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Le grimoire d'Ulfer

La culture au sens large
Nous sommes le Dim Aoû 19, 2018 11:01 am

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 Sujet du message: Pépère
MessagePosté: Mer Jan 26, 2005 2:03 pm 
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La pluie et le cycliste

Je pédalais paisiblement de par le parc
losqu'une petite baisse de pression
Nous prépara une de ces précipitations
Pétrie par Notre Père peinard,
Planqué au Paradis payant, pleurant.

Perturbation sans préavis, sans prévision, cycliste en perdition.

Cycliste sachant, soucieux,
Je pressai le pas sous les cieux assombris,
Soudain percés d'un fin filet de fluide.
Il pleut.

La pluie, plus pesante, plus puissante
De pas en pas,
De cycles en cycles,
Purifiait mon pardessus, piètre protection plissée, patinée,
Et parée de perles de platines transparentes.

Je suis percé de part en part, pauvre passoire.

Cycliste essuyant l'océan, j'essaye, en sang et sans espoir,
A me situer dans cette Seine improvisée
Serrant les fesses sur cette selle suintante de sueur.
Il pleut.

Que vois-je ? Plutôt qu'une flaque, c'est un puit,
Que dis-je, une péninsule opposée,
Profonde abîme immergée,
Styx, impasse, et pourtant... j'y passe.

Pêche à l'épuisette par les places diluviennes.

Pauvres passants, pauvres piétons,
Piétinant pitoyablement,
Parqués sous les portiques de cette pataugeoire,
Pendant que les parkings
Prennent des poses de plongeoirs.
Il pleut.

Plic, ploc

L'eau liquide, d'autant qu'elle est humide mouille.

Plic, Ploc
Plouf

Epuisé, emporté
Par cet implacable imposteur marin
Je plaide pitié Poséidon,
puissant seigneur,
J'implore ton pardon, j'ai peur,
Parviendrais-je à bon port ?

Ce prodigieux cycliste perséverant pédale
De ses dernières forces agonisantes,
Et parvint à sa porte.
Il n'en peut plus.
Il ne pleut plus.

Et les peupliers ploient sous le poids de la pluie.

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Dernière édition par Pépère le Jeu Aoû 11, 2005 11:32 am, édité 2 fois.

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MessagePosté: Sam Jan 29, 2005 10:50 am 
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Achassinat

Crac ! Un choc, il casse tes os, te déchire la peau.
Un petit chat tigré, aspirant à la vie,
Errait paisiblement, par monts et cannivaux,
Soudain quitta la vie, pour une carrosserie

Tu n'es plus qu'une marionette,
Pantin désarticulé,
Gesticulant, et saccadé,
Saccagé, clinquant squelette.

Tu as dansé ainsi seulement un bref instant
Mais pour moi ces secondes ont dilaté le temps
Tout les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes
Brisé, face à la mort, face à un psychopathe
Tes spasmes d'agonie n'ont pas apitoyé
Cette brute sanguinaire,... qui a redémaré

Que t'es-t-il arrivé ? Je le sais que trop bien.
Tu es allé rejoindre hérissons et lapins,
rongeurs écrabouillés et chiens écrasés.
Vive l'humanité ! L'automobilité !


en hommage à un chat décédé le jeudi 25 janvier 2005 à 7H48

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MessagePosté: Dim Jan 30, 2005 3:27 pm 
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Moins Bénabarien maintenant, depuis la mort du chat je glisse du côté obscur..

Délivrance

Enfin ici je sens le vent et les fragrances
De la ville, dévoilée devant mes yeux, immense
Je suis bien heureux car j'aurais bientôt la chance
de ne plus l'être encore, en perdant mon essence

Fini la déchéance, vengance puis repentance,
assez de la démence, d'errances et de carences

Je regarde la mort d'un air de connivence
Jette un oeil à mon doigt, où brille mon alliance
L'amour est arrivé cette fois à échéance.

J'ai hésité longtemps, le saut ou la potence ?
Le vide devant moi exacèrbe mes sens
Est-ce la peur ? Non ! une sorte de transe
Adieu mon existence, cette fois je m'élance


Et vive la France, en pleine décadence (non je rigole, rien à voir avec le poème)

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Dernière édition par Pépère le Dim Juil 03, 2005 11:06 am, édité 2 fois.

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MessagePosté: Dim Jan 30, 2005 3:34 pm 
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un peu plus joyeux :mrgreen:

Pourquoi sombrer dans la tristesse ?
Non, la mort n'est pas cette ogresse
Que chantent les poètes et les troubadours
Avalant le temps et l'amour.

Comment peut-on souffrir, dîtes-moi,
Quand on a plus conscience de soi ?
Comment être malheureux, perdu
être cassé, quand on est plus
Que dans l'oubli, l'inexistence
Sans esprits, sans aucun sens

On a rien, on est rien
Ma foi est-ce qu'on s'en porte bien ?
On ne s'en porte pas du tout.
Alors pourquoi imaginer
Ces enfers. Avant tout
Parce-que les hommes aiment rêver.

_________________
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MessagePosté: Lun Jan 31, 2005 7:30 pm 
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Potence

Ç'avait été un homme, brave mais taciturne,
Jamais ne connaîtra tombe, caveau ou urne
__Il pend____/. . . . . . . . . . l
Piteusement /. . . . . . . . . . :P
__Penche. . . . . . . . . . . . . (0)
Se balance. . . . . . . . . . . . .)).
_Au vent
Lentement
__Perdu
__Pendu
La mort, dans cette image, a un bien beau visage.

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MessagePosté: Lun Jan 31, 2005 7:46 pm 
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Sans plus d'ambition poètique que le précedent, j'éspère que celui-ci vous fera au moins sourire :

Geste

Oyez, oyez, bonnes gens, oyez la belle histoire
De ces (jeunes) gens fringants, les inscrits du grimoire
Et tremblez tous devant la folie littéraire
Qui poussa à le faire le Webmaster Ulfer
Seigneur de ces contrés, rêveur imaginaire
aidé dans ces affaires, pour l'administration
Par un des compagnons, Fearon Cythalion
Artiste renommé, et ce non sans raisons
A leur côté marchaient de vieux guerriers blasés
Le (grand) Sebalsvatur, au nom bien compliqué,
Le (beau) Vae-primat, qui va me corriger,
Le fainéant Julianos, qu'on dit le bien-nommé,
modérant modérés les mods de ce monde,
Calmer la compagnie, voilà qui leur incombe
Car la communauté, en constante expansion,
Est constituée déjà de bien de nombreux noms :
L'hermaphrodite Emma, le dragon Bahamot,
Melekesch et Finrod, aux biens nombreuses notes,
Et bien d'autres encore, à moins de cents messages
Gaara du désert, Aline la fille sage
Mais glauque, Baal, lui, le sombre et noir poète
Parmi les musiciens, le pénitent de Veth
Enfin Aldaluinë, l'elfe qui aime danser
Et tous les compagnons, trouffions de cette armée,
De la fraternité, tous ces gens motivés
Ralliés sous une bannière, celle du fantastique
De la science-fiction, de l'art et la musique,
Pour marcher, tous en coeur, vers le soleil couchant,
Vers la liberté ! En chantant et riant.

...et buvant. :mrgreen:

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MessagePosté: Mar Fév 01, 2005 7:02 pm 
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Remerciements


Merci pour tout, homme de lettre
Erudit sage et bien-pensant
Réellement, tu es un maître
Corriger est ton passe-temps
Inébranlable face aux fautes
Aussitôt, tu nous les ôtes
Vae-primat, vrai vigilant
A l'oeil du lynx et du faucon
Et il traque inlassablement
Pauvre erreur de conjugaison
Ou croyais-tu donc te cacher ?
Une ligne n'est pas assez
Requiem à l'inattention
Sauveur du Français, Frodon
En scellant le sorts du seigneurs noirs
Sur son sombres sièges, s en trops
Co-écrivant toutes histoires
Ou qu'il soit, chacun des mots
Retrouve son honneur bafoué
Ridiculisé par l'ignorance
Et par l'inexpérience
Car les auteurs sont nouveaux-nés
Tu leur montres le paradis
Illuminé de pureté oratoire
Ô toi qui nous permet de voir
Nous te disons un grand merci
Sache que t'es acquis mon respect
Avis à la population
Vae-primat est un champion
(Il est temps de terminer
Sinon je ne vais plus rien trouver
En plus ça fait à corriger
Et je termine sur cette triche
Si près du but cette acrostiche)



note, avant je finissais en drame, pensant à quelque chose en gramme.

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Dernière édition par Pépère le Mar Fév 01, 2005 8:13 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Mar Fév 01, 2005 7:15 pm 
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Métro-Boulot-Dodo

Brusquement mon réveil
Me tire de mon sommeil
J'ouvre mes yeux tirés,
Ma tête ébouriffée

Je m'élance et je vole
Au passage prend un bol
Quoi ! Déjà six heures un ?
Je mangerai en chemin

Dans la rue tous les moutons,
Mes semblables, à l'unissons,
foncent ensemble vers les stations
Vers l'abattoir ou la ration ?

Dans le bus je suis entouré
Par des morveux suréxcités,
Braillant des imbécillités,
Sans se soucier des passagers

A la neuvième sonnerie
De portable enfin je sortit,
Et cours rejoindre les fourmis,
Qui travaillent et que l'on licencie

Une tonne de paperasse
Inexorablement s'amasse
Sur tout un coin de mon bureau,
Pourquoi ce jour serait-il beau ?

Enfin, exténué et brisé,
Je vais rentrer au poulailler,
M'abrutir devant la télé
en mangeant du préfabriqué

A la fin du jour, je vais m'endormir,
Enfin j'imagine, enfin je peux rire,
Je m'envole vers des contrés joyeuses,
Là ou je côtoie des nymphes radieuses,

Car là-bas je suis fort, un héros, un champion,
J'éradique le Mal, et l'administration,
Les trolls et les gobelins, les percepteurs d'impôts,
Brise le cercle infernal, Métro-Boulot-Dodo...

Brusquement mon réveil
Me tire de mon sommeil

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MessagePosté: Mer Fév 02, 2005 11:09 am 
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Le "poète"

Un triste sire égocentrique,
Un bourgeois imbu de soi-même
Se targuait d'écrire des poèmes
Amas de rimes et de métrique
Vide de sens et de passion
Tant con, content, tant qu'on répond
De raconter sa vie, le reste,
Pauvre nanti, candide Alceste

Pourtant l'opprobe a eu pitié
De ce malade, de ce pauvre hère
Car les fous ont l'esprit fêlé
Qui laisse passer la lumière


Pompage éhonté d'un mot d'esprit de Pierre Dac. :oops:

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Dernière édition par Pépère le Sam Mar 26, 2005 11:05 am, édité 3 fois.

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MessagePosté: Mer Fév 02, 2005 11:45 am 
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(les deux premières lignes, sont, je sais un peu crues,
Mais vous comprendrez, que c'est là du vécu)

Ah, putain !
Crétin de chien !

Ce stupide canidé
Est encore venu se frotter
Contre ma jambe, j'en ai mare,
juste après son bain dans la marre

A chaque repas, bon toutou,
Il met sa tête sur mes genoux.
Oui, il se veut très amical,
Mais de la bave pend à ses poils

Mes visiteurs sont acceuillis
Par les grognements d'un cerbère
Qui décourage mes amis
Fidèle gardien de mon enfer

Tous les soirs il me fait des siennes.
Franchement est-ce que j'ai l'air d'une chienne ?
Au lit j'ai quand même pu écrire
Ce texte ou je crache mon ire.
:mrgreen:

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MessagePosté: Sam Fév 05, 2005 2:00 pm 
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ermite

Marre des industries
Qui tous nous alienient
Homme sur-assisté
Incapable et paumé
Sans ses précieux robots
Pour faire le boulot.
Pour matières premières,
On prend la Terre entière
La déstruction des arbres
Nous laisse bien de marbre
Sans compter les espèces
Qui par jour disparaissent.
Comment l’Humanité
Peut-elle supposer
Quelconque autorité
Sur l’environnement
Alors que ce dernier
Lui survivra sûrement ?
Ou du moins je l’éspère,
Car l’Homme est carnassier
Vivre n’est pas assez,
Il faut vivre prospère.
Je suis car je possède,
Et jamais rien ne cède.
La plus chère voiture,
Pitoyable monture,
Et le dernier portable,
Gadget insupportable.

Marre des pub télés
Qui veulent nous montrer
Du monde leur vision
Pure consommation.
Le corps y est à vendre
A laisser ou à prendre
Homme consommateur
Maintenant consommé
C’est l’ère des voyeurs,
Des voyous dévoyés.
Qui est riche est donc beau,
L’autre n’a que sa peau
et ses os en-dessous,
Le premier a les sous,
Qu’il dépense en image,
Apparence volage,
Le plus beau des plumages,
A défaut de ramage.
Tu es beau tu es bien,
Tu es laid tu n’es rien.
Si l’habit fait le moine,
La marque le chanoine
Et je suis car je semble
Être ou paraître en fait
N’est-ce pas un ensemble ?
Qu’on ne peut dissocier ?
Sur ton front est marquée
Ta personnalité.

Marre de cette élite
Pseudo-intellectuelle,
Qui bien souvent hérite
De l’argent paternel,
Leur permettant ainsi
D’encor rester assis
A lire des bouquins
A discuter de rien,
Parlent de théories,
Sans en tirer parti,
Soutiennent l’opprimé,
Mais sans jamais l’aider,
Se considèrent meilleurs
Que le consommateur,
Homme superficiel.
L’orgueil intellectuel
Vaut bien celui des niais.
Un jour un sage a dit
Un imbécile fait
De chemin dans la vie
Bien plus qu’un érudit
Qui toujours reste assis.
Donc je suis car je pense,
Premiers à s’exprimer,
Aussi à se donner
Le droit à l’existence,
Et l’autorisation
A la réflexion.


Je ne suis qu’un ermite,
Qui vois que tout s’agite,
Et qui vit tranquillement,
Pour vivre, simplement



pépère.

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Dernière édition par Pépère le Dim Juil 03, 2005 11:17 am, édité 2 fois.

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MessagePosté: Mer Fév 16, 2005 12:02 pm 
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Jeu de dés, jeu de drogué


Au millieu des drogués, gros gays et des grugés,
L'habitude à bédaux, je l'ai prise en prison,
Je suis sous son emprise, sous l'empire de la prise
Gageur sur les gros dés, et toujours aux aguets,
Je joue, joute toujours pour avoir des mégots
Gagnés sur les magots d'un des gars mégalos
Qui mettent des mecs à l'eau, pour le monopole

Tricheur, je tente tant et tant que je m'étend
Ca y est ils m'épaulent, me loupent, ma parole!
Je cris, cours, chasse à cours, car les killers accourent
vite au commissariat ! C'que j'ai commis c'est rien.
Désintoxication, détention et caution,
Cassé, c'est qu'un caisson est sec et sans caresse.

Ma femme a fui à deux, emportant ma valise,
Et c'est seul sur le sol du ciel que je m'avise
Que ma vie avilie vaut bien un bol de vide
Et je préfère mourir dans un dernier suicide.

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MessagePosté: Lun Fév 28, 2005 8:27 pm 
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SAGA

Oyez, oyez, noble auditoire
Ecoutez la terrible histoire
Pleine de sang et de furie
la terrible histoire d’une vie.

Le froid, le vent, et les éclairs
Se déchaînant, tonnaient de rage
Les éléments, furieux et fiers,
Se confondaient dans un orage,

Les habitants de la cité
Cette nuit ne pouvaient dormir
Les dieux dehors se disputaient
Dans la ville de Curunir.

Soudain la foudre frappe et zèbre
La nuit lugubre, la pénombre,
Illumine dans les ténèbres
Un instant une forme sombre.

Elle avançait d’un pas posé
Dans les ruelles innondées.
Il n’y avait trace de vie.
Sur les pavés tombe la pluie.

____

La taverne de la Marmotte
Etait ouverte et allumée
en toutes heures, et enfumée
la silhouette poussa la porte

Qui grinça, le révélant
A une foule de chalands
Occupés à se divertir
Mais alors moururent les rires.

C’était un homme, on le savait,
Ou du moins les gens le pensaient,
Etonnés par l’apparition,
Qu’ils fixaient avec attention

Un individu étonnant,
A commencer ses vêtements
Sur sa tête un large chapeau,
Délavé comme son manteau.

Il était trempé, détrempé,
Resta un moment à l’entré,
Sembla balayer l’assemblée,
Mais son visage était voilé.

D’un bruit de bottes sur la pierre,
L’étranger vint à la lumière,
s’arrêta face au tenancier
Qui restait là, paralysé.

Le lourd silence qui régnait
défiait les mouches de voler.
Il leva lentement la tête
Que l’homme en face en fin vit nette :

Une vraie tête de dément,
Ou de démon, pourrait-on dire,
Sur sa bouche un large sourire
Plein de malice et plein de dents

Une voix sortit de sa bouche
Calme, caverneuse, louche
“Je cherche une chambre à louer
Croyez-vous donc pouvoir m’aider ?”

Le tavernier, béat, dit oui,
Montra l’escalier vermoulu.
Dès que l’homme y eut disparu,
Le vacarme aussitôt reprit

____

Il s’étaient écoulés vingt ans
Depuis un sombre événement
Qui était tombé dans l’oubli.
Certains vont payer de leur vie.

C’était pourtant un jour chantant,
Un jour de joie, un jour de gloire,
On y célébrait la victoire
De Curunir sur son tyran.

La République était en liesse
La cité pleine d’allégresse
Au héros, un banquet, on fit
Au château devenu Mairie.

Il y avait le sage Ambron,
Philosophe dont les idées
Avaient cré la révolution,
Et apporté la Liberté.

Le duc Ançelm d’Arambie,
Noble rejeté par ses pairs,
Etait la force militaire
Qui avait vaincu l’ennemi.

Etaient présent ses lieutenants,
Bach le voleur, Anduin le saint,
Le grave achimage Gontrand,
Le célèbre académicien.

D’autres encore fêtaient ce jour,
mais dans l’esprit de l’homme, seul
Restent toujours lui est Ezeull,
Sa raison de vivre... toujours,

Même après tant, et tant d’années,
La folie n’a pas effacé...
Tout n’est pas écrit dans l’Histoire.
L’Homme revoit toujours ce soir...

_____


Le bienfaiteur, Anduin le Saint,
Etait un noble paladin,
Le bon, le brave, aimé de tous,
Aucune peur ne le repousse.

Il combattait des entités
Innomables et innomées,
Battait en combat singulier
Tous ceux qu’il ne pouvait sauver.

Il était un de ces héros
Qui instaurèrent la République,
Puissant seigneur, guerrier mythique,
Mais aussi cultivé et beau.

Le bouclier des opprimés
protecteur de la Liberté
A été trouvé dans son fort
Privé de sa figure, mort.

Les détails seront épargnés.
Anduin, lui, ne l’avait été.
Son âme, dâmnée, torturée,
Ne reposera pas en paix...

____

Le sage Ambron, le bienfaisant,
Alors sentant le poid des ans,
Au crépuscule de sa vie,
Se savait encore en sursis.

On meurt inéluctablement.
Il attendait, tranquillement,
De pouvoir goûté au repos
De la longue nuit du tombeau.

Il avait bien remplit sa vie,
Avait pensé, avait écrit,
Grand Conseiller de Curunir,
Il devait maintenant partir.

Attendant la mort dans son lit,
Ses oracles n’avaient prédient
Que ça se passerait ainsi,
Dans cette terrible agonie...

Le surlendemain de bonne heure,
On le découvrit, horrifié,
Car il était défiguré,
Poussant un sourd cri de terreur...

____

On n'aimait pas les étrangers.
A l'auberge ou il séjournait,
On se méfiait, et on l'épiait,
Un peu partout on chuchotait:

"Depuis le soir d'son arrivée,
De drôl'de choses s'sont passées,
Moi c'que j'en dis, c'est qu'c'est un fou.
On ne veut pas d'lui par chez nous.

____

la nuit était trop silencieuse,
D’un silence lourd et pesant.
Dans les ruelles ténébreuses,
Une ombre avance furtivement.

Aux fenêtres, faibles lueurs,
Les bougies éclairent sa face.
Nerveusement, Bach le voleur
S’évanoui dans l’obscure impasse.

Il avait aidé son pays,
Héros contre la tyrannie,
Mais restait toujours un bandit
Et était tombé dans l’oubli.

Mépris, Amertume, Dépit,
Rancoeur le tiraillaient depuis,
Mais en ce jour, rien que la peur,
Dans la rue courent des rumeurs...

Il était là, il le savait,
Il revenait pour se venger,
D’abord Anduin, ensuite Ambron
Tout cela n’avait rien de bon.

La cour, pleine d’obscurité,
Semblait suivre Bach, l’observer,
Du moins il en a l’impression,
De sa main moite essuie son front,

Serre sa dague dans ses doigts.
Lui, on ne l’a pas comme ça.
le lendemain, sur l’Arbre Blanc
Pendait un corps sanguilonant.

_____

Le jour, encore un soir, s’achève,
La lune claire, alors s’élève,
La lumière vacille, va,
L’obscurité reprend ses droits.

les défenses de la Mairie,
Excessivement augmentées
Sur ordre d’Ançelm Darambie,
En alerte, un danger guettaient.

De quelle nature, on ne le sait,
mais Ançelm était terrifié,
Dans ses quartiers s’était terré,
Retranché et barricadé

Comme un vil couard, ce grand héros,
Qui avait donné la victoire,
Avait mené sous son drapeau
D’immenses armées...mais ce soir...

Tout était calme, pas un bruit,
Pas un chat, nul trace de vie,
Seulement le vent qui balaye
L’entrée du château qui sommeille.

Deux gardes alors font le guet
Devant les portes du palais.
Pour l’instant rien ne se passait.
Nos deux héros s’impatientaient.

“Après tout, quel est ce danger
Capable de faire paniquer
L’un des légats du Triumvir,
Le plus puissant de Curunir ?

On dit que la Mort elle-même
A rendez-vous avec Ançelm.
Croit-il pouvoir se dérober
A son devoir, sa destiné ?”

“Moi, je crois plutôt qu’il a peur
De cette histoire de tueur
Fauchant les anciens combattants,
Les champions d’il y a vingt ans.

Est-ce qu’il en veut au Légat ?
En tout cas il ne risque pas
De traverser sans qu’on le voit,
Un rat n’y arriverait pas !”

Rien ne se passe... Sinon le temps...
Soudain un cri, un hurlement
Inhumain déchire la nuit,
Cri de douleur et de folie.

La garde, alors, se précipite.
Ca vient de chez le Légat, vite !
Trop tard, car Darambie n’est plus,
Et l’assasin a disparu.

On fouille dans tout le palais
Par ou a-t-il bien pu passer ?
Dans une auberge, un homme, seul,
Tristement se souvient d’Ezeull.

____

Gontrand, dans sa tour, au sommet,
Scrutait ce monde de fourmis,
Ou l’on tue, on pleure et on rit,
Qui s’étalait loin sous ses pieds.

Il n’a jamais aimé ce monde,
Grotesque, pathétique, immonde,
Mais, à l’idée de le quitter,
Il sent qu’il va le regretter.

Il avait beaucoup médité
Sur la façon d’agir, ou non,
Avait tiré sa conclusion :
Déterminé, il attendait.

Fier, bien droit devant sa fenêtre,
De cet instant restant le maître,
le mage se remmémorait
Ce soir ou tout à commencé...

Le grand banquet battait son plein,
On riait devant le festin,
Même Gontrand le misanthrope
Sirotait sa petite chope,

Et regardait bienveillament
Ce couple enlacé tendrement
Quand on détruit la tyrannie,
Aussitôt l’amour s’épanouie.

Lentement arrive le nuit.
De même que l’obscurité,
L’air, l’athmosphère s’alourdit.
On est en train de digérer.

Alors, imperceptiblement,
On sent un léger tremblement,
D’infimes sons, des vibrations,
Venant de si haut, si profond...

Les convives, le regard noir,
Retournent à la réalité,
Ils avaient voulu la victoire
A tout prix. il fallait payer.

Soudain se cré un tourbillon,
Un vortex, un trou, un typhon,
Gouffre béant vers d’autres lieus,
Peuplés de démons et de dieux.

Les entités de la matrice,
Invoquée par un rite impie,
Sont venu chercher une vie :
Elle réclammaient un sacrifice...

Tout les assistants sont partis,
Viré par Gontrand, à dessein
D’être seul face à son destin.
Doucement, on entend un bruit.

C’est plutôt une sensation,
Un peu comme un sixième sens,
Le mage sent une présence,
Cesse là son observation.

Il se détourne lentement
Du monde qui était le sien.
Face à lui un homme se tient.
Ils se jaugent silencieusement.

Gontrand voit ce qu’il a créé.
Dans ces noirs yeux froids transparait
Une haine latente, sourde,
Et pourtant tereiblement lourde.

Petite larme au coin de l’oeil,
Larme de pitié, de tristesse,
Larme de peur, larme de deuil,
Larme de pardon, de noblesse.

Fauché dans un dernier silence,
Elle tombe avec l’archimage
Sous les yeux et l’indifférence
D’un homme, un damné, un mirage.

____ajouts du 10/04

-Moi, je vous dis, c’est un démon.
-Qu’est-ce que t’en sais qu’c’est un tueur ?
-Depuis qu’il est là, que voit-on ?
Des morts, du sang et de l’horreur...

____

En regardant mourir le jour,
Il repense à feu son amour.
De cette sombre nuit sans lune,
Ne reste qu’un, ne reste qu’une...

Choisir la pâture aux démons
N’avait été que confusion,
Chaos de coups bas et de cris
Chacun s’occupait de sa vie.

Elle avait donné son ami,
Son amant, son amour, son âme.
Ce monstre que l’on nomme femme
N’avait de beaux que l’infamie !

L’obscurité, encore naissante,
N’en était pas moins oppréssante,
Tout semblait alors comploter
Contre la clocharde affalée.

La rue, la rumeur murmurait
De sourdes plaintes, lourdes peurs,
Et dans sa fiévreuse torpeur
Image et son sont amplifiés.

Dans sa vision floue et troublée
Par la fatigue et par l’alcool,
Une silouhette apparaît,
Surplombant la pauvre hère au sol.

Il pourrait presque avoir pitié
De cette humaine qu’il aimait.
Qu’il avait aimé, en tout cas...
Se souvenait-il de cela ?

Il s’accroupit à son côté ;
Enfin, elle le reconnaît !
Le fait des terribles remords
Qui ne lui laisse que la mort.

Les ans qui écrasait sa vie
Ne semblait pas prendre sur lui.
Pour voir passer les mois, les ans,
Il faut encore être vivant.

Elle qui survit dans le noir,
Enfin voit la lueur d’éspoir ;
Elle retrouve ses passions,
Peut enfin demander pardon...

Les mots resteront dans son âme.
Vraiment, l’homme n’en est plus un.
Ayant accompli son destin,
Il se détourne de sa femme,

Et s’éloigne sans un regard...
très lentement, sous les étoiles...
Les brumes grises, comme un voile,
Ferment les pages de l’histoire......

_________________
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Dernière édition par Pépère le Dim Avr 10, 2005 2:00 pm, édité 9 fois.

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MessagePosté: Lun Mar 14, 2005 8:13 pm 
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Localisation: Shembray
pensé sur les passions


De nos jours on ne peut
Exprimer tout ses feux,
Ses passions sublimes,
Ses sentiments intimes,

Toutes ces sensations,
Tellement rabâchées
Par des générations,
On nous rirait au nez !

Elles ont été écrites,
Poétique et lyrique,
Elles n'y ont gagné
Qu'un air de naïveté.

On ne les admet plus,
Ces sentiments vécus,
Signe d'une sensée
"Vulnérabilité".

Ô Rage et déséspoir,
Vous n'êtes que des mots,
Au sens bien dérisoire,
Vide comme un tombeau.

Les amis, ça se change,
J'en ai cinq de rechange !
On discute entre nous,
Des meufs, du foot, de tout !

On n'aime plus ses gosses.
Dépassé. C'est atroce !
Non plus que ses parents,
Allons bon, c'est d'un chiant !

Mais le plus grand problème,
C'est de dire je t'aime.
Dans un joli poème,
C'est le cliché suprême !

Ou est le poétique ?
La dureté, tenace,
est caractéristique
De toutes carapaces.

Ôtons ces simagrées !
Amour et Amitié
N'ont rien de trop banal,
il sont l'Original !

_________________
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 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Mar 26, 2005 10:47 am 
Hors ligne
Ecolo à vélo

Inscription: Sam Jan 22, 2005 4:05 pm
Messages: 3098
Localisation: Shembray
Tangram

Je pense donc je suis
Je suis, ou bien nous sommes ?
Car je ne suis en somme
Qu’amalgame de vie.

Ma personne est extrème,
J’accuse, hais, ou aime,
Mais si indifférente,
Folles passions dormantes !

J’aime lire et penser,
J’aime écrire et créer,
Je suis un scientifique,
Un artiste utopique,

Un bavard associable,
Associal, associé,
Un philosophe affable,
A la fois affalé,

Cherchant le bel esprit,
Le calembour pourri,
Je m’envole, sublime,
Plonge dans mon abîme,

Vantard utilisant
La fausse modéstie
Timide se voilant
D’un orgeuil travesti

Sans volonté aucune,
Pourtant si motivé !
Il faut viser la Lune,
Mais comment décoller ?

Bloqué par ma lourdeur,
Par cette pesanteur :
Querelles incessantes,
Schizophrénie latente.

Mais cela a du bon :
Mes différents partis
Se donnent ou non raison,
Le débat s’élargit.

Glace aux milles facettes,
Aux reflets infinis,
Tantôt flou, tantô net,
Brillant ou bien terni,

Image de mon âme,
Cet amas empirique,
Je reste ad aeternam
Un vrai, un anarchiste

_________________
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