaillance physique - le premier est alors libéré du pacte.
Cas délicat : Le meurtre du contractant par une tierce personne. Il est dit qu'à ce moment là trois possibilités existent : la première est que le mourrant dit à haute voix qu'il rompt l'alliance, la seconde est que cette éventualité a été prévue à la rédaction du contrat, mettant alors en place les effets prévus, et enfin la dernière étant que s'il meurt alors qu'il n'entre dans aucun des deux cas précédents: le nécromant perd tout simplement la totalité de ses pouvoirs.

Après un long silence, je décidai d'ajouter d'assurer mes arrières :

_A la seule condition que celui ci ait une durée délimitée par un évenement, un fait ou une date et qu'on y implique la close de double action, répondis-je, d'une fermeté impérative. Si vous n'acceptez pas cette close, il n'y aura pas d'accord.

_La close de double action ? s'étonna t-il.

_Vous devez sans doute le savoir, puisque vous semblez vous être documenté avant que je n'arrive : le nécromant peut exiger la close de double action. Il s'agit d'une ligne supplémentaire assurant que le contractant remplira sa part du marché sous peine lui aussi de mourir s'il refuse. Si je ne remplis pas mes engagements par incapacité ou refus, vous ne serez pas tenu d'honorer les votres, mais hormis cette éventualité, tout refus sera sanctionné de façon immédiate et définitive, précisais-je, tentant de me remémorer tous les cas possibles et innimaginables de variantes de pactes dont j'avais eu vent.
Il était arrivé plus d'une fois qu'alors mal rédigés, ils aient entrainé la mort de chaque parti. Mieux valait se montrer prudent et rigoureux.

Sire Tydus hocha la tête en signe d'approbation et sortit d'un tiroir le matériel qu'il avait déjà préparé à cette fin. Je ne pus réprimer un sourire mauvais devant tant de préparation de sa part.
Nous rédigeâmes ce pacte à l'encre de notre sang avant d'en relire l'intégralité puis de signer. Comme je l'avais entendu dire : une lumière intense s'échappa des lignes du parchemin pour disparaître ensuite, emportant avec elle toute trace de la promesse. Il rangea la feuille de nouveau vierge dans un recoin de son bureau avant de rappeler Lapie.
Tout en lui ordonnant de me conduire à ma résidence, il griffona rapidement deux notes qu'il lui confia, demandant à ce que le Prince soit averti de la première et que la seconde soit portée à Droknar.

Dans mon esprit, comme un écho qui imprima dans mon être ces derniers évènements :
"Moi, Kira Noirsang, nommée Kira Daemon, m'engage par le présent contrat envers Sire Tydus, maître de guerre d'Ascalon."


___________________________________________


Dédicace de ce Chapitre à Zeissen Menelos, Lili Frog, Beleg Kutalion et à tous ceux qui m'ont conseillée sur le forum Legrimoire.


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