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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
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 Sujet du message: Lettres terriennes
MessagePosté: Ven Juin 30, 2006 1:55 pm 
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Il parait que c'est le patron...
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[align=center]Lettres terriennes[/align]

[align=center]Septembre 2006: je suis en train de réfléchir à la suite de l'histoire, donc le post est à surveiller...[/align]

[align=center]LETTRE PREMIERE

DZARAG A SON AMI RIKKNOU, A TELTUVRIAR[/align]

[align=justify]Depuis notre arrivée sur cette planète, il y a un cycle, nous nous étions contenté, avec Freflaf, de prendre des relevés et des relevés. Toutes ces suites de nombres et ces graphiques finissant par m'énerver, je décidai, et Freflaf fut d'accord, de sortir, enfin! Passant le sas, nous entrâmes alors – et je n'embellis pas mes mots, je le jure – dans le plus merveilleux endroit de l'univers! Tu le croiras ou non, Rikknou, mais les créatures qui peuplent ce monde sont innombrables et d'une grandiose beauté! Nous croisâmes dès notre sortie, par exemple, une bête admirable à la majesté profonde, quelque reine des profondeurs digne d'être couverte de louages; qui nous a salué d'un cri sonore et puissant! La bête devait avoir une intelligence sublime, tant sa tête était grande, et sa force équivalait sans doute celle de centaines d'entre nous. Elle mesurait assurément trente mètres de long, et devait peser plus de cent quarante tonnes. Ce fut un instant magique, Rikknou, que je n'oublierais jamais de ma vie. Lorsquelle nous dit adieu d'un grand coup de queue, avant de poursuivre tranquilement son chemin vers les profondeurs; nous étions en larmes. Dès lors nous allâmes de merveille en merveille, et à chacune de mes brasses, mes yeux s'ouvraient de surprise et de contentement. Savoir que Freflaf et moi étions sans nul doute les premiers parmi les Ggerrran que l'envie de savoir ait fait arriver sur cette planète nous mettait au même rang que les plus grands explorateurs.
J'espère que tu arrives à t'imaginer les splendeurs que je te raconte, même si je sais que cela est ardu. Nous avons passé une grande partie de notre vie dans un monde en ruines et dans un environnement périlleux, d'où la beauté est partie en même temps que l'atmosphère s'est dissoute; mais sois assuré que je t'enverrai avec ces lettres des illustrations de nos découvertes.
Je t'en conjure, rapporte-moi ce que l'on dit de notre expédition; mais sans par là me flatter ou me donner de fausses espérances: je sais que peu approuvent de telles escapades, qui pourraient ruiner nos projets. Mais n'oublie pas que sans la culture du risque, il n'y aurait certainement plus de vie dans l'Univers, tant certaines périodes imposent impérieusement aux êtres vivants d'aller vers l'inconnu et vers une erreur probable; l'alternative étant la mort. Par ailleurs, comment pourrions-nous réussir ce pourquoi nous avons été envoyé ici, si nous n'explorons pas chaque recoin de ce monde?
Adieu, mon cher Rikknou; n'oublie pas qu'en quelque lieu de l'Univers où je sois tu as un ami fidèle et dévoué.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 18 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE II

DZARAG A SON AMI RIKKNOU, A TELTUVRIAR[/align]

[align=justify]Prépare tes six sens, mon ami, car ce que tu vas avoir à lire va sans doute t'étonner encore plus que moi-même.
Avec Freflaf, nous avons visité les alentours du vaisseau tout le long de la journée d'hier et aujourd'hui. Nous parlons à présent en jours de cette planète, bien que la différence entre le jour et la nuit soit peu perceptible à cette profondeur. L'eau laisse à peine entrevoir quelques rayons froids venant de la surface, mais ce sont les ténèbres qui règnent en dessous de nos palmes. Nous avons décidé de prendre l'apparence, pour ne point effrayer les peuplades de cet astre, de représentants de leurs propres espèces. Curieuses et utiles inventions que nos métamorphoseurs; tu remercieras par ailleurs le gouvernement d'avoir accepté de nous prêter de si puissants prototypes! Freflaf mesure à peu près cinq mètres de long et son apparence ferait sûrement rire les enfants de Teltuvriar; bien qu'elle soit redoutée semble-t'il par toutes les bêtes des eaux que nous parcourons. Nos enfants, eux, sont habitués à voir, de vrais monstres; mais Freflaf a une tête angélique ressemblant à un obus ancien, des dents pointues et nombreuses, un aileron assurant un équilibre parfait du corps, et une peau belle à la vue, même si dure au toucher. Il est blanc et bleu, à présent, et s'accomode parfaitement de sa nouvelle apparence. Bien sûr, tout gadget a ses inconvénients: un membre de cette même espèce a voulu user de son charme sur mon partenaire, et Freflaf a dû user de son électrochoc pour faire fuir la bête. Il devrait rajouter un écriteau « Reproduction impossible » sur son aileron, cela serait sans doute efficace. Mais nous ignorons encore quelle langue utilisent ces êtres, ni quel alphabet; si du moins ils sont assez évolués pour avoir quelque connaissance du langage.
Quant à moi, tu rirais aux larmes, Rikknou, si tu voyais mon accoutrement: je parais un nain à côté de mon ami! Je suis scintillant et renvoie tous les rayons lumineux qui croisent ma route. Je suis un poisson. Mais, bon, cessons de rire, que je te parle de notre mission, qui est plus importante que l'amusement personnel, ou que le tien.
Je suis allé visiter le fond de cette grande mare il y a quelques heures, histoire de prendre (encore!) des relevés, cette fois-ci la nature du sol. En chemin, je me suis retrouvé dans des ténèbres sans pareille, et je me suis dirigé vers une source de forte lumière, comme une étoile brillant dans la noirceur de l'espace. J'ai eu une peur affreuse au moment où je constatai que c'était un animal, et prédateur de surcroit! J'ai du abandonner mon apparence pour prendre le dessus de la chose, et le faire fuir d'un coup d'électrochoc. Ceci montre bien que l'on peut s'attendre à quelque opposition au cas où nous envisagerions une installation permanente, mais rien de bien dangereux. Le plancher de l'océan est, en tout cas, propice à l'installation de bâtisses, tant qu'elles résistent aussi bien que nous à la pression énorme qu'exercent les masses d'eau depuis la surface.
J'espère ne pas trop te décevoir par un tel manque de talent dans la formulation de faits aussi surprenants. Moi, malgré tant de merveilles, je commence à avoir le mal du pays – six mois depuis le départ! Dis bonjour à Nallkkia de ma part, et à la petite Ratttfa. Vous me manquez tous, et j'aimerais que vous puissiez voir de vos propres yeux tout cela.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 19 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE III

FREFLAF A GRIGRI, A TELTUVRIAR[/align]

[align=justify]Ma chère Grigri, il me semble que cela fait une éternité que tes beaux yeux dorés n'ont point rencontré mon regard, et que nos deux âmes ne se sont pas unies. Si j'avais pu échanger ma place avec quelqu'un d'autre, je te verrais encore, et pourrais te serrer dans mes tentacules! Mais je ne peux changer le passé, et me voilà loin de toi et de notre maison, sur une planète aux étrangetés innombrables que je commence à peine à découvrir. C'est pour toi, et pour toute la ggerrranité, que j'ai fait ce sacrifice de partir, ne l'oublie pas.
Je ne te raconterais pas notre exploration des profondeurs marines, Grigri, car Rikknou pourra te montrer les lignes de Dzarag à ce sujet. Mon vieux copain raconte tout cela bien mieux que moi, le scientifique! Mais je vais toutefois te faire part d'une de mes découvertes. Alors que Dzarag dormait encore, j'ai repensé à notre enfance et à ce jeu auquel nous jouions dans la baignoire, tu te souviens? Nous allions tout au fond, attendions, puis remontions tout en haut et voyions le ciel. Aujourd'hui, j'ai fait la même chose. Au fur et à mesure que je montais, la lumière grandissait et mon coeur s'emplissait de joie. J'allais voir de quoi avait l'air l'atmosphère de cette planète! Car, je ne crois pas te l'avoir déjà dit, nous n'avons pas pu voir ce monde avant d'y amerir, puisque nous n'avons été réveillé de notre état de stase par le vaisseau seulement lorsque nous avons touché le plancher océanique.
Il arriva vite, ce moment que j'attendais impatiemment, celui de l'arrivée à la surface. J'étais encore sous la forme d'un requin de bonne taille lorsque je sautais littéralement dans les airs. Le temps fut comme stoppé, je te l'avoue, Grigri, et une larme coula de l'oeil pourtant noir et inexpressif que possède l'animal dont j'ai pris l'apparence. Le spectacle était d'une beauté ahurissante. La vaste étendue des eaux formait une plaine infinie, mais mon coeur chavira surtout à la vue du ciel et du jaune soleil. Ce monde est assurément bien plus jeune que le nôtre et que beaucoup de ceux qui voisinent notre planète d'origine, Grigri, car il rayonne comme une lampe intense, alors qu'il est situé à des millions de kilomètres! Le nôtre, pourtant plus proche, n'est qu'une fade étoile naine qui se meurt.
Revoir une atmosphère, un ciel, et apperçevoir une jeune étoile... C'était tout simplement mon rêve depuis la Grande Catastrophe, et le tien aussi, j'en suis sûr. J'espère qu'en lisant cette lettre, tu peux au moins imaginer toute la joie que l'on peut ressentir à la vue de tels miracles. Grigri, je t'aime. N'hésite pas à me répondre, c'est bon, le transmetteur du vaisseau peut dès maintenant aussi bien envoyer que recevoir. Grigri, je t'aime.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 19 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE IV

RIKKNOU A SON AMI DZARAG[/align]

[align=justify]Ainsi, vous voilà enfin arrivés sur cette nouvelle planète! Que pourrais-je dire, à part évoquer ma joie et mon contentement intenses de vous savoir sur l'astre qui, sans aucun doute d'après tes descriptions, accueillera bientôt notre peuple! J'ai prévenu le gouvernement dès que j'ai reçu ta lettre, Dzarag, et le président Vvkar a annoncé la nouvelle à tout le monde. Quant à moi, j'ai tout de suite averti Nallkkia, Ratttfa et Grigri, et leur ait fait la lecture. Ta femme était en larmes à la fin, toute contente qu'elle était, et tu pourras dire à Freflaf que Grigri lui écrira bientôt. En fait, sa lettre est déjà partie, mais le temps qu'il la reçoive...
Que pourrais-je dire? Je suis médusé. Lorsque nous avons découvert la trace de cette exoplanète, nous étions encore loin de penser qu'elle pourrait être habitable! Et, de plus, qu'elle présentait déjà de la vie! Et une vie si belle, c'était au delà de toutes les prévisions.
Vvkar a déjà prévu la construction de grandes nefs, te rends-tu compte, déjà! Il attend que vous ayiez tout exploré, ton ami et toi, pour lancer le programme Arrivée. Vos noms entreront sûrement dans l'histoire, sans aucun doute, que dis-je! Et vous recevrez plus de gloire ceux que tous nos plus grands ancètres.
Tu excuseras le caractère confus de cette lettre. Je n'ai pas l'habitude de tenir la plume dans de telles périodes. Vous êtes nos sauveurs, tous les deux; et j'ai soudainement l'impression d'écrire à des anges ou à nos dieux eux-mêmes. Continuez votre aventure, transmettez tout. Que Dreggar vous protège![/align]

[align=right]De Teltuvriar, le 19 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE V

DZARAG A SON AMI RIKKNOU, A TELTUVRIAR[/align]

[align=justify]Nous avons lu ta lettre. Que d'émotions nous a-t'elle procurée! Freflaf en a pleuré, presque. Enfin, je ne peux m'attarder sur ceci. J'ai à te faire part d'informations beaucoup plus importantes.
Nous avons décidé de changer de secteur, et avons fait déplacer le vaisseau vers un point plus proche de la surface. Freflaf m'a avoué qu'il y était déjà monté, et je n'ai, moi non plus, pas pu résister. Ce spectacle est merveilleux... Mais ce n'est pas le point le plus important de la lettre.
Nous sommes restés tous les deux à la surface pendant quelques heures, lorsque nous entendîmes soudainement un bruit dans le lointain, qui était perceptible sous l'eau comme celui de moteurs. Nous regardant, terrifiés, nous pensâmes tout de suite que le vaisseau avait quelque problème et qu'il risquait de partir de lui-même ou d'exploser. Nous retournâmes très vite vers les fonds, mais le vaisseau était inchangé. Retournant à la surface, nous nous apperçumes qu'il y avait des traces dans l'eau, comme si quelque véhicule était passé au dessus, ou sur la surface. Mais rien n'était visible autour de nous, à part un point noir qui s'évanouit rapidement dans le brouillard de l'horizon et du soleil couchant.
Comme nous savons pertinament bien que nous sommes la seule mission que vous avez envoyé, nous pouvons nous risquer à le dire: il y a quelque chose d'autre sur cette planète que ces êtres qui ne semblent pas avoir de langue ou communiquer véritablement entre eux. Quelque chose d'assez évolué pour avoir créé ou manier le concept des moteurs. Quoique ce soit, ce pourrait être un obstacle, ou un allié. Demande au gouvernement ce que nous devons faire, mais je suppose que la prudence est de mise: apprenons-en plus, masqués, avant de prendre des décisions que nous pourrions regreter.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 20 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE VI

GRIGRI A SON ÂME[/align]

[align=justify]Ah mon chéri, c'est le coeur en liesse que je t'écris. Nous avions cru le pire lorsque, passant par un nuage stellaire, le signal de votre vaisseau s'était interrompu. Maintenant, je sais que tu es vivant, et que tu as trouvé le refuge qui va nous sauver, et sauver nos enfants. Quelle lettre pourrait être plus belle que celle que j'écris? Mon amour, je t'aime, et j'ai hâte de lire à nouveau tes propres mots. Ecris-moi et aime-moi toujours!
Tu as peut-être le mal du pays, malgré toutes les belles choses que tu peux voir. Il en va toujours ainsi, disent les sages. D'après eux, même si nous pouvions vivre dans un paradis, nous retournerions toujours vers nos anciennes demeures. Mais nos enfants ne connaîtront pas ce sentiment là, et tout leur coeur sera tourné vers la beauté de cette nouvelle planète. Ils appelleront en votre nom, en votre honneur, ces êtres que tu as découvert avec Dzarag. Ils sont nés alors que la gloire de Teltuvriar était fânée, mais vont grandir dans un monde où règne la Beauté.
Je sens de jour en jour le poids grandir en moi. Notre petit bébé naîtra dans quelques mois, et je veux que cela arrive sur cette nouvelle terre, avec toi à mes côtés.
Un espace a encore été dépressurisé aujourd'hui. Tu te souviens de ce laboratoire où le vieux Sbek nous enseignait la chimie, dans l'ancienne école? Maintenant, il n'existe plus. Le gouvernement a fait reboucher les sas, mais nous nous attendons à voir notre espace réduit depuis bien longtemps. D'après le président, nous pouvons encore résister plusieurs mois, mais il est préférable que nous partions bien avant. Ils vous adressent, à toi et à notre ami, ses plus profondes amitiés.
Continue tes explorations, mon âme, et n'oublie pas le temps qui passe et le temps qui presse.[/align]

[align=right]De Teltuvriar, le 19 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE VII

DZARAG A SON AMI RIKKNOU, A TELTUVRIAR[/align]

[align=justify]Bien, je vais présenter les choses telles qu'elles sont: ce monde n'est pas exclusivement aquatique. Voici la dernière découverte en date que nous avons faite, moi et Freflaf; et qui réjouira assurément tout le monde à Teltuvriar. Cependant, Rikknou, sache que j'envoie par là même une importante information au président. Car nous sommes allés à quelques centaines de mètres du rivage, et nous avons vu les terres. Elles semblent très densément peuplées, mais nous n'avons eu le temps ni l'audace ou la folie de nous approcher de ses habitants. Ils sont, en tout cas, parfaitement adaptés, comme nous, à la vie hors de l'eau; mais ne semblent pas pouvoir se mouvoir sous l'eau aussi bien que nous. Cela posera sûrement un problème quant à notre installation.
Nous sommes désolés pour la petitesse de nos propos, mais elle est causée par la fatigue. Transmet en tout cas nos salutations à tout le monde.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 21 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE VIII

RIKKNOU A SES AMIS[/align]

[align=justify]Cette nouvelle dont tu me fais part, sois assuré, a été transmise au président. Il m'a reçu en personne, et me charge de te transmettre ces quelques ordres, qui sont plutôt des suggestions: vous devez agir avec prudence et intelligence, comme jusqu'à présent. Ces êtres que vous avez décrit, vous devez apprendre leur langue, puis aller parmi eux, déguisés, afin de nous dire ce que vous pensez de leurs us et coutumes. Le président désire que vous écriviez des rapports complets à leur sujet, avant de prendre contact avec eux, sans masques.
Je vous suggère de poser des enregistreurs pour bien vous imprégner de la phonétique de leur langue, tandis que les traducteurs automatiques feront leur travail de reconnaissance.
Nallkkia veut obstinément que tu lui écrives, Dzarag. Freflaf a déjà envoyé directement de ses nouvelles à Grigri, pourquoi n'en ferais-tu pas de même? En tout cas, ta fille t'a envoyé un beau dessin, que tu peux imprimer dès maintenant, puisqu'il est envoyé en annexe à ce message.
Tout le monde parle de vous à Teltuvriar: la nouvelle s'est répandue à une vitesse folle. Nombreux sont ceux qui veulent vous envoyer des lettres, mais nous ne pouvons pas le leur permettre pour l'instant: nos installations ne sont pas assez puissantes pour tant de transferts, et vous êtes situés bien trop loin de nous. Perdre le contact serait épouvantable, et j'espère que cela n'arrivera pas. Souvenez-vous: c'est tout un peuple qui tourne ses yeux vers le ciel, vers ce petit morçeau d'espace où vous vous trouvez, et qui pense à vous à chaque inspiration, à chaque expiration, à chaque seconde. Que Dreggar vous accompagne![/align]

[align=right]De Teltuvriar, le 22 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]

[align=center]LETTRE IX

DZARAG A SA FEMME NALLKKIA[/align]

[align=justify]Mon coeur d'étoiles, je m'excuse de ne pas t'avoir écrit plus tôt. Tu me sais bon écrivain, tu me connais même poète. Mais même le meilleur d'entre eux peut se retrouver dépossédé du pouvoir de bien écrire lorsqu'il s'agit de faire part, surtout à l'être qu'il chérit le plus au monde, d'éléments aussi incroyables que ceux que je peux percevoir depuis cette planète.
Suivant les recommandations du président et de Rikknou, nous sortîmes aujourd'hui, de nuit, et nous allâmes vers la côte. Elle était auréolée de lumières. Des lueurs rouges, oranges et jaunes se réflétaient sur les calmes flots.
Le doux clapotement des vagues sur le sable nous a tiré de notre rêverie, tandis que, sous notre forme usuelle, nous nous dirigions vers une sorte de grand végétal. C'est là, à l'abri des regards, que nous avons placé le premier de nos micros. Ensuite, nous en mîmes quelques uns plus près des habitations, mais les lueurs nous fimes rapidement revenir dans l'obscurité. Un seul faux pas, et c'aurait été toute notre mission qui partait en fumée: ainsi nous redoublons de prudence, moi et Freflaf, lorsqu'il s'agit de mener de telles opérations. Mais tout dormait.
L'architecture de ce pays est étrange, je dirais même antique: ces êtres habitent dans des environnements de pierres et de briques, qui laissent entrer insectes et petits animaux jusqu'aux chambres les plus profondes. Il semble toutefois qu'ils aient quelque sens primitif de l'art, vu la disposition parfois intelligente et subtile des matériaux. Mais laissons cela pour l'instant, car ce qui fut l'évènement le plus stupéfiant de la nuit, il nous surprit alors que nous étions encore à la portée des réverbères.
Nous entendimes tout à coup un bruit, comme un mugissement, surgir de nulle part, et avant même que nous réagissions, un véhicule était sur nous. C'était une sorte de char opaque qui se déplacait grâce à un moteur, lequel produisait une puanteur que je ne me permettrais pas de te décrire. Freflaf et moi étions comme cloués au sol, incapable de courir ou de s'enfuir. Lorsqu'elle arriva à notre hauteur, la voiture – car ce véhicule transportait quelqu'un – sembla ralentir un peu, comme si son conducteur nous avait vu. Mais elle repartit en trombe et en zigzaguant. Nous n'avions pas été repérés.
Tout cela pousse ma curiosité à un tel niveau que j'en oublierais presque notre devoir de rester, pour le moment, cachés dans l'obscurité du secret.
Ah! Ma prose se révèle bien faible, mon coeur, par rapport aux idées qui volent dans mon âme. J'aurais pu t'écrire, à la place de ce charabia insipide, le plus beau des poèmes. Mais apparement, l'inspiration m'a quitté aujourd'hui. Et comment pourrait-il en être autrement? Car tu es mon inspiration, Nallkkia, et sans toi, je ne suis qu'un bien piètre écrivant.
Accepte les excuses, je t'en prie, mon coeur, de la part de celui qui, te considère, toi, seule parmi toutes les femmes, comme sa déesse.[/align]

[align=right]De la planète XZ-3202, le 23 du Cycle de Brai'z, année 20 006[/align]


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