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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
Nous sommes le Mar Juil 17, 2018 3:05 am

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MessagePosté: Dim Avr 30, 2006 7:47 am 
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Début d’après-midi
edit : ou Tableau d'un après-midi d'été



L’atmosphère est lourde. L’air nous étouffe.
Le Soleil est périodiquement voilé par un nuage opaque, et la plaine devient terne, comme si nos yeux défaillaient de fatigue. Le ciel s’assombrit.
L’herbe est pâle et rêche sous nos corps, et le sol de la boue séchée et craquelée, grouillante de vie. Des bataillons de fourmis avides, quelques vers solitaires, et toutes sortes d’insectes bigarrés.
À quelques mètres de moi, des corbeaux nous questionnent de leur voix rauque et sans joie. Ils sont de plus en plus qui arrivent sur la branche craquante de l’unique arbre des alentours, un petit hêtre rachitique et fripé, dont les racines tordues sont comme les doigts osseux d’une main arachnéenne tentant désespérément de se raccrocher à la terre.
Au pied de l’arbre, ils sont tout un tas. Je reconnais des uniformes, un drapeau. Tiens, le petit Adrien. Il fait une drôle de mine, comme les autres. Pas de sourire sur sa face livide. Son bras est étendu devant lui, mais il forme un angle malsain avec le reste de son corps meurtri.
Alors que les mouvements de résistance désespérés agonisent, les macabres oiseaux osent s’avancer. À petits sauts d’abord, pour jauger le danger, puis, quand ils ne reçoivent que quelques gémissements plaintifs, ils attaquent.
Un hurlement déchirant.
Je vois sautiller un corbeau près de moi. Il a quelque chose d’assez inhabituel dans son bec. Comme un œil.
Mais ils ne semblent pas vouloir s’occuper de moi pour l’instant. Ils ont le temps. Le champ de bataille est jonché de ferraille et de chaire frémissante. Les survivants ont fui, des deux côtés, et même les détrousseurs de cadavre ont renâclé devant la puanteur du carnage.
Je suis allongé à côté d’Emrick, un vieux compagnon de route, qui me regarde fixement d’un œil vitreux, sans ciller. Il a perdu tout son sang, la jambe tranchée.
Je suis étendu sur quelqu’un. Je sens son corps tiède et inerte dans mon dos. C’est celui qui m’a tué, je ne sais plus trop comment. Il y a juste eu une douleur dans le flanc, puis j’étais à terre. Je jette un œil sur la plaie. Elle est grouillante de vie.
L’atmosphère est lourde. L’air m’étouffe.
Et je meurs.



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Dernière édition par Pépère le Mar Juil 11, 2006 8:04 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Lun Juin 05, 2006 11:32 am 
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Le Grand Retour



Dehors, l’orage tonnait. À travers l’étroite fenêtre du laboratoire, le fervent chercheur Andersen observait d’un œil inquiet les éclats de lumière rageurs des éclairs. Toute sa vie, il avait été très sensible aux signes qu’envoyait le Seigneur dans chaque situation : le vol affolé des corbeaux, le glas de l’église, la montre en panne ou les prédictions du concierge, tout cela l’aidait à prendre les bonnes décisions sur le chemin de la vertu, qui le mènerait au Paradis, sans doute. Et le lourd grondement du tonnerre qui résonnait alors dans ses os n’avait rien d’un bon présage. Battement tellurique, le ciel semblait plus souterrain que l’Enfer lui-même. Cela inquiétait le savant au plus au point. Pourtant, tout les autres oracles amenaient à ce moment fatidique, ce pouvait-il… ?
Un éclat explosa soudain, très proche. Le vieil homme sursauta, puis décida de s’éloigner de l’ouverture qui le mettait trop mal à l’aise. Il regarda son assistant qui s’affairait pour les derniers préparatifs, ce qui ne le rassura pas beaucoup. Le pauvre jeune homme, ça n’était pourtant pas sa faute, mais il n’avait rien de chrétien. Jeune musulman fraîchement immigré, son nom, son teint, sa barbe, tout en lui respirait l’Islam. Mais bon, ç’avait été le seul à se présenter d’assez compétent, et le Christ nous apprenait à aimer nos prochains, malgré leurs erreurs. Le Christ… Andersen songea à l’aboutissement de ses travaux, de sa tâche immense que lui avait confié le Seigneur, qui l’avait soutenu tout au long de l’épreuve, jusqu’à ce temps désapprobateur… l’assistant y était-il pour quelque chose ? Le savant avait longtemps hésité à l’engager, ne prenant sa décision qu’en trouvant, après son entretien avec le jeune homme un billet de 5 euros par terre. Se pouvait-il qu’il se soit trompé dans les signes, que Dieu ait voulu mesurer sa force, que le Malin l’ait tenté ? Il s’était montré vénal ! Non, ce ne pouvait être ça, le Seigneur aurait immédiatement montré sa divine colère.
Il essaya de chasser ses doutes de son esprit. Lorsqu’on dévoue sa vie à une œuvre comme la sienne, il n’y a plus de place pour l’hésitation. Ce serait céder au Démon. Ce qu’il faisait était juste, il le savait, et il le ferait. Il releva la tête, et la foi qui avait gouverné son existence brillait dans ses yeux.
Mohammed, lui, ne le remarqua pas. Il finissait de brancher les fils de toutes les couleurs un peu partout sur les ordinateurs, les générateurs, les claviers. Il s’empêtrait littéralement dans les courroies qui disparaissaient toutes dans l’ombre du drap blanc au centre de la salle. On devinait dessous les formes d’un corps humain, assez grand et maigre.
Le professeur Andersen s’approcha respectueusement, et souleva pour une dernière fois le Saint Suaire. Il vit le visage de l’homme qui reposait et sa détermination s’en trouva affermie. Oui, ce qu’il faisait était bien. Il laissa retomber l’antique linceul, et recula de quelque pas.
- Tout est prêt ?
Mohammed finissait de lutter contre deux fils de cuivre, tel Hercule face aux serpents, puis se dégagea finalement de la toile d’araignée chamarrée.
- Tout est en place.
Le savant serra la mâchoire, crispé. Sa main était ferme lorsqu’il abaissa le levier principal. La salle crépita aussitôt d’énergie, les fils s’agitèrent comme autant de tentacules, les écrans s’affolèrent, les ordinateurs émirent des bips sonores, et des flashs lumineux éclairèrent les murs, projetant d’improbables ombres. Puis plus rien. Tout redevint calme. Quelques secondes s’écoulèrent sans que rien ne se passe, et l’on pouvait entendre les battements sourds mais effrénés du vieux cœur du professeur. Comme toujours rien n’arrivait, il craint que l’opération n'ait échoué. Dieu l’avait-il désavoué ?
Il approcha prudemment du corps étendu, toujours inerte. Il saisit légèrement le fin tissu et s’apprêtait à le soulever lorsque l’être endormi émit un faible grognement, tira le suaire et se tourna sur le côté, exposant son dos au scientifique. Ce dernier, d’abord sous le coup de l’émotion, se remit peu à peu, mais seulement pour mieux s’émerveiller. Il baragouina quelques mots inintelligibles d’une voix fervente, puis parvient à articuler quelque chose de construit, le visage rayonnant, presque illuminé :
- Sei… Seigneur Jesus, est-ce vous ?
Il attendit la réponse, les mains tendues et le sourire béat, mais il n’eut droit qu’à un autre borborygme grincheux. Il fut quelque peu déstabilisé, mais n’oublia pas sa mission.
- Seigneur, le monde a besoin de vous : partout ce n’est que haine, mensonge et paganisme. L’église se meurt, et l’Humanité avec. Il lui faut un guide pour retrouver la foi et l’espoir. L’Humanité a besoin de vous.
- Mmh, grommela l’intéressé d’une voix pâteuse, sans sortir la tête de son drap, c’est déjà Pâques ?
Le savant était abasourdi, il croyait entendre son fils un lendemain de fête, pas le Messie en personne ! Pouvait-il y avoir eut méprise ? Pourtant, tout était calculé… Il réfléchissait en vitesse, quand l’assistant, qui était resté en retrait, s’exprima d’une voix claire et joyeuse.
- Allez, debout, fainéant !
Le professeur n’eut pas le temps d’être soufflé que l’homme ressuscité s’asseyait d’un coup sec, jetait son suaire à terre et levait une tête souriante.
- C’est toi Momo ? s’exclama-t-il.
Puis il sauta de la couchette en riant, nu comme le petit Jésus, mais après la puberté, eut le temps de se dire fort à propos le savant estomaché, qui n’y comprenait plus rien ou en tout cas aurait bien aimé ne rien comprendre, et l’assistant riait aussi, et les deux s’étreignirent, puis se lancèrent dans un tchake complexe, un salut qui n’aurait pas déparié dans une cours de lycée. Celui-ci sitôt finit, ils éclatèrent à nouveau de rire puis s’engagèrent dans une discussion passionnée mais rien moins que théologique.
Andersen n’avait pas encore totalement repris ses esprits lorsqu’il s’approcha des deux comparses, regardant fixement le nouveau venu. Quand celui-ci le remarqua, enfin, il cessa sa discussion, fit une moue un peu ennuyée et se tourna vers le scientifique. Grand et élancé, ses cheveux longs encadraient son visage anguleux mais fin, et sa barbe de trois jours.
- Seigneur Jésus ? bredouilla-t-il.
L’autre sourit.
- Vous pouvez m’appeler Chris.


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MessagePosté: Sam Juin 17, 2006 5:34 pm 
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Coma



Je dormais. Je marchais dans un désert, une mer de terre sèche et craquelée, stérile, sans relief, qui s’étendait à perte de vue. Nous avancions joyeusement, le pas léger, moi et une colonne de joyeux drilles, telle une expédition militaire, la fleur au fusil, avançant à marche forcée vers l’ennemi. Dans la troupe, entre deux éléphants harnachés et caparaçonnés, je reconnaissais fugitivement des visages indifférents que j’avais déjà entre aperçu au Lycée mais qui n’avaient jamais compté, et qui ne compteraient plus. Je m’envolai soudain, et, prenant de l’altitude et du recul, vis notre groupe imposant comme un petit amas de poussière noir perdu dans un pâle infini, mais avançant tant bien que mal. Et en face, un escalier. Un grand monument de pierre polie, de 80 mètres de haut, il me semble, dont chaque marche fait la taille d’un homme, et sur lequel coule un tapis écarlate. À son sommet, rien : tout autour ce n’était que désert. Agrippant la rambarde d’or, je montais seul, laissant là mes compagnons qui me regardèrent en silence le temps de l’ascension. Je ne me retournai pas. J’arrivais dans une fête endiablée, une atmosphère à la fois obscure et lumineuse, contrastée en tout cas, qui jurait avec le monde terne que je quittais. En fait, obscur et lumineux, tamisé était le mot, mais l’agitation des danseurs le rendait impropre. Je bus quelques liqueurs, et c’est là que je l’ai vue.

Elle dormait. Le matin même, son chauffeur de bus habituel, un petit chauve à la forte carrure qui semblait descendre d’une Harley avec son blouson-jean et ses lunettes de biker, était venu la chercher chevauchant deux clones de son chien, un vieux labrador grisonnant. Arrivée au milieu du Pacifique, elle avait plongée chez sa mère, et, en poussant une porte dérobée, était arrivée ici, où elle s’était d’abord défoulé avant de me voir.

Nous dormions et avons avancé tous les deux l’un vers l’autre, symétriquement et pourtant très naturellement. Sans un signe, sans même communiquer du regard, tout à fait synchronisés, irréels, nous nous sommes enlacés et embrassés. C’est bête, je n’avais qu’une vue d’ensemble sans les détails. Je serais incapable de dire si une sensation de chaleur m’a envahi, si le contact de sa peau étrangère avec la mienne n’a pas créé un courant électro-statique, une délicieuse tension, mais en tout cas tout le monde avait disparu. Je ne reconnaissais pas le lieu, et supposais donc que nous étions chez elle. À aucun moment je ne me suis posé de question. Nous avons passé une nuit merveilleuse.

Et nous ne nous sommes plus jamais réveillé.


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MessagePosté: Lun Sep 18, 2006 9:06 pm 
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Une journée normale, pour un début de texte normal avec ses phrases courtes et blasées. 7 h 47, fait pas chaud. Pas loin de froid. Ca sent la clope à l’entrée, je me faufile entre un bestiaire aux couleurs ternies par le matin qui s’accroche à mes yeux. Des brides de conversation qui roulent sans moi tombe dans mon oreille de sourd. « Personne n’est parfait, moi-même j’ai une hygiène dentaire déplorable » « Vive la barbe » et autre « fufuluf » fatigués. Alors que je double une grappe de dreadlock soignée, je tombe nez à nez avec un de ces faciès qui semble avoir roulé sur plusieurs kilomètre dans de la boue malodorante, de ces boues qu’on n’utilise peu dans les bains pour la peau, si vous voulez. Il sourit, enfin au moins ses muscles buccaux se tordent alors je lui crache dans l’œil et je passe sans même prendre le temps de l’assommer.
Dans l’allée menant au bat C, je suis deux jeunes filles mal vêtues comme il faut, et, me translatant à une vitesse égale et gardant ainsi une distance entre elle et moi constante, je peux suivre, malgré moi, plus au long, leur discussion comme un invité clandestin. « Tiens, hier j’ai eu une révélation – Ah ? - Ouais, tu vois j’me souviens en primaire j’étais toutes fière parce que j’savais, enfin j’croyais savoir l’étymologie de PD, et quand les autres balançait ça j’faisait « ouais d’abord vous savez pas ce que ça veux dire », et en fait j’étais persuadé que ça venait de pédophile, tu vois – ah ouais – ouais bah en fait en y réfléchissant, hier – comme ça tu te pose des questions toi – ouais enfin voilà j’sais pas du tout pourquoi mais j’me suis rendu compte qu’en fait ça venait de pederastre, et sur le coup chais pas ça m’a étonné » et l’autre de rire. J’essaye de les doubler, presque par politesse pour leur laisser leurs secrets mais dès que j’accélère elles allongent aussi le pas, et bientôt je ne peux tenir la distance et me range, vaincu.
Enfin j’arrive dans la grande cour grise, aussitôt le monde disparaît et je n’ai plus qu’un objectif, qui dissipe totalement les brumes résiduelles de mon esprit du dimanche, le coin du mur. Celui où s’agglomèrent déjà quelques camarades enjoués. Comme d’hab, le matin ça discute politique. On a un pote vachement marrant, il arrête pas de nous parler d’extrême droite. Bon, y a aussi Jacquess-Alexandre qui nous cause décroissance avec des références intellos et tout, c’est chiant mais bon on l’aime bien Jacques-Alexandre en plus il a les cheveux longs et un petit doigt plus grand que l’autre.
Après ça sonne parce que souvent c’est quand on est tranquillement avec des amis que ça sonne, et vous voyez quand ça sonne c’est un peu irréfutable comme le glas, mais en plus aiguë et avec des harmonies moins naturelle. Le glas t’es mort mais y a pas de triton. Enfin bon, comme de toutes façons, mektoub et on n’en parle plus, on est là pour traîner des pieds, non ? Mais avec ardeur et application, sinon comment peut-on se motiver à rechigner, je vous le demande.
Après c’est flou. Je crois que c’est cours, mais je ne suis plus vraiment sûr. C’est très vague et généralement ça fait appelle à des aires cérébrales que j’oublie de réactiver après coup, donc heureusement ça n’a pas trop d’incidence sur mon vrai moi. Je crois qu’on a disséqué un truc, mais je dois confondre avec la pomme que j’ai mangé au déjeuner, m’enfin.
Après-midi, avant de reprendre, on était là, avec des amis, Gertrude, Bobo, Nail et Klo à dire des bêtises sur les bouteilles d’eau quand on a vu approcher le Grand X d’une démarche à la fois débonnaire et conquérante, ce qui n’est pas évident à arborer je vous l’accorde.
- Les gars les filles, vous ne me croirez pas.
- Exact.
- Vous voyez ce coffre ? – dans sa main une boîte de chêne vermoulue. Et bien il contient la célèbre copie de maths de Robert Crâne d’œuf d’Autruche, celle-là même qu’il a jadis arraché à l’ignoble et sans âge –car nulle chronique n’indique un temps où il n’était pas- Blanchard.
Silence dans mon assemblée au rappel de cette sombre histoire transmise de terminale en seconde que tous connaissent, et certains croient.
- Et vous savez quoi ? reprend l’oracle. J’offre la clé à celui qui résoudra ma devinette. Je vous la donne : Sergio Leone.
La copie ? Il veut nous offrir la copie ? Le saint parchemin qui, dit-on, avait été perdu et caché sous les ans ? Aussitôt c’est l’ébullition. Au bout de quelques secondes, Bobo relève la tête, son œil s’illumine un instant – à moins que le soleil ou l’alcool ne m’ait abusé – et d’un coup précis il enfonce son bras dans le bas-ventre de Nail dont le visage – un peu étonné, je l’accorde – se fige. Nous suivons la main de notre camarade qui, après avoir fouillé un peu, ressort en sang mais serré autour d’un petit objet d’or : la clé du coffre. Nous pressons le vainqueur de question.
- Et bien, explique-t-il modestement, c’est simple, Sergio Leone donc Le Bon, la Brute et le Truand, donc Le Bon, la Bête et l’Odieux, donc la Bête au Bon Dieu, d’où il s’en suit : la coccinelle, et enfin le coccyx de Nail.
- Ah, oui, évidemment, maintenant que tu le dis.
Et chacun de regretter de n’avoir saisi la réponse qui pourtant nous avait papillonné devant le nez.
- Bravo, se réjouit le Grand X.
Et il lui tend le précieux coffret, que l’autre ouvre dévotement. Et en effet la relique est bien là, jaunie par le temps.
- On dit, ajouta le Grand X, qu’un peu de la puissance de son auteur y subsiste encore.
- J’avais entendu une autre version, intervint Klo, où il était dit que la copie avait déjà été retrouvée, mais que, sous le joug d’un pari misérable, un triste sire s’était soulagé dessus, et que depuis, Robert Crâne d’œuf d’Autruche, depuis son école d’Ingénieur, avait maudit 100 fois le possesseur du parchemin qui devenait tout aussitôt fiévreusement incontinent.
- Mais pas du tout, assura le Grand X confiant. D’ailleurs je dois y aller, à plus.
Et il disparut dans un grand nuage de poussière. Soudain Gertrude hurla, car le sang qui bouillonnait à torrent et les entrailles dévidées de Nail, qui était maintenant affalé sur le sol et semblait bouder sa défaite à l’énigme, tant qu’il n’avait pas même daigné écouter l’explication, avait fait une tâche sur ses chaussure lorsqu’elle avait marché sur lui. Nous décidâmes de l’amener aux préparatrices d’SVT.
Et encore le triton, et encore ses brumes vaporeuses.
A 4 heures, nous étions les mêmes – sans Nail, nous en voulait-il ? - et tout d’un coup Bobo nous dit :
- Je connais un mec qui bosse en philo.
On se récrie. Le code tacite lycéen est très clair – pour ce qu’il est tacite – là-dessus.
- Impensable.
- Inconcevable.
- Irrecevable.
- Inexprimable.
- Absurde !
Mais il sourit.
- Ah, il plaisantait !
Et tous de rire. Quel boute-en-train. Après on écrit quelques poèmes et on s’insulte, mais c’est toujours pareil, et le sable est vert.
Et un jour il faut rentrer. C’est la vie. Alors on rentre. C’est la vie. Quand on rentre, c’est la vie.
- Alors, mon grand, ta journée ?
- Boarf.
Car en effet boarf, cette journée, comme un grain de plus dont aucun vacancier ne verra jamais cette splendeur particulière qui différencie ces cailloux de diamants, ou ces diamants de cailloux, je ne sais plus, qui vient grossir les plages fatigués d’une Bretagne qui s’endort dans un sniff essuyé sur un mouchoir usagé et passable. Et même pas parfumé. Et las je m’effondre comme un lourdaud phénix devant une connexion. Tiens, Nail est là, je ne l’ai pas revue depuis qu’il s’est vidé de son sang.


« Ls 2nd sav pa diCké, encor ls trace du skalpL » say : - alor y avé koi ds l cofre ?



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Dernière édition par Pépère le Mer Nov 22, 2006 2:49 pm, édité 2 fois.

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MessagePosté: Mer Sep 20, 2006 3:32 pm 
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Dépression



Mickey – Conversation
________Yo lé ga said : Hey ! S va ?
« Rien ne sert de courir » - Conversation
________Yo lé ga said : salu !
Jean – Conversation
________Yo lé ga said : ben alors, pas au boulot ? lol
Godichou – Conversation
________Yo lé ga said : Ms ki voila !
« il faut partir à point » - Conversation
________Yo lé ga said : salu ! vu vu ete doné le mo ? ^^
[on]Ferrytail ![/off]-XD - Conversation
________Yo lé ga said : Yo ! sva ?
Gégé_looooooooooooool - Conversation
________Yo lé ga said : yeah mon gégé, koi d’neuf ?
The X Man - Conversation
________Yo lé ga said : Tada, C m ! Cooool ?
J’ai rencontré un Troll - Conversation
________Yo lé ga said : lol, gnial tn pseudo ! Snon sa v ?
Brigitte Alexane - Conversation
________Yo lé ga said : Bonjour
[on]Ferrytail ![/off]-XD - Conversation
________[on]Ferrytail ![/off]-XD said : oué
________Yo lé ga said : Wo, cosan, lol ! Moua sa v fé bo lol
Jean – Conversation
________Jean has quit
Godichou – Conversation
________Godichou said : aten
The X Man - Conversation
________The X Man said : non
________The X Man has quit.
Gégé_looooooooooooool - Conversation
________Yo lé ga said : Yo pa cosan mon Gégé lol
[on]Ferrytail ![/off]-XD - Conversation
________Yo lé ga said : fé bo ché toa ?
J’ai rencontré un Troll - Conversation
________Yo lé ga said : T la ?
Godichou – Conversation
________Godichou has quit
[on]Ferrytail ![/off]-XD - Conversation
________Yo lé ga said : lol il sen von tous
________Yo lé ga said : sa doi etre ma fote
Mickey – Conversation
________Mickey said : salu dsl je doi y alé a+
________Mickey has quit
________Yo lé ga said : a +
________“a+” hasn’t been transmit, Mickey is not connected.
« Rien ne sert de courir » - Conversation
________« Rien ne sert de courir » has quit
« il faut partir à point » - Conversation
________Yo lé ga said : ben alor j sen le paté MDR ?
J’ai rencontré un Troll - Conversation
________J’ai rencontré un Troll has quit
[on]Ferrytail ![/off]-XD - Conversation
________[on]Ferrytail ![/off]-XD said : ptet
________Yo lé ga said : lol
________[on]Ferrytail ![/off]-XD has quit
Brigitte Alexane - Conversation
________Yo lé ga said : Hé hé, il y a quelqu’un ? :)
« il faut partir à point » - Conversation
________« il faut partir à point » said : by
________« il faut partir à point » has quit
Brigitte Alexane - Conversation
________Brigitte Alexane has quit
Gégé_looooooooooooool - Conversation
________Yo lé ga said : lol mon Gégé y a pu k toi
________Yo lé ga said : 1 pe + j m suisidé lool
________Yo lé ga said : ;)
________Yo lé ga said : T la ?
________Yo lé ga said : tu fé 1 truc ?
________Gégé_looooooooooooool has quit




Garldfks<dlkgkl<sdj - Conversation
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : hélo
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : ça va ?
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : lol pas rapide au clavier ;)
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : t’es pas là ?
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : youhou ? lol
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : bon c’est pas grave j’avais un truc à te demander mais ça attendra
________Garldfks<dlkgkl<sdj said : salut.



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Dernière édition par Pépère le Mer Nov 22, 2006 2:50 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Ven Oct 27, 2006 3:29 pm 
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La Grande Absence




____Un monde froid, sec et gris s’étend à perte de vue. La caméra balaie une étendue aride et déserte, où seuls quelques nuages de composés sulfurés, soulevés au loin par de violentes bourrasques, brisent la monotonie. Pas un son ne résonne, tandis que dans le coin inférieur droit de l’écran défilent les données des différents capteurs, radars et sondes de la mission. Les mesures, méticuleusement établies sur près de quinze ans, amènent toutes à la même et terrible conclusion. Alors l’image se fige sur son triste tableau, et on entend le sifflement d’une respiration fatiguée.
____« Voici la fin du voyage. Le dernier monde est un monde mort. On est seul, les gars. »
____La sentence était tombée. Le professeur soupira devant cette scène qu’il avait vue des centaines de fois. Il avait 14 ans quand le rapport de l’ultime exploration, descendante d’un programme titanesque lancée des millions d’années plus tôt, était arrivé dans son système. Les informations restaient très lentes – on ne pouvait transmettre de tels messages vers une autre galaxie autrement que matériellement – et la vidéo s’était ainsi propagée durant quelques siècles d’un bout à l’autre de l’univers, remettant à chaque fois en cause l’esprit même de trillion d’humains. Dans certaines enclaves, en raison sans doute d’une certaine évolution psychologique, des milliards d’individus tombèrent fous ou se donnèrent la mort. Dans d’autres éclatèrent des révolutions mystiques et religieuses. Mais même là où on avait gardé la tête froide, quelque chose s’était brisé.
____Le vieil homme se leva et regarda une dernière fois les étoiles à travers la grande serre de verre silicié du laboratoire. Il ne vit rien, pas moins que chaque soir depuis 142 ans. Aucun mystère, pas d’inconnu. Avec une autre configuration cérébrale, il aurait sans doute été submergé par un désespoir sans fond.
____Mais ce soir, il avait pris sa décision. Il désactiva les archives et se dirigea, enfin déterminé, au sous-sol du centre de recherche. Il rejoint six de ses collègues qui n’attendaient plus que lui. Pas un mot ne fut prononcé : des regards résolus se croisèrent, chacun connaissait sa tâche. Après tout, ils travaillaient tous sur ce grand projet depuis des dizaines d’années. Toutes leurs vies n’avaient été qu’une grande répétition pour ce seul acte.
____Pourquoi rester, songea le professeur, pour quel défi ? Qu’imaginer quand tout est su ? La Théorie Générale a été largement vérifiée ; le dernier « Terra Incognita » a définitivement été rayé des manuels ; on est même en train, à quelques galaxies de là, de concevoir un ordinateur monstrueux capable de calculer l’avenir… ne reste plus qu’à maintenir une œuvre achevée. Les abhumains seront-ils plus avancés, plus agressifs, plus nombreux ? Toute cette littérature, toutes ces spéculations inutiles, tout cet espoir déçu. La grande rencontre n’a pas eu lieu.
____La plupart de l’humanité tient bon. Après tout, l’existence personnelle amène déjà son lot d’événement et de reliefs. Mais un scientifique ne peut pas réfléchir à l’échelle individuelle. Et cette nuit, les six hommes allaient encore élargir le champ de leurs perceptions. L’énorme machine dont ils programmaient les ultimes détails, pompeusement baptisée le « transcendantal », ronronnait doucement. Bien que le fruit d’une technologie à son apogée, son aspect était très sobre : une petite niche cloisonnée, semblable à un cercueil, se tenait à l’écart d’une grande structure elliptique cernée de larges panneaux réfléchissants. Le professeur vérifia les dernières équations qui clignotaient sur son panneau de contrôle, et se retourna vers ses amis.
____A toi l’honneur » déclara solennellement le premier, un grand homme chauve au teint basané.
____Le savant acquiesça, et sourit. Sa confiance apparente se propagea parmi les autres qui se détendirent un peu. Personne n’avait testé le procédé, et c’était trop fou pour ne pas être voué à l’échec. Mais ça allait réussir, pas un n’en doutait. Le vieil homme s’allongea calmement dans ce qui semblait maintenant une bien petite boîte. Le procédé était si rapide qu’il eut à peine le temps de mesurer le geste irrémédiable qu’il était en train d’accomplir presque distraitement que déjà il quittait ce champ banal de la réalité. Scanné dans ses moindres recoins, ses plus fins remous, ses plus subtiles interactions, son esprit explosa brusquement, irradiant instantanément un monde qui ignorera toujours qu’un homme avait atteint l’immatériel.
____La nouvelle phase du professeur se stabilisa au bout de l’équivalent de quelques milliers de kilomètres. Il avait beau maîtriser les lois métaphysiques régissant l’éther, il eut le sentiment d’être une gigantesque bulle en apesanteur, et ne pu se départir de cette sensation de légèreté. Alors voilà. C’était cela être un dieu. Il allait maintenant flotter ainsi pour l’éternité, sans passion, sans ennui, sans possibilité de retour, témoin impuissant mais omniscient d’un univers qui l’oubli.
____Mais tandis qu’il attendait ses compagnons, l’impression dérangeante qu’il n’était pas seul s’insinua en lui, grandit insidieusement et bientôt s’imposa comme une certitude à son pur esprit. Alors, comme on se retourne lentement pour découvrir la présence qu’on a déjà sentie, il se trouva soudain face au grand bestiaire chamarré de tous les précédents vainqueurs du grand cache-cache universel qui l’accueillait dans la joie.


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Dernière édition par Pépère le Mer Nov 22, 2006 2:50 pm, édité 1 fois.

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L’Ours



-Tiens maman tu sais quoi, ce matin un ami m’a raconté que, pendant son cours de français, son professeur expliquait que dans le livre auquel faisait référence le texte qu’ils étudiaient, l’auteur commentait la citation que Jireon reprenait de La Falandre lorsqu’il – La Falandre – critiquait les travaux de Montrichou sur la thèse d’Astar l’ancien. Thèse qui était en quelques sortes une variation de celle de son précepteur Ectimer.
-Ah bah ça ! Quand je vais raconter ça aux collègues !





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MessagePosté: Mer Nov 22, 2006 7:20 pm 
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Bac à lauréats




_____L’élève est assis devant son bureau. Le menton sur les mains, il observe, dubitatif, un cours de physique qui lui fait de l’œil. Demain c’est important, ça serait trop bête de rater alors que l’année s’est vraiment bien passée. Juste une soirée, on peut bien faire un petit effort. Le regard survole vaguement les lignes sans oser s’arrêter sur une seule, de peur de les abîmer sous son poids. La main, comme mue par sa propre volonté, saisit un stylo qui traîne là et commence à le faire tourner, lentement, lentement.
_____La physique, quand même. L’élève cligne des yeux devant un mot qui revient décidément souvent : « négliger ». Cela lui rappelle une histoire qu’il a trouvée la semaine dernière sur internet. C’est celle d’un riche homme d’affaire qui demande à un informaticien, un mathématicien et un physicien un moyen pour gagner à tous les coups au tiercé. Pendant qu’il se remémore la blague, le stylo continue sa ronde lascive entre ses doigts. Et donc l’informaticien se penche d’abord sur le problème, rentre des algorithmes dans son ordinateur, puis au bout de quelques jours revient tout heureux voir l’homme d’affaire : le calcul est lancé, dans un ou deux siècles il aura la solution, si tout se passe bien évidemment. L’autre n’étant pas satisfait, au grand étonnement de l’informaticien, il se retourne vers le mathématicien. Le lendemain, ce dernier revient, en ayant rigoureusement prouvé qu’il n’existait pas de solution au problème. L’homme d’affaire est vraiment déçu, mais, pour formel qu’est le mathématicien, il demande quand même au physicien d’essayer d’établir une manière de procéder. Celui-ci planche sur la question quelques semaines, puis revient, le sourire au lèvre. « J’ai la solution », annonce-t-il, crâne. Alors il s’approche d’un tableau pour exposer ses calculs : « Approximons le cheval à une sphère parfaite …»
_____Tout le monde n’est pas forcément en mesure de se tordre de rire devant une feuille de physique. Pendant ce temps, le stylo ne s’est pas arrêté ; déjà las d’une révision qu’il n’a pas entamée, l’élève reporte son attention sur ce mouvement jusqu’ici en marge, qui dépendait à peine de lui. La vitesse de rotation augmente alors imperceptiblement, puis de manière plus sensible, plus flagrante ; le geste est fluide, presque naturel. Les doigts de l’élève ont la beauté et la dextérité de ceux des violonistes, et ont nécessité le même travail, la même patience, le même acharnement. La première fois, au collège, que l’on découvre ce mouvement, cet art martial pour ainsi dire, l’extrémité de nos membres nous semble gourd, pouce opposable ou non. Mais enfin, on s’accroche, et plus ou moins rapidement les efforts sont récompensés. Plaisante leçon de vie.
_____Mais enfin, comme le stylo, l’heure tourne, une épreuve de baccalauréat ne s’aborde pas sans sommeil. Laissons-là la physique, et propulsons-nous plutôt une douzaine d’heure plus tard.
_____Il fait chaud dans le couloir, pourtant certains tremblotent. L’élève et avachi contre le mur blanc granuleux. Il a renoncé aux révisions de dernières minutes, contrairement à d’autres penchés ça et là à quatre ou cinq sur la même feuille. De toutes façons, il a confiance, il maîtrise son affaire. Il vérifie son stylo noir porte-bonheur. Un de ses amis est déjà passé.
_____« ‘tain je me suis foiré mon gars, ça m’énerve. J’ai paniqué, trop. Je gérais trop bien, et là… en fait au début ça allait mais à un moment, vers le milieu tu vois je commençais à prendre mon rythme de croisière, j’ai fait une énorme ânerie, truc à peine imaginable, tu vois, et bon j’ai pas réussi à vraiment rattraper, j’arrêtais pas de penser à l’erreur, mais vraiment erreur bête quoi ! M’enfin, bon c’est fait, on en parle plus. Ben bonne chance, tu nous rejoins dehors ? Ok »
_____La dernière fille qui est rentré depuis a arboré sa plus belle mimique de condamné le jour de l’exécution. L’élève essaye de tendre l’oreille pour percevoir quelques indices du déroulement de l’épreuve, mais la porte pourpre reste désespérément muette. Un temps indéfini s’écoule, avant que la poignée ne soit prise de son soubresaut caractéristique annonciateur de bien des miracles et des désastres. La jeune fille précédente ressort en un seul morceau, mais les larmes aux yeux. Elle a à peine fait quelques pas que ses amis viennent la soutenir, et elle éclate en sanglot. L’élève regarde un moment le pathétique tableau, mais se ressaisit. Allons, l’examinateur attend.
_____Il rentre dans la petite salle aménagée pour l’occasion de deux simples tables et de leur chaise, ferme la porte. Le décor est dépouillé. Une femme sans âge, strictement vêtue et le visage fatigué lui fait signe sans un regard de s’asseoir. Il obtempère. Elle finit d’écrire quelques notes, puis relève la tête. Elle n’a pas l’air trop méchante, mais sait-on jamais.
« Bien », annonce-t-elle, « allez-y ».
_____L’élève sort deux stylos, un rouge, et son noir. Il lance la rotation du premier, attend quelques tours que les doigts chauffent, le passe d’un geste clair et précis dans l’autre main sans cahots dans le mouvement circulaire, puis, après quelques allers-retours, décide de se lancer. Il commence par faire rouler l’accessoire entre les phalanges d’une même main, tout en le faisant légèrement osciller, ce qui fait l’effet tremblotant des ailes d’un papillon, enchaîne avec une rotation en marche arrière suivie d’une grande roue qu’il rattrape de justesse. Il effectue quelques lancés de majorettes pour ménager son effet, et soudain, tandis que le stylo rouge vole encore, se saisit du porte bonheur, et lance la rotation. Il a maintenant un stylo en train de tourner dans chaque main, ce qui lui ouvre de nouvelles figures. Marches arrière et avant simultanée. Croisement. Double hélicoptère. Tout coule comme si les stylos étaient des extensions même de l’élève. L’élève sent le stylo. L’élève est le stylo. Soudain, alors qu’il est revenu à la position de double hélice, d’une pichnette chirurgicale il éjecte ses crayons en l’air, avance légèrement le cou et les rattrapes à la verticale en équilibre sur son nez, l’un sur l’autre. Il reste ainsi quelques secondes en oscillant légèrement la tête, puis d’un petit coup sec les renvoie, et, alors même qu’il les rattrape à la main, d’un mouvement complexe du poignet il les fait disparaître sous sa paume. Il garde les bras tendus un moment, puis se relâche en soufflant malgré lui.
_____« Excellent ». Elle se repenche sur sa feuille. « Vous pouvez y aller ».
_____L’élève se lève de son siège, sentant une grande excitation monter en lui. Il l’a fait ! Il a réussi la plus grosse épreuve du Bac, et haut la main encore. Avec ça, s’il n’a pas la mention…


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MessagePosté: Mer Nov 22, 2006 9:27 pm 
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Et pourquoi pas, hein ?




____Le groupe avançait dans un silence tendu. Gaël suivait de près Garak Truglebuffle, le prêtre nain qui les guidait dans les catacombes. Ce dernier tenait haut sa torche au-dessus de son casque de cérémonie, éclairant d’une flamme blême et tremblotante les murs de crânes humains. Le sol rocailleux était traître, la poussière masquant ses aspérités. Deux fois déjà le jeune homme avait perdu l’équilibre, ce qui n’était pas vraiment digne du futur roi d’Eucrasie comme s’était plu à le faire remarquer Gül, le gnome qui avait élu résidence dans sa sacoche. Roi… le titre miroitait en permanence à la lisière de sa pensée, prêt à l’investir dès que son l’attention retombait. Derrière lui ses fidèles amis d’enfance, Karl le nordique et Uëlana l’elfe, suivaient chacun de ses pas, comme ils l’avaient toujours fait depuis que le destin s’était abattu sur lui comme la foudre implacable sur l’arbre.
____- Le souterrain n’est plus sûr, maugréa le nain dont le chuchotement résonna gravement. Le despote a voulu creuser plus loin, et Ahleena sait ce qu’il a découvert.
____- Mais la Couronne de Paille repose toujours en son sein ?
____- J’espère bien. Ce traître n’avait pas le pouvoir nécessaire, même avec l’anneau de volonté, pour la déplacer. Il s’est contenté de la pervertir. Du moins je l’espère. Je ne tiens pas à m’éterniser par ici.
____- Pourtant, intervint ingénument Uëlana sans prendre garde de baisser la voix, vous autres nains appréciez les lieux souterrains ?
____- En tout cas, répliqua sèchement le nain sans s’arrêter, je préfère les elfes en terre.
____Il s’était fait violence jusque là mais son histoire était trop jalonnée d’altercation avec le peuple fée pour que les mots acerbes jaillissent de sa bouche autrement que naturellement. Un chuintement métallique se fit entendre alors que Karl ôtait la lame de son fourreau.
____- Ah, ça, grogna le nordique dans un souffle sourd, je devrais t’en faire rendre gorge !
____Il fallait toujours qu’il joue le chevalier servant dès qu’il s’agissait d’Uëlana, et ne remplissait que rarement ce rôle avec subtilité.
____- Paix, intervint Gaël, ne nous énervons pas.
____- Les catacombes ne valent rien pour les nerfs, convint le gnome depuis sa poche de cuir.
____- Je m’excuse, ajouta le nain en allongeant le pas. L’effet manquait de subtilité, je ne voulais certes pas vous offenser. Mais, de grâce, tâchons de faire moins de bruit.
____Ils progressèrent dans l’étrange décor encore quelques mètres avant que Gaël ne sente à nouveau le sol se dérober sous ses chausses. Mais au moment où il glissait en arrière, il eut conscience que quelque chose de bizarre se passait cette fois. Il n’eut pas le temps de crier que déjà il disparaissait dans une fosse dérobée, et dévalait un boyau taillé à même le roc sur quelques mètres. Il chut lourdement sur un sol humide, se blessant au colon. La douleur se diffusa le long de sa colonne vertébrale jusqu’à l’échine, persistant quelques instants. Le prétendant en trône entendit des bruits de lutte qui descendait de là où se trouvait encore ses amis. Il voulut relever la tête, mais son attention fut attirée à ce moment précis par une forme sombre qui se mettait en mouvement à quelques pas de lui. Gül tremblait et geignait d’une petite voix. La lumière émergeant depuis quelques goulots semblables à celui dans lequel il était tombé révéla les contours rugueux d’une masse imposante qui se redressait sur son séant. On eut dit quelque homme à forte carrure, avant que sa tête cornue ne se détache distinctement sur le mur de pierre.
____- Un minotaure ! s’étrangla le jeune homme.
____- Hein, quoi ? hurla, hystérique, le petit être magique.
Aussitôt la bête beugla de sa voix rauque et chargea le pauvre héros désemparé. Il réagit tout juste assez vite pour éviter le poing massif du monstre, se jetant en avant sans réfléchir. Il se cogna contre un mur froid et dur au bout de quelques mètres. La pièce étant trop sombre pour y voir quoi que ce soit, il longea la paroi en courant, une main s’écorchant contre les pierres grossièrement taillées. La panique s’emparait de lui comme la pièce lui apparaissait une petite cellule hermétique. Le minotaure, pendant ce temps, se déplaçait lourdement. Mais dans cette espace plus que réduit impossible de l’éviter plus longtemps, et le gnome n’allait pas tarder à exploser à force de crier d’une voix si stridente. Alors cette idée qui attendait son heure s’imposa comme un éclair au futur roi. Roi… que devais faire un roi dans une telle situation ? Pleurer et en appeler à Ahleena ? Que non, il devait se battre, il le savait clairement maintenant, il l’avait toujours su. Il tira l’épée de son père au clair et bondit sur la bête pataude, frappant d’un grand coup de taille. La lame se ficha sur le cuir du minotaure sans entamer la chair. Le monstre se jeta sur le jeune homme, qui accusa le choc. La créature allait le broyer quand Gaël se fendit et lui infligea cette fois une sévère estafilade au niveau du torse, puis virevolta afin de se mettre hors de porté du monstre comme lui avait enseigné son grand-père. Le minotaure se retourna en hurlant, mais son cri humain cessa net lorsque le fil de l’épée du futur roi d’Eucrasie lui transperça le gosier de part en part. Le jeune homme avait quasiment la garde dans le gueule de la créature, qui, sentant ses forces faiblirent, s’écroula.
____Gaël n’en revenait pas. Un minotaure ! Il avait vaincu l’invincible. Le gnome ne criait plus mais on entendait sa respiration sifflante.
____- C’est bon, assura l’homme encore sous le choc. Le danger est écarté. Il faut maintenant trouver comment sortir. Hé ho, là-haut !
____- Ahleena soit loué, lui répondit la voix du nain affaiblit par la distance, tout va bien pour vous ! On a un gros problème, mais j’ai trouvé comment vous remonter.
____Gaël songea sombrement aux bruits de bataille qu’il avait entendu après sa chute, follement inquiet pour ses amis. Il entendit soudain un grincement mécanique, et une petite nacelle descendit lentement, le nain actionnant d’étranges treuils à son bord. Elle n’avait pas touché le sol que le jeune homme s’était déjà jeté sur le prêtre pour l’assaillir de question.
Que s’est-il passé ? Où sont les autres ? Qu’est-ce…
____Il s’interrompit soudain, considéra sans comprendre la dague qui lui transperçait le cœur. Le nain retira son arme et lança l’ascension de son monte-charge avant même que la tête sans couronne et sans vie du futur roi d’Eucrasie ne tombe dans une flaque d’eau croupie. Quand le nom des vainqueurs se grave en lettre d’or, la file toujours alimentée des oubliés s’étend à perte de vue, banales nécrologies.
____Pendant tout ce temps, Gül était resté enfoui dans sa sacoche sans oser même regarder alentours. Lorsque le nain fut parti, voyant que rien ne se passait, le gnome couina, inquiet, « qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ? Hé, réponds-moi Gaël ! » Comme l’autre restait coi, la petite et chétive créature paniquait en poussant des cris de plus en plus déchirés, éclatant en sanglot lorsqu’il ne pu d’avantage se voiler la face. Ses gémissements intriguèrent un gros rat de passage qui, fouillant dans le sac de cuir, ne fit qu’une bouchée du gnome terrifié.




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MessagePosté: Mar Déc 26, 2006 7:03 pm 
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____- Est-ce que vos ribosomes sortent de vos cellules ? Surtout, qu’auraient-ils à faire autre part ? crache le badaud.
____A ce moment précis, à cet endroit même dans un autre monde, sur l’électron d’un atome d’hydrogène d’une molécule d’un ribosome d’une cellule du foie de Bob apparu ce que pour simplifier par analogie nous appellerons la vie. Deux secondes plus tard, l’intelligence suivit, avec son cortège de technologie et de connaissance. Environ cinq minutes s’écoulèrent avant que la molécule n’ait été totalement explorée et colonisée. Une heure vingt plus tard, c’était le ribosome entier qui était conquis. Le lendemain, un mode de propulsion intracellulaire très performant fut développé ; il ne fallu que trois jours pour que la cellule n’ait plus le moindre secret pour cette intelligence plus que terrestre. Deux semaines et quelques s’écoulèrent lorsque, sentant venir la fin inéluctable de son univers, ce petit peuple décida de tenter le tout pour le tout : grâce à la quantité colossale d’énergie générée par la combustion d’un nombre astronomique de molécules de glucose, il s’exila à bord d’un ribosome aménagé pour l’occasion (l’original ayant hélas disparu depuis des jours) qui s’éjecta hors de la membrane cytoplasmique, pour être en un instant détruit par la nouvelle acidité.
____Cette réaction, somme toute assez banale, survient environ tous les trois jours chez un organisme humain moyen. Elle ne sera jamais observée de l’existence de notre univers.

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MessagePosté: Mer Déc 27, 2006 1:07 pm 
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____Victor se lève aujourd’hui. C’est un jour spécial.
____Son lit rouillé grince. Le jeune homme se frotte les yeux, mais n’arrive pas pour autant à se débarrasser de l’image de son logement, comme chaque matin.
____Une pièce. Un meuble. Une fenêtre, dix mètres carrés.
____Bientôt il ne pourra plus payer le misérable loyer que lui réclame un vieux bonhomme irascible, et que beaucoup lui envie dans les ruelles, sur des bancs de parcs, dans des hangars désaffectés.
____Mais ça n’est pas fini. Ça n’est jamais fini, hier Victor a pris sa décision ; il va tenter sa chance.
____Il enfile son antique pull gris et ses chaussures fatiguées, ferme la porte et descend les escaliers poussiéreux d’une démarche chaloupée. Il a encore un peu mal à la tête. A mi parcours il croise la petite locataire du troisième, qui préfère l’ignorer, là où plupart arborent ce rictus condescendant si particulier. Il la salut tout de même d’un hochement de tête qui apparemment se dissipe avant de l’atteindre. Dire qu’il n’a que quelques années de plus qu’elle.
____Il pousse la grande porte verte quand le bruit de la rue s’empare de lui. Il fait encore sombre, mais la voie est déjà remplie de véhicules pétaradants. Il reste un instant sur le palie, inspire lentement l’atmosphère lourde de la ville, pose son regard sur les platanes ternes plantés dans le goudron comme des réverbères. Un retraité promène son chien, un petit cocker aussi éreinté que son bon maître. Des gens marchent, tête baissée, se croisent sans se voir. Des papiers volent entre les pieds pour finir contre les murs.
____Victor reste bien là trois minutes, comme chaque matin, à contempler son monde, puis se dirige vers le coin de la rue. Aujourd’hui, il tente sa chance. Ça fera une bière de moins pour ce soir ; ou plutôt un sandwich de moins dans la journée.
____Il arrive devant le bureau de tabac, l’unique façade colorée du quartier. Il jette rapidement un œil sur les journaux en vitrine, mais la plupart parlent de ces gens qui ont réussi, alors il entre. Se dirige vers la caisse.
____- Bonjour.
____Le type n’est plus très frais et mal rasé, son sourire est un peu tiré. Mais il sourit.
____- Bonjour, je voudrais un billet pour la grande cagnotte.
____L’homme lui tend l’infime papier qui avait déjà changé tant d’existences. Victor le fixe un moment, il lui semble qu’il lui manque quelque chose, mais quoi, il fronce vainement les sourcils, il ne parvient pas à se rappeler.
____- Vous voulez un crayon ? s’enquit le bonhomme.
____Le visage de Victor s’illumine à la vue du fin stylo. Il remercie son vis-à-vis et le saisit doucement. Ça y est ; il peut jouer.
____Il coche les premiers nombres qui lui passent par l’esprit, après tout réfléchir n’y changera rien. Parfois il faut se lancer et faire confiance. Il tend le feuillet en souriant.
____- Merci.
____Victor émerge du bureau de tabac sans retrouver son monde. Le soleil s’est enfin frayé un chemin au milieu de l’amas nuageux, tout s’illumine : les arbres, les murs, les voitures, les gens. Il fait bon. Un nouveau couple rie devant ces trois ancêtres qui discutent joyeusement du temps passé. C’est nouveau. C’est nouveau, c’est classe.
____Victor a soudain et sans raison aucune envie de hurler de bonheur, mais quelque chose lui dit que les règles de bienséances ont toujours court, enfin qu’importe !
____Il marche, il piétine sans but comme chaque jour. Cette fois il est heureux. Pourquoi, après tout ? Il n’a absolument aucune chance de gagner, allons ! Il le sait, il sourit, il respire. Arrive à un parc ; des enfants jouent, des adultes cours, des mères papotent.
____Au milieu du petit jardin, un petit bassin, avec en son centre une petite fontaine en céramique bigarrée, brille. Un petit oiseau se baigne dans l’eau chatoyante, un autre vient le rejoindre, ils piaillent un moment ensemble et s’envolent vers les arbres.
____Allons, je n’ai aucune chance. J’ai gâché mon argent, ça n’était pas forcément le bon jour. Quoique, si je gagne… mais non, naïf que je suis, c’est impossible.
____Pourtant il n’arrive pas vraiment à se départir de ce sentiment d’euphorie. Pour tout dire il essaye assez peu, erre benoîtement dans une ville radieuse. Même la faim qui le tenaille à partir de onze heure et qu’un sandwich ne comble pas complètement ne parvient pas à lui ôter son plaisir. Même la soif qui rôde le soir et que rien n’épanche. C’est classe.
____Alors on chante, et on va se coucher, repu de bonne humeur. Nous sommes demain. Tension nouvelle au sein de l’estomac, comme si les tripes voulaient persuader l’esprit. Comment réagir à quoi ? Le bureau de tabac se rapproche à grand pas. Verdict : ben c’est perdu évidemment. Sacré Victor va, manquerait plus qu’on écrive que sur les exceptions. C’est un monde ça. Non mais ho circulez y a rien à voir.

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MessagePosté: Dim Mai 06, 2007 4:38 pm 
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Une scène dépouillée, un canapé excentré

Personnages : - Lui : un homme, ou une femme
- Elle : une femme, ou un homme
(on fera par la suite les accord nécessaire en fonction)



(Il apparaît en traînant des pieds, l’œil vide, se laisse mollement tomber sur le canapé.
Elle arrive en sautillant, radieuse, s’écrie)
: Waoh, c’est super, ici.
Lui : c’est surjoué !
Elle (surjouant de bonne foi) : que non ! Regarde, un canapé. se tourne vers le public. Vous aussi vous avez vu de la lumière ?
Lui : bon (sort un bout de papier de sa poche)
Elle : ah oui (fait de même)
(Les répliques suivantes seront lues d’un ton monocorde, sans y croire un instant)
Lui : Ecoute, j’y pense depuis tout à l’heure,
Elle : Encore cette histoire de sandwich ?
Lui : Non, je crois que je t’aime
Elle : Oh mon dieu c’est magnifique. Moi aussi je t’ai toujours aimé. (reprennent un ton normal). mais ça veut rien dire, j’ai jamais vu ça…
Lui : disons que c’est assez conceptuel. Bon on baise ?
Elle (interloquée avant de se reprendre) : Tu n’as donc pas de sensibilité ?
Lui : je suis un homme.
Elle : moi une femme, et alors ?*
Lui : alors, justement.
Elle (silencieuse, puis d’un ton ferme) : Merde. (tourne vivement les talons et s’en va)
Lui : c’est toujours pareil. (se lève, se place dos au public, derrière le canapé, et fait mine de se masturber. Cynique) : Théâtre réalité, ouais !

*dans le cas de deux personnages de sexe identique, « moi aussi, et alors ? »

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