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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
Nous sommes le Dim Oct 21, 2018 11:45 am

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 Sujet du message: Vrac de Textes
MessagePosté: Sam Déc 23, 2006 3:01 pm 
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Des écrits en vrac... une petite autocritique avant pour vous donner un avant-goût de ce que je fais ne serait pas de trop, je le crains ^^
C'est du style d'écriture bizzare: la plupart du temps, le sujet n'est pas clair, le scénario est brouillon, les phrases juste assez longues pour n'y rien comprendre!! Mais à part ça, tout va bien XD

J'ai un mal fou à écrire des trucs un tant soit peu longs, et la plupart du temps ce que j'appelle nouvelle se résume à un paragraphe. Je vais commencer avec quelques uns faits avant l'été pour essayer de m'entraîner. C'est que l'année dernière j'ai été privée de rédactions et ça m'a causé un sacré traumatisme XD Donc, Ama' étant une connaissance de presque-longue date (enfin à l'echelle du net en tous cas), je lui ai demandé de me donner un mot, et puis j'ai pris pour habitude de tourner autour pour essayer d'obtenir quelque chose d'interessant. C'est dû à mon manque fréquent d'inspiration et d'originalité, j'en ai peur XD
Enfin, trèves de bavardages, voilà quelques petites choses:


Pour l'anniversaire d'Amaroq, et en hommage à son personnage de nouvelle, j'ai nommé le Prince-Démon Annael.

Une silhouette sombre se balançait doucement sur sa chaise, bercée par le silence mélodieux de la nuit, les yeux brillants, le visage sombre d'expression, pourtant éclairé par la faible lueur d'une bougie qui termine sa vie cireuse dans un timide éclat orangé. Son bras tremblait et, maladroitement, fit tomber la plume qui percuta le sol dans un éclat d'encre noire qui vint consteller le parquet, centaines d'étoiles obscures sur un ciel de bois clair.. Son poing frappe violement contre le vieux bois du bureau. Sa voix gémit de douleur, une douleur de l'esprit, douleur qui ronge les sens et la raison. Son beau Prince Oublié, son destin qu'elle s'est efforcée de conter toutes ces années... est parti. Il a fui ces belles pages blanches, l'encre noire qui, dans ses reflets sombres, traduisait l'obscurité de l'esprit torturé du Démon. Il était parti sans rien dire, s'était perdu sur le chemin de son destin tragique, et l'ombre désespérée ne le trouvait plus, désorientée d'avoir perdu l'être qu'elle avait aimé, rencontré dans son propore esprit, il était venu éclairer son pire cauchemar, rendre son courage dans les instants les plus effrayants. Mais il s'était effacé, et la pauvre écrivaine ne trouvait plus la suite de son histoire... Son grand héros, qui avait maudit son propore esprit de par ses maléfices, sa beauté noire qui avait assombrit l'éclat de son regard... Elle se leva, et, au beau milieu de sa chambre, tomba à genoux, la tête enfouie dans ses mains, cherchant une chaleur de réconfort, réconfort que son Prince lui avait volé. Elle resta la nuit entière, repliée sur elle-même, égarée dans son monde qu'elle avait bâti de sa plume légère, monde qui avait abrité son aimé, pourtant hostile à la vie, à la lumière... Il lui semblait entendre le Chant des Larmes, celui qui résonne quand un Prince devient étoile, et se transforme en sombre lumière pour éclairer d'une faible lueur, telle une petite bougie qui se meurt, le malheur d'une jeune déesse qui avait su dompter les mots, pour les offrir, dans toute leur splendeur, à son Roi. Elle pleurait, de ses larmes noircies par le désespoir, le départ qu'elle redoutait le plus. Mais, au fond d'elle même, elle le savait sauvage et indomptable, elle savait qu'il partirait, savait qu'un jour elle ne le reverrait plus, et le connaissait assez pour savoir qu'il ne lui ferait pas ses adieux, malgré tout ce qu'elle avait encore à découvrir à son propos.
Alors, d'une main tremblante, elle dessina son aimé sur la dernière feuille qui lui restait pour écrire son histoire, et, pleurant toute sa tristesse, lui fit ses aurevoirs à sa façon, gravant de sa mine de ghraphite, maladroitement, celui qui l'avait annimée, et avec qui elle avait vécu une autre vie.


Autour de "Apocalyptique" et "Sauvage" (celui-ci est très très bizzare XD)

L'enfant au regard sauvage s'était enfermé dans l'obscurité de sa chambre, les yeux brillants de haine, la chevelure agitée par le vent violent qui traversait la pièce. Sa peau autrefois blême était exangue, et semblait séparée en morceaux par des veines écarlates, presque noires par endroit, ce qui donnait à son visage une texture de marbre. Ses yeux noirs comme l'encre de sa plume, qui dessinait des scènes apocalyptiques, étaient rivés sur les feuilles éparpillées sur son bureau. Le même dessin y était représenté, un dessin de mort, de destruction. Depuis des années, il dessinait cette scène, la voyant de ses yeux éveillés, comme transporté dans un autre monde. D'une main, il agitait sa plume qui grattait le papier et grinçant, de l'autre, il tenait une vieille peluche, un ours blanc à qui il manquait un oeil et une patte.
Un enfant qui représentait un futur cauchemardesque en étreignant la seule chose au monde pour qui il éprouvait de l'affection.
Mais plus il dessinait ce même instant, plus il en distinguait les détails dans sa tête, des détails d'horreur, de sang, de mort, qu'un enfant de son âge ne devrait pas encore imaginer. Il voyait la fin, si clairement que ses larmes se répandirent sur ses joues, les larmes de celui qui comprend le secret qu'il a cherché à connaître toute sa vie. Les exquisses de batîments éffondrés semblaient s'enfoncer dans d'immenses crevasses, le sol paraissait craquelé et sec, et le feu, celui qui brûle au coeur du monde, s'en échappait pour tout détruire sur son passage. Et, au centre de la scène de Fin, le dernier soleil se levait, comme une dernière lueur d'espoir sur un monde mourant. Ce soleil, l'enfant le voyait s'élever dans le ciel sombre, perçant à travers les fenêtres brisées des constructions détruites, se reflétant sur les flaques de sang répandues sur le sol craquelé d'om s'échappait une vapeur blanchâtre.
L'enfant serra ses dessins contre sa poitrine, la peau humide de larmes, et observa la dernière lumière qui brillait encore pour l'espoir du dernier être en vie, de celui qui avait compris, de celui qui avait tout vu, depuis toujours.


Autour de "Ouragan" (très court, celui-là)

L' ouragan faisait rage dans la plaine, l'herbe scintillait dans la nuit, humide de pluie, éclairée par la foudre. La nuit tourmentée par le vent violent semblait plus noire qu'en l'absence de la lune, qui pourtant était pleine, ce soir là. Le fracas des éclairs, irrégulier, marquait un rythme puissant, comme un tambour que l'on ne frappe que pour annoncer une bataille sanglante. Mais cette bataille était celle de la nature elle-même. Les arbres affrontaient vent, pris dans sa tourmente, abattus par sa violence, mis au suplice par le feu du ciel, qui zébrait l'obscurité de sa lumière puissante. Les troncs, sanguinolents de sèves, agonisant tristement sur la grande plaine semblaient se lamenter, les centenaires humiliés par les éparts, autrefois fiers d'avoir survécut aux tempêtes, et d'être nés en même temps que leur monde. Ils semblaient pleurer la vie, le bruissement de leurs feuilles enmportées par la bise nocturne résonnait dans les ténèbres, longue lamentation sylvestre, qui venait chanter la mort.

A partir de "Argent" (la matière)

La jeune Reine, au regard d'un gris métalique, à la longue chevelure d'argent toute emmélée, les joues boueuses et sanguinolentes, demeurait immobile, accroupie au bord d'un corps froid et inerte. Des larmes noires coulaient de ses joues, se déposant goutte à goutte sur le manteau blanc du cadavre dont la tête, posée sur l'herbe ensanglantée, et ses yeux blancs encore grand ouverts, que la vie venait juste de quitter, semblaient encore admirer la beauté mélancolique de la reine. La pauvre femme, réduite à l'état de silhouette minuscule dans l'immensité du coucher de soleil, murmurait tout son amour à la dépouille de celui qu'elle avait aimé de son coeur d'argent, de cet argent brillant de tendresse terni par le deuil, emplit de mort, non plus de vie.
Puis, dans un lever de soleil éclatant de couleurs, elle se leva, et, le visage creusé de traînées salées laissées par les larmes, et marcha longement en direction de la mer, éclatante de reflets dorés par l'astre de jour, parée de ses plus belles trainées écumeuses. Elle s'assit dans le sable humide, pensie, les jambes et les mains léchées par la fraîcheur de l'eau, qui vint laver sa peau assombrie par le sang et la terre. La souverraine se sentit allégée de tout son malheur, tout son désespoir, comme si l'onde, attendrie par ses yeux si tristes, venait la débarrasser de la lourde horreur qui était venue écraser son coeur... Elle espérait attraper la fièvre, se faire prendre par la main par la maladie, et se faire guider doucement sur le chemin de la souffrance, puis de la mort... Et voulait en finir, mais trop d'honneur coulait dans son sang pour pouvoir envisager le suicide. Elle se leva et avança, s'enfonçant dans le sable jusqu'au chevilles, puis pénétrant dans l'eau de plus en plus froide, glacée. La jeune Reine fut engourdie par ce changement de température, et ses muscles endorloris se relachèrent, laissant le corps qu'ils soutenaient à genous dans l'eau.


Je vous mets les deux plus longues à la suite :)


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MessagePosté: Sam Déc 23, 2006 3:09 pm 
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Un truc que j'ai appelé "Par le Sang de la Mort", que j'écris depuis Mai... j'ai passé les deux derniers mois à la réecrire complètement... j'ai demadé un avis à mes chers parents qui trouvent les phrases trop longues... et j'arrive pas à l'éditer une troisième fois et à faire le ménage parmi les mots, c'est trop dur de m'en séparer!! J'ai besoin de conseils.


"Une silhouette était assise sur le bord de la falaise, contemplant toute la beauté de la mer, et ses reflets dorés qui illuminaient la côte des dernières lumières que projetait sur le monde le soleil couchant avant de disparaître derrière l'horizon. Elle regardait les flots agités se jeter férocement sur les écueils, et, dans un assourdissant fracas, soulever des gerbes d' écume qui jaillissaient à plusieurs mètres de hauteur. Sur la plaine qui surplombait l'océan, les herbes sèches se balançaient doucement, comme sa chevelure teintée des dernières couleurs de l'astre diurne. A quelques centaines de mètres de cette ombre vacillait un bûcher qui flamboyait dans les ténèbres nocturnes, projetant sur les herbes jaunies par l'été des teintes rousses aux couleurs de sang, celui-là même qui s'échappe fraîchement de la chair lacérée pour s'enfuir à travers les pierres durcies par la fournaise estivale. Et ce foyer embrasé brûlait le corps froid d'un roi, guerrier admirable qui jadis défendit son peuple avec la hargne des plus honorables, et qui protégea d'une volonté formidable, jusqu'à son dernier souffle, l'élue de son coeur.

La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.

Une silhouette était assise sur le bord de la falaise, contemplant toute la beauté de la mer, et ses reflets dorés qui illuminaient la côte des dernières lumières que projetait sur le monde le soleil couchant avant de disparaître derrière l'horizon. Elle regardait les flots agités se jeter férocement sur les écueils, et, dans un assourdissant fracas, soulever des gerbes d' écume qui jaillissaient à plusieurs mètres de hauteur. Sur la plaine qui surplombait l'océan, les herbes sèches se balançaient doucement, comme sa chevelure teintée des dernières couleurs de l'astre diurne. A quelques centaines de mètres de cette ombre vacillait un bûcher qui flamboyait dans les ténèbres nocturnes, projetant sur les herbes jaunies par l'été des teintes rousses aux couleurs de sang, celui-là même qui s'échappe fraîchement de la chair lacérée pour s'enfuir à travers les pierres durcies par la fournaise estivale. Et ce foyer embrasé brûlait le corps froid d'un roi, guerrier admirable qui jadis défendit son peuple avec la hargne des plus honorables, et qui protégea d'une volonté formidable, jusqu'à son dernier souffle, l'élue de son coeur.

La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.

La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.

Elle demeurait immobile, face à la mer déchaînée, l'esprit torturé par trop de souvenirs, jours de batailles, de sang, de mort, et de derniers baisers, plongée dans des pensées qu'elles ruminait inlassablement, s'enfonçant toujours un peu plus dans un deuil trop douloureux, souffrant déjà de l'absence de tout cet amour dont elle avait tant besoin. Le vent vint brûler ses joues, déjà rougies par le froid nocturne. Puis le soleil revint, de l'autre côté des contrées, juste derrière les collines serrées les unes contre les autres à perte de vue. Alors Nyd se leva, affrontant toujours l'océan du regard, et hurla toute sa douleur à l'étendue bleutée, criant tout son malheur, et ce refus de plonger son coeur dans la noirceur d'un deuil insupportable.

Son corps, que trop de malheur ne pouvait plus soutenir, se laissa basculer dans le vide, prêt à se fracasser contre les rochers en contrebas. De justesse, une main robuste rattrapa la sienne. L'homme la hissa sur le rebord de la falaise et l'étreignit d'une force réconfortante. Soulagé d'être arrivé à temps, il remercia son instinct de lui avoir soufflé l'idée qu'elle tenterait de venir à la rencontre de la mort, plutôt que de la laisser venir.
"Viens, rentrons. Tu dois te reposer...
- Non.
- Tu vas dormir un peu, et manger.
- Parce que toi, tu as dormi cette nuit? Et aujourd'hui? Par le sang de la mort, sois réaliste! Comment veux-tu que je..."
Il resta interdit, exaspéré par cet entêtement farouche de celle qu'il avait trop peu appelée "belle-soeur". Il la prit fermement par le bras et l'entraîna sur le chemin escarpé qui menait au village, atterré par le reflet vide qui flottait dans ses yeux, autrefois regard perçant et profond.

Ils pénétrèrent dans le village silencieux, traversant une vaste place au milieu de laquelle gisaient quelques branches calcinées, et entrèrent dans la plus grande des habitations. Une lumière chaude et accueillante éclaira leurs visages, celle d'un feu qui mâchonnait quelques bûches au centre de la pièce. Une dizaine de personnes étaient assises autour de celui-ci, et dévoraient de leurs yeux brillants le visage torturé de tristesse de la jeune femme. A la lumière du feu, on pouvait distinguer ses traits creusés par les larmes qui avaient coulé toute la nuit, laissant derrière elles d'épaisses traces salées sur son visage pâli par la fatigue, entouré de sa lourde chevelure boueuse et emmêlée, et de lourdes cernes soulignaient ses beaux yeux d'émeraude. Ils s'installèrent l'un contre l'autre, tournés vers la chaleur du feu, observant à leur tour les gens les plus importants du village. Tout comme celui de Nyd, leurs regards n'étaient plus les mêmes, et leurs allures altières et fières d'autrefois étaient celles de celui qui se replie sur lui-même pour mieux s'enfermer dans son silence malheureux. L'un d'eux fixait Nyd de son regard noirci par ses iris sombres. Il se racla la gorge et commença d'une voix sépulcrale:"


à suivre XD


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MessagePosté: Sam Déc 23, 2006 3:25 pm 
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Pis la deuxième plus-longue-nouvelle, qui pour le moment porte le titre des "Larmes d'Ecume", elle parle indirectement de ma passion sans frontières pour l'océan et la naviguation, mais on le sait pas encore parce que je viens de la commencer (après des mois de travail XD).
Celle-là est pas claire DU TOUT, c'est plus ou moins fait exprès, et puis mes phrases toujorus trop longues... ¬¬



Un navire rentre au port,
Une brise souffle sur le front de la montagne;
Il est un sentier sur le sol azuré de la mer;
Que nulle étrave n'a jamais fendu;
Les alcyons plannent autour des îles sur les eaux calmes;
Le traître Océan a renoncé à ses ruses;
Les joyeux marins sont libres et confiants:
Dis, mon âme, viendras-tu avec moi sur les flots?
SHELLEY, "Epipsychidion"

"La grande porte s'ouvrit dans un sinistre grincement, laissant s'infiltrer dans la chaleur de la pièce la pluie qui s'abattait dans la nuit, tandis que la chaude lueur intérieure s'en échappait pour éclairer les ténèbres nocturnes qui resplendissaient dans leur lourd silence obscur. Une silhouette se découpa dans cette agréable clarté et invita à entrer d'un signe l'homme qui venait de frapper - une personne assez grande, enveloppée dans une longue veste noire trempée de pluie-, qui disparut dans la chaleureuse lumière de la pièce, suivi par la silhouette qui lui avait ouvert.

"Le Général Yrkhan, mademoiselle.
- Fort bien, fort bien.... Fais-le entrer. Et prépare du thé. Merci."

Le général entra dans le vaste salon, et admira la grandeur de la pièce, savourant des yeux les moindres recoins qui dégageaient des effluves de trésors venus de loin, de mystères et d'encens. Ses yeux se posèrent tout d'abord sur l'immense cheminée, qui faisait toute la majesté du salon, et dans laquelle un feu accueillant mâchonnait paisiblement une bûche durcie par le froid. Devant celle-ci était une table basse couleur rouge sombre, sculptée avec tant de finesse qu'elle semblait onduler sur le sol, et face à laquelle se dressaient deux sièges d'une teinte semblable, celle du sang coagulé, qui rougeoyait à la lumière du petit brasier, agitée de reflets qui glissaient le long des tissus. Le mur opposé n'était pas visible; ce n'était qu'une vaste bibliothèque qui renfermait des centaines de livres -- leur odeur de vieux papier et d'encre séchée donnait à la pièce des senteurs envoûtantes - aux reliures abîmées par le temps, soigneusement découpées dans les meilleurs cuirs, décorées de lignes dorées qui s'entremêlaient sur leur fond sombre, et des objets venus des quatre coins du monde, colorés des teintes les plus rares, et qui respiraient l'inconnu et l'exotisme, dans leurs formes étranges, leurs courbes aux significations mystiques, et leurs couleurs incroyables.

Une silhouette élancée se mit lentement en mouvement; elle se leva calmement puis s'approcha de son visiteur pour lui faire face. A mesure qu'elle s'avançait, Yrkhan pouvait distinguer un peu plus de ses traits. Une femme dont le teint irrégulier avait trop connu la brûlure du soleil et les embruns salés de l'océan; elle avait de superbes yeux gris doux et pénétrants, des lèvres envoûtantes de finesse, et un nez retroussé. Sa chevelure bouclée tombait dans une cascade rousse sur ses épaules cachées avec délicatesse par une ample chemise blanche, dont les manches retroussées dévoilaient des muscles trop masculins. Elle portait un pantalon de toile sombre et une paire de bottes en vieux cuir qui semblaient avoir essuyé toutes les tempêtes du monde. Elle se tenait droite, la poitrine légèrement tenue en avant, la courbe de son dos parfaitement dessinée, qui lui donnaient une allure altière qui inspirait noblesse et aventure. Le général, subjugué par sa beauté sauvage, son parfum sensuel de jasmin de Bengalore et de cèdre, ne put prononcer un mot, et durant quelques instants, seuls les crépitements du feu de cheminée résonnèrent dans ce silence éloquent et particulier, avant qu'elle ne sourisse, et commence d'une voix grave et claire:
" Prenez donc place dans un fauteuil, mon cher. Donnez-moi votre manteau, il séchera vite auprès du feu."
Elle marqua une pause pendant qu'il se mettait à son aise, avant de reprendre:
" Comment vous portez vous depuis la victoire de la Guerre d'Argent? Je suis attristée de ne pas avoir reçu de vos nouvelles depuis...
- Eh bien... Il faut dire que gérer les nouvelles terres m'a beaucoup occupé, et j'ai eu peu de temps pour moi, et..."
Il marqua une pause lorsque le majordome entra dans la pièce, un plateau argenté en main, qu'il déposa sur la petite table. Deux tasses y étaient disposées, emplies d'un liquide fumant et noirâtre qui venait lécher de ses vagues brûlantes les parois immaculées de la porcelaine. Elle ne prêta pas attention à l'intrusion et imposa au général un regard ferme et pénétrant. Elle lui lança calmement, d'une voix glaciale:
"Pourquoi êtes-vous venu?"
Il toussa imperceptiblement, et ses yeux fuirent les siens pour se plonger dans le réconfort du feu rougeoyant. Il lui répondit d'une voix qui se voulait aussi ferme que la sienne, mais mal assurée:
"Vous le savez aussi bien que moi, Dynn.
- Je ne vous permets pas de m'appeler ainsi.
- Soit. Mais je maintiens que vous savez parfaitement la raison de ma...
- Je suis certes isolée de votre monde hostile et dégénéré, enfermée comme je le suis dans cette maison, mais je m'informe de ce qui s'y passe. Je veux simplement l'entendre de votre bouche, Général."


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MessagePosté: Ven Jan 05, 2007 2:03 am 
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Début de retouche des "Larmes d'écume" ... bon, c'est qu'un début, demain je continue et j'édite ;) mais je commence à fatiguer ce soir, ma concentration est pas au top. En tous cas merci encore pour tous vos conseils!

EDIT: Je l'ai encore retouchée depuis, ça devrait pas être trop mal =s Y'a pas énormément de changements, mais ça devrait rendre le tout mieux quand même =D J'ai fait bien attention aux répétitions ^


On frappa. La grande porte s'ouvrit dans un sinistre grincement: l'averse qui s'abattait dans la nuit s'infiltra dans la chaleur de la pièce, tandis qu'une chaude lueur s'en échappait pour éclairer les ténèbres. Dans cette agréable clarté se découpa la silhouette d'un domestique. On voyait bien qu'il était serviteur, malgré son sourire trop amical et sa tenue détendue. D'un signe, il invita à entrer l'homme qui venait de frapper, une personne assez grande enveloppée dans une longue veste noire trempée de pluie, qui disparut dans la confortable lueur de la pièce sans se faire prier, suivi du valet.

"Une visite, mademoiselle. L'Amiral Yrkhan.
- Fort bien, fort bien... Fais-le entrer. Et prépare du thé, s'il te plaît."

L'amiral entra dans le vaste salon, et admira la grandeur de la pièce. Des yeux, il savoura ses moindres recoins; ils dégageaient des effluves de trésors venus de loin, une lointaine odeur d'encens, peut-être même le parfum du mystère lui-même; dans la bibliothèque située à l'opposé, des objets venus des quatre coins du monde étaient soigneusement disposés, alignés les uns contre les autres. Il contempla l'immense cheminée dans laquelle un feu accueillant mâchonnait une bûche durcie par le froid. Devant celle-ci était une table basse couleur rouge sombre, sculptée avec tant de finesse qu'elle semblait onduler sur le sol, face à laquelle se dressaient deux sièges d'une teinte semblable qui rougeoyait à la lumière du petit brasier, agitée de reflets qui glissaient le long des tissus.

La maîtresse des lieux se mit lentement en mouvement; sa silhouette élancée se leva calmement de son fauteuil puis s'approcha de son visiteur. A mesure qu'elle s'avança, Yrkhan put distinguer un peu plus ses traits. Une femme dont le teint irrégulier avait subi la brûlure du soleil et des embruns iodés de l'océan; elle avait de superbes yeux gris, doux et pénétrants, des lèvres envoûtantes de finesse, et un nez retroussé. Sa chevelure bouclée tombait dans une cascade rousse sur ses épaules, cachées avec délicatesse par une ample chemise blanche dont les manches retroussées dévoilaient des avant-bras à la musculature trop masculine, zébrés de cicatrices difformes. Elle portait un pantalon de toile sombre et une paire de bottes en vieux cuir qui semblaient avoir essuyé toutes les tempêtes du monde. Elle se tenait droite, la poitrine légèrement tenue en avant, la courbe du dos parfaitement dessinée lui donnant une allure altière qui inspirait noblesse et aventure. Le général, subjugué par sa beauté sauvage, son parfum sensuel de jasmin de Bengalore et de cèdre, ne put prononcer un mot. Durant quelques instants, seuls les crépitements du feu de cheminée résonnèrent dans le silence, avant qu'elle ne sourisse et commence d'une voix grave et claire:
" Prenez donc place dans un fauteuil, mon cher. Donnez-moi votre manteau, il séchera vite auprès du feu."
Elle marqua une pause pendant qu'il se mettait à son aise, avant de reprendre:
" Comment vous portez vous depuis la victoire de la Guerre d'Argent? Je suis attristée de ne pas avoir reçu de vos nouvelles depuis...
- Eh bien... Il faut dire que gérer les nouvelles terres m'a beaucoup occupé, et j'ai eu peu de temps pour moi, et..."
Il se tut lorsque le domestique entra dans la pièce, un plateau argenté en main, qu'il déposa sur la petite table. Deux tasses y étaient disposées, emplies d'un liquide fumant et noirâtre. Elle ne prêta pas attention à l'intrusion et imposa au général un regard ferme et pénétrant. Elle lui lança calmement, d'une voix glaciale:

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La vie nous avertit qu'il existe une autre vie par le rêve."
Eliphas Lévi


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MessagePosté: Sam Jan 06, 2007 2:11 am 
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Ca va tout embrouiller, mais c'est pas grave :mrgreen:
En fait voilà la suite de ce même texte, mais pas encore édité xD

En fait entre temps le personnage principal, Dynn, a été conviée à un banquet donné par un Empeureur qui reste un personnage mystérieux. Selon ce que l'amiral (oui, avant il était général mais bon XD) lui a dit, c'est en l'honneur du départ prochain de trois mystérieux vaissaux vers un certain Nouvel Orient... Vous suivez? :P

Pas grave, dites-moi au moins ce que vous en pensez xD

C'est beaucoup de description, sans doute trop lourd mais j'adore en faire trop XD


*****

A son arrivée, Dynn fut dignement reçue; l'Empereur lui-même, sa femme et l'amiral s'étaient déplacés jusqu'au seuil de l'imposant château pour l'accueillir. Le monarque était vêtu d'un superbe pantalon blanc cousu de fils d'argent, festonnée de lignes noires qui s'entremêlaient tout en finesse. Ses longs cheveux noirs étaient soigneusement peignés, gomminés et attachés bas sur sa nuque. De fines mèches ondulées zébraient son visage pâle à qui ses yeux, aussi sombres que sa chevelure, donnaient un air mélancolique.
Son épouse, serrée contre lui, portait une robe somptueuse aux teintes bleues et rose pâle, qui mettaient parfaitement en valeur la clarté de sa peau, son regard bleu et ses boucles blondes, qui pour l'occasion avaient été coiffées avec complexité. Dynn appréciait peu le corset trop serré qu'elle portait, qui lui donnait une fausse maigreur qui lui parut de mauvais goût, alors que sa poitrine était gonflée en avant avec exagération, comme seules savent le faire les femmes de la haute société, trop soucieuses de leur image, et trop respectueuses d'un style qui lui semblait pourtant suranné.
Yrkhan, quant à lui, portait avec modestie son beau costume de Général, haut en couleurs et en motifs. Il avait été recousu plusieurs fois d'entailles, maintes fois lavé de taches de sang, mais gardait une certaine dignité qui complétait son rang d'Amiral qui toujours avait été porté avec fierté. Ses yeux verts brillaient, et sa chevelure, véritable tignasse roux sombre veinée de mèches couleur cendre - la vieillesse le rattrapait déjà - était tressée avec négligence.
Elle leur sourit poliment et gravit les marches de l'immense escalier, jurant entre ses dents à l'adresse de sa propre robe, qui n'était à ses yeux qu'un symbole d'infériorité par rapport aux hommes qui, eux, étaient libres du moindre de leurs mouvements, sans être étouffés par l'étreinte abominable d' un bustier trop serré ni gênés par la myriade de plis des jupons qui venaient s'entremêler dans les jambes maladroites et déséquilibrées. Pourtant, tous le pensèrent à cet instant, elle était merveilleuse, ainsi vêtue. Ses voiles n'étaient que des reflets verts et bleus, superposés dans une superbe complexité, mis en valeur par un corset délicat qui dévoilaient sa silhouette longiligne et musclée. Enveloppée dans pareil chef-d'oeuvre, l'océan, dans toute sa sauvage splendeur, semblait tournoyer autour d'elle.

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"La vie nous habitue à la mort par le sommeil
La vie nous avertit qu'il existe une autre vie par le rêve."
Eliphas Lévi


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MessagePosté: Mer Jan 24, 2007 8:55 pm 
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Désolée de mon absence, je me connecte presque tous les jours, mais je dis rien... sans doute parce que je n'aie rien à dire XD (je vais y remédier un de ces quatre)

Bon, retour en enfance pour certains! Voici ma toute dernière
Rédaction

Sujet Dites quel métier vous aimeriez exercer. Justifiez votre choix avec des arguments et des exemples variés.

Sans doute le terme écrivain désigne-t-il d'avantage une vocation qu'un métier. Il est vrai que la complexité et le mystère qu'inspire ce seul mot me donnent des frissons de délice... Ecrivain, c'est bien le métier qui me conviendrait le mieux, cela ne fait nul doute. Comme toutes les autres professions, il apporte presque autant de préoccupations - si moindres soient-elles - que d'avantages, c'est bien là un métier de risques et de libertés...

De libertés, parlons-en. L'écriture présente bien des visages; c'est un océan de formes, rimes et autres métaphores... quelle liberté que celle de pouvoir manipuler tout à son aise l'essence même des mots, des paragraphes, de manier la plume comme on le souhaite! Comme on se sent libre de trouver l'inspiration comme elle vient, devant un coucher de soleil en bord de mer, installé sur un rocher, ou serré contre la vitre poisseuse d'un vieux train sale... Le sujet est à trouver, et l'on peut choisir de revêtir le masque d'un scientifique avisé ou de quelque voyageur amoureux... Alors les personnages prennent vie pendant que, plume en main, on manipule leur destin. On serait presque le dieu d'un autre monde, capable de donner la vie, la mort, l'amour ou le désespoir, c'est un pouvoir dont on peut faire tout usage. C'est un univers de rêve où les idées de demandent qu'à germer: l'écriture est une cathédrale à construire, un monument aussi sombre que lumineux, vaste avec des recoins confinés, à l'architecture aussi complexe que splendide.

Mais malgré tous ces enrichissements, il faut retrouver une once de pragmatisme: un texte est écrit pour être lu, et cette vérité absolue place des barrières à l'imagination. Les mots doivent plaire, tout comme un métier doit rapporter de l'argent. Les paragraphes se doivent de séduire les éditeurs, les critiques se doivent de complimenter l'oeuvre, et cela ne suffit pas toujours à gagner sa vie aussi facilement qu'on le croit. C'est un défi à relever que celui de vivre en rêvant, mais la poésie -en prose ou en vers -, aussi passionnée soit-elle, n'est pas toujours aussi justement récompensée qu'on l'espère. C'est une tâche acharnée que celle de trouver au fond de son esprit la formule parfaite, dont les moindres syllabes résonneront dans l'âme du lecteur. Il faut l'avouer, la lecture doit être une maladie contagieuse; l'histoire, quellle qu'elle soit, doit accrocher le lecteur, lui démanger les sens jusqu'au point final, et c'est bien là toute la difficulté.

C'est une vocation de rêves, de liberté et d'imagination autant qu'un métier de difficultés et de contraintes. Sans doute l'expérience et la persévérance apporteront-elles un équilibre à tout cela, mais puisqu'il faut choisir entre bonheur financier et celui de l'âme, autant l'assurer; sans hésitation, j'affirme que vagabond rêveur est plus heureux que bourgeois aisé...


Organisation: 5/7
Forme: 2/3
Style:3/3 (TB)
Idées: 5/7
= 15/20

Commentaire du prof: Vous "écrivez" bien, facilement, adondamment; on sent que c'est un plaisir mais ne vous éloignez pas du sujet... Gardez en tête le mot Métier et le verbe Exercer... Bon travail, des remarques originales...


A vous les studios :mrgreen: Soyez pas trop méchants, j'avais qu'une heure et un sujet vraiment pourri :mrgreen:

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MessagePosté: Mer Mai 02, 2007 12:13 am 
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Je repense à toi, soldat.(j'ai parfaitement conscience que ça ressemble beaucoup au film Retour à Cold Moutain, mais je m'en suis pas rendu compte tout de suite.)

" Je repense à toi, soldat.
Un nom, un souffle, le vent d'une rêverie oubliée, et mon coeur bat plus fort contre mes côtes, l'air se fait rare dans mes poumons. Il suffit qu'une pensée prenne d'assaut mon âme à l'agonie, un vague songe sans importance, qui soit lié à ta personne, pour que ta voix doucereuse envahisse de nouveau mon esprit. Je souffre de ton absence, soldat. Ne m'avais-tu pas promis, juré, ne m'avais-tu pas donné ta parole, que peu de temps après ton départ, je pourrais lire des mots de toi? Tu me laisse sans nouvelle, et ton souvenir me torture corps et âme. Ecris, si tu le peux, dépose une pierre dans une enveloppe, un brin de ta chevelure, et tu rendras à l'espoir lui-même une lueur nouvelle. Je t'en prie, dis-moi que la vie et toi ne faites toujours qu'un.
Tu m'as laissé un médaillon de cuivre, lorsque tu es parti, que ton père avait forgé, et dans lequel siège ton portrait. Une photographie teintée de gris, de noir, de blanc, sur laquelle je peux voir ton visage serein. Tu arbores un sourire discret qui te vas plutôt bien. Quand je l'ouvre pour te contempler, je peux encore humer quelques effluves nébuleux des senteurs qui furent ton parfum. Il ravissent mes poumons, et pourtant sont une torture intolérable. Il me suffisait jadis de m'approcher de ta nuque, murmurer quelque secret à ton oreille pour que me parvienne ton odeur sauvage et envoûtante.
Chacun de mes mouvements porte ta mémoire, dans leur inconsciente gestuelle. En guise d'exemple; lorsque je pose sur mes épaules ton grand manteau noir, qui fut remplacé par cette horrible veste bleue de l'uniforme soldatesque que tu arborais sans fierté, je pense à toi. Il préserve entre ses coutures vieillies la chaleur de mon corps, quand il m'arrive encore de marcher sous la neige. La pluie glisse sur son cuir sans oser souiller mes chemises, cette pluie, qui en frappant contre lui, fait couler le long de mes jours d'amères larmes diluées par l'intempérie. Ou bien lorsque je relis tes poèmes, notés en hâte à la plume sur des parchemins blancs, ces mots que tu avais su dompter pour moi, que tu glissais sous ma porte, aux heures les plus obscures des nuits d'été, dans un silence parfait qui jamais ne perturba mon sommeil pourtant léger. Je les conserve dans une boîte d'aluminium, et souvent passe des journées entières à les relire, à savourer chaque courbe de chaque lettre, que tu traçais si bien, avec une volupté et une souplesse de plume sans égales. Et puis, dernière relique du passé, j'ai gardé cette boîte à musique dont tu ne te séparais pas, que je t'avais presque dérobée, à la dernière minute, pour que, si j'oubliais la mélodie de ta voix, je puisse détenir encore quelques harmonies qui me feraient penser à toi. Comme pour me contredire absolument, ma mémoire a fait que restent gravés dans ma conscience chacune des syllabes que tu as prononcées.
Quand rentreras-tu? Je me meurs de langueur , et subis l'accablement comme une plaie qui ne cicatrise pas. En ton nom, je dissimule au fond de mon coeur une dernière lueur d'espoir, de rêve, et m'accroche à ces empreintes que tu as laissées sur mon âme avant de disparaître. Je t'attends, je souffre. Je dépéris. Pourtant je vis, et continue de contempler comme chaque soir les constellations qui éclairent le monde, dont tu me parlais comme un philosophe, comme si tu étais leur fils... Penses-tu encore seulement à elles?
Reviens, soldat..."


Je continue avec un défi avec un copain (on verra ce que ça donne !) Il a choisit le sujet: Illusion, un thème à traiter comme on voulait, du moment que c'est poétique... le résultat ne l'est pas particulièrement, mais bon, j'ai travaillé mon style, c'est déjà ça! ^^" (nan nan, je rigole pas, je crois qu'il y a du progrès!)

Illusions


On m'avait promis un voyage extraordinaire, lorsque je les avais achetées. Sans aucun doute, m'avait assuré un ami, elles seraient pour moi un bien meilleur remède. Et puis, mon fournisseur était un homme adorable: subtil, fine mouche, il avait le regard intelligent et le sourire juste assez manipulateur pour qu'on aie confiance en lui. Je rentrai chez moi, une lueur d'excitation dans les yeux, et, me posai dans mon fauteuil de velours noir, usé par la poussière, ponctuant le geste d'un soupir las mais heureux. Je sortis donc mon tout dernier achat de ma poche, en nettoyai soigneusement l'extrémité d'un coton désinfecté, et plongeai dans ma chair palpitante l'aiguille rafraîchie d'antiseptiques.
Un instant, je contemplais mon salon en désordre, comme si c'était la dernière fois que mon regard terni d'ennui pouvait l'apercevoir. De mystérieux sentiments s'insinuaient dans mon esprit, comme si les objets... vivaient... Des vêtements traînaient jusque dans les moindres recoins, se prélassant paresseusement sur le faux parquet clair constellé de tâches d'encre, sombres étoiles, ciel luisant; mes meubles de mauvaise qualité, recouverts d'une pellicule de saleté, semblaient pris d'une lourdeur hautaine. Ô, énigmatique émoi! Et cette vieille horloge en acajou, battant le temps d'une une régularité inouïe qui me dépassait, elle et ce pouvoir de contrôler le temps, ne lui permettant d'écouler ses secondes que quand son balancier daignait atteindre une extrémité ou l'autre de son court parcours. Seules ces petites machines avaient le droit de posséder ce genre de privilèges: pour cela, je méprisais cette horloge.
Je poussai encore un peu plus le piston d'un geste tranquille et sentis un liquide tiède se propager dans mon sang à grande vitesse. Je n'eus même pas le temps de desserrer la lanière de cuir qui serrait mon bras. Une inspiration, et déjà je basculais dans un autre monde. Un monde de rêves.

Des larmes de soulagement mouillèrent ma vue; au fur et à mesure que le fluide parcourait mes veines, l'étreinte de la réalité, trop présente, trop cruelle, cessait d'étouffer mon âme, et je respirais enfin un air de liberté. Ô, sublime sensation! Aucun remords, pour avoir vidé mon compte bancaire afin de te connaître enfin. J'obtenais mille délices grâce à toi. En l'espace de quelques secondes, mon salon n'était plus. Un vide parfait prit place, et, finalement, je fus seule, complètement seule dans un monde en lequel je n 'avais plus confiance. Redevenue fœtus, protégée de la réalité, comme enfouie de nouveau dans la déliquescente chaleur maternelle, à l'abri des autres et de leurs viles influences, hors de porté des manigances poisseuses que l'on menait dans mon dos depuis trop longtemps; ainsi isolée, rien n'avait plus d'importance. Je laissais la drogue m'offrir cette protection que j'avais toujours désiré retrouver.
Puis je crus apercevoir de minces flammèches qui s'élevaient dans l'atmosphère nocturne; multicolores, elles ondulaient dans le vide, sans support aucun, tournoyaient autour de moi comme des poissons tropicaux piqués de curiosité. Leurs teintes chatoyantes, leurs formes étranges, leurs mouvements subtils, souples, sensuels même, hypnotisaient mon regard. Ces courbes ondulantes apparaissent, se mouvaient dans l'air, puis, comme perdant leur souffle bref, s'estompaient dans l'obscurité aussi vite qu'elles étaient apparues.Ô, obscures lueurs d'espoir; vous éclairiez le sombre, assombrissiez le lumineux. Elles étaient le Mystère lui-même, lui et ses effluves aux exhalaisons d'incertitudes et de convictions, ces courbes aux gestuelles aliénées... Fascinée, je me m'octroyais alors la liberté de rêver, et, à cet instant, ne ressentais qu'apaisement.
Bientôt, elles disparurent toutes, comme elles étaient venues, s'effaçant dans le noir, comme effrayées de quelque cauchemar étrange. Moi, revenant à la réalité, suffocant dans l'air, épaissi par le malheur, munie du peu de conscience qui me restait, j'empoignais maladroitement une autre seringue, et un liquide neuf envahit mes veines.
La chaleur rassurante revint, mon souffle retrouva son rythme détendu. Je pouvais enfin nier ma fragile nature, et me sentir puissante, maîtresse de mon destin, grâce à cette nouvelle force qui nourrissait mon sang. Cette vague de bien-être entraîna une extase, une confiance en moi-même toutes nouvelles. Je voulais hurler au monde à quel point il était insalubre, ce monde de préjudices, ce monde de favoritisme, ce monde raciste, ce monde riche, pauvre, ce monde divisé et injuste! Monde malsain! Je voulais pourtant vivre, exister et me battre pour mes idéaux; enfin je me sentais être, mon corps avait de la consistance, mon avis avait un poids. Je pouvais désormais aller en avant, poser un pied devant l'autre, montrer que j'étais bien là, pour le meilleur et non plus pour le pire, assumer mes valeurs, si pertinentes qu'elles passaient pour surannées. J'étais capable laisser l'empreinte de mes convictions dans la société. Ô, puissante vésanie! je possédais ton pouvoir.

Le temps passait trop rapidement, incontrôlable, fugace et fuyant. Je crus apercevoir cinq, six seringues vides sur mes genoux tremblants. Je me sentais plonger dans le néant; quelque chose de véritablement profond, qui renfermait, loin sous ce sentiment de plongeon, de la terreur. Une frayeur intense; celle qui s'insinue dans les artères scandées par un coeur affolé, aux allures de phobie violente, soudaine, et qui n'apparaît que lorsque l'on prend conscience d'une réalité fatale, mortelle. Un râle imperceptible, gémissement d' affable agonie qui n'en finissait pas d'envahir ma chair s'échappa de ma gorge gonflée par une lente asphyxie. Le noir envahit ma vue, mon ouïe, seul un lointain goût de cendre persistait encore à coller à mes papilles. Je crus sombrer dans un océan âcre et visqueux, qui me privait de tous mes sens. J'avais peur, vraiment. La seule angoisse que l'humain peut véritablement ressentir, la seule qui n'est pas aussi superficielle que les autres...
Ô, merveilleuses illusions; pouvais-je me douter qu'au delà de vos bienfaits, vous n'étiez qu'un prédateur raffiné?
... la peur de mourir, je crois.


Rhaaaa... pas moyen de faire des alinéas, je meurs. ><

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